Rappels

Histoire de l'appareil

Le Supermarine 508 est un avion expérimental monoplace, biréacteur, muni d’ailes effilées en position médiane, d’une dérive en "V" et d’un train d’atterrissage tricycle escamotable.

Après la fin de la seconde guerre mondiale, la Royal Navy désire s’équiper de jets. Malheureusement, à cette époque les avions motorisés par des réacteurs ont une vitesse d’approche plus élevée que les avions de la génération précédente et, par conséquent, les risques d’accident sont plus importants. Une idée originale est émise : faire atterrir les avions sur une plate-forme recouverte de caoutchouc. Cette surface, constituée de plusieurs couches de polymères, offrirait deux avantages : elle permettrait d’absorber le choc de l’avion qui se pose, ainsi que l’abandon du train d’atterrissage qui permettrait de gagner environ 7% de la masse de l’appareil. Pour le décollage, un système de chariot amovible actionné par catapulte est prévu. Pour valider le concept, une plateforme de ce type est installée à Farnborough et une autre, amovible, sur le pont de l’HMS Warrior.

Dans sa spécification N.8/47, trois avions dérivés du Supermarine Attacker et trois du de Havilland Sea Vixen sont commandés afin de tester cette technique d’appontage.

Supermarine développe à cette occasion le Type 505. Afin d’avoir le dessous du fuselage plat, il est décidé de le motoriser avec deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon AJ65 (renommé RA3 par la suite) installés côte-à-côte dans le fuselage. Les entrées d’air semi-circulaires sont situées sur les côtés du fuselage, juste à l’arrière du cockpit. Ce dernier est équipé d’un siège éjectable Martin-Baker et d’une verrière en forme de goutte d’eau. Les ailes fines et effilées sont en position médiane. Les tuyères étant situées de part et d’autre de l’arrière du fuselage, les concepteurs abandonnent l’empennage conventionnel de l’Attacker et l’équipent d’une dérive en "V". Cette configuration est également moins lourde et offre moins de frottement à l’air qu’une dérive cruciforme ou en "T". Une des particularités de cet appareil, c’est que pour le contrôle en tangage ou en lacet c’est l’empennage entier, avec le cône de queue, qui s’incline. Si toutefois cela n’est pas suffisant, les dérives sont également sollicitées.

Le temps d’étudier ce nouvel appareil et la Royal Navy a déjà commencé les essais avec les de Havilland Sea Vixen modifiés et déjà livrés.

Devant les doutes émis par la Royal Navy sur l’application à grande échelle de ce nouveau système d’atterrissage, qui ne permet pas à ces appareils d’atterrir sur des pistes au sol qui ne seraient pas spécialement équipées, Supermarine décide d’étudier une version munie d’un train d’atterrissage tricycle escamotable. Pour ce faire, l’équipe de développement équipe le 505 d’un train d’atterrissage tricycle fixe. Il est prévu ensuite de développer l’appareil, identique à celui-ci, mais avec un train d’atterrissage escamotable, sous la désignation de Model 508. D’autres modifications sont apportées aux ailes : leur épaisseur est augmentée de 9% et leur surface passe de 25,1 à 31,59m2.

La spécification N.9/47 demande la livraison de trois Type 508, dont le premier est immatriculé VX133. Il prend l’air le 31 août 1951 à l’A&AEE (Aeroplane & Armament Experimental Establishment) de Boscombe Down, piloté par Mike Lightgow. Il est motorisé par deux turboréacteurs Rolls-Royce RA3 de 2’950kgp. Après une dizaine d’heures de vol, il est présenté au Farnborough Air Show. Plusieurs fois, durant les vols d’essai, d’importantes vibrations sont ressenties durant lesquelles le pilote a énormément de mal à contrôler son appareil. Il a finalement été démontré que c’était un problème de surfaces de contrôle. Des modifications sont alors effectuées et, par la suite, il n’y a plus eu ce genre d’incident. En mai 1952, il effectue une campagne d’essai sur l’HMS Eagle. Il effectue son dernier vol en 1956.

Le second appareil effectue son premier vol le 29 août 1952, également à Boscombe Down, avec l’immatriculation VX136. En plus de quatre canons installés sous les entrées d’air, il est également muni d’un cône de queue de plus grande dimension, afin d’y installer éventuellement un petit radar de queue. Suite à ces différentes modifications, il est désigné Type 529. Il est également testé sur porte-avion et il présente de bons résultats au décollage et en montée. Malheureusement, le 19 décembre 1953, il est sévèrement endommagé durant un atterrissage d’urgence et ne pourra pas être réparé.

Les vitesses maximales de ces deux appareils, de l’ordre de 975km/h, ne satisfont pas Supermarine qui décide d’apporter d’importantes modifications aérodynamiques au troisième prototype commandé. Largement modifié avec un empennage cruciforme également en flèche, il sera désigné Supermarine Type 525.

Texte de Jéricho, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Supermarine 505 : Version au train classique fixe précurseur du Supermarine 508.
  • Supermarine 508 : Version de base. 1 exemplaire.
  • Supermarine 529 : Version du Supermarine 508 armée de 4 canons.
  • Supermarine 523 : Projet d’une version d’interception du Supermarine 508, équipée d’empennages en flèche et répondant à l’exigence F.3/48.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Supermarine 529 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse normale au décollage : 8 373 kg (18 459 lbs)
  • Surface alaire : 31,59 m² (340,032 sq. ft)
  • Hauteur : 3,54 m (11,614 ft)
  • Envergure : 12,5 m (41,01 ft)
  • Longueur : 15,24 m (50 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 977 km/h (607 mph, 528 kts)
  • Charge alaire, masse normale : 265,052 kg/m² (54,287 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 réacteurs Rolls-Royce Avon RA.3
  • Puissance unitaire : 2 948 kgp (29 kN, 6 500 lbf)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Supermarine 505/508/529 à 06/12/2016 09:07 Jericho
Le Supermarine 508 est un avion expérimental monoplace, biréacteur, muni d’ailes effilées en position médiane, d’une dérive en "V" et d’un train d’atterrissage tricycle escamotable.

Après la fin de la seconde guerre mondiale, la Royal Navy désire s’équiper de jets. Malheureusement, à cette époque les avions motorisés par des réacteurs ont une vitesse d’approche plus élevée que les avions de la génération précédente et, par conséquent, les risques d’accident sont plus importants. Une idée originale est émise : faire atterrir les avions sur une plate-forme recouverte de caoutchouc. Cette surface, constituée de plusieurs couches de polymères, offrirait deux avantages : elle permettrait d’absorber le choc de l’avion qui se pose, ainsi que l’abandon du train d’atterrissage qui permettrait de gagner environ 7% de la masse de l’appareil. Pour le décollage, un système de chariot amovible actionné par catapulte est prévu. Pour valider le concept, une plateforme de ce type est installée à Farnborough et une autre, amovible, sur le pont de l’HMS Warrior.
Dans sa spécification N.8/47, trois avions dérivés du Supermarine Attaker et trois du de Havilland Sea Vixen sont commandés afin de tester cette technique d’appontage.

Supermarine développe à cette occasion le Type 505. Afin d’avoir le dessous du fuselage plat, il est décidé de le motoriser avec deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon AJ65 (renommé RA3 par la suite) installés côte-à-côte dans le fuselage. Les entrées d’air semi-circulaires sont situées sur les côtés du fuselage, juste à l’arrière du cockpit. Ce dernier est équipé d’un siège éjectable Martin-Baker et d’une verrière en forme de goutte d’eau. Les ailes fines et effilées sont en position médiane. Les tuyères étant situées de part et d’autre de l’arrière du fuselage, les concepteurs abandonnent l’empennage conventionnel de l’Attaker et l’équipent d’une dérive en "V". Cette configuration est également moins lourde et offre moins de frottement à l’air qu’une dérive cruciforme ou en "T". Une des particularités de cet appareil, c’est que pour le contrôle en tangage ou en lacet c’est l’empennage entier, avec le cône de queue, qui s’incline. Si toutefois cela n’est pas suffisant, les dérives sont également sollicitées.

Le temps d’étudier ce nouvel appareil et la Royal Navy a déjà commencé les essais avec les de Havilland Sea Vixen modifiés et déjà livrés.

Devant les doutes émis par la Royal Navy sur l’application à grande échelle de ce nouveau système d’atterrissage, qui ne permet pas à ces appareils d’atterrir sur des pistes au sol qui ne seraient pas spécialement équipées, Supermarine décide d’étudier une version munie d’un train d’atterrissage tricycle escamotable. Pour ce faire, l’équipe de développement équipe le 505 d’un train d’atterrissage tricycle fixe. Il est prévu ensuite de développer l’appareil, identique à celui-ci, mais avec un train d’atterrissage escamotable, sous la désignation de Model 508. D’autres modifications sont apportées aux ailes : leur épaisseur est augmentée de 9% et leur surface passe de 25,1 à 31,59m2.

La spécification N.9/47 demande la livraison de trois Type 508, dont le premier est immatriculé VX133. Il prend l’air le 31 août 1951 à l’A&AEE (Aeroplane & Armament Experimental Establishment) de Boscombe Down, piloté par Mike Lightgow. Il est motorisé par deux turboréacteurs Rolls-Royce RA3 de 2’950kgp. Après une dizaine d’heures de vol, il est présenté au Farnborough Air Show. Plusieurs fois, durant les vols d’essai, d’importantes vibrations sont ressenties durant lesquelles le pilote a énormément de mal à contrôler son appareil. Il a finalement été démontré que c’était un problème de surfaces de contrôle. Des modifications sont alors effectuées et, par la suite, il n’y a plus eu ce genre d’incident. En mai 1952, il effectue une campagne d’essai sur l’HMS Eagle. Il effectue son dernier vol en 1956.

Le second appareil effectue son premier vol le 29 août 1952, également à Boscombe Down, avec l’immatriculation VX136. En plus de quatre canons installés sous les entrées d’air, il est également muni d’un cône de queue de plus grande dimension, afin d’y installer éventuellement un petit radar de queue. Suite à ces différentes modifications, il est désigné Type 529. Il est également testé sur porte-avion et il présente de bons résultats au décollage et en montée. Malheureusement, le 19 décembre 1953, il est sévèrement endommagé durant un atterrissage d’urgence et ne pourra pas être réparé.

Les vitesses maximales de ces deux appareils, de l’ordre de 975km/h, ne satisfont pas Supermarine qui décide d’apporter d’importantes modifications aérodynamiques au troisième prototype commandé. Largement modifié avec un empennage cruciforme également en flèche, il sera désigné Supermarine Type 525.


Versions :
Type 505 : Avion expérimental monoplace, propulsé par deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon AJ65, muni d’ailes effilées en position médiane, d’une dérive en "V", prévu pour ne pas être équipé de train d’atterrissage, il en reçoit finalement un de type tricycle fixe; trois exemplaires commandés, un seul construit.

Type 508 : Avion expérimental monoplace, propulsé par deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon RA3, muni d’ailes effilées en position médiane, d’une dérive en "V", d’un train d’atterrissage tricycle escamotable; trois exemplaires commandés, un 508 construit (le VX133 qui vole jusqu’en 1956) et un 529 et un 525.

Type 529 : Avion expérimental monoplace, propulsé par deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon RA3, muni d’ailes effilées en position médiane, d’une dérive en "V", d’un train d’atterrissage tricycle escamotable; diffère du Type 508 par quatre canons de 30mm et un cône de queue plus grand capable d’emporter un radar d’alerte arrière ; un exemplaire construit (VX136), il est endommagé le 19 décembre 1953.


Utilisateurs militaires :
Royaume-Uni : Trois exemplaires (type 505, 508 et 529) en évaluation au sein de la Royal Navy.


Caractéristiques Type 529:
Equipage : 1
Passagers : 0
Longueur : 15,24m
Envergure : 12,50m
Hauteur : 3,54m
Surface alaire : 31,59m2
Masse en charge : 8’373kg
Points d’attache : 0

Moteurs :
Deux turboréacteurs Rolls-Royce Avon RA3 de 28,97kN (2’950kgp) de poussée chacun.

Performances :
Vitesse max : 977km/h

Armement :
Quatre canons de 20mm ou Aden de 30mm (selon les sources) situés sous les entrées d’air.


Liens internet :
https://en.wikipedia.org/wiki/Supermarine_Scimitar
http://www.aviastar.org/air/england/supermarine_508.php
http://ukx-dev.wikia.com/wiki/Supermarine_Type_508
http://www.airvectors.net/avsuper.html
http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=653
http://eu.trapletshop.com/supermarine-508
http://www.thunder-and-lightnings.co.uk/scimitar/history.php
https://www.scribd.com/doc/54256239/Postwar-7-Super-Marine-Attacker-Swift-and-Scimitar
Re: Supermarine 505/508/529 à 06/12/2016 13:40 Clansman
La fiche sur le site
Re: Supermarine 505/508/529 à 07/12/2016 13:34 Clansman
Donc, sauf erreur de ma part, le 505 n'a jamais volé ?
Re: Supermarine 505/508/529 à 07/12/2016 14:28 Jericho

Clansman a écrit

Donc, sauf erreur de ma part, le 505 n'a jamais volé ?
Sans train d'atterrissage, non. Par contre, une fois modifié ce serait possible, mais je n'ai rien trouvé dans ce sens (ni date de premier vol, ni photographie…). :?
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Texte de , créé le Dec. 6, 2016, noon, modifié le . ©AviationsMilitaires