Rappels

Histoire de l'appareil

Dans les années 1960, l'Armée de l'Air envisage un appareil biréacteur lourd capable de remplir différentes missions : c'est le programme RAGEL (Reconnaissance, Attaque et Guerre Électronique Lointaines). Il débouche sur une fiche-programme éditée par l’État-major le 1er juin 1972 concernant un Avion de Combat Futur (ACF).

Cet ACF doit être monoplace, biréacteur, capable de remplir des missions de défense aérienne, attaque et reconnaissance. Dassault se base sur l'expérience des Mirage G à envergure variable (en 1972, le Mirage G8 vole depuis peu et est sur le point d'être transféré au CEV) pour proposer une nouvelle version.

Cet appareil reprend la cellule du Mirage G8, mais avec une aile fixe et haute en flèche de 55° (comme celle du Mirage F2). Le mécanisme de variation de flèche des ailes est abandonné car trop complexe et trop lourd, et les expériences montrent que cet angle est le meilleur compromis. En cela, Dassault continue sa méthode selon laquelle un nouveau modèle est une évolution des précédents.

Pour la motorisation, Dassault utilise deux réacteurs M53, conçus entre 1967 et 1969 sous l'appellation "Super Atar". Ce réacteur, réclamé par l'Armée de l'Air, devait équiper également le Mirage G8. Enfin, le radar doit être pourvu d'une antenne de grand diamètre, ce qui nécessite un fuselage de grande taille. Les deux quilles sont conservées, de même que les aérofreins sur la partie supérieure du fuselage dorsal (de chaque côté de l'arête devant la dérive). En définitive, l'ACF peut passer superficiellement pour un Mirage F1 agrandi et biréacteur, quoique le fuselage lui-même lorgne déjà vers le futur Mirage 2000.

Le précédent du Mirage G4, en 1968, incite Michel Debré (alors ministre de la Défense) à demander le 28 juillet 1972 que le programme soit établi sur des bases viables, qu'elles soient techniques, opérationnelles ou financières. Une revue de ce programme est donc effectuée par des représentants de la Direction générale de l'armement, de l’État-major des Armées et l’État-major de l'Armée de l'Air en août 1972, ce qui débouche sur une phase de définition lancée par le ministre le 14 novembre 1972.

Cette définition aboutit le 11 mai 1973 : deux versions principales sont prévues : un monoplace de défense aérienne (ACF/DA) et un biplace de pénétration destiné à la frappe nucléaire (ACF/P). 200 exemplaires sont prévus, ce qui porterait les effectifs de l'Armée de l'Air à 450 avions de combat. Les deux avions pèsent 14 tonnes à vide, 29 tonnes maxi et mesurent plus de 19 mètres de long.

Le monoplace, capable de Mach 2,5 (donc plus rapide que le Mirage G8 qui va battre le record de vitesse avec Mach 2,34 en juillet) doit entrer en service en mai 1980 avec un radar à impulsions, en attendant un Radar Doppler pulsé qui sera monté en 1985. Il emporte jusqu'à 4 missiles Super 530 (dont au moins 2 semi-encastrés) et 2 missiles R550 Magic. Les souris de ses entrées d'air, testées avec succès sur le Mirage G8-02, sont mobiles.

Le biplace, capable de Mach 2,2, doit être livré à la mi-1983. Il doit remplacer le Mirage IVA. Ses souris d'entrées d'air sont fixe, à l'image de ce qui se fera sur les Mirage 2000 biplaces.

Le programme prévoit 4 prototypes et une cellule d'essais statiques, avec un premier vol en juillet 1976. Seul le premier prototype, monoplace, est commandé le 5 décembre 1973. Une maquette d'aménagement est examinée en janvier 1974. Mais dès ce mois, des changements sont apportés. En effet, les essais nucléaires dans le Pacifique en 1973 montrent qu'il est possible de concevoir un missile (le futur ASMP) à l'aide d'une tête miniaturisée. L'armée de l'Air envisage donc d'en équiper le futur ACF/P, qui du coup devra entrer en service le premier, pour 1980. Le missile est attendu pour 1981 et l'ACF/DA pour 1983.

L'élection présidentielle de 1974 va peser lourdement sur le programme : l'ACF n'est pas inclus dans le projet, ce qui décale la sortie à mai 1980, puis 1981. Le 9 juillet 1974, il est appelé Mirage G8A. Le second prototype, biplace, est cependant commandé le 26 novembre 1974 : son premier vol est prévu en juin, puis octobre 1977.

En janvier 1975, les crédits se réduisent. En juillet, les travaux sur le prototype n°2 s'arrêtent au profit du radar, des missiles et des réacteurs. Le 1er août 1975, il est rebaptisé "Super Mirage". Jusqu'en septembre, des versions alternatives, des déplacement de dates ou des solutions de remplacement sont étudiées.

En décembre 1975, Marcel Dassault demande à voir le Président de la République qui le reçoit le 12 du même mois. Dassault anticipe l'arrêt du programme, et propose de financer sur fonds propres un prototype doté d'un unique M53, le gouvernement finançant l'ACF. Le Président décide l'inverse : le gouvernement financera ce futur Mirage 2000 bien moins cher, mais pas l'ACF.

Le Conseil de défense entérine l'arrêt du programme le 18 décembre 1975. L'ACF est perçu comme trop grand, trop ambitieux, donc trop cher pour l'Armée de l'Air. Avec cet appareil, impossible de conserver le format des 450 avions de combat en ligne. De plus, pour les mêmes raisons il semble difficile à exporter. Le premier prototype, presque achevé, sera détruit.

Si la cellule en elle-même fut un échec, il faut cependant dire que les équipements prévus (en particulier réacteur et missiles) ont été une réussite et ont été très profitables au Mirage 2000. Il faudra 4 ans supplémentaires avant qu'un appareil doté de 2 réacteurs M53, le Mirage 4000, fasse son premier vol. Mais il ne sera pas davantage produit en série.

Versions référencées

  • Dassault Mirage G8A : Désignation officielle du Dassault ACF à partir de juillet 1974.
  • Dassault ACF/DA : Version monoplace de chasse, non construite.
  • Dassault ACF/P : Version biplace de pénétration et de frappe nucléaire, non construite.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Dassault ACF/DA voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 29 000 kg (63 934 lbs)
  • Masse à vide : 14 187 kg (31 277 lbs)
  • Surface alaire : 41 m² (441 sq. ft)
  • Hauteur : 5,8 m (19,029 ft)
  • Envergure : 11,2 m (36,745 ft)
  • Longueur : 19,1 m (62,664 ft)

Performances

  • Mach maximal HA : Mach 2,5
  • Charge alaire, à vide : 346,024 kg/m² (70,871 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 707,317 kg/m² (144,87 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 réacteurs SNECMA M53-2
  • Puissance unitaire : 5 550 kgp (54 kN, 12 236 lbf), 8 500 kgp (83 kN, 18 739 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Dassault ACF à 04/03/2017 07:17 Clansman
Dans les années 1960, l'Armée de l'Air envisage un appareil biréacteur lourd capable de remplir différentes missions : c'est le programme RAGEL (Reconnaissance, Attaque et Guerre Électronique Lointaines). Il débouche sur une fiche-programme éditée par l’État-major le 1er juin 1972 concernant un Avion de Combat Futur (ACF).

Cet ACF doit être monoplace, biréacteur, capable de remplir des missions de défense aérienne, attaque et reconnaissance. Dassault se base sur l'expérience des Mirage G à envergure variable (en 1972, le Mirage G8 vole depuis peu et est sur le point d'être transféré au CEV) pour proposer une nouvelle version.

Cet appareil reprend la cellule du Mirage G8, mais avec une aile fixe et haute en flèche de 55° (comme celle du Mirage F2). Le mécanisme de variation de flèche des ailes est abandonné car trop complexe et trop lourd, et les expériences montrent que cet angle est le meilleur compromis. En cela, Dassault continue sa méthode selon laquelle un nouveau modèle est une évolution des précédents.

Pour la motorisation, Dassault utilise deux réacteurs M53, conçus entre 1967 et 1969 sous l'appellation "Super Atar". Ce réacteur, réclamé par l'Armée de l'Air, devait équiper également le Mirage G8. Enfin, le radar doit être pourvu d'une antenne de grand diamètre, ce qui nécessite un fuselage de grande taille. Les deux quilles sont conservées, de même que les aérofreins sur la partie supérieure du fuselage dorsal (de chaque côté de l'arête devant la dérive). En définitive, le Mirage G8A peut passer superficiellement pour un Mirage F1 agrandi et biréacteur, quoique le fuselage lui-même lorgne déjà vers le futur Mirage 2000.

Le précédent du Mirage G4, en 1968, incite Michel Debré (alors ministre de la Défense) à demander le 28 juillet 1972 que le programme soit établi sur des bases viables, qu'elles soient techniques, opérationnelles ou financières. Une revue de ce programme est donc effectuée par des représentants de la Direction générale de l'armement, de l’État-major des Armées et l’État-major de l'Armée de l'Air en août 1972, ce qui débouche sur une phase de définition lancée par le ministre le 14 novembre 1972.

Cette définition aboutit le 11 mai 1973 : deux versions principales sont prévues : un monoplace de défense aérienne (ACF/DA) et un biplace de pénétration destiné à la frappe nucléaire (ACF/P). 200 exemplaires sont prévus, ce qui porterait les effectifs de l'Armée de l'Air à 450 avions de combat. Les deux avions pèsent 14 tonnes à vide, 29 tonnes maxi et mesurent plus de 19 mètres de long.

Le monoplace, capable de Mach 2,5 (donc plus rapide que le Mirage G8 qui va battre le record de vitesse avec Mach 2,34 en juillet) doit entrer en service en mai 1980 avec un radar à impulsions, en attendant un Radar Doppler pulsé qui sera monté en 1985. Il emporte jusqu'à 4 missiles Super 530 (dont au moins 2 semi-encastrés) et 2 missiles R550 Magic. Les souris de ses entrées d'air, testées avec succès sur le Mirage G8-02, sont mobiles.

Le biplace, capable de Mach 2,2, doit être livré à la mi-1983. Il doit remplacer le Mirage IVA. Ses souris d'entrées d'air sont fixe, à l'image de ce qui se fera sur les Mirage 2000 biplaces.

Le programme prévoit 4 prototypes et une cellule d'essais statiques, avec un premier vol en juillet 1976. Seul le premier prototype, monoplace, est commandé le 5 décembre 1973. Une maquette d'aménagement est examinée en janvier 1974. Mais dès ce mois, des changements sont apportés. En effet, les essais nucléaires dans le Pacifique en 1973 montrent qu'il est possible de concevoir un missile (le futur ASMP) à l'aide d'une tête miniaturisée. L'armée de l'Air envisage donc d'en équiper le futur ACF/P, qui du coup devra entrer en service le premier, pour 1980. Le missile est attendu pour 1981 et l'ACF/DA pour 1983.

L'élection présidentielle de 1974 va peser lourdement sur le programme : l'ACF n'est pas inclus dans le projet, ce qui décale la sortie à mai 1980, puis 1981. C'est le 9 juillet 1974 qu'il est appelé Mirage G8A. Le second prototype, biplace, est cependant commandé le 26 novembre 1974 : son premier vol est prévu en juin, puis octobre 1977.

En janvier 1975, les crédits se réduisent. En juillet, les travaux sur le prototype n°2 s'arrêtent au profit du radar, des missiles et des réacteurs. Le 1er août 1975, il est rebaptisé "Super Mirage". Jusqu'en septembre, des versions alternatives, des déplacement de dates ou des solutions de remplacement sont étudiées.

En décembre 1975, Marcel Dassault demande à voir le Président de la République qui le reçoit. Dassault anticipe l'arrêt du programme, et propose de financer sur fonds propres un prototype doté d'un unique M53, le gouvernement finançant l'ACF. Le Président décide l'inverse : le gouvernement financera ce futur Mirage 2000 bien moins cher, mais pas l'ACF.

Le Conseil de défense entérine l'arrêt du programme le 18 décembre 1975. L'ACF est perçu comme trop grand, trop ambitieux, donc trop cher pour l'Armée de l'Air. Avec cet appareil, impossible de conserver le format des 450 avions de combat en ligne. De plus, pour les mêmes raisons il semble difficile à exporter. Le premier prototype, presque achevé, sera détruit.

Si la cellule en elle-même fut un échec, il faut cependant dire que les équipements prévus (en particulier réacteur et missiles) ont été une réussite et ont été très profitables au Mirage 2000. Il faudra 4 ans supplémentaires avant qu'un appareil doté de 2 réacteurs M53, le Mirage 4000, fasse son premier vol. Mais il ne sera pas davantage produit en série.




https://fr.wikipedia.org/wiki/Avion_de_combat_futur

http://far-maroc.forumpro.fr/t2367-des-avions-dassault-peu-connus

http://maquettes-dassault-mee.e-monsite.com/pages/maquette-mee/militaires/super-mirage-g8a-ou-a-c-f.html

http://www.sharkit.com/sharkit/G8a/G8a.htm

http://www.secretprojects.co.uk/forum/index.php/topic,2418.0.html

http://ggtheboss.skyrock.com/481043358-Le-Mirage-ACF-de-Dassault.html

http://www.airvectors.net/avmir2k.html

http://www.checksix-forums.com/viewtopic.php?f=279&t=181837
Re: Dassault ACF à 04/03/2017 07:45 Clansman
La fiche sur le site
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Texte de , créé le March 4, 2017, 7:24 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires