Rappels

Histoire de l'appareil

A la fin des années 1920, le Junkers G.38 était alors le plus gros avion du monde. C'est donc assez naturellement que Junkers en déclina une version militaire destinée au bombardement ou au transport, le K.51.

Les autorités militaires ne furent pas intéressées par le K.51 et celui-ci n'eut pas de suite, même sous forme de prototype. En revanche, Mitsubishi au Japon s'y intéressa. En fait, les représentants de Mitsubishi en Allemagne avaient déjà fait connaître leur intérêt pour une version militaire du G.38 et le K.51 correspondait à leur attente. Un accord de production sous licence fut donc signé en septembre 1928.

Junkers construisit les composants pour deux exemplaires, qui furent assemblés au Japon en 1931. Le premier exemplaire effectua son vol inaugural le 28 octobre de cette même année, entre les mains d'un pilote allemand. 4 autres exemplaires furent construits entièrement par Mitsubishi, entre 1933 et 1935.

Les 4 premiers exemplaires étaient motorisés avec des Junkers L.88 de 800 ch fonctionnant à l'essence, les 2 derniers avec des Junkers Jumo 204 de 750 ch fonctionnant au diesel. Ces Jumo 204, certes moins puissants mais bien plus économes, libéraient d'ailleurs une fumée noire en vol. Un exemplaire servit également de banc d'essais pour le Kawasaki Ha-9, en mars 1935.

Le nouvel appareil, qui entra en service en 1933, prit la désignation de Type 92 pour l'Armée de Terre. C'était alors le plus grand avion en service dans l'Armée Impériale et le secret absolu fut gardé sur son existence. En comparaison, sa surface alaire d'environ 300 m² était le double de celle du B-29.

Les Type 92 furent essentiellement destinés à des missions de bombardement. Pour cela, leur structure fut renforcée afin de leur permettre d'emporter 5 tonnes de bombes (en pratique, plutôt 2 tonnes, placées non pas en soute mais sous le fuselage).

Leur équipage était constitué de 10 personnes, avec 6 postes de tir pour la défense. Pour se défendre, le Type 92 disposait d'un canon de 20 mm en position ventrale, et de 8 mitrailleuses de 7,7 mm, armement formidable pour l'époque. Soit 2 mitrailleuses dans le nez, 2 tourelles à une mitrailleuse sous les ailes, et enfin 2 tourelles à 2 mitrailleuses à l'arrière des nacelles moteurs intérieures. Dans la pratique, il semble que les tourelles des ailes étaient tout-à-fait inutiles.

L'objectif des Japonais était d'en faire un bombardier stratégique. Ils envisageaient de les utiliser par exemple pour bombarder les forts défendant l'accès à la baie de Manille comme Corregidor, ou Singapour, voire la Sibérie, tous ces objectifs étant alors encore loin des bases japonaises (même s'ils disposaient de l'île de Taïwan).

Le Type 92 fut déployé au Japon et en Mandchourie, mais les problèmes liés à ses moteurs limita fortement l'emploi de cet appareil. En effet, il était nettement sous-motorisé (l'avion était trop gros et trop lourd pour les moteurs de son époque), et ses moteurs étaient sujets à de fréquentes pannes. De plus, il n'excédait pas les 200 km/h, et son rayon d'action restait limité.

En définitive, il fut surtout utilisé dans un rôle de propagande. Son existence fut révélée en janvier 1940, lorsque 3 d'entre eux participèrent à un défilé aérien au-dessus de Tokyo. C'est à ce moment-là qu'il reçut la désignation de Ki-20. Sa seule existence permettait en effet aux Japonais de prétendre disposer d'un bombardier stratégique.

La suite de sa carrière reste confuse et mal connue. Selon une source, il fut utilisé au combat en Mandchourie et en Chine à partir de 1937, avant d'être retiré du front dès 1938 et d'être utilisé pour le transport du courrier. Les 6 exemplaires auraient tous été ferraillés dès 1940, c'est-à-dire peu après avoir été dévoilés au public.

La plupart des autres sources indiquent qu'il ne fut jamais utilisé au combat, les Japonais n'osant utiliser un appareil si manifestement vulnérable. En revanche, ils l'auraient utilisés dans des missions de transport jusqu'en 1943, certains d'entre eux ayant été détruits. Un exemplaire aurait même survécu jusqu'en septembre 1945, exposé au Hall du Tokorozawa Aviation Mémorial, avant de disparaître mystérieusement.

Quoiqu'il en soit, il ne reçut jamais de code allié pendant la seconde guerre mondiale. Dès 1936, l'Armée Japonaise lui chercha un successeur, qui aboutira au Ki-21.


Texte de Clansman.

Versions référencées

  • Mitsubishi Type 92 : 1ere désignation militaire, accordée dès 1933.
  • Mitsubishi Ki-20 : Désignation militaire officielle, donnée en 1940.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Mitsubishi Ki-20 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 25 448 kg (56 103 lbs)
  • Masse à vide : 14 912 kg (32 875 lbs)
  • Surface alaire : 294 m² (3 165 sq. ft)
  • Hauteur : 9,96 m (32,677 ft)
  • Envergure : 44 m (144 ft)
  • Longueur : 23,21 m (76,148 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 201 km/h (125 mph, 109 kts)
  • Distance franchissable : 3 000 km (1 864 mi, 1 620 nm)
  • Plafond opérationnel : 2 900 m (9 514 ft)
  • Charge alaire, à vide : 50,721 kg/m² (10,389 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 86,558 kg/m² (17,728 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 4 moteurs à pistons Junkers Jumo 204
  • Puissance unitaire : 552 kW (750 ch, 740 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Images

Images

Forum

Sujet complet »
Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 09:36 Clansman
Suite et fin de la commande. :hehe:


A la fin des années 1920, le Junkers G.38 était alors le plus gros avion du monde. C'est donc assez naturellement que Junkers en déclina une version militaire destinée au bombardement ou au transport, le K.51.

Les autorités militaires ne furent pas intéressées par le K.51 et celui-ci n'eut pas de suite, même sous forme de prototype. En revanche, Mitsubishi au Japon s'y intéressa. En fait, les représentants de Mitsubishi en Allemagne avaient déjà fait connaître leur intérêt pour une version militaire du G.38 et le K.51 correspondait à leur attente. Un accord de production sous licence fut donc signé en septembre 1928.

Junkers construisit les composants pour deux exemplaires, qui furent assemblés au Japon en 1931. Le premier exemplaire effectua son vol inaugural le 28 octobre de cette même année, entre les mains d'un pilote allemand. 4 autres exemplaires furent construits entièrement par Mitsubishi, entre 1933 et 1935.

Les 4 premiers exemplaires étaient motorisés avec des Junkers L.88 de 800 ch fonctionnant à l'essence, les 2 derniers avec des Junkers Jumo 204 de 720 hp fonctionnant au diesel. Ces Jumo 204, certes moins puissants mais bien plus économes, libéraient d'ailleurs une fumée noire en vol. Un exemplaire servit également de banc d'essais pour le Kawasaki Ha-9, en mars 1935.

Le nouvel appareil, qui entra en service en 1933, prit la désignation de Type 92 pour l'Armée de Terre. C'était alors le plus grand avion en service dans l'Armée Impériale et le secret absolu fut gardé sur son existence. En comparaison, sa surface alaire d'environ 300 m² était le double de celle du B-29.

Les Type 92 furent essentiellement destinés à des missions de bombardement. Pour cela, leur structure fut renforcée afin de leur permettre d'emporter 5 tonnes de bombes (en pratique, plutôt 2 tonnes, placées non pas en soute mais sous le fuselage).

Leur équipage était constitué de 10 personnes, avec 6 postes de tir pour la défense. Pour se défendre, le Type 92 disposait d'un canon de 20 mm en position ventrale, et de 8 mitrailleuses de 7,7 mm, armement formidable pour l'époque. Soit 2 mitrailleuses dans le nez, 2 tourelles à une mitrailleuse sous les ailes, et enfin 2 tourelles à 2 mitrailleuses à l'arrière des nacelles moteurs intérieures. Dans la pratique, il semble que les tourelles des ailes étaient tout-à-fait inutiles.

L'objectif des Japonais était d'en faire un bombardier stratégique. Ils envisageaient de les utiliser par exemple pour bombarder les forts défendant l'accès à la baie de Manille comme Corregidor, ou Singapour, voire la Sibérie, tous ces objectifs étant alors encore loin des bases japonaises (même s'ils disposaient de l'île de Taïwan).

Le Type 92 fut déployé au Japon et en Mandchourie, mais les problèmes liés à ses moteurs limita fortement l'emploi de cet appareil. En effet, il était nettement sous-motorisé (l'avion était trop gros et trop lourd pour les moteurs de son époque), et ses moteurs étaient sujets à de fréquentes pannes. De plus, il n'excédait pas les 200 km/h, et son rayon d'action restait limité.

En définitive, il fut surtout utilisé dans un rôle de propagande. Son existence fut révélée en janvier 1940, lorsque 3 d'entre eux participèrent à un défilé aérien au-dessus de Tokyo. C'est à ce moment-là qu'il reçut la désignation de Ki-20. Sa seule existence permettait en effet aux Japonais de prétendre disposer d'un bombardier stratégique.

La suite de sa carrière reste confuse et mal connue. Selon une source, il fut utilisé au combat en Mandchourie et en Chine à partir de 1937, avant d'être retiré du front dès 1938 et d'être utilisé pour le transport du courrier. Les 6 exemplaires auraient tous été ferraillés dès 1940, c'est-à-dire peu après avoir été dévoilés au public.

La plupart des autres sources indiquent qu'il ne fut jamais utilisé au combat, les Japonais n'osant utiliser un appareil si manifestement vulnérable. En revanche, ils l'auraient utilisés dans des missions de transport jusqu'en 1943, certains d'entre eux ayant été détruits. Un exemplaire aurait même survécu jusqu'en septembre 1945, exposé au Hall du Tokorozawa Aviation Mémorial, avant de disparaître mystérieusement.

Dès 1936, l'Armée Japonaise lui chercha un successeur, qui aboutira au Ki-21.


http://all-aero.com/index.php/5392-junkers-g38

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitsubishi_Ki-20

https://en.wikipedia.org/wiki/Mitsubishi_Ki-20

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://airwar.ru/enc/bww1/ki20.html&prev=search

https://forum.warthunder.com/index.php?/topic/177660-mitsubishi-ki-20-heavy-bomber/

https://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=1641

https://pacificeagles.net/mitsubishi-ki-20-type-92/

https://ww2db.com/aircraft_spec.php?aircraft_model_id=386
Re: Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 13:21 Clansman
La fiche sur le site

Une de mes sources est un forum pour ce jeu, WarThunder, où ils se demandent s'il faut l'intégrer au jeu. Je me même suis demandé si ça avait un rapport avec la demande.

En tout cas, je le conseille pas, vous avez compris que ça serait du tir aux pipes. Je pense que c'est un bon candidat pour "les avions qu'il fallait pas construire". :mrgreen:

Bref, un très bon exemple qui montre pourquoi il ne faut jamais transformer un avion de ligne en bombardier.
Re: Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 14:02 Wastrick
Merci pour tout ! Ça me fait extrêmement plaisir de voir l’histoire de cette avion !

(Ps: je ne savais même pas qu’ils en parlent sur War Thunder, car la demande était faite parce que je l’avait trouvé en maquette ;) )
Re: Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 16:45 Clansman
la demande était faite parce que je l’avait trouvé en maquette

J'sens qu'il va te falloir poster les photos de la maquette, alors. :mrgreen:

Concernant la carrière militaire, je pense que la première hypothèse est la plus probable. Quand à l'exemplaire qui aurait soi-disant disparu au musée, je trouve que ça relève de la légende urbaine.
Re: Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 19:15 Wastrick
C’est noté ! Ça va prendre du temps mais je l’ai posterai ;)

Pour l’exemplaire qui a disparu dans le musée, c’est vrai qu’un bombardier qui disparaît comme par magie c’est pas commun ^^
Re: Mitsubishi Ki-20 à 25/09/2018 21:21 ciders
Bernard Baeza parle d'une utilisation des Ki-20 à des fins de propagande jusqu'en 1943. Trois appareils furent présentés en vol en janvier 1940 lors d'une parade aérienne au-dessus de Tokyo (ils étaient partis du terrain de Tachikawa).

Concernant sa non-utilisation, le principal problème viendrait du manque d'aérodromes pouvant l'accueillir. En fait, il n'y en avait aucun dans les zones de combat en Chine ou en Mandchourie, ce qui réduisait dramatiquement l'intérêt d'une telle machine… démesurément grande de surcroît (une envergure supérieure à celle d'un Boeing B-29…).

Concernant l'armement :

- 6 tambours de 15 coups pour le canon de 20 mm
- 3 jumelages Type 89 (un en poste dorsal, un sur chaque aile) à 6 boîtiers de 90 coups par arme
- 2 mitrailleuses simples (une sous chaque aile, en cuve)
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Texte de , créé le 25 septembre 2018 12:53, modifié le . ©AviationsMilitaires