Rappels

Histoire de l'appareil

Lorsqu’en 1962 le Royaume Uni désire remplacer ses avions d’entraînement avancés Folland Gnat T.1 et Hawker Hunter T.7 par un seul modèle capable d’effectuer également des missions de frappes aériennes tactiques. La British Aircraft Corporation (BAC) propose son projet P.45 comprenant une version monoplace d’attaque au sol à ailes à géométrie variable et une version biplace de formation à ailes fixes. Mais malgré son intérêt, le gouvernement britannique déclare ne pas avoir le budget disponible et le projet P.45 est annulé.

À la même période, de l’autre côté de la Manche, la France lance le programme ECAT (Ecole de Combat et Appui Tactique) qui prévoit le remplacement des Fouga Magister et Lockheed T-33 d’entraînement, ainsi que les Dassault Super Mystère B.2, Republic F-84F et North American F-100 d’attaque au sol.

Les spécifications exigées pour ces deux programmes semblent suffisamment proches pour que les deux pays se rapprochent et envisagent la conception d’appareils communs relativement avancés et à un prix abordable. En mars 1964, des spécifications provisoires sont publiées, suivie d’autres plus précises en octobre de la même année.

Un protocole d’entente est signé le 17 mai 1965 pour le lancement de deux programmes destinés à répondre au mieux aux besoins de la France et du Royaume-Uni. Le premier concerne un avion d’entrainement avancé et d’attaque au sol, rapidement désigné "Jaguar", qui doit être développé par la société franco-britannique SEPECAT (Société Européenne de Production de l'avion Ecole de Combat et d'Appui Tactique). Le second est un avion de combat anglo-français muni d’ailes à géométrie variable et dont le programme est désigné AFVG (Anglo-French Variable Geometry aircraft).

Destiné à épauler les F-111K que le Royaume-Uni désire acheter, l’AFVG doit également permettre à l’industrie aéronautique britannique de conserver sa capacité à développer des avions de combat modernes. Contrairement au Jaguar dont les travaux sont effectués sous la direction de Breguet, c’est BAC qui est le maître d’œuvre du projet, avec Dassault et SNECMA comme associés. Si la collaboration avec le motoriste français ne pose pas de problème, Dassault semble très réticent. Il craint en effet qu’en cédant la direction d’un programme aéronautique majeur, il ne perde une position de leader dans l’industrie aéronautique et il préfère travailler discrètement de son côté.

Un travail en commun permet de définir les besoins et les spécifications britanniques 269 et ASR.338 qui sont publiées ensuite. L’AFVG sera équipé des turboréacteurs SNECMA/Bristol Siddeley M.45G. Il devra transporter 1’134kg d’armement, voler à 1’480km/h au niveau de la mer et Mach 2.5 à haute altitude, son plafond pratique doit être de 60’000pieds (18’288m) et son rayon d’action de 741km.

À partir du 1er août 1965, une étude de faisabilité commence, mais rapidement les exigences doivent être revues à la baisse, car le turboréacteur M.45G ne fournit pas la poussée attendue. Plusieurs variantes de masses différentes sont donc étudiées, afin d’évaluer le meilleur compromis pour une utilisation depuis les porte-avions français, puisque la Royal Navy annonce qu’un AFVG aux performances réduites ne l’intéresse pas. La RAF annonce de son côté qu’elle pense désormais utiliser le nouvel appareil principalement pour les frappes au sol et les missions de reconnaissance, les missions d’interceptions devenant secondaires.

En mars 1966, le turboréacteur Rolls Royce RB.153 est proposé comme alternative au M.45G et le dessin de la cellule est défini. Une maquette détaillée est construite dans les usines de BAC à Warton, alors que le vol du premier prototype est prévu pour la première moitié de 1968. L’AFVG se présente comme un biplace en tandem muni d’ailes hautes, à géométrie variable, munies de becs de bord d’attaque et de volets à double fentes. L’empennage en flèche est conventionnel et de grande taille, il est utilisé à la fois pour le contrôle en tangage et en roulis. Les entrées d’air, situées sur les côtés du fuselage, sont semblables à celles du TSR-2 et des Mirage III avec leur forme semi-circulaire munies de souris permettant de régler le débit selon les conditions de vol. Le train d’atterrissage tricycle est entièrement escamotable dans le fuselage. Deux aérofreins sont installés entre les empennages horizontaux et la dérive. Le carburant est réparti dans des réservoirs situés dans le fuselage, les ailes et la dérive.

L’appareil peut emporter une arme nucléaire de 1'134kg semi-encastrée sous le fuselage, ou trois missiles air-air également semi-encastrés. Un bombardement conventionnel peut être réalisé avec quatre bombes de 454kg sous le fuselage, permettant à l’AFVG de conserver ses capacités supersoniques. Il peut également emporter jusqu’à 18 bombes de 227kg sous le fuselage et les ailes, mais dans cette configuration il n’a qu’une capacité subsonique, les ailes ne pouvant pas être déployées à leur flèche maximale. Deux canons de 30mm peuvent également être montés, à l’arrière des entrées d’air, à la place de réservoirs de carburant internes auxiliaires.

La version de combat doit être équipée d’un radar dans le nez, muni d’une antenne d’un diamètre compris entre 80 et 90 cm, et qui permet la recherche et la désignation de cible aérienne, le suivit de terrain, ainsi que la cartographie du sol en support avec une plateforme inertielle.

L’évaluation du projet AFVG entraîne, en juillet 1966, la demande d’études supplémentaires afin d’en diminuer les coûts. Le constat est clair : la réduction du coût unitaire ne pouvait être obtenu qu’en diminuant fortement les capacités opérationnelles, au point de ne plus répondre aux exigences initiales. En janvier 1967, le projet avec un nouveau calendrier est maintenu et, par la même occasion, la France exige de conserver un moteur de la série M.45 de SNECMA : le M.45 G10 qui devrait être bientôt disponible. BAC doit finaliser la cellule et SNECMA les moteurs.

Peu de temps après, les responsables britanniques du projet apprennent qu’un programme français, semblable à l’AFVG, est développé par Dassault. Ils décident alors de se rendre en France pour protester. Les responsables français du programme finissent par reconnaître l’existence du Mirage G8, mais n'admettent pas l'existence du Mirage F1, qui a déjà volé et qui est également un concurrent direct pour le projet anglo-français.

En juin 1967, le ministre français de la Défense informe son homologue britannique que la France se retire du programme AFVG pour des raisons budgétaires. La France préfère miser sur ses Mirage F1 et  G8 de Dassault, d’autant plus que ne faisant plus partie de l’OTAN, elle désire s’équiper en priorité d’avions de défense aérienne.

Le Royaume-Uni décide alors de faire cavalier seul avec un nouveau programme désigné UKVG.

Versions référencées

  • BAC/Dassault AFVG : Version initiale dont l’armement consiste en 2 canons ADEN de 30mm; 1 arme nucléaire de 1'134kg semi-encastrée ou 4 bombes de 454kg sous le fuselage en vol supersonique, 18 bombes de 227kg en vol subsonique; 3 missiles air-air semi-encastrés.

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BAC/Dassault AFVG voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Surface alaire, ailes repliées : 15,8 m² (170,07 sq. ft)
  • Surface des ailes déployées : 18,4 m² (198,056 sq. ft)
  • Hauteur : 5,39 m (17,684 ft)
  • Envergure maximale : 12,98 m (42,585 ft)
  • Envergure minimale : 7,1 m (23,294 ft)
  • Longueur : 16,43 m (53,904 ft)

Performances

  • Endurance maximale : 3 h
  • Rayon d'action : 2 260 km (1 404 mi, 1 220 nm)
  • Plafond opérationnel : 18 290 m (60 007 ft)
  • Mach maximal HA : Mach 2,3
  • Vitesse maximale BA : 1 480 km/h (920 mph, 799 kts)

Motorisation

  • 2 réacteurs M.45 G10
  • Puissance unitaire : 3 139,653 kgp (30,8 kN, 6 921,757 lbf), 5 494,393 kgp (53,9 kN, 12 113,074 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

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Accidents enregistrés

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Re: Ben et le Mirage F1 B/CR/CT alors ? à 15/11/2017 13:28 foxkilo02

foxkilo02 a écrit

Décidément le F1 se vend comme des petits pains :hehe:

Draken International a en effet signé un accord avec l'armée de l'air espagnole, le 8 septembre dernier, portant sur l'achat d'une vingtaine de Mirage F1.
L'accord a été officialisé: 22 F1 ont été achetés aux Espagnols
Re: Atlantique 1 et 2 et 3 … (zéro) à 16/11/2017 20:06 Cinétic
Le standard 6 est testé dans contexte operationnel
Re: Atlantique 1 et 2 et 3 … (zéro) à 17/11/2017 11:04 Ansierra117
Ah oui quand même, il s'agit d'une bonne grosse mise à jour
Re: Atlantique 1 et 2 et 3 … (zéro) à 17/11/2017 20:33 Cinétic
Ca fait du bien à voir, du moins quand ils seront tous à jour.
Un nouveau radar et un nouvel interrogateur IFF, un FLIR supplémentaire et une nouvelle console de détection acoustique. De quoi sérieusement revenir dans la course.
Re: Ben et le Mirage F1 B/CR/CT alors ? à 19/11/2017 18:04 Ansierra117
Hop on a vidé les stocks européens de F1 haha
Re: Caractéristiques Mirage 2000/Tanagra à 20/11/2017 20:19 stanak
Mirage 2000-5BG
Hellenic AF
Image
jamais vu les biplaces hors de Grèce 8-)
Re: Ben et le Mirage F1 B/CR/CT/Tanagra à 20/11/2017 20:23 stanak
Mirage F1CG
Hellenic AF
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déco du retrait en 2003
Re: Ben et le Mirage F1 B/CR/CT alors ? à 20/11/2017 20:53 d9pouces
jolie déco (même si le jaune n'est pas forcément ma couleur préférée)
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 24/11/2017 10:09 Ansierra117
Michel Cabirol est on fire : vers une levée d'option du Qatar très bientôt ?

Vu la guéguerre que se livrent qataris et égyptiens, une fois que le premier aura dégainé, le second s'alignera pour ne pas perdre la face hahah
Re: Nord 2501 "Noratlas"/Elefsina à 03/12/2017 18:08 stanak
N2501D
Hellenic AF
Image
à mon avis, fraichement repeint et codes pas encore faits
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 07/12/2017 11:44 Paxwax
C'est fait!

Le Qatar commande lève ses options et passe donc une commande ferme pour 12 Rafales supplémentaires. Qui plus est, l'émirat dépose également une nouvelle option pour 36 Rafales.
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 07/12/2017 16:35 foxkilo02

Paxwax a écrit

C'est fait!

Le Qatar commande lève ses options et passe donc une commande ferme pour 12 Rafales supplémentaires. Qui plus est, l'émirat dépose également une nouvelle option pour 36 Rafales.

Même si c'était plus ou moins prévu, c'est toujours une bonne nouvelle ! :bieres:
On attendra la levée de l'option des 36 rafales sup pour ouvrir la 2eme bouteille de Champomy. :mrgreen:
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 08/12/2017 12:07 Jericho
Le Qatar a levé l’option sur les douze Rafale, d’un montant estimé à 1,1 milliard d’euros, accompagnant les vingt-quatre commandés en avril 2015…
Ce qui nous amène à penser que le prix unitaire du Rafale pourrait être d'environ 91 millions d'Euro, le reste étant en général, l'armement, les équipements supplémentaires, la formation, les simulateurs, etc.
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 08/12/2017 12:42 Ansierra117
Vu la gueguerre qui oppose Egypte et Qatar, il y a peut-être moyen que l'Egypte ne traîne pas trop pour lever la sienne hahaha

Bonne nouvelle en tout cas, on a encore vendu à des grands démocrates respectueux des valeurs d'ouverture et de tolérance.
Pas que je critique la vente, mais ça serait cool qu'on arrive à percer sur des marchés un peu plus responsables
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 08/12/2017 13:46 Tyreann

Ansierra117 a écrit

Bonne nouvelle en tout cas, on a encore vendu à des grands démocrates respectueux des valeurs d'ouverture et de tolérance.
Pas que je critique la vente, mais ça serait cool qu'on arrive à percer sur des marchés un peu plus responsables

Qu'y peut-on, si les « marchés un peu plus responsables » préfèrent acheter aux « grands démocrates respectueux des valeurs d'ouverture et tolérance » que sont les USA et la Russie ? :mrgreen:

Néanmoins, je partage ton opinion, et le grand public aussi, je pense, préfèrerait voir des ventes à la Suisse ou la Belgique qu'au Qatar ou à l'Égypte.
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 08/12/2017 14:22 Paxwax

Ansierra117 a écrit

Bonne nouvelle en tout cas, on a encore vendu à des grands démocrates respectueux des valeurs d'ouverture et de tolérance.
L'Inde a certes ses problèmes d'inégalités sociales, mais que je sache, le caractère démocratique de ce pays n'est contesté par personne ;) .

Enfin je reste d'accord avec toi sur le fond, concernant la vente à un régime autoritaire! Quoique j'ai beaucoup moins de honte à vendre des armes aux qataris qu'aux saoudiens (acheteurs notamment de l'Eurofighter Typhoon ou du Boeing F-15, mais je ne vise personne :p ).
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 08/12/2017 14:27 Ansierra117
Non non bien sûr que l'Inde est démocratique et pour ce qui est des inégalités sociales, si on s'arrête à ça on ne va pas plus vendre grand chose à personne.

Mouais, franchement qataris ou saoudiens, ça revient au même…Dans les pays du Golfe, je dirais qu'il n'y a que les Émirats Arabes Unis qui sortent du lot
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 09/12/2017 08:24 ouakamois
Perso,quand on vend des armes,avec une volonté d'export, l'argent n'a ni odeur ni couleur. Sauf celui de l'EI .. ou d'Al qaeda…On aurait du vendre les Mistral aux russes..
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 10/12/2017 22:42 Ansierra117
Sauf s'il y a risque que les armes soient utilisées d'une manière ou d'une autre contre nous ou nos intérêts. C'est pour ça qu'on a très bien fait de pas vendre les Mistral aux russes. On aurait pas eu l'air con si un BPC avait servi à déployer des hélicos pour prendre la Crimée.
Re: Les aventures du Rafale à l'export en 2017 à 13/12/2017 09:04 foxkilo02
Un nouveau cadeau sous le sapin Dassault ? :bonnet:

Bon ok, c'est la Tribune ….[/size:23zwn6kp] :mrgreen:
Texte de , créé le 14 novembre 2017 21:34, modifié le . ©AviationsMilitaires