Rappels

  • Premier vol :
  • Missions : Essais en vol
  • Constructeur : drapeau Martin-Marietta
  • 4 appareils construits (cellules neuves)

Histoire de l'appareil

Durant les premiers essais de rentrée atmosphérique effectués dans les années 1960, les USA remarquent que les manœuvres effectuées par un aéronef peuvent entraîner un important déport latéral, pouvant atteindre plus de 1’100 km hors de la trajectoire balistique initiale. Par conséquent, il est décidé d’utiliser un petit aéronef à corps portant pour en étudier les principes.

C’est à Martin-Marietta que l’USAF confie la construction de quatre exemplaires de ce lifting body d'abord désigné SV-5D, puis X-23A PRIME pour Precision Reentry Including Maneuvering reEntry. De forme générale triangulaire, sa structure et son revêtement sont constitués de différents alliages de titane, de béryllium, d'acier inoxydable et d'aluminium. Un bouclier thermique ablatif, d'une épaisseur variant de 20 à 70 mm, protège le X-23 durant la phase de rentrée atmosphérique. Son nez arrondi est protégé par une coiffe en matériau phénoplaste à base de carbone. Le fuselage de section arrondie à l’avant s’aplatit à l’arrière et deux ailettes situées sur les côtés, penchées vers l’extérieur, font office de stabilisateurs. Ces surfaces sont munies de gouvernes de direction qui permettent, avec les volets situés sur l’extrados de la surface arrière du fuselage, de contrôler l’appareil durant la phase de rentrée atmosphérique. Durant les phases de vol extra-atmosphériques, de l'azote sous pression est utilisé pour les changements de trajectoire.

Le X-23 doit être lancé par une fusée Atlas SLV-3 à une altitude permettant de simuler une orbite basse. Il suit ensuite une trajectoire parabolique avant son entrée dans l’atmosphère terrestre. À une altitude d’environ 30'000 mètres, alors que l’appareil vole à une vitesse bi-sonique, un ballute (ballon parachute) est déployé, afin de freiner la vitesse de descente et permettre ensuite le déploiement d’un parachute de récupération d’un diamètre de 16,4 mètres. Le X-23 doit ensuite être récupéré en plein vol par un JC-130B Hercules spécialement équipé, avant qu’il ne s’abime en touchant le sol.

Le premier X-23 PRIME est lancé depuis Vandenberg AFB le 21 décembre 1966 pour une mission dont le but est de simuler une rentrée en orbite basse sans déport latéral. Le ballute est déployé comme prévu , mais le parachute de récupération ne s'ouvre pas correctement et l’aéronef s'écrase dans l'océan Pacifique.

Le 5 mars 1967 le second appareil est lancé et effectue une rentrée avec un déport latéral de 1’053 km, ainsi que des virages à vitesses hypersonique. Cette fois, le parachute principal s'ouvre correctement, mais une erreur dans l’équipement du C-130B empêche ce dernier de récupérer l’appareil qui tombe dans l’océan Pacifique. Dans la mer agitée, le X-23 se sépare malheureusement de son ballon et coule avant qu’un navire, pourtant à proximité, ne puisse le récupérer.

La troisième et dernière mission PRIME a lieu le 19 avril 1967. L'appareil effectue une rentrée depuis une orbite basse avec un déport latéral de 1’143 km. Tous les systèmes fonctionnent parfaitement, y compris le parachute, et le X-23 est récupéré avec succès. Une inspection effectuée par une équipe de l'USAF et de Martin Marietta indique que l'engin est "prêt à voler à nouveau", mais aucune mission ultérieure n'est prévue.

Le X-23A a permis une avancée majeure dans la compréhension des exigences imposées par la rentrée atmosphérique sur un aéronef manœuvrant. De plus, des informations ont été recueillies sur l'efficacité de son bouclier thermique ablatif et sur la possibilité de remettre à neuf un tel bouclier thermique pour de multiples utilisations. Les informations dérivées du programme X-23A ont par la suite aidé les concepteurs de la navette spatiale et divers projets d'ogives.

Ce X-23 est actuellement exposé au Musée national de l’USAF à Wright-Patterson Air Force Base, dans l'Ohio. On n’a aucune trace du quatrième exemplaire.

Versions référencées

  • Martin-Marietta SV-5D : Première désignation du X-23.
  • Martin-Marietta X-23 PRIME : Version initiale d’un petit aéronef à corps portant destiné à d'étudier les manœuvres en phase de rentrée atmosphérique.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Martin-Marietta X-23 PRIME voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse normale au décollage : 405 kg (893 lbs)
  • Hauteur : 0,64 m (2,1 ft)
  • Envergure : 1,16 m (3,81 ft)
  • Longueur : 2,07 m (6,791 ft)

Performances

  • Altitude de vol maximale : 152 000 m (498 688 ft)
  • Distance franchissable : 1 143 km (710 mi, 617 nm)
  • Vitesse maximale HA : Mach 25 hors atmosphère
  • Vitesse maximale HA : Mach 2 +

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Martin Marietta X-23 PRIME à 31/01/2020 14:12 Jericho
Le Martin-Marietta X-23A PRIME est un petit aéronef à corps portant américain des années 1960, destiné à d'étudier les manœuvres en phase de rentrée atmosphérique.

Durant les premiers essais de rentrée atmosphérique effectués dans les années 1960, les USA remarquent que les manœuvres effectuées par un aéronef peuvent entraîner un important déport latéral, pouvant atteindre plus de 1’100 km hors de la trajectoire balistique initiale. Par conséquent, il est décidé d’utiliser un petit aéronef à corps portant pour en étudier les principes.

C’est à Martin-Marietta que l’USAF confie la construction de quatre exemplaires de ce lifting body désigné X-23A PRIME (Precision Reentry Including Maneuvering reEntry). De forme générale triangulaire, sa structure et son revêtement sont constitués de différents alliages de titane, de béryllium, d'acier inoxydable et d'aluminium. Un bouclier thermique ablatif, d'une épaisseur variant de 20 à 70 mm, protège le X-23 durant la phase de rentrée atmosphérique. Son nez arrondi est protégé par une coiffe en matériau phénoplaste à base de carbone. Le fuselage de section arrondie à l’avant s’aplatit à l’arrière et deux ailettes situées sur les côtés, penchées vers l’extérieur, font office de stabilisateurs. Ces surfaces sont munies de gouvernes de direction qui permettent, avec les volets situés sur l’extrados de la surface arrière du fuselage, de contrôler l’appareil durant la phase de rentrée atmosphérique. Durant les phases de vol extra-atmosphériques, de l'azote sous pression est utilisé pour les changements de trajectoire.

Le X-23 doit être lancé par une fusée Atlas SLV-3 à une altitude permettant de simuler une orbite basse. Il suit ensuite une trajectoire parabolique avant son entrée dans l’atmosphère terrestre. À une altitude d’environ 30'000 mètres, alors que l’appareil vole à une vitesse bi-sonique, un ballute (ballon parachute) est déployé, afin de freiner la vitesse de descente et permettre ensuite le déploiement d’un parachute de récupération d’un diamètre de 16,4 mètres. Le X-23 doit ensuite être récupéré en plein vol par un JC-130B Hercules spécialement équipé, avant qu’il ne s’abime en touchant le sol.

Le premier X-23 PRIME est lancé depuis Vandenberg AFB le 21 décembre 1966 pour une mission dont le but est de simuler une rentrée en orbite basse sans déport latéral. Le ballute est déployé comme prévu , mais le parachute de récupération ne s'ouvre pas correctement et l’aéronef s'écrase dans l'océan Pacifique.

Le 5 mars 1967 le second appareil est lancé et effectue une rentrée avec un déport latéral de 1’053 km, ainsi que des virages à vitesses hypersonique. Cette fois, le parachute principal s'ouvre correctement, mais une erreur dans l’équipement du C-130B empêche ce dernier de récupérer l’appareil qui tombe dans l’océan Pacifique. Dans la mer agitée, le X-23 se sépare malheureusement de son ballon et coule avant qu’un navire, pourtant à proximité, ne puisse le récupérer.

La troisième et dernière mission PRIME a lieu le 19 avril 1967. L'appareil effectue une rentrée depuis une orbite basse avec un déport latéral de 1’143 km. Tous les systèmes fonctionnent parfaitement, y compris le parachute, et le X-23 est récupéré avec succès. Une inspection effectuée par une équipe de l'USAF et de Martin Marietta indique que l'engin est "prêt à voler à nouveau", mais aucune mission ultérieure n'est prévue.

Le X-23A a permis une avancée majeure dans la compréhension des exigences imposées par la rentrée atmosphérique sur un aéronef manœuvrant. De plus, des informations ont été recueillies sur l'efficacité de son bouclier thermique ablatif et sur la possibilité de remettre à neuf un tel bouclier thermique pour de multiples utilisations. Les informations dérivées du programme X-23A ont par la suite aidé les concepteurs de la navette spatiale et divers projets d'ogives.

Ce X-23 est actuellement exposé au Musée national de l’USAF à Wright-Patterson Air Force Base, dans l'Ohio. On n’a aucune trace du quatrième exemplaire.


Versions :
X-23A PRIME : Version initiale d’un petit aéronef à corps portant destiné à d'étudier les manœuvres en phase de rentrée atmosphérique.


Utilisateurs militaires :
USA : USAF, 3 exemplaires testés entre le 21 décembre 1966 et le 19 avril 1967.


Caractéristiques et performances :
Equipage : 0
Longueur : 2,07 m
Envergure : 1,16 m
Hauteur : 0,64 m
Masse en charge : 405 kg
Vitesse max : Mach 25
Vitesse max atmosphérique: Mach 2+
Altitude maximale : 152 km
Distance franchissable : 1'143 km



Liens internet :
https://history.nasa.gov/monograph31.pdf
https://en.wikipedia.org/wiki/Martin_X-23_PRIME
Re: Martin Marietta X-23 PRIME à 31/01/2020 14:48 Jericho
La fiche sur le site.
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Texte de , créé le Jan. 31, 2020, 2:17 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires