Rappels

Histoire de l'appareil

Dès 1943, la Royale réclama en toute clandestinité un avion-torpilleur capable d'opérer aussi bien à terre que d'un porte-avions. Il devait servir aussi bien à la lutte anti sous-marine et à la reconnaissance que comme bombardier en piqué. Pour ce faire, il devait être armé de torpilles, bombes et missiles.

La SNCASO propose son modèle SO.1070 en 1944, un appareil triplace et bimoteur mis en concurrence avec le Nord 1500 Noréclair. Il est accepté, et son développement est transféré à la SNCAC où il est construit sous la désignation NC-1070.

Le NC-1070 était motorisé par 2 Gnome & Rhône 14R-24/25 fournissant 1600 cv chacun, soit la même motorisation que son concurrent, et emportait une torpille de 780 kg, ou 800 kg de charge offensives (bombes américaines de 500 livres soit 227 kg, ou roquettes HVAR de 127 mm, ou charges de profondeurs), ainsi que 2 canons MG 151 de 20 mm en tourelle arrière et 2 canons Hispano de 30 mm à l'avant.

L'équipage était constitué de 3 membres : le bombardier-observateur était dans un nez partiellement vitré, le pilote dans un cockpit conventionnel et un mitrailleur en place arrière.

Le train d'atterrissage, conçu par Messier, était tricycle et rétractable de manière électro-hydraulique. L'appareil avait une configuration bipoutre, avec 2 dérives au bout des nacelles moteurs et surmontées par un plan horizontal (ce qui lui valut entre autres le surnom de "tabouret"). Les nacelles moteurs étaient tellement longues qu'elles donnaient l'impression que le NC-1070 disposait de 3 fuselages.

Les 2 moteurs, qui actionnaient des hélices tripales et tractrices tournant en sens inverse, étaient logés dans des nacelles situées dans les ailes. Le NC-1070 était monoplan cantilever, avec des ailes droites médianes. Des ailes repliables étaient prévus pour la version de série. La construction est entièrement métallique.

3 prototypes sont commandés le 20 août 1945, un mois avant la commande similaire pour son concurrent le Noréclair. Par ailleurs, elle envisageait une première commande de 15 NC-1070 et 35 Nord 1500 Noréclair, dont 3 NC-1070 embarqués. En 1946, la Marine prévoyait l'achat de 105 exemplaires de série du vainqueur du programme afin d'équiper son futur PA-28 (le Clémenceau). Toutefois, le 25 avril cette année-là, le troisième prototype du NC-1070 est annulé.

Le NC-1070 fut construit à un seul exemplaire, qui vola pour la première fois le 23 mai 1947 entre les mains de Fernand Lasne. Il semble que le programme était déjà abandonné à l'époque. Le NC-1070 souffrit des mêmes problèmes de moteurs que son concurrents, les 14R étant peu fiables, sujets aux pannes et fournissant une puissance inférieure aux prévisions. Il fut endommagé lors d'un atterrissage sur le ventre le 9 mars 1948 à Toussus-le-Noble, suite à une panne du train d'atterrissage. Bien que ramené en usine, il ne fut jamais réparé et ne revola jamais.

Pas plus que son concurrent le Noréclair, il ne fut construit en série. Il faut dire que la Marine voyait s'éloigner son rêve de disposer rapidement de porte-avions à cause de contraintes budgétaires (l'heure étant à la reconstruction de tout un pays), que le moteur à pistons était supplanté par le moteur à réaction, sans compter que les missions de torpillage étaient en définitive trop dangereuses pour les équipages. Cependant, le NC-1070 donna naissance à un dérivé, le NC-1071, qui fut le premier multi-réacteur français (et plus exactement le premier biréacteur).

Versions référencées

  • Sud-Ouest SO.1070 : Désignation originelle du NC-1070.
  • SNCAC NC.1070 : Version à moteurs à pistons, 1 exemplaire.
  • SNCAC NC.1071 : Version à moteurs à réaction, 1 exemplaire.
  • SNCAC NC.1072 : Projet d'une version de chasse tout-temps, basée sur le NC-1071 mais non construite.
  • SNCAC NC.1073 : Projet d'une version d'attaque et de bombardement, basée sur le NC-1071 mais non construite.

Pays exploitant actuellement cet appareil

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Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 10 844 kg (23 907 lbs)
  • Masse à vide : 7 850 kg (17 306 lbs)
  • Surface alaire : 50 m² (538 sq. ft)
  • Hauteur : 4,15 m (13,615 ft) (4,60 m selon d'autres sources)
  • Envergure : 20 m (66 ft)
  • Longueur : 10,21 m (33,497 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 526 km/h (327 mph, 284 kts)
  • Distance franchissable : 3 400 km (2 113 mi, 1 836 nm)
  • Plafond opérationnel : 9 950 m (32 644 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 9,8 m/s (32,152 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 578 km/h (359 mph, 312 kts) à 6900 m
  • Charge alaire, à vide : 157 kg/m² (32 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 216,88 kg/m² (44,421 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à pistons Gnôme et Rhône 14R25
  • Puissance unitaire : 1 177 kW (1 600 ch, 1 578 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
SNCAC NC-1070 à 19/12/2015 09:31 Clansman
Dès 1943, la Royale réclama en toute clandestinité un avion-torpilleur capable d'opérer aussi bien à terre que d'un porte-avions. Il devait servir aussi bien à la lutte anti sous-marine et à la reconnaissance que comme bombardier en piqué. Pour ce faire, il devait être armé de torpilles, bombes et missiles.

La SNCASO propose son modèle SO.1070 en 1944, un appareil triplace et bimoteur mis en concurrence avec le Nord 1500 Noréclair. Il est accepté, et son développement est transféré à la SNCAC où il est construit sous la désignation NC-1070.

Le NC-1070 était motorisé par 2 Gnome & Rhône 14R-24/25 fournissant 1600 cv chacun, soit la même motorisation que son concurrent, et emportait une torpille de 780 kg, ou 800 kg de charge offensives (bombes américaines de 500 livres soit 227 kg, ou roquettes HVAR de 127 mm, ou charges de profondeurs), ainsi que 2 canons MG 151 de 20 mm en tourelle arrière et 2 canons Hispano de 30 mm à l'avant.

L'équipage était constitué de 3 membres : le bombardier-observateur était dans un nez partiellement vitré, le pilote dans un cockpit conventionnel et un mitrailleur en place arrière.

Le train d'atterrissage, conçu par Messier, était tricycle et rétractable de manière électro-hydraulique. L'appareil avait une configuration bipoutre, avec 2 dérives au bout des nacelles moteurs et surmontées par un plan horizontal (ce qui lui valut entre autres le surnom de "tabouret"). Les nacelles moteurs étaient tellement longues qu'elles donnaient l'impression que le NC-1070 disposait de 3 fuselages.

Les 2 moteurs, qui actionnaient des hélices tripales et tractrices tournant en sens inverse, étaient logés dans des nacelles situées dans les ailes. Le NC-1070 était monoplan cantilever, avec des ailes droites médianes. Des ailes repliables étaient prévus pour la version de série. La construction est entièrement métallique.

3 prototypes sont commandés le 20 août 1945, un mois avant la commande similaire pour son concurrent le Noréclair. Par ailleurs, elle envisageait une première commande de 15 NC-1070 et 35 Nord 1500 Noréclair, dont 3 NC-1070 embarqués. En 1946, la Marine prévoyait l'achat de 105 exemplaires de série du vainqueur du programme afin d'équiper son futur PA-28 (le Clémenceau). Toutefois, le 25 avril cette année-là, le troisième prototype du NC-1070 est annulé.

Le NC-1070 fut construit à un seul exemplaire, qui vola pour la première fois le 23 mai 1947 entre les mains de Fernand Lasne. Il semble que le programme était déjà abandonné à l'époque. Le NC-1070 souffrit des mêmes problèmes de moteurs que son concurrents, les 14R étant peu fiables, sujets aux pannes et fournissant une puissance inférieure aux prévisions. Il fut endommagé lors d'un atterrissage sur le ventre le 9 mars 1948 à Toussus-le-Noble, suite à une panne du train d'atterrissage. Bien que ramené en usine, il ne fut jamais réparé et ne revola jamais.

Pas plus que son concurrent le Noréclair, il ne fut construit en série. Il faut dire que la Marine voyait s'éloigner son rêve de disposer rapidement de porte-avions à cause de contraintes budgétaires (l'heure étant à la reconstruction de tout un pays), que le moteur à pistons était supplanté par le moteur à réaction, sans compter que les missions de torpillage étaient en définitive trop dangereuses pour les équipages. Cependant, le NC-1070 donna naissance à un dérivé, le NC-1071, qui fut le premier multi-réacteur français (et plus exactement le premier biréacteur).


Versions :

NC-1070 : Version à moteurs à pistons, 1 exemplaire.

1er vol le 23 mai 1947, moteurs Snecma 14R de 1600 cv chacun.


NC-1071 : Version à moteurs à réaction, 1 exemplaire.

1er vol le 12 octobre 1948, moteurs Rolls-Royce Nene 101 de 5000 lbf (environ 2270 kgp).

Le NC-1071 était en fait le second prototype du NC-1070. Lorsque le premier exemplaire fut endommagé, il fut abandonné et les efforts se reportèrent sur le NC-1071.

La conception de celui-ci remontait en réalité au 23 octobre 1947, lorsque l’État-major décida de le moderniser en le dotant de réacteurs. Les Rolls-Royce Nene étaient placés dans des nacelles sous les ailes, et non plus noyées dans l'aile. Le poste de mitrailleur de queue fut remplacé par un poste d'observation vitré. Le train d'atterrissage fut simplifié. Les modifications coûtèrent 100 millions de francs de l'époque.

Pour le reste, aérodynamiquement parlant rien ne changeait. De plus, l'excédent de masse n'était que de 130 kg. Sa vitesse maximale était augmentée de 40% en altitude et son plafond passait de 9950 m à 13000 m. En revanche, son autonomie diminuait de 3400 km à 1000 km.

Le NC-1071 effectua son vol inaugural le 12 octobre 1948 entre les mains de Fernand Lasne, lors d'un vol entre Toussus-le-Noble et Brétigny. En réalité, au vu des contraintes budgétaires, il ne fallait pas espérer une quelconque commande. Bien qu'il soit prévu de l'affecter à la flottille 10S de la CEPA, le NC-1071 était plutôt un démonstrateur, une tentative pour la France de rattraper son retard. I

Les sources divergent quand aux qualités de vol du NC-1071 et à la gravité des dégâts qu'il subit. Certaines prétendent que l'appareil avait une bonne tenue en vol et que les dégâts furent légers, d'autres que l'appareil était franchement médiocre voire dangereux et que les dégâts étaient sévères. Ces derniers points semblent le plus probables, d'autant plus qu'une photographie montre l'ampleur des dégâts en question.

Son train d'atterrissage fut endommagé à cause d'un pneu dégonflé le 27 juillet 1949. Il fut réparé par la SNCAN qui avait absorbé la SNCAC en juin et reçut plusieurs modifications. Ainsi, les pneus basse pression furent remplacés par des pneus haute pression, le nez fut allongé et vitré, des réservoirs furent déplacés de la soute aux ailes afin d'installer des instruments de mesures. Les modifications prirent 18 mois.

Il revola à partir du 5 novembre 1950, mais le 8 mai 1951, lors d'un vol à Mach 0,7 entre les mains de Jean Sarrail, d'importantes déformations apparurent à la jonction dérives/nacelles moteurs sous les yeux horrifiés des 2 ingénieurs placés dans le fuselage. L'appareil put atterrir mais ne fut pas réparé. Il fut envoyé à l'école des mécaniciens de Rochefort où il acheva sa carrière, ce qui mit fin au programme en juin 1951. Il fut sans doute ferraillé plus tard.

2 variantes du NC-1071 furent envisagées mais non construites : le NC-1072 de chasse tout-temps et le NC-1073 de bombardement.


NC-1072 : Projet d'une version de chasse tout-temps, non construite.

Le projet vit le jour en 1948, alors qu'il n'existait guère d'espoir de construire le NC-1071 en série. Le projet fut cependant abandonné dès 1949, les performances calculées s'avérant insuffisantes par rapport à des bombardiers déjà capables de Mach 0,8.

L'envergure était réduite du fait de la suppression des saumons et l'aile accusait une flèche de 17°. Les dérives, quand à elles, avaient une flèche de 40°. L'armement était constitué de 4 canons Hispano-Suiza de 30 mm, et, selon les cas, de 4 missiles air-air filoguidés conçus par Arsenal ou d'un panier de 30 roquettes de 90 mm. 2 membres d'équipage étaient placés en tandem dans un unique habitacle, avec des sièges éjectables et un radar AP 56 dans le nez.


NC-1073 : Projet d'une version d'attaque et de bombardement, non construite.


Aéronautique navale de chez nous, p.111 / Pierre Gaillard.

https://fr.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC.1070

https://fr.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC.1071

https://fr.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC.1072

http://www.air-journal.fr/2013-05-23-le-23-mai-1947-dans-le-ciel-vol-dessai-1er-vol-pour-le-sncac-nc-1070-572095.html

http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-c-nc-1070-aviation-france-1522.htm

http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-c-nc-1071-aviation-france-1514.htm

http://xplanes.free.fr/so4000/so4000-4.htm

http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/sncac-nc-1071/

https://en.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC.1070

http://www.aviastar.org/air/france/sncac_nc-1070.php

http://www.aviastar.org/air/france/sncac_nc-1071.php

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/attack/nc1070.html&prev=search
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