Rappels

Histoire de l'appareil

En plein Occupation lors de la seconde guerre mondiale, la firme Bordeaux-Aéronautique, basée à Talence, étudia le BA 30, un bimoteur de liaison. Au sortir de la guerre, alors que l'armée française souhaite disposer rapidement d'un tel appareil pour ses colonies, Marcel Dassault s'intéresse au BA 30 et décide de le présenter à l'appel d'offres lancé en juin 1945. Des modifications paraissent cependant nécessaires à Paul Déplante, l'ingénieur chargé du projet : remonter l'empennage horizontal, rallonger le nez afin d'y loger le train avant, le remotoriser avec des Snecma 12 S Argus plus puissants (dérivés du moteur allemand Argus AS 411-TA, ils développent 580 ch) et changer les hélices. L'appareil est alors nommé MB-30.

Les études aboutissent sur 3 versions proposées : le MB-30-1 d'entraînement à la navigation et au bombardement, le MB-30-2 d'évacuation sanitaire (notamment dans les colonies) et le MB-30-3 de liaison et d'entraînement. L'armée de l'air, intéressée, commande une maquette grandeur nature, puis, le 30 juillet 1946, 2 prototypes. Le premier, désigné MB-303, préfigure une version de liaison et d'entraînement. Le deuxième, désigné MB-301, inaugure une version d'entraînement à la navigation et au bombardement.

L'avion était somme toute classique : construction métallique, ailes basses, bimoteur et bidérive, avec un train tricycle escamotable. Les vitres étaient en plastique, une première en France.

Le vol inaugural a lieu le 10 février 1947 à Mérignac, avec comme pilotes Georges Brian et Kostia Rozanoff et comme mécanicien Jean Dillaire. Les essais, pratiquement terminés en mai, ont montré que les moteurs Lorraine Béarn 6D imposés par l'Armée de l'Air sont insuffisants et Marcel Dassault revient à la charge avec le MD-315, propulsé lui par des Snecma 12T Argus de 600 ch et développé sur fonds propre en parallèle. Il est équipé d'’hélices Dassault 304 tripales.

Le MD-315 effectua son vol inaugural le 6 juillet 1947 à Mérignac, pendant un vol de 10 minutes trains sortis. Mis en concurrence avec le SO-94 et le NC-701, il s'avère plus léger, plus manoeuvrable et doté d'une vitesse ascensionnelle supérieure. Les tests entre le 4 et le 65 octobre 1947 s'avèrent déterminants. Il remporte l'appel d'offre et donne naissance à une version d'évacuation sanitaire, destinée aux colonies. Il peut emporter 10 personnes et sera construit à 136 exemplaires (N°1 à 136). Les MD-315 seront également vendus au Cambodge, au Cameroun, à Madagascar (6 exemplaires afin de ravitailler les villages isolés : ils sont depuis interdits de vol). On en retrouvera dans l'armée de l'air sud-vietnamienne : soit des exemplaires abandonnés en Indochine, soit neufs, soit d'occasion.

La première commande, portant sur 65 appareils, est passée le 3 décembre 1947. Une seconde commande intervient le 8 novembre 1948 sur 230 appareils. Prototypes inclus, 325 exemplaires du Flamant seront construits, l'Etat choisissant de répartir la fabrication entre les entreprises de toute la France, nationales comme privées. Sud-Est construit le fuselage, Sud-Ouest les ailes, Morane-Saulnier les empennages, Nord les plans centraux. Dassault coordonne la fabrication (ce qui se fait non sans mal), effectue l'assemblage, les vols de mise au point et la livraison.

Il est transféré au CEV en 1949 (année du vol inaugural du premier avion de série), puis entre en service au sein du GLAM (Groupe de liaisons aériennes ministérielles). Il rejoint également l'ETPBM d’Avord (Ecole de transformation des pilotes sur bimoteurs), le CIET de Toulouse (Centre d’instruction des équipages de transport), le GAEL de Villacoublay (Groupement aérien d’entraînement et de liaison) et l'Ecole de l'Air de Salon-de-Provence. Les livraisons se terminent en 1954.

Les premiers Flamant arrivent en Algérie en 1952, à Blida. Ils serviront lors de la guerre d'Algérie, entre 1955 et 1962. Ils seront armés de bombes, mitrailleuses et roquettes pour les MD-315, et même missiles filoguidés SS-11 pour les MD-311. Ce fut le premier avion au monde à employer des missiles anti-chars. Employés contre des lieux fortifiés au fond de gorges profondes, ils ont prouvés leur efficacité. Les Flamants serviront aussi de banc d'essais volant au sein du CEV à partir de 1961, notamment pour l'avionique du C-160 ou du Mirage 5. Ils furent remplacés par les Nord 262 en 1982.

Il sera retiré du service de l'Armée de l'Air, remplacé par l'EMB-121 Xingu. Bon nombre de Flamant ont survécu et sont en état de vol. Il n'est pas rare d'en voir en meeting.

Versions référencées

  • Dassault MD-303 : Prototype. 1 exemplaire.
  • Dassault MD-311 : Version au nez vitré pour l'entraînement à la navigation et au bombardement.
  • Dassault MD-312 : Version de liaison et d'entraînement.
  • Dassault MD-312B : Dernier prototype, resté sans suite.
  • Dassault MD-312M : Version du MD-312 destiné à la Marine Nationale.
  • Dassault MD-315 : 1ere version de série, destinée aux liaisons dans les colonies.
  • Dassault MD-315R : Version équipée, selon les sources, d'un radar ou d'une structure renforcée.
  • Dassault MD-316X : Prototype équipé de deux moteurs SNECMA 14X-02 Super Mars à pistons en étoile de 820 ch.
  • Dassault MD-316T : prototype équipé de 2 Wright R-1300-CB7A1 Cyclone à piston en étoile de 800 hp et d'une dérive unique.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Dassault MD-312 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 6 400 kg (14 110 lbs)
  • Masse à vide : 4 500 kg (9 921 lbs)
  • Surface alaire : 47,2 m² (508,057 sq. ft)
  • Hauteur : 4,51 m (14,797 ft)
  • Envergure : 20,21 m (66,306 ft)
  • Longueur : 12,58 m (41,273 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 310 km/h (193 mph, 167 kts)
  • Distance franchissable : 1 200 km (746 mi, 648 nm)
  • Plafond opérationnel : 7 000 m (22 966 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 5 m/s (16 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 390 km/h (242 mph, 211 kts)
  • Charge alaire, à vide : 95,339 kg/m² (19,527 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 135,593 kg/m² (27,772 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à pistons SNECMA 12T
  • Puissance unitaire : 445 kW (605 ch, 597 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Dassault Flamant à 21/03/2012 07:46 Clansman
En plein Occupation lors de la seconde guerre mondiale, la firme Bordeaux-Aéronautique, basée à Talence, étudia le BA 30, un bimoteur de liaison. Au sortir de la guerre, alors que l'armée française souhaite disposer rapidement d'un tel appareil pour ses colonies, Marcel Dassault s'intéresse au BA 30 et décide de le présenter à l'appel d'offres lancé en juin 1945. Des modifications paraissent cependant nécessaires à Paul Déplante, l'ingénieur chargé du projet : remonter l'empennage horizontal, rallonger le nez afin d'y loger le train avant, le remotoriser avec des Snecma 12 S Argus plus puissants (dérivés du moteur allemand Argus AS 411-TA, ils développent 580 ch) et changer les hélices. L'appareil est alors nommé MB-30.

Les études aboutissent sur 3 versions proposées : le MB-30-1 d'entraînement à la navigation et au bombardement, le MB-30-2 d'évacuation sanitaire (notamment dans les colonies) et le MB-30-3 de liaison et d'entraînement. L'armée de l'air, intéressée, commande une maquette grandeur nature, puis, le 30 juillet 1946, 2 prototypes. Le premier, désigné MB-303, préfigure une version de liaison et d'entraînement. Le deuxième, désigné MB-301, inaugure une version d'entraînement à la navigation et au bombardement.

L'avion était somme toute classique : construction métallique, ailes basses, bimoteur et bidérive, avec un train tricycle escamotable. Les vitres étaient en plastique, une première en France.

Le vol inaugural a lieu le 10 février 1947 à Mérignac, avec comme pilotes Georges Brian et Kostia Rozanoff et comme mécanicien Jean Dillaire. Les essais, pratiquement terminés en mai, ont montré que les moteurs Lorraine Béarn 6D imposés par l'Armée de l'Air sont insuffisants et Marcel Dassault revient à la charge avec le MD-315, propulsé lui par des Snecma 12T Argus de 600 ch et développé sur fonds propre en parallèle. Il est équipé d'’hélices Dassault 304 tripales.

Le MD-315 effectua son vol inaugural le 6 juillet 1947 à Mérignac, pendant un vol de 10 minutes trains sortis. Mis en concurrence avec le SO-94 et le NC-701, il s'avère plus léger, plus manoeuvrable et doté d'une vitesse ascensionnelle supérieure. Les tests entre le 4 et le 65 octobre 1947 s'avèrent déterminants. Il remporte l'appel d'offre et donne naissance à une version d'évacuation sanitaire, destinée aux colonies. Il peut emporter 10 personnes et sera construit à 136 exemplaires (N°1 à 136). Les MD-315 seront également vendus au Cambodge, au Cameroun, à Madagascar (6 exemplaires afin de ravitailler les villages isolés : ils sont depuis interdits de vol). On en retrouvera dans l'armée de l'air sud-vietnamienne : soit des exemplaires abandonnés en Indochine, soit neufs, soit d'occasion.

La première commande, portant sur 65 appareils, est passée le 3 décembre 1947. Une seconde commande intervient le 8 novembre 1948 sur 230 appareils. Prototypes inclus, 325 exemplaires du Flamant seront construits, l'Etat choisissant de répartir la fabrication entre les entreprises de toute la France, nationales comme privées. Sud-Est construit le fuselage, Sud-Ouest les ailes, Morane-Saulnier les empennages, Nord les plans centraux. Dassault coordonne la fabrication (ce qui se fait non sans mal), effectue l'assemblage, les vols de mise au point et la livraison.

Outre le MD-315, on trouve comme version le MD-311, servant à l'entraînement à la navigation, au bombardement et à la photographie. Il est reconnaissable à son nez vitré et fut construit à 39 exemplaires. Ils sont numérotés de 254 à 293. Il effectua son vol inaugural le 29 mars 1948.

Le MD-312, lui, sert à la liaison et à l'entraînement et dispose de double commandes. Il vole pour la première fois le 27 avril 1950. Emportant 6 passagers, il est construit à 116 exemplaires (n°137 à 253). La sous-version MD-312M est destiné à la Marine Nationale (24 exemplaires commandés fin 1950, afin de remplacer ses Ju-52 : ils seront affectés aux flottilles 1S, 2S, 3S, 10S, 11S et 54S et numérotés de 294 à 318). Des MD-312 furent également livrés à Madagascar et à la Tunisie (une dizaine d'exemplaire en 1963). On en retrouvera au sein de l'armée de l'air sud-vietnamienne. Cette armée disposa d'une cinquantaine de Flamant qui effectuèrent des missions de reconnaissance lors de la guerre du Vietnam.

Un MD-315 sera modifié en MD-316, avec deux moteurs SNECMA 12X Super Mars à pistons en étoile de 820 ch. Il volera pour la première fois le 19 juillet 1952. Le MD-316T, lui, est un prototype équipé de 2 Wright R-1300-CB7A1 Cyclone à piston en étoile de 800 hp et d'une dérive unique. Il volera le 16 juin 1953. Le MD-312B est un prototype (un seul exemplaire), bénéficiant d'une charge utile supérieure. Son fuselage est raccourcie, il dispose d'une seule dérive et de moteurs Snecma 12S. Il vole pour la première fois le 20 février 1954. Mais avec l'apparition des avions à turbines, et de la Caravelle, ces prototypes n'ont aucune chance d'être commandés. Le MD-315R est une version équipée d'un radar.

Il est transféré au CEV en 1949 (année du vol inaugural du premier avion de série), puis entre en service au sein du GLAM (Groupe de liaisons aériennes ministérielles). Il rejoint également l'ETPBM d’Avord (Ecole de transformation des pilotes sur bimoteurs), le CIET de Toulouse (Centre d’instruction des équipages de transport), le GAEL de Villacoublay (Groupement aérien d’entraînement et de liaison) et l'Ecole de l'Air de Salon-de-Provence. Les livraisons se terminent en 1954.

Les premiers Flamant arrivent en Algérie en 1952, à Blida. Ils serviront lors de la guerre d'Algérie, entre 1955 et 1962. Ils seront armés de bombes, mitrailleuses et roquettes pour les MD-315, et même missiles filoguidés SS-11 pour les MD-311. Ce fut le premier avion au monde à employer des missiles anti-chars. Employés contre des lieux fortifiés au fond de gorges profondes, ils ont prouvés leur efficacité. Les Flamants serviront aussi de banc d'essais volant au sein du CEV à partir de 1961, notamment pour l'avionique du C-160 ou du Mirage 5. Ils furent remplacés par les Nord 262 en 1982.

Il sera retiré du service de l'Armée de l'Air, remplacé par l'EMB-121 Xingu. Bon nombre de Flamant ont survécu et sont en état de vol. Il n'est pas rare d'en voir en meeting.





http://fr.wikipedia.org/wiki/Dassault_MD_315_Flamant

http://www.avionslegendaires.net/dassault-md-315-flamant.php

http://www.dassault-aviation.com/fr/passion/avions/dassault-militaires/md-311-312-315-flamant.html

http://www.a3a.org/fr/md311.php

http://www.a3a.org/fr/md312.php

http://memorial.flight.free.fr/MD311.html

http://www.caea.info/fr/coll/flamant.php

http://avions-de-la-guerre-d-algerie.over-blog.com/article-18954712.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Dassault_MD_315_Flamant

http://www.oldprops.ukhome.net/Dassault%20Flamant.htm
Re: Dassault Flamant à 21/03/2012 08:13 Jericho
J'avais lu (mais est-ce bien vrai?) que c'était grâce au Flamant que Dassault a commencé à voir la vie en rose… :interr:
Re: Dassault Flamant à 21/03/2012 10:11 Clansman
:mrgreen:

C'est vrai en plus ! :lol:

La fiche sur le site
Dassault Flamant à 21/03/2012 19:44 stanak
MB311 France
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MB312 Sud Vietnam
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Re: Dassault Flamant à 16/10/2012 16:51 laquer30
MD 312 France (Pierrelatte 2012)
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires