Rappels

Histoire de l'appareil

En 1964, les États-Unis lancèrent le programme AMSA (Advanced Manned Strategic Aircraft) qui aboutirait au futur Rockwell B-1. En réponse, les Soviétiques ordonnèrent en novembre 1967 le lancement d'un programme de bombardier stratégique à long rayon d'action, capable de voler à Mach 3, à haute altitude, et dont l'armement principal était constitué de missiles de croisière.

Il s'agissait aussi de remplacer les Myasishchev M-4 et Tupolev Tu-95 considérés comme obsolètes. De plus, le bombardement stratégique avait été négligé au profit des missiles balistiques (les Tu-16 et Tu-22 étant plutôt des bombardiers tactiques) et les Soviétiques voulaient remplir ce vide.

Les autres spécifications étaient une longueur d'environ 50 m, une envergure de 28 m, une masse maximale au décollage comprise entre 180 et 200 tonnes, dont 70 tonnes de carburant et 15 tonnes de charge offensive. Pour propulser l'avion à 3200 km/h, 4 réacteurs Kuznetsov à double flux étaient prévus. Enfin, la distance franchissable en subsonique devait être comprise entre 11000 et 13000 km à basse altitude (1000 m), entre 16000 et 18000 km à haute altitude.

3 versions étaient prévues : la première de frappe et de reconnaissance, la deuxième de chasse contre les avions de transport et AWACS, la troisième de lutte contre les sous-marins, jusqu'à 5000 ou 5500 km de la base. 2 missiles de croisière Kh-45, alors à l'étude, étaient prévus : leur développement fut stoppé au profit du Kh-55, futur AS-15 Kent. Le programme fut officialisé le 28 février 1968 et allait aboutir au futur Tupolev Tu-160.

3 constructeurs se mirent sur les rangs : Myasishchev avec le M-20, Tupolev avec le projet 160M, et Sukhoï. Le contrat de développement fut signé le 10 janvier 1969. La première proposition de Sukhoï était le T-4M, qui était un T-4 à envergure variable. Les plans canards étaient plus imposants. Cependant, il était clair que le concept était insuffisant et les ingénieurs de Sukhoï, L. I. Bondarenko en tête, revinrent en août 1970 avec un nouveau projet : le T-4MS (S pour Stratégique), ou Izdeliye "200" à cause de sa masse au décollage qui approchait les 200 tonnes (en fait 170 tonnes).

De profil, la silhouette du T-4MS pouvait en effet rappeler le T-4, en plus affiné. La forme de la dérive était similaire. Mais autrement, il n'avait plus rien à voir : c'était en fait une aile volante à fuselage en triangle et envergure variable, avec deux dérives et le cockpit noyé dans le fuselage. Les nacelles réacteurs étaient bien plus courtes, en arrière. La flèche variait entre 30° et 72°. Les 4 réacteurs prévus étaient des NK-101 de 20 tonnes de poussée chacun. Enfin, des éléments de furtivité étaient intégrés.

Une telle forme devait beaucoup à certaines exigences, comme la solidité pour un vol supersonique à basse altitude et optimiser l'espace disponible avec une surface frontale réduite au maximum. Le projet fut affiné pendant toute l'année 1971.

Le T-4MS faisait un peu plus de 40 m de long. Sa vitesse calculée en altitude était de 3200 km/h. Sa charge offensive, 9 tonnes en temps normal et jusqu'à 45 tonnes en surcharge, était constituée de 2 à 4 missiles Kh-45 ou 24 Kh-2000. Avec une charge normale, il pouvait franchir 14000 km en subsonique ou 9000 km à 3000 km/h. Son équipage était de 3 personnes, dont un navigateur/opérateur du système d'armes.

Une première sélection eut lieu en automne 1972 : il en ressortait que les autorités soviétiques avaient une préférence pour le T-4MS. En effet, les militaires estimaient que même les futurs systèmes de défense en 1990 auraient du mal à intercepter un tel appareil. Mais en l'état, aucun des projets n'atteignait les spécifications requises. De plus, sélectionner le T-4MS revenait à remettre en question le programme T-10, futur Su-27 (ainsi que les Su-24 et Su-25), ce qui était hors de question. Enfin, il semblait risqué technologiquement et donc difficile à mettre au point.

La plupart des sources indiquent qu'il fut décidé d'abaisser la vitesse exigée à Mach 2+. Chaque constructeur soumit de nouvelles propositions, et ce fut celui de Myasishchev, le M-18, qui fut sélectionné.

Myasishchev n'ayant plus les ressources pour construire un prototype, le travail fut confié à Tupolev qui en fit le Tu-160 Blackjack. Pour une autre source, ce fut le T-4MS qui fut sélectionné et les plans transférés à Tupolev pour fabrication, mais en tout état de cause Tupolev rejeta les plans.


Texte de Clansman.

Versions référencées

  • Sukhoï T-4MS : Projet de bombardier quadriréacteur soviétique du début des années 1970.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Sukhoï T-4MS voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 170 000 kg (374 786 lbs)
  • Surface alaire : 97,5 m² (1 049,481 sq. ft)
  • Hauteur : 8 m (26 ft)
  • Envergure maximale : 40,8 m (133,858 ft)
  • Envergure minimale : 14,4 m (47,244 ft)
  • Longueur : 41,2 m (135,171 ft)

Performances

  • Distance de décollage : 1 350 m (4 429 ft)
  • Distance d'atterrissage : 950 m (3 117 ft)
  • Distance franchissable : 11 000 km (6 835 mi, 5 940 nm) (en subsonique, 7500 km en supersonique)
  • Plafond opérationnel : 24 000 m (78 740 ft)
  • Vitesse maximale BA : 1 100 km/h (684 mph, 594 kts)
  • Vitesse maximale HA : 3 200 km/h (1 988 mph, 1 728 kts)
  • Charge alaire, au décollage : 1 743,59 kg/m² (357,116 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 4 turbofans Kolesov RD-36-41
  • Puissance unitaire : 16 150 kgp (158 kN, 35 605 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Sukhoï T-4MS à 24/08/2019 09:05 Clansman
En 1964, les États-Unis lancèrent le programme AMSA (Advanced Manned Strategic Aircraft) qui aboutirait au futur Rockwell B-1. En réponse, les Soviétiques ordonnèrent en novembre 1967 le lancement d'un programme de bombardier stratégique à long rayon d'action, capable de voler à Mach 3, à haute altitude, et dont l'armement principal était constitué de missiles de croisière.

Il s'agissait aussi de remplacer les Myasishchev M-4 et Tupolev Tu-95 considérés comme obsolètes. De plus, le bombardement stratégique avait été négligé au profit des missiles balistiques (les Tu-16 et Tu-22 étant plutôt des bombardiers tactiques) et les Soviétiques voulaient remplir ce vide.

Les autres spécifications étaient une longueur d'environ 50 m, une envergure de 28 m, une masse maximale au décollage comprise entre 180 et 200 tonnes, dont 70 tonnes de carburant et 15 tonnes de charge offensive. Pour propulser l'avion à 3200 km/h, 4 réacteurs Kuznetsov à double flux étaient prévus. Enfin, la distance franchissable en subsonique devait être comprise entre 11000 et 13000 km à basse altitude (1000 m), entre 16000 et 18000 km à haute altitude.

3 versions étaient prévues : la première de frappe et de reconnaissance, la deuxième de chasse contre les avions de transport et AWACS, la troisième de lutte contre les sous-marins, jusqu'à 5000 ou 5500 km de la base. 2 missiles de croisière Kh-45, alors à l'étude, étaient prévus : leur développement fut stoppé au profit du Kh-55, futur AS-15 Kent. Le programme fut officialisé le 28 février 1968 et allait aboutir au futur Tupolev Tu-160.

3 constructeurs se mirent sur les rangs : Myasishchev avec le M-20, Tupolev avec le projet 160M, et Sukhoï. Le contrat de développement fut signé le 10 janvier 1969. La première proposition de Sukhoï était le T-4M, qui était un T-4 à envergure variable. Les plans canards étaient plus imposants. Cependant, il était clair que le concept était insuffisant et les ingénieurs de Sukhoï, L. I. Bondarenko en tête, revinrent en août 1970 avec un nouveau projet : le T-4MS (S pour Stratégique), ou Izdeliye "200" à cause de sa masse au décollage qui approchait les 200 tonnes (en fait 170 tonnes).

De profil, la silhouette du T-4MS pouvait en effet rappeler le T-4, en plus affiné. La forme de la dérive était similaire. Mais autrement, il n'avait plus rien à voir : c'était en fait une aile volante à fuselage en triangle et envergure variable, avec deux dérives et le cockpit noyé dans le fuselage. Les nacelles réacteurs étaient bien plus courtes, en arrière. La flèche variait entre 30° et 72°. Les 4 réacteurs prévus étaient des NK-101 de 20 tonnes de poussée chacun. Enfin, des éléments de furtivité étaient intégrés.

Une telle forme devait beaucoup à certaines exigences, comme la solidité pour un vol supersonique à basse altitude et optimiser l'espace disponible avec une surface frontale réduite au maximum. Le projet fut affiné pendant toute l'année 1971.

Le T-4MS faisait un peu plus de 40 m de long. Sa vitesse calculée en altitude était de 3200 km/h. Sa charge offensive, 9 tonnes en temps normal et jusqu'à 45 tonnes en surcharge, était constituée de 2 à 4 missiles Kh-45 ou 24 Kh-2000. Avec une charge normale, il pouvait franchir 14000 km en subsonique ou 9000 km à 3000 km/h. Son équipage était de 3 personnes, dont un navigateur/opérateur du système d'armes.

Une première sélection eut lieu en automne 1972 : il en ressortait que les autorités soviétiques avaient une préférence pour le T-4MS. En effet, les militaires estimaient que les même les futurs systèmes de défense en 1990 auraient du mal à intercepter un tel appareil. Mais en l'état, aucun des projets n'atteignait les spécifications requises. De plus, sélectionner le T-4MS revenait à remettre en question le programme T-10, futur Su-27, ce qui était hors de question.

La plupart des sources indiquent qu'il fut décidé d'abaisser la vitesse exigée à Mach 2+. Chaque constructeur soumit de nouvelles propositions, et ce fut celui de Myasishchev, le M-18, qui fut sélectionné.

Myasishchev n'ayant plus les ressources pour construire un prototype, le travail fut confié à Tupolev qui en fit le Tu-160 Blackjack. Pour une autre source, ce fut le T-4MS qui fut sélectionné et les plans transférés à Tupolev pour fabrication, mais en tout état de cause Tupolev rejeta les plans.



https://fr.wikipedia.org/wiki/Soukho%C3%AF_T-4#La_suite

https://www.testpilot.ru/russia/sukhoi/t/4/ms/t4ms_e.htm

http://www.ussr-airspace.com/index.php?main_page=product_info&cPath=28_39_38_108&products_id=612

https://www.secretprojects.co.uk/forum/index.php?topic=1665.0

https://www.secretprojects.co.uk/forum/index.php?topic=6033.0

http://www.airvectors.net/avtu160.html#m2

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=es&u=https://www.zona-militar.com/2018/03/23/el-sukhoi-t-4ms-el-avanzado-rival-del-tu-160-blackjack/&prev=search
Re: Sukhoï T-4MS à 24/08/2019 09:27 Clansman
La fiche sur le site

Avec un plan 3 vues dans les images. Belle bête, mais elle a autant à voir avec le T-4 que le Tu-22M avec le Tu-22 : c'est-à-dire rien. :mrgreen:
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Texte de , créé le Aug. 24, 2019, 9:13 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires