Rappels

Histoire de l'appareil

Avant la Seconde Guerre Mondiale, les hydravions connaissaient un véritable âge d'or. Utilisés sur les lignes aériennes les plus prestigieuses, symboles de luxe et de confort, ils attiraient aussi l'attention par les exploits de certains pilotes amateurs de records. Mais les hydravions n'étaient pas uniquement destinés aux civils. Toutes les forces aériennes d'importance mettaient en œuvre ce type d'appareil, à partir de navires de guerre ou de bases aéronavales.

La France était l'un des pays les plus en pointe dans le domaine de la conception et de la construction d'hydravions, notamment grâce à l'entreprise Latécoère, qui devait être l'un des leaders en la matière jusqu'au milieu des années 1950. Latécoère fournissait d'ailleurs depuis plusieurs années la composante aéronavale de la marine française, et avait aussi effectué quelques ventes à des pays étrangers.

En 1933, le gouvernement français publia une fiche-programme afin de trouver un remplaçant pour son Latécoère 290. Ce dernier, entré en service en 1931, avait un peu déçu ses utilisateurs. La demande concernait un bombardier-torpilleur, pouvant servir à partir de plans d'eau et être déployé à partir du porte-hydravions Commandant Teste (un navire entré en service en 1932, et pouvant emporter une vingtaine d'appareils). Les ingénieurs de l'entreprise travaillèrent durant deux ans avant d'achever un prototype, désigné Latécoère 298. Il fut achevé en 1936 et fit son premier vol le 8 mai 1936.

Le Latécoère 298 était un avion de construction métallique, avec une unique aile implantée en position médiane et partiellement entoilée. Quelques éléments (ailerons, gouvernes et volets) étaient fabriqués en bois. Il reposait sur deux gros flotteurs, reliés au reste du fuselage par plusieurs mâts (deux verticaux et deux montés en position oblique pour chaque flotteur), et contenant chacun un réservoir de carburant. Il ne disposait pas de train d'atterrissage et se déplaçait à terre monté sur un chariot à roues.

Un habitacle couvert d'une verrière abritait l'équipage, généralement constitué de deux à trois hommes. Le moteur était monté à l'avant du fuselage, devant la partie réservée à l'équipage. Il s'agissait d'un Hispano-Suiza 12Ycrs-1 d'une puissance de 880 ch, un modèle alors courant sur les avions français. Il entraînait une hélice tripale. Il y avait assez de place entre les flotteurs, la voilure et l'habitacle pour l'emport de l'armement principal.

Le Latécoère 298 fut en effet conçu pour porter une torpille, généralement de calibre 400 mm. Deux mitrailleuses montées dans la voilure et tirant vers l'avant complétaient la puissance de feu de l'appareil. Une troisième arme de même calibre, installée à l'arrière de l'habitacle, devait assurer la défense de l'arrière de l'avion. En revanche, et contrairement à ce qui avait été prévu par Hispano-Suiza (et réalisé notamment sur le Morane-Saulnier MS.406), le moteur n'abritait pas de canon de calibre 20 mm, car cela aurait trop alourdi l'hydravion.

Les essais s'étant conclus de manière positive, une commande portant sur 24 appareils fut passée en août 1937. Les premiers appareils de série parvinrent aux unités à l'automne 1938. D'autres commandes se succédèrent par la suite, notamment juste après la déclaration de guerre de septembre 1939. Il y eut assez de livraisons pour que six escadrilles soient opérationnelles, dont les 1T (étang de Berre), 2T (Cherbourg), 3T et 4T. Les HB 1 et HB 2 étaient théoriquement embarquées à bord du Commandant Teste, mais elles débarquèrent leurs avions quand leur navire fut affecté au transport d'avions au début de l'année 1940.

Lors de l'offensive allemande de mai 1940, une soixantaine de Latécoère 298 étaient a priori opérationnels. Le gros des avions fut envoyé en Manche et en mer du Nord, où ils assurèrent des missions de surveillance maritime et de lutte anti-sous-marine. On les envoya couvrir les troupes alliées le long du littoral, notamment près de Walcheren, où ils subirent le feu des chasseurs allemands. Le repli allié entraîna le départ des unités aéronavales vers des bases plus au sud. La situation se dégradant de plus en plus sur le front, et les opportunités de torpiller un navire allemand étant quasiment nulles, il fut décidé d'affecter les Latécoère 298 à des missions d'attaque au sol.

A partir de 22 mai et jusqu'au 3 juin 1940, les hydravions encore en état de vol furent engagés contre des cibles au sol. A la surprise des troupes allemandes, des Latécoère 298 s'en prirent à des ponts ou encore à des colonnes blindées. Ils furent pour cela dotés d'une charge de 500 kg de bombes. Les pertes liées à ces missions n'étaient pas plus élevées que celles subies par les avions d'assaut français, mais elles contribuèrent à diminuer de manière sensible le nombre d'appareils disponibles. On interdit finalement aux équipages de mener des missions de jour, avant d'envoyer tous les hydravions qui le pouvaient à l'arrière du front. Quelques missions furent cependant menées à la mi-juin contre l'Italie.

A l'Armistice, la répartition des unités et des appareils évolua. Dakar accueillit en novembre 1940 la nouvelle flottille 7F (disposant d'environ 14 appareils), tandis que sur l'étang de Berre fut basée la flottille 6F (à peu près les mêmes effectifs). La situation ne varia pas jusqu'en novembre 1942. Les hydravions basés en Afrique furent alors capturés par les forces alliées et transférés à la nouvelle armée française. Certains reprirent du service contre les sous-marins allemands, le long du littoral d'Afrique du Nord. Ceux qui se trouvaient en France atterrirent dans les mains de la Luftwaffe, où ils servirent à des missions de liaison et d'observation. Ils changeront à nouveau de mains en août 1944, après le débarquement allié en Provence.

La fin de Seconde Guerre Mondiale voit une nouvelle réorganisation : les Latécoère 298 survivants sont affectés à deux flottilles, la 2S (basée à Saint-Mandrier) et la 3S (dissoute en mai 1946 après un déploiement en Allemagne, sur le lac de Constance). Certains appareils furent engagés contre les poches allemandes sur le littoral atlantique. Les ultimes exemplaires encore valides furent finalement attribués à la flottille-école 53S, déployée sur le lac de Hourtin, dans les Landes. Le dernier Laté survivant fut ferraillé en 1951.

Le nombre d'appareils produits varie selon les sources. Les chiffres les plus plausibles tournent autour de 120 à 130 unités.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Latécoère 298A : Première version de série.
  • Latécoère 298B : Variante du Laté 298A, à double commande et ailes repliables.
  • Latécoère 298D : Variante du Laté 298B, à double commande et ailes fixes.
  • Latécoère 298E : Prototype d'hydravion de reconnaissance, avec une gondole ventrale pour l'observation ; un unique prototype (Laté 298D modifié).
  • Latécoère 298F : Version mieux blindée et mieux armée.
  • Latécoère 298F Jumo : Deux hydravions remotorisés en 1947 avec un moteur allemand Jumo 213A.
  • Latécoère 299 : Deux prototypes remotorisés (Hispano-Suiza 12Y-43 de 920 ch) d'une version terrestre ; sans suite.
  • Latécoère 299A : Un Laté 299 modifié dans le cadre du programme VB.10.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Latécoère 298D voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 4 800 kg (10 582 lbs)
  • Masse à vide : 3 000 kg (6 614 lbs)
  • Surface alaire : 31,6 m² (340,14 sq. ft)
  • Hauteur : 5,23 m (17,159 ft)
  • Envergure : 15,5 m (50,853 ft)
  • Longueur : 12,56 m (41,207 ft)

Performances

  • Rayon d'action : 800 km (497 mi, 432 nm)
  • Distance franchissable : 1 500 km (932 mi, 810 nm)
  • Plafond opérationnel : 6 400 m (20 997 ft)
  • Vitesse maximale HA : 290 km/h (180 mph, 157 kts)
  • Charge alaire, à vide : 94,937 kg/m² (19,445 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 151,899 kg/m² (31,111 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en ligne Hispano-Suiza 12Ycrs-1
  • Puissance unitaire : 647 kW (880 ch, 868 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Forum

Sujet complet »
Latécoère 298 à 04/11/2012 17:04 ciders
Historique :

Avant la Seconde Guerre Mondiale, les hydravions connaissaient un véritable âge d'or. Utilisés sur les lignes aériennes les plus prestigieuses, symboles de luxe et de confort, ils attiraient aussi l'attention par les exploits de certains pilotes amateurs de records. Mais les hydravions n'étaient pas uniquement destinés aux civils. Toutes les forces aériennes d'importance mettaient en œuvre ce type d'appareil, à partir de navires de guerre ou de bases aéronavales.

La France était l'un des pays les plus en pointe dans le domaine de la conception et de la construction d'hydravions, notamment grâce à l'entreprise Latécoère, qui devait être l'un des leaders en la matière jusqu'au milieu des années 1950. Latécoère fournissait d'ailleurs depuis plusieurs années la composante aéronavale de la marine française, et avait aussi effectué quelques ventes à des pays étrangers.

En 1933, le gouvernement français publia une fiche-programme afin de trouver un remplaçant pour son Latécoère 290. Ce dernier, entré en service en 1931, avait un peu déçu ses utilisateurs. La demande concernait un bombardier-torpilleur, pouvant servir à partir de plans d'eau et être déployé à partir du porte-hydravions Commandant Teste (un navire entré en service en 1932, et pouvant emporter une vingtaine d'appareils). Les ingénieurs de l'entreprise travaillèrent durant deux ans avant d'achever un prototype, désigné Latécoère 298. Il fut achevé en 1936 et fit son premier vol le 8 mai 1936.

Le Latécoère 298 était un avion de construction métallique, avec une unique aile implantée en position médiane et partiellement entoilée. Quelques éléments (ailerons, gouvernes et volets) étaient fabriqués en bois. Il reposait sur deux gros flotteurs, reliés au reste du fuselage par plusieurs mâts (deux verticaux et deux montés en position oblique pour chaque flotteur), et contenant chacun un réservoir de carburant. Il ne disposait pas de train d'atterrissage et se déplaçait à terre monté sur un chariot à roues.

Un habitacle couvert d'une verrière abritait l'équipage, généralement constitué de deux à trois hommes. Le moteur était monté à l'avant du fuselage, devant la partie réservée à l'équipage. Il s'agissait d'un Hispano-Suiza 12Ycrs-1 d'une puissance de 880 ch, un modèle alors courant sur les avions français. Il entraînait une hélice tripale. Il y avait assez de place entre les flotteurs, la voilure et l'habitacle pour l'emport de l'armement principal.

Le Latécoère 298 fut en effet conçu pour porter une torpille, généralement de calibre 400 mm. Deux mitrailleuses montées dans la voilure et tirant vers l'avant complétaient la puissance de feu de l'appareil. Une troisième arme de même calibre, installée à l'arrière de l'habitacle, devait assurer la défense de l'arrière de l'avion. En revanche, et contrairement à ce qui avait été prévu par Hispano-Suiza (et réalisé notamment sur le Morane-Saulnier MS.406), le moteur n'abritait pas de canon de calibre 20 mm, car cela aurait trop alourdi l'hydravion.

Les essais s'étant conclus de manière positive, une commande portant sur 24 appareils fut passée en août 1937. Les premiers appareils de série parvinrent aux unités à l'automne 1938. D'autres commandes se succédèrent par la suite, notamment juste après la déclaration de guerre de septembre 1939. Il y eut assez de livraisons pour que six escadrilles soient opérationnelles, dont les 1T (étang de Berre), 2T (Cherbourg), 3T et 4T. Les HB 1 et HB 2 étaient théoriquement embarquées à bord du Commandant Teste, mais elles débarquèrent leurs avions quand leur navire fut affecté au transport d'avions au début de l'année 1940.

Lors de l'offensive allemande de mai 1940, une soixantaine de Latécoère 298 étaient a priori opérationnels. Le gros des avions fut envoyé en Manche et en mer du Nord, où ils assurèrent des missions de surveillance maritime et de lutte anti-sous-marine. On les envoya couvrir les troupes alliées le long du littoral, notamment près de Walcheren, où ils subirent le feu des chasseurs allemands. Le repli allié entraîna le départ des unités aéronavales vers des bases plus au sud. La situation se dégradant de plus en plus sur le front, et les opportunités de torpiller un navire allemand étant quasiment nulles, il fut décidé d'affecter les Latécoère 298 à des missions d'attaque au sol.

A partir de 22 mai et jusqu'au 3 juin 1940, les hydravions encore en état de vol furent engagés contre des cibles au sol. A la surprise des troupes allemandes, des Latécoère 298 s'en prirent à des ponts ou encore à des colonnes blindées. Ils furent pour cela dotés d'une charge de 500 kg de bombes. Les pertes liées à ces missions n'étaient pas plus élevées que celles subies par les avions d'assaut français, mais elles contribuèrent à diminuer de manière sensible le nombre d'appareils disponibles. On interdit finalement aux équipages de mener des missions de jour, avant d'envoyer tous les hydravions qui le pouvaient à l'arrière du front. Quelques missions furent cependant menées à la mi-juin contre l'Italie.

A l'Armistice, la répartition des unités et des appareils évolua. Dakar accueillit en novembre 1940 la nouvelle flottille 7F (disposant d'environ 14 appareils), tandis que sur l'étang de Berre fut basée la flottille 6F (à peu près les mêmes effectifs). La situation ne varia pas jusqu'en novembre 1942. Les hydravions basés en Afrique furent alors capturés par les forces alliées et transférés à la nouvelle armée française. Certains reprirent du service contre les sous-marins allemands, le long du littoral d'Afrique du Nord. Ceux qui se trouvaient en France atterrirent dans les mains de la Luftwaffe, où ils servirent à des missions de liaison et d'observation. Ils changeront à nouveau de mains en août 1944, après le débarquement allié en Provence.

La fin de Seconde Guerre Mondiale voit une nouvelle réorganisation : les Latécoère 298 survivants sont affectés à deux flottilles, la 2S (basée à Saint-Mandrier) et la 3S (dissoute en mai 1946 après un déploiement en Allemagne, sur le lac de Constance). Certains appareils furent engagés contre les poches allemandes sur le littoral atlantique. Les ultimes exemplaires encore valides furent finalement attribués à la flottille-école 53S, déployée sur le lac de Hourtin, dans les Landes. Le dernier Laté survivant fut ferraillé en 1951.

Le nombre d'appareils produits varie selon les sources. Les chiffres les plus plausibles tournent autour de 120 à 130 unités. Plusieurs versions ont coexisté :

- Laté 298A : première version de série
- Laté 298B : variante du Laté 298A, à double commande et ailes repliables
- Laté 298D : variante du Laté 298B, à double commande et ailes fixes
- Laté 298E : prototype d'hydravion de reconnaissance, avec une gondole ventrale pour l'observation ; un unique prototype (Laté 298D modifié)
- Laté 298F : variante développée à partir de l'automne 1941, sans double commande, avec un blindage supplémentaire et un meilleur armement ; un seul appareil livré avant l'invasion de la zone libre en novembre 1942
- Laté 298F Jumo : deux hydravions remotorisés en 1947 avec un moteur allemand Jumo 213A ; programme sans suite malgré une amélioration des performances
- Laté 299 : deux prototypes remotorisés (Hispano-Suiza 12Y-43 de 920 ch), ayant volé en juillet 1939 ; sans suite





………………………………………………………………………………………

Caractéristiques :

Version :

Latécoère 298D

Type :

Hydravion de bombardement et de torpillage à flotteurs

Equipage :

1 pilote, 1 observateur (parfois un troisième homme)

Motorisation :

1 moteur en ligne Hispano-Suiza 12Ycrs-1, d'une puissance de 880 ch

Poids :

Masse à vide : 3 000 kg
Masse maximale au décollage : 4 800 kg

Performances :

Vitesse maximale : 290 km/h
Vitesse ascensionnelle : 1 500 m en 5 mn 42 s
Plafond pratique :
Rayon d'action avec charge militaire maximale : 800 km

Dimensions :

Envergure : 15,50 m
Hauteur : 5,23 m
Longueur : 12,56 m
Surface alaire : 31,60 mètres carrés

Armement :

2 mitrailleuses Darne calibre 7,5 mm dans les ailes
1 mitrailleuse Darne calibre 7,5 mm à l'arrière de l'habitacle
1 torpille DAI calibre 400 mm de 670 kg ou une charge de bombes de 500 kg

Autres possibilités : emport de charges de profondeur ou de bombes de 150 kg

Pays utilisateurs :

Allemagne (appareils capturés), France

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Images :

:arrow: Une magnifique peinture représentant un Latécoère 298 de Vichy, en vol au-dessus de Gorée
:arrow: Profil trois vues
:arrow: Profil couleur d'un Latécoère 298 de l'Aéronavale
Re: Latécoère 298 à 04/11/2012 17:17 PCmax
Belle gueule cet avion.
Re: Latécoère 298 à 05/11/2012 07:55 Clansman
La fiche sur le site
Re: Latécoère 298 à 21/05/2013 07:57 oli76
a mon avis,le beau hydravion a flotteurs 39-45
Re: Latécoère 298 à 11/11/2013 21:44 STALINGR
@oli76 les Northrop N-3PB n'est pas vilain ainsi que le Aichi M6A Seiran
Re: Latécoère 298 à 27/03/2016 08:39 Clansman
Vite fait sur le gaz…

Le Laté 299A sur le site

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/spyww2/late299.html&prev=search

http://forum.aviation-ancienne.fr/t7206-latecoere-299a
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires