Rappels

Histoire de l'appareil

A la fin des années 1920, les aviateurs américains de l'US Navy et du corps des Marines avaient commencé à expérimenter une toute nouvelle méthode de bombardement, dite du bombardement en piqué. Les résultats positifs de ces essais plus ou moins improvisés au départ incitèrent de nombreux constructeurs à travailler sur des appareils véritablement conçus pour mener ces missions beaucoup plus exigeantes pour les cellules mais potentiellement plus efficaces. Le Japon qui avait aussi eu vent de ces expériences les appliqua à son tour à partir de 1930 avec le même succès. La Marine impériale décida donc en conséquence de se doter de bombardiers en piqué pouvant être employés à partir de ces porte-avions.

En 1931 puis 1932, deux programmes d'acquisition (respectivement baptisés 6-Shi et 7-Shi) d'un "avion d'attaque spéciale" (désignation officielle des bombardiers en piqué dans la Marine japonaise) furent successivement lancés. Mais ces deux tentatives n'aboutissent qu'à des échecs : Nakajima ne parvint pas à développer un appareil satisfaisant. Pire, le premier des deux prototypes du Bombardier Spécial 6-Shi se révéla instable en vol et s'écrasa au sol au sortir d'un piqué le 26 novembre 1932, tuant son pilote. Un troisième programme (8-Shi) fut malgré tout lancé en 1933 dans l'espoir de déboucher enfin sur quelque chose. Mais la troisième tentative de Nakajima, désignée RZ et dérivée des deux tentatives précédentes, n'aboutit pas davantage. Le constructeur décida donc d'abandonner ses efforts en la matière.

Entre-temps, un autre constructeur s'était lancé dans le programme 8-Shi. L'avionneur Aichi n'était cependant pas seul. Utilisant les bonnes relations tissées avec le constructeur allemand Heinkel, Aichi put acquérir auprès de ce dernier un exemplaire d'un bombardier en piqué alors en développement et tiré du He-50, le He-66. Arrivé au Japon en 1934, cet avion fut étudié de près par les ingénieurs japonais qui conclurent qu'il constituait une base saine de travail mais qu'il faudrait y apporter de nombreuses modifications. Celles-ci consistèrent essentiellement en un renforcement de la structure, le remplacement du train d'atterrissage par un modèle plus résistant, l'installation d'une crosse d'appontage et de parties repliables dans la voilure. Le moteur allemand Siemens SAM-22B d'origine, développant 520 ch, fut également remplacé. Baptisé Aichi AB-9, le nouvel appareil surclassa aisément le Nakajima RZ et fut accepté en décembre 1934 par la Marine impériale sous la désignation de bombardier léger embarqué Type 94 puis de bombardier embarqué Type 94. Il entra en service comme l'Aichi D1A.

Le D1A était un biplan de construction mixte (structure métallique avec parties entoilées) avec un train d'atterrissage fixe. L'équipage, constitué d'un pilote et d'un observateur faisant également office de mitrailleur, prenait place dans deux postes de pilotage ouverts. Les deux ailes étaient reliées par plusieurs mâts verticaux eux-mêmes liés par des câbles formant un "x". Le moteur choisi par Aichi était un Nakajima Kotobuki 2-kai-1 de 580 ch entraînant une hélice métallique bipale à pas fixe : au bout de cent dix-huit appareils construits, il fut remplacé par une évolution légèrement plus puissante développant 640 ch, le Kotobuki 3. L'armement se constituait quant à lui de deux mitrailleuses légères tirant vers l'avant, d'une unique mitrailleuse orientable couvrant l'arrière et surtout d'une bombe de 250 kilos montée entre les deux jambes du train principal sous le siège du pilote. Deux bombes plus petites de trente kilos chacune pouvaient être placées sous la voilure.

En 1935, la Marine impériale demanda à Aichi de travailler à une nouvelle motorisation pour améliorer des performances jugées décevantes. L'utilisation d'un Nakajima Hikari 1 de 730 ch fut accompagnée par une modification de l'aérodynamisme de l'appareil avec l'installation de carénages de trains, d'un nouveau capot moteur plus lisse et de postes d'équipages modifiés. Désigné AB-10 puis D1A2, cette évolution du D1A se révéla effectivement plus rapide en palier (306 km/h au lieu de 281 km/h) et en montée (8 minutes pour atteindre les 3 000 mètres d'altitude au lieu de 9 minutes et trente secondes) mais un peu moins endurante (926 kilomètres d'autonomie). Elle fut cependant validée par la Marine et commandée à l'automne 1936, sous la désignation Type 96.

De décembre 1934 à 1936, tous les D1A produits furent versés dans un corps spécial destiné à la formation des équipages au bombardement en piqué. Les missions réalisées durant cette période permirent de valider un manuel du bombardement en piqué et d'intégrer un système automatique de sortie de piqué après le largage de la bombe. En octobre 1936, ils participèrent pour la première fois à des manœuvres navales. La même année, les porte-avions Kaga et Ryujo furent équipés respectivement de douze et de quinze appareils. Ces deux navires furent engagés avec leurs appareils dans les opérations lancées contre la Chine à partir de l'été 1937. Ils y menèrent des missions d'attaque de terrains d'aviation, de ponts ou encore aux navires chinois utilisés pour bloquer l'estuaire du fleuve Yang-Tsé, et subirent des pertes face à la chasse et surtout à la défense antiaérienne chinoise. Les D1A1 furent progressivement remplacés sur le front par des D1A2. Après des opérations dans la région de Nankin et de Shanghai, les D1A furent engagés au-dessus de la région de Canton. Plus efficacement soutenus par des chasseurs plus nombreux et plus modernes, ils s'en sortirent mieux à mesure que le conflit se prolongeait.

En décembre 1941, la plupart des D1A encore en service avaient été débarqués à terre, remplacés par des types plus modernes, et étaient utilisés pour l'entraînement des équipages de la Marine impériale. Une soixantaine de D1A2 seraient restés en service dans des unités de seconde ligne jusqu'en 1942. Il semble également que la composante navale des forces armées du Mandchukuo, État vassal du Japon, ait mis en ligne un nombre non déterminé de D1A. La production de l'appareil cessa en 1940 : au total, Aichi produisit 162 D1A1 et 428 D1A2. Les deux types reçurent le nom de code allié "Susie".

Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Aichi D1A1 : 1ere version de série, 162 exemplaires.
  • Aichi D1A2 : Seconde et dernière version de série, 428 exemplaires. Moteur plus puissant.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Aichi D1A1 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 400 kg (5 291 lbs)
  • Masse à vide : 1 400 kg (3 086 lbs)
  • Surface alaire : 34,05 m² (366,511 sq. ft)
  • Hauteur : 3,45 m (11,319 ft)
  • Envergure : 11,37 m (37,303 ft)
  • Longueur : 9,4 m (30,84 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 281 km/h (175 mph, 152 kts) à 2050 m.
  • Distance franchissable : 1 055 km (656 mi, 570 nm)
  • Plafond opérationnel : 7 000 m (22 966 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 5,26 m/s (17,257 ft/s)
  • Charge alaire, à vide : 41,116 kg/m² (8,421 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 70,485 kg/m² (14,436 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en V Nakajima Kotobuki 2-kai-1
  • Puissance unitaire : 427 kW (580 ch, 572 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Forum

Sujet complet »
Aichi D1A à 30/04/2017 20:03 ciders
Historique :

A la fin des années 1920, les aviateurs américains de l'US Navy et du corps des Marines avaient commencé à expérimenter une toute nouvelle méthode de bombardement, dite du bombardement en piqué. Les résultats positifs de ces essais plus ou moins improvisés au départ incitèrent de nombreux constructeurs à travailler sur des appareils véritablement conçus pour mener ces missions beaucoup plus exigeantes pour les cellules mais potentiellement plus efficaces. Le Japon qui avait aussi eu vent de ces expériences les appliqua à son tour à partir de 1930 avec le même succès. La Marine impériale décida donc en conséquence de se doter de bombardiers en piqué pouvant être employés à partir de ces porte-avions.

En 1931 puis 1932, deux programmes d'acquisition (respectivement baptisés 6-Shi et 7-Shi) d'un "avion d'attaque spéciale" (désignation officielle des bombardiers en piqué dans la Marine japonaise) furent successivement lancés. Mais ces deux tentatives n'aboutissent qu'à des échecs : Nakajima ne parvint pas à développer un appareil satisfaisant. Pire, le premier des deux prototypes du Bombardier Spécial 6-Shi se révéla instable en vol et s'écrasa au sol au sortir d'un piqué le 26 novembre 1932, tuant son pilote. Un troisième programme (8-Shi) fut malgré tout lancé en 1933 dans l'espoir de déboucher enfin sur quelque chose. Mais la troisième tentative de Nakajima, désignée RZ et dérivée des deux tentatives précédentes, n'aboutit pas davantage. Le constructeur décida donc d'abandonner ses efforts en la matière.

Entre-temps, un autre constructeur s'était lancé dans le programme 8-Shi. L'avionneur Aichi n'était cependant pas seul. Utilisant les bonnes relations tissées avec le constructeur allemand Heinkel, Aichi put acquérir auprès de ce dernier un exemplaire d'un bombardier en piqué alors en développement et tiré du He-50, le He-66. Arrivé au Japon en 1934, cet avion fut étudié de près par les ingénieurs japonais qui conclurent qu'il constituait une base saine de travail mais qu'il faudrait y apporter de nombreuses modifications. Celles-ci consistèrent essentiellement en un renforcement de la structure, le remplacement du train d'atterrissage par un modèle plus résistant, l'installation d'une crosse d'appontage et de parties repliables dans la voilure. Le moteur allemand Siemens SAM-22B d'origine, développant 520 ch, fut également remplacé. Baptisé Aichi AB-9, le nouvel appareil surclassa aisément le Nakajima RZ et fut accepté en décembre 1934 par la Marine impériale sous la désignation de bombardier léger embarqué Type 94 puis de bombardier embarqué Type 94. Il entra en service comme l'Aichi D1A.

Le D1A était un biplan de construction mixte (structure métallique avec parties entoilées) avec un train d'atterrissage fixe. L'équipage, constitué d'un pilote et d'un observateur faisant également office de mitrailleur, prenait place dans deux postes de pilotage ouverts. Les deux ailes étaient reliées par plusieurs mâts verticaux eux-mêmes liés par des câbles formant un "x". Le moteur choisi par Aichi était un Nakajima Kotobuki 2-kai-1 de 580 ch entraînant une hélice métallique bipale à pas fixe : au bout de cent dix-huit appareils construits, il fut remplacé par une évolution légèrement plus puissante développant 640 ch, le Kotobuki 3. L'armement se constituait quant à lui de deux mitrailleuses légères tirant vers l'avant, d'une unique mitrailleuse orientable couvrant l'arrière et surtout d'une bombe de 250 kilos montée entre les deux jambes du train principal sous le siège du pilote. Deux bombes plus petites de trente kilos chacune pouvaient être placées sous la voilure.

En 1935, la Marine impériale demanda à Aichi de travailler à une nouvelle motorisation pour améliorer des performances jugées décevantes. L'utilisation d'un Nakajima Hikari 1 de 730 ch fut accompagnée par une modification de l'aérodynamisme de l'appareil avec l'installation de carénages de trains, d'un nouveau capot moteur plus lisse et de postes d'équipages modifiés. Désigné AB-10 puis D1A2, cette évolution du D1A se révéla effectivement plus rapide en palier (306 km/h au lieu de 281 km/h) et en montée (8 minutes pour atteindre les 3 000 mètres d'altitude au lieu de 9 minutes et trente secondes) mais un peu moins endurante (926 kilomètres d'autonomie). Elle fut cependant validée par la Marine et commandée à l'automne 1936, sous la désignation Type 96.

De décembre 1934 à 1936, tous les D1A produits furent versés dans un corps spécial destiné à la formation des équipages au bombardement en piqué. Les missions réalisées durant cette période permirent de valider un manuel du bombardement en piqué et d'intégrer un système automatique de sortie de piqué après le largage de la bombe. En octobre 1936, ils participèrent pour la première fois à des manœuvres navales. La même année, les porte-avions Kaga et Ryujo furent équipés respectivement de douze et de quinze appareils. Ces deux navires furent engagés avec leurs appareils dans les opérations lancées contre la Chine à partir de l'été 1937. Ils y menèrent des missions d'attaque de terrains d'aviation, de ponts ou encore aux navires chinois utilisés pour bloquer l'estuaire du fleuve Yang-Tsé, et subirent des pertes face à la chasse et surtout à la défense antiaérienne chinoise. Les D1A1 furent progressivement remplacés sur le front par des D1A2. Après des opérations dans la région de Nankin et de Shanghaï, les D1A furent engagés au-dessus de la région de Canton. Plus efficacement soutenus par des chasseurs plus nombreux et plus modernes, ils s'en sortirent mieux à mesure que le conflit se prolongeait.

En décembre 1941, la plupart des D1A encore en service avaient été débarqués à terre, remplacés par des types plus modernes, et étaient utilisés pour l'entraînement des équipages de la Marine impériale. Une soixantaine de D1A2 seraient restés en service dans des unités de seconde ligne jusqu'en 1942. Il semble également que la composante navale des forces armées du Mandchukuo, État vassal du Japon, ait mis en ligne un nombre non déterminé de D1A. La production de l'appareil cessa en 1940 : au total, Aichi produisit 162 D1A1 et 428 D1A2. Les deux types reçurent le nom de code allié "Susie".

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Caractéristiques :

Version :

Aichi D1A1

Type :

Bombardier en piqué embarqué

Équipage :

2 hommes (pilote et radio/mitrailleur)

Motorisation :

1 Nakajima Kotobuki 2-kai-1 à 9 cylindres en V, à refroidissement par air, développant 580 ch (sur les cent dix-huit premiers exemplaires)

Poids :

Masse à vide : 1 400 kg
Masse maximale au décollage : 2 400 kg

Performances :

Vitesse maximale : 281 km/h à 2 050 m
Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 9 mn 30 s
Plafond pratique : 7 000 m
Autonomie : 1 055 km

Dimensions :

Envergure : 11,37 m
Hauteur : 3,45 m
Longueur : 9,40 m
Envergure : 34,05 mètres carrés

Armement :

Deux mitrailleuses Type 92 calibre 7,7 mm tirant vers l'avant
Une mitrailleuse orientable Type 92 calibre 7,7 mm tirant vers l'arrière
Une bombe de 250 kilos sous le fuselage
Deux bombes de 30 kilos sous la voilure

Pays utilisateurs :

Japon (marine impériale), Mandchukuo (marine)

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Sources :

- Michel Ledet, Samouraï sur porte-avions, tome 1, Éditions Lela Presse, 2017
- https://en.wikipedia.org/wiki/Aichi_D1A
- http://www.aviastar.org/air/japan/aichi_d1a.php
- http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/aichi-d1a-susie/
- http://www.combinedfleet.com/ijna/d1a.htm

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Images :

:arrow: Profil couleurs d'un Aichi D1A2
:arrow: Plan trois vues d'un Aichi D1A1
:arrow: Deux D1A2 du 13. Kokutai en Chine
Re: Aichi D1A à 03/05/2017 08:00 Clansman
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Texte de , créé le May 3, 2017, 7:18 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires