Rappels

Histoire de l'appareil

Au printemps 1951, Vladimir Mikhailovich Myasishchev réussit à convaincre Staline de le laisser développer ce qui allait devenir le premier bombardier quadriréacteur de l'Union soviétique, en réponse au B-52. En effet, les USA et même l'Angleterre commençaient déjà à posséder des bombardiers stratégiques à réaction, et le Tu-4 n'était qu'une solution intérimaire. Son bureau d'étude fut reformé pour l'occasion, malgré ses échecs antérieurs.

Le cahier des charges prévoyait une distance franchissable de 12000 km, une vitesse comprise entre 850 et 900 km/h, une charge militaire de 5000 kg.

Le premier des 2 prototypes vola peu après le B-52, le 20 janvier 1953, avec seulement 2 mois de retard. Son équipage était constitué de 7 personnes, dont le pilote Fyodor F. Opadchiy et le copilote A.N. Gradsiansky. Le deuxième prototype prit son envol en décembre 1953. Il fut présenté au public le 1er mai 1954, lors du défilé sur la Place Rouge. Il est surnommé "Molot" (marteau, en russe) et "Bison" par l'OTAN.

Il se présentait comme un appareil dont les réacteurs Mikouline AM-3D de 8700 kgp étaient situés à l'emplanture d'une aile en flèche. Son train était monotrace, consistant en 2 trains de boggies en tandem sous le fuselage et 2 balancines escamotables en bout d'ailes. L'appareil était cabré au sol afin d'améliorer sa course au décollage. Sa charge offensive (24 tonnes) était placée dans des soutes de la cellule, et il disposait de 5 canons de 23 mm d'auto-défense. La cellule, avant tout en aluminium, contenait 18 réservoirs d'une capacité totale de 123600 litres. Il pouvait emporter deux bombes nucléaires, 2 FAB-9000, 2 FAB-5000, 6 FAB-3000, des FAB-500, 250 ou 100. Le radar de navigation et de bombardement était un RBP-4 Rubidy-MM-11 et le viseur optique du bombardier un OPB-11S. Son équipage était de 8 personnes, installées dans un cockpit pressurisé.

Il entra en service dans la version M4-2M (Bison-A), en 1956. 32 exemplaires furent construits à partir de 1954. Il apparut rapidement que ses 8000 km d'autonomie étaient insuffisants pour permettre l'aller-retour URSS/USA et en faire le bombardier stratégique qu'il était censé être. Son plafond opérationnel posait également problème. Ses remotorisations ne permirent pas de corriger le problème.

Le 3M (M6 pour le bureau d'étude) vit donc le jour afin de combler cette lacune. Son prototype était un M4 modifié, qui vola le 27 mars 1956. Sa capacité en carburant était accrue et ses moteurs VD-7 de 13000 kgp plus économiques. La structure et le train d'atterrissage, construits trop costauds, furent allégés, permettant de gagner 6500 kg. La surface de ses ailes fut agrandie.

Surnommé Bison-B en 1964 par l'OTAN, sa portée de 11800 km était encore insuffisante, mais elle intéressa la Marine soviétique qui envisagea d'en faire un avion de reconnaissance à long rayon d'action. Il était ravitaillable en vol et emportait un radar de recherche sous un nez vitré et un détecteur d'anomalies magnétique. Il battit un record de vitesse sur 1000 km avec 1028 km/h, et un record d'emport de charges avec 55 tonnes à 2000 m en 1959. La production des Bison-B atteignit 74 exemplaires.

Une sous-variante, le 3MS/M-6, fut équipée de réacteurs RD-3M-500A.

Le 3MD (Bison-C) était équipé d'un radar de guidage de missiles Rubin/Rubicon "Puff Ball", de 2 missiles Kh-10 ou K-14S et de réacteurs VD-7B. Son nez avait été redessiné et allongé de 2 mètres. Sa distance franchissable était de 18000 km. 2 prototypes furent construits, et le premier décolla le 25 novembre 1959. Il entra en service au début des années 1960, mais seuls 9 exemplaires furent construits.

Le bureau d'étude de Myasishchev fut dissous au début des années 1960. L'apparition des missiles intercontinentaux, la concurrence du Tu-95 qui avait surmonté ses maladies de jeunesse, firent que son appareil n'avait plus guère d'utilité.

Les M4-2 et 3MN-2, eux, étaient des variantes destinées au ravitaillement en vol. Elles résultent de la conversion respectivement des M4, dans les années 1960, et des 3M.

Le 3M-5 était une version équipée de 2 missiles KSR-5 (AS-6) fut étudiée, et un prototype fut construit à la fin des années 1960. Les Bison-B auraient pu être convertis à ce standard, mais le projet resta sans suite.

Une version de transport, tant civile que militaire, fut même proposée : le M-29.

Myasishchev avait réussi à remonter son bureau d'étude en 1967. La version V-MT "Atlant"(trois 3MN-2 Bison-C convertis en 1979) fut conçu afin d'emporter de lourdes charges, en l'occurrence des éléments de la navette Burane, au-dessus du fuselage. Ils possèdent 2 surfaces rectangulaires aux extrémités de l'empennage horizontal. Elle vola le 29 avril 1981, puis le 6 janvier 1982 avec la navette. Ils entrèrent en service en 1983 au sein d'Aeroflot et 150 vols furent effectués. Leur destin est inconnu.

La production du Molot fut de 119 exemplaires, prototypes inclus, et prit fin en 1963. Les bombardiers furent retirés du service au début des années 1980, et la plupart furent feraillés afin de respecter les traités de limitation d'armement. Les ravitailleurs furent retirés en 1994. Il reste au moins 4 survivants, dont un à Monino.

Versions référencées

  • Myasishchev M-4 (OTAN : Bison-A) : Version de série initiale. 3 prototypes + 32 exemplaires de série.
  • Myasishchev M-4-2 (OTAN : Bison-A) : Désignation des M-4 modifiés pour le ravitaillement en vol.
  • Myasishchev 3M (OTAN : Bison-B) : Version de patrouille maritime. 74 exemplaires.
  • Myasishchev 3MD (OTAN : Bison-C) : Version armée de missiles antinavires. 9 exemplaires.
  • Myasishchev 3ME (OTAN : Bison-B) : Version du 3M à l'avionique modernisée. 1 exemplaire modifié.
  • Myasishchev 3MN-1 (OTAN : Bison-B) : Version de bombardement motorisée par des VD-7.
  • Myasishchev 3MN-2 (OTAN : Bison-B) : Version du 3M modifiée pour le ravitaillement en vol.
  • Myasishchev 3MS-1 (OTAN : Bison-B) : Version de bombardement qui aurait du être motorisée par des VD-7.
  • Myasishchev 3MS-2 (OTAN : Bison-B) : Version de ravitaillement en vol qui aurait du être motorisée par des VD-7.
  • Myasishchev 3MSN-1 (OTAN : Bison-B) : Version proche du 3MSR-1.
  • Myasishchev 3MSR-1 (OTAN : Bison-B) : Version de bombardement conservant les anciens moteurs, mais à l'avionique améliorée.
  • Myasishchev VM-T : Désignation de 3 3MN-2 modifiés pour transporter de charges lourdes.

Myasishchev M-4 (OTAN : Bison-A) voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 181 500 kg (400 139 lbs)
  • Masse à vide : 79 700 kg (175 709 lbs)
  • Surface alaire : 326,35 m² (3 512,802 sq. ft)
  • Hauteur : 14,1 m (46,26 ft)
  • Envergure : 50,5 m (165,682 ft)
  • Longueur : 47,2 m (154,856 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 8 100 km (5 033 mi, 4 374 nm)
  • Plafond opérationnel : 11 000 m (36 089 ft)
  • Vitesse maximale HA : 947 km/h (588 mph, 511 kts)
  • Charge alaire, au décollage : 556,151 kg/m² (113,909 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, à vide : 244,216 kg/m² (50,019 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 4 réacteurs Mikouline AM-3
  • Puissance unitaire : 9 525 kgp (93 kN, 21 000 lbf)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Images

Images

Média externes

Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires