Histoire de l'appareil

Durant les années 1970, les forces aériennes européennes réfléchissent au remplacement de leurs flottes d’avions de combat par des appareils modernes pour la fin des années 1980. Après l’échec de la collaboration avec la France, suite aux divergences concernant le projet ECA (European Combat Aircraft), le Royaume-Uni et la République Fédérale d’Allemagne continuent leur partenariat sur un nouveau projet d’avion de combat européen désigné ACA (Agile Combat Aircraft). Ils sont rejoints par l’Italie en septembre 1982.

Le nouveau chasseur bombardier devrait permettre de remplacer les McDonnell Douglas F-4 Phantom II, SEPECAT Jaguar et Lockheed F-104 Starfighter encore en service dans les forces aériennes de ces trois pays, tout en étant complémentaire du Panavia Tornado. Les principaux constructeurs aéronautiques concernés sont donc British Aerospace, Messerschmitt-Bölkow-Blohm et Aeritalia, soit les même que dans le consortium Panavia qui a développé le Tornado.

Le design de l’appareil reprend les grandes lignes des P.110 et TKF-90. Les deux turboréacteurs Turbo-Union RB199 sont alimentés par deux entrées d’air ventrales de sections carrées comme sur le projet allemand, mais situées un peu plus en arrière. De ce dernier, il reprend également les plans canards mobiles au dièdre négatif installés très en avant. Les ailes médianes en double delta pouvant être équipées de missiles courte portée à guidage IR à leurs extrémités sont reprises de l’appareil britannique. La double dérive est penchée vers l’extérieur et le train d’atterrissage tricycle est escamotable. Naturellement instable, les commandes de vol électriques assistées par l’ordinateur de bord permettent une excellente manœuvrabilité, principalement en combat tournoyant.

La production de deux prototypes doit débuter assez rapidement et le premier vol est prévu pour 1986. Un exemplaire doit être construit par BAe à Warton et le second dans les usines de MBB, mais avant cela les différentes forces aériennes concernées affinent leurs exigences et les constructeurs modifient autant que possible le dessin de l’ACA pour y répondre. La double dérive est par conséquent abandonnée en faveur d’une dérive simple, qui permet de diminuer la masse de l’avion sans que sa manœuvrabilité à grande incidence soit visiblement péjorée. La section avant du fuselage au niveau du nez n’est plus de section elliptique, mais devient arrondie pour permettre l’emport d’un radar Doppler à longue portée Marconi, muni de capacités Look down-shoot down dérivé du Foxhunter du Tornado ADV. Le radar Blue Falcon peut également être une alternative. Des systèmes d’armes, de communication et de navigation inertielle avancés doivent être intégrés. Prévu en premier lieu pour la défense aérienne, l’ACA doit être capable d’excellentes prestations en décollage sous alerte, d’où une capacité à décoller rapidement et un taux de montée important. Pour aller dans ce sens, les turboréacteurs RB.199 sont munis d’une extension de 35,6cm permettant une augmentation de la poussée avec postcombustion et un rapport poussée/poids de 1,2 au niveau de la mer, ainsi qu’une plus grande efficacité à haute altitude.

D’ordinaire, l’armement est composé d’un canon en interne, de deux missiles air-air moyenne portée sous le fuselage et de missiles air-air à moyenne et courte portée sous les ailes. Si dans un premier temps il est prévu que l’ACA emporte des AIM-9 Sidewinder, AIM-7 Sparrow et Sky Flash, il est prévu de l’équiper dès que possible d’ASRAAM et d’AMRAAM plus performants. L’ACA peut également effectuer des missions air-sol, pour cela il emporte des missiles antiradars ALARM et diverses bombes sous le fuselage et les ailes, et éventuellement des missiles air-sol par la suite.

Une demande est formulée auprès du MOD britannique pour obtenir un soutien financier, mais le secrétaire d’Etat la rejette le 26 mai 1983, tout en accordant une aide éventuelle pour un projet de démonstration. Le programme ACA est alors stoppé et BAe, MBB et Alitalia décident de construire deux appareils de démonstration permettant de valider la formule aérodynamique, ce qui aboutira à l’EAP.

Par la suite, la configuration de l’ACA est reprise pour le FEFA, puis l’EFA qui deviendra l’Eurofighter Typhoon.

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Aeritalia/BAe/MBB ACA voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 15 800 kg (34 833 lbs)
  • Surface alaire : 53 m² (570 sq. ft)
  • Envergure : 10,9 m (35,761 ft)
  • Longueur : 14,8 m (48,556 ft)

Performances

  • Distance de décollage : 500 m (1 640 ft)
  • Vitesse maximale HA : Mach 2
  • Charge alaire, au décollage : 298,113 kg/m² (61,058 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 réacteurs Turbo-Union RB.199-34R Mk 103
  • Puissance unitaire : 4 468 kgp (44 kN, 9 850 lbf), 7 834 kgp (77 kN, 17 270 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

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Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
BAe ACA à 27/03/2018 21:34 Jericho
L’ACA (Agile Combat Aircraft) est un projet international d’avion de combat monoplace, biréacteur, muni de plans-canard mobiles, d’ailes en double delta, d’entrées d’air ventrales carrées, d’une double dérive et d’un train d’atterrissage tricycle escamotable.

Durant les années 1970, les forces aériennes européennes réfléchissent au remplacement de leurs flottes d’avions de combat par des appareils modernes pour la fin des années 1980. Après l’échec de la collaboration avec la France, suite aux divergences concernant le projet ECA (European Combat Aircraft), le Royaume-Uni et la République Fédérale d’Allemagne continuent leur partenariat sur un nouveau projet d’avion de combat européen désigné ACA (Agile Combat Aircraft). Ils sont rejoints par l’Italie en septembre 1982.

Le nouveau chasseur bombardier devrait permettre de remplacer les McDonnell Douglas F-4 Phantom II, SEPECAT Jaguar et Lockheed F-104 Starfighter encore en service dans les forces aériennes de ces trois pays, tout en étant complémentaire du Panavia Tornado. Les principaux constructeurs aéronautiques concernés sont donc British Aerospace, Messerschmitt-Bölkow-Blohm et Aeritalia, soit les même que dans le consortium Panavia qui a développé le Tornado.

Le design de l’appareil reprend les grandes lignes des P.110 et TKF-90. Les deux turboréacteurs Turbo-Union RB199 sont alimentés par deux entrées d’air ventrales de sections carrées comme sur le projet allemand, mais situées un peu plus en arrière. De ce dernier, il reprend également les plans canards mobiles au dièdre négatif installés très en avant. Les ailes médianes en double delta pouvant être équipées de missiles courte portée à guidage IR à leurs extrémités sont reprises de l’appareil britannique. La double dérive est penchée vers l’extérieur et le train d’atterrissage tricycle est escamotable. Naturellement instable, les commandes de vol électriques assistées par l’ordinateur de bord permettent une excellente manœuvrabilité, principalement en combat tournoyant.

La production de deux prototypes doit débuter assez rapidement et le premier vol est prévu pour 1986. Un exemplaire doit être construit par BAe à Warton et le second dans les usines de MBB, mais avant cela les différentes forces aériennes concernées affinent leurs exigences et les constructeurs modifient autant que possible le dessin de l’ACA pour y répondre. La double dérive est par conséquent abandonnée en faveur d’une dérive simple, qui permet de diminuer la masse de l’avion sans que sa manœuvrabilité à grande incidence soit visiblement péjorée. La section avant du fuselage au niveau du nez n’est plus de section elliptique, mais devient arrondie pour permettre l’emport d’un radar Doppler à longue portée Marconi, muni de capacités Look down-shoot down dérivé du Foxhunter du Tornado ADV. Le radar Blue Falcon peut également être une alternative. Des systèmes d’armes, de communication et de navigation inertielle avancés doivent être intégrés. Prévu en premier lieu pour la défense aérienne, l’ACA doit être capable d’excellentes prestations en décollage sous alerte, d’où une capacité à décoller rapidement et un taux de montée important. Pour aller dans ce sens, les turboréacteurs RB.199 sont munis d’une extension de 35,6cm permettant une augmentation de la poussée avec postcombustion et un rapport poussée/poids de 1,2 au niveau de la mer, ainsi qu’une plus grande efficacité à haute altitude.

D’ordinaire, l’armement est composé d’un canon en interne, de deux missiles air-air moyenne portée sous le fuselage et de missiles air-air à moyenne et courte portée sous les ailes. Si dans un premier temps il est prévu que l’ACA emporte des AIM-9 Sidewinder, AIM-7 Sparrow et Sky Flash, il est prévu de l’équiper dès que possible d’ASRAAM et d’AMRAAM plus performants. L’ACA peut également effectuer des missions air-sol, pour cela il emporte des missiles antiradars ALARM et diverses bombes sous le fuselage et les ailes, et éventuellement des missiles air-sol par la suite.

Une demande est formulée auprès du MOD britannique pour obtenir un soutien financier, mais le secrétaire d’Etat la rejette le 26 mai 1983, tout en accordant une aide éventuelle pour un projet de démonstration. Le programme ACA est alors stoppé et BAe, MBB et Alitalia décident de construire deux appareils de démonstration permettant de valider la formule aérodynamique, ce qui aboutira à l’EAP.

Par la suite, la configuration de l’ACA est reprise pour le FEFA, puis l’EFA qui deviendra l’Eurofighter Typhoon.


Caractéristiques et performances prévues :
Equipage : 1
Longueur : 14,8m
Envergure : 10,9m
Surface alaire : 53,0m2
Masse maximale au décollage : 15’800kg
Points d’attache : 14
Moteurs : deux Turbo-Union RB.199-103 d’une poussée unitaire de 40,5kN (4’130kgp) à sec et 84,9kN (8’650kgp) avec postcombustion.
Vitesse max : Mach 2
Distance de décollage : 500m
Armement : 1 canon en interne ; 6 ASRAAM et 4 Sky Flash ou AMRAAM ; 4 Sky Flash et jusqu’à 8 bombes.


Liens internet :
http://www.globalsecurity.org/military/world/europe/aca.htm
https://www.flightglobal.com/news/articles/coming-together-52567/
https://books.google.ch/books?id=whVkp7L15QwC&pg=PA233&lpg=PA233&dq=Agile+Combat+Aircraft+ACA&source=bl&ots=ncW05XMyqI&sig=o3pig6AldrN7giimumP6n_tcVPw&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjbu5GOxOHPAhVKG5oKHeG0DqA4ChDoAQgbMAA#v=onepage&q=Agile%20Combat%20Aircraft%20ACA&f=false
https://books.google.ch/books?id=1kYVZ0zS4dYC&pg=PA693&lpg=PA693&dq=Agile+Combat+Aircraft+ACA&source=bl&ots=-MkV8-U8HH&sig=tJKVk0VEX8FzQbNYp8KiUhXV484&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi9rNKTvuHPAhXSOSwKHVDaD3IQ6AEIVDAK#v=onepage&q=Agile%20Combat%20Aircraft%20ACA&f=false

Source principale:
British Secret Projects - Jet Fighters Since 1950; BUTTLER Tony, Midland Publishing.
Re: BAe ACA à 27/03/2018 21:36 Jericho
La fiche sur le site.
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Texte de , créé le 8 février 2018 22:36, modifié le . ©AviationsMilitaires