Rappels

Histoire de l'appareil

La première guerre mondiale prend au dépourvu la Suisse en ce qui concerne ce nouveau matériel qu’est l’avion. Rapidement, l’armée engage des pilotes en âge de servir et réquisitionne une douzaine d’avions se trouvant sur le sol helvétique pour former à partir de juillet 1914 une unité hétéroclite. En effet, pas moins de dix modèles d’appareils différents sont utilisés, la plupart pour la reconnaissance aérienne, certains pour l’entrainement au pilotage. Durant les années suivantes, il est évidemment très difficile de se procurer d’autres avions à l’étranger, par conséquent le Service Technique Militaire (STM) demande à l’industrie fédérale de concevoir des avions militaires, malgré le peu d’expérience industrielle dans ce domaine.

En 1915, l’atelier fédéral de construction (Eidgenoessische Konstruktionswerkstaette - K + W) crée un département destiné à la construction aéronautique avec une usine à Thoune. August Haefeli, un jeune ingénieur qui avait précédemment travaillé en France chez Farman et en Allemagne chez Aerowerken, rentré au pays au début de la guerre, est immédiatement embauché comme ingénieur principal. Ayant déjà conçu les avions de reconnaissance AGO C.1 et C.II juste avant le déclenchement du conflit, Haefeli décide de garder cette configuration pour le DH-1. Le manque de moteur suffisamment puissant l’oblige à réduire la taille et le poids du futur appareil qui sera parfois désigné "Militärflugzeug 1" ou "Doppelrumpfmaschine" ("Avion militaire 1" ou "Appareil à double fuselage").

Le pilote et l’observateur sont assis sur deux sièges en tandem, chacun protégé par un parebrise, dans le fuselage central en gondole. L’observateur, assis à l’avant, a généralement une mitrailleuse MG11 de 7,5mm disponible pour assurer l’autodéfense de l’avion. À l’arrière de l’équipage est installé le moteur Argus As II, construit sous licence par Gebrüder Bühler AG, entraînant l’hélice propulsive bipale. Les ailes biplans sont maintenues par six mats et des câbles. Deux poutres de queue, installées entre les ailes, sont terminées chacune par une dérive de petite dimension et sont reliées entre elles par un plan servant d’empennage horizontal. Le train d’atterrissage est équipé de quatre roues à l’avant et de patins à l’arrière des poutres de queue.

Six exemplaires sont construits et tous sont utilisés par l’Armée suisse dès leur sortie d’usine pour des missions de reconnaissance. Immatriculés de 241 et 246, ces appareils peuvent être équipés de mitrailleuses de 7,5mm. Trois accidents sont à déplorer en 1917, dont deux suite à des pannes de moteur, qui entraînent la mort de deux occupants et en blessant un troisième.

À la fin de la Première Guerre mondiale, les derniers DH-1 sont retirés du service le 20 décembre 1919. Il semblerait qu’ils n’aient jamais été appréciés des équipages à cause de leurs performances et caractéristiques de vol insatisfaisantes, sans parler du moteur pas toujours fiable et de certains défauts d’assemblage.

Pour tenter de répondre aux exigences militaires suisses, August Haefeli et son équipe travaillent sur d’autres modèles dans les ateliers de K+W à Thoune.

Le seul Haefeli DH-1 encore visible de nos jours, qui est probablement une réplique, se trouve aujourd’hui au Flieger-Flab-Museum de Dübendorf.


Texte de Jéricho, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • EKW Haefeli DH-1 : Version initiale construite à 6 exemplaires.
  • EKW Haefeli M-I : : Pour Militärflugzeug 1, désignation militaire du Haefeli DH-1 au sein de l’armée suisse.

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Anciens pays utilisateurs

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Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 125 kg (2 480 lbs)
  • Masse à vide : 750 kg (1 653 lbs)
  • Surface alaire : 38 m² (409 sq. ft)
  • Hauteur : 3 m (10 ft)
  • Envergure : 12,8 m (41,995 ft)
  • Longueur : 8,82 m (28,937 ft)

Performances

  • Endurance maximale : 2 h 30 mn
  • Distance franchissable : 250 km (155 mi, 135 nm)
  • Plafond opérationnel : 3 000 m (9 843 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 1,5 m/s (4,92 ft/s)
  • Vitesse maximale BA : 126 km/h (78 mph, 68 kts)
  • Charge alaire, à vide : 19,737 kg/m² (4,04 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 29,605 kg/m² (6,064 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en ligne Argus As II
  • Puissance unitaire : 88 kW (120 ch, 118 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
EKW Haefeli DH-1 à 27/03/2019 11:40 Jericho
Avion biplace de reconnaissance suisse conçu durant la première guerre mondiale.

La première guerre mondiale prend au dépourvu la Suisse en ce qui concerne ce nouveau matériel qu’est l’avion. Rapidement, l’armée engage des pilotes en âge de servir et réquisitionne une douzaine d’avions se trouvant sur le sol helvétique pour former à partir de juillet 1914 une unité hétéroclite. En effet, pas moins de dix modèles d’appareils différents sont utilisés, la plupart pour la reconnaissance aérienne, certains pour l’entrainement au pilotage. Durant les années suivantes, il est évidemment très difficile de se procurer d’autres avions à l’étranger, par conséquent le Service Technique Militaire (STM) demande à l’industrie fédérale de concevoir des avions militaires, malgré le peu d’expérience industrielle dans ce domaine.

En 1915, l’atelier fédéral de construction (Eidgenoessische Konstruktionswerkstaette - K + W) crée un département destiné à la construction aéronautique avec une usine à Thoune. August Haefeli, un jeune ingénieur qui avait précédemment travaillé en France chez Farman et en Allemagne chez Aerowerken, rentré au pays au début de la guerre, est immédiatement embauché comme ingénieur principal. Ayant déjà conçu les avions de reconnaissance AGO C.1 et C.II juste avant le déclenchement du conflit, Haefeli décide de garder cette configuration pour le DH-1. Le manque de moteur suffisamment puissant l’oblige à réduire la taille et le poids du futur appareil qui sera parfois désigné "Militärflugzeug 1" ou "Doppelrumpfmaschine" ("Avion militaire 1" ou "Appareil à double fuselage").

Le pilote et l’observateur sont assis sur deux sièges en tandem, chacun protégé par un parebrise, dans le fuselage central en gondole. L’observateur, assis à l’avant, a généralement une mitrailleuse MG11 de 7,5mm disponible pour assurer l’autodéfense de l’avion. À l’arrière de l’équipage est installé le moteur Argus As II, construit sous licence par Gebrüder Bühler AG, entraînant l’hélice propulsive bipale. Les ailes biplans sont maintenues par six mats et des câbles. Deux poutres de queue, installées entre les ailes, sont terminées chacune par une dérive de petite dimension et sont reliées entre elles par un plan servant d’empennage horizontal. Le train d’atterrissage est équipé de quatre roues à l’avant et de patins à l’arrière des poutres de queue.

Six exemplaires sont construits et tous sont utilisés par l’Armée suisse dès leur sortie d’usine pour des missions de reconnaissance. Immatriculés de 241 et 246, ces appareils peuvent être équipés de mitrailleuses de 7,5mm. Trois accidents sont à déplorer en 1917, dont deux suite à des pannes de moteur, qui entraînent la mort de deux occupants et en blessant un troisième.

À la fin de la Première Guerre mondiale, les derniers DH-1 sont retirés du service le 20 décembre 1919. Il semblerait qu’ils n’aient jamais été appréciés des équipages à cause de leurs performances et caractéristiques de vol insatisfaisantes, sans parler du moteur pas toujours fiable et de certains défauts d’assemblage.

Pour tenter de répondre aux exigences militaires suisses, August Haefeli et son équipe travaillent sur d’autres modèles dans les ateliers de K+W à Thoune.

Le seul Haefeli DH-1 encore visible de nos jours, qui est probablement une réplique, se trouve aujourd’hui au Flieger-Flab-Museum de Dübendorf.


Versions :
DH-1 : Version initiale construite à 6 exemplaires.
M-I : Pour Militärflugzeug 1, désignation militaire du Haefeli DH-1 au sein de l’armée suisse.


Utilisateurs militaires :
Suisse : 6 DH-1 du 14 avril 1916 au 20 décembre 1919 au sein de l’Armée suisse, immatriculés 241 à 246.

241 : 14 avril 1916 – 20 décembre 1919
242 : 14 avril 1916 – 12 avril 1917 : cause inconnue, le Lieutenant Emil Lang s’en sort indemne.
243 : 7 juillet 1916 – 20 décembre 1919
244 : 7 juillet 1916 – 13 juillet 1917 : panne-moteur au décollage de Dübendorf, l’Adj. SOff Walter Largier est indemne et le Lieutenant Walter Sattler est blessé.
245 : 7 juillet 1916 – 7 août 1917 : panne-moteur, crash près de Soleure, décès du Lieutenant Werner Bodmer et du pionnier Alexander Frei.
246 : 7 juillet 1916 – 20 décembre 1919


Caractéristiques et performances :
Equipage : 2
Longueur : 8,82m
Envergure : 12,80m
Hauteur : 3,00m
Surface alaire : 38,0m2
Masse à vide : 750kg
Masse maximale au décollage : 1’125kg
Points d’attache : 0
Moteurs : un moteur à pistons Argus As II de 120ch.
Vitesse max basse altitude: 126km/h
Vitesse ascensionnelle : 1,5m/s
Plafond opérationnel : 3’000m
Endurance : 2h30
Rayon d’action : 250km
Armement : une mitrailleuse MG11 de 7,5mm



Liens internet :
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A4feli_DH-1
https://de.wikipedia.org/wiki/H%C3%A4feli_DH-1
https://old.hermannkeist.ch/haefeli/haefeli-dh-1.html
http://www.swissair00.ch/hafeli___dh-1.html
http://www.wings-aviation.ch/16-SAF/2-Aircraft/Haefeli-DH-1/Aircraft.htm
http://www.wings-aviation.ch/16-SAF/5-Losses/Losses.htm
Re: EKW Haefeli DH-1 à 27/03/2019 14:02 Clansman
La fiche sur le site

Alors, j'ai pu confirmer d'une part que la MG 11 a bien un calibre de 7,5 mm, d'autre part que l'appareil au musée est bien une réplique.

Sinon, j'aime bien le wiki français, surtout la phrase "De nombreux pilotes refusèrent de le piloter et les quelques courageux qui montèrent à bord, firent quelques atterrissages dans la nature." :sygus:
Re: EKW Haefeli DH-1 à 27/03/2019 16:15 Jericho

Clansman a écrit

La fiche sur le site
Merci!


Clansman a écrit

Alors, j'ai pu confirmer d'une part que la MG 11 a bien un calibre de 7,5 mm, d'autre part que l'appareil au musée est bien une réplique.
Merci pour la réplique: je n'étais pas entièrement sûr de mes sources.

Et merci aussi pour le calibre, j'ai aussi eu des références OK là dessus (d'ailleurs je l'ai modifié dans le texte de la fiche du forum).
Certaines sources qui me proposaient du 7,45mm m'ont fait douter. La munition GP11 suisse a été introduite en 1911 justement, pour les fusils longs et mousquetons 11, d'où ma question: cette mitrailleuse était-elle déjà équipée de cette munition? La réponse (tout à fait logique) est donc "OUI". Pour info, plus de 100 ans après on tire régulièrement avec cette GP11 à 300m dans nos stands de tir et, dès qu'il y a un léger vent, elle déclasse la GP90 en 5,6mm actuelle… :costaud:


Clansman a écrit

Sinon, j'aime bien le wiki français, surtout la phrase "De nombreux pilotes refusèrent de le piloter et les quelques courageux qui montèrent à bord, firent quelques atterrissages dans la nature." :sygus:
En lisant 2-3 textes sur cet appareil, les équipages n'aimaient pas ses qualités de vol et ne faisait pas spécialement confiance à sa structure, mais c'était surtout le moteur qui lâchait. D'ailleurs sur les 3 pertes (50% tout de même) en 3 ans et demi, au moins deux crashes sont dû à une panne de moteur… sans parler d'autres atterrissages plus ou moins réussis en planant. :blesse:
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Texte de , créé le March 27, 2019, 11:53 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires