Rappels

Histoire de l'appareil

Durant la Première Guerre Mondiale, l'Autriche-Hongrie, dirigée par la dynastie des Habsbourg, était l'alliée de l'Allemagne. Elle devait combattre durement sur plusieurs fronts, moins mis en valeur par l'historiographie française que le front occidental : dans les Balkans, contre les Serbes et leurs alliés, mais aussi contre les Russes en Pologne et dans les Carpates, et surtout contre l'Italie, dans les Alpes et la région de Venise.

Durant ces quatre années de conflit, l'aviation austro-hongroise fut largement mise à contribution. Moins connue que les autres forces aériennes belligérantes, elle comptait pourtant en 1914 plusieurs dizaines d'avions, ainsi que des ballons d'observation et quelques hydravions sur l'Adriatique. Une large part de ses matériels étaient cependant d'origine, ou bénéficiant de la technologie allemande.

A la fin de l'année 1915, l'entreprise Hansa-Brandenburg était devenue la plus importante société de construction aéronautique allemande. Dirigée par Camillo Castiglioni, un Austro-Hongrois né à Trieste, elle devait fournir plus d'appareils à l'Autriche-Hongrie qu'à l'Allemagne. L'un de ces appareils était le Hansa-Brandenburg C.I, un modèle conçu par Ernst Heinkel, qui devait s'illustrer en créant son propre bureau d'études après-guerre.

Le C.I succédait au B.I, également dessiné par Heinkel, dont il reprenait une partie des caractéristiques. Il s'agissait d'un biplan classique, aux lignes pures, avec deux rangées de mâts. Il était construit en bois et en toile. Il disposait d'un train d'atterrissage fixe, avec deux roues à l'avant, et d'une béquille de queue sous la dérive. Particularité de nombreux Hansa-Brandenburg de reconnaissance, le C.I disposait d'un seul cockpit ouvert, partagé par le pilote et un observateur-mitrailleur.

L'unique moteur était situé à l'avant du fuselage. Plusieurs motorisations furent utilisées durant le conflit, allant de l'Austro-Daimler de 160 ch au Hiero de 230 ch. Globalement, les performances en furent légèrement accrues, la vitesse maximale des différentes variantes étant comprise entre 120 et 160 km/h. Surtout, l'augmentation progressive de la puissance installée permit de conserver en ligne le C.I, sans toucher aux qualités intrinsèques de la machine.

L'armement de bord évolua lui aussi. D'abord limité à une unique mitrailleuse de calibre 8 mm (de type Schwarzloze, équipant également les unités d'infanterie austro-hongroises) installée dans la partie arrière du cockpit, il fut renforcé fréquemment par l'ajout d'une seconde mitrailleuse, tirant vers l'avant, à travers l'hélice. Certains appareils furent aussi dotés de râteliers sous voilure ou sous le fuselage, pour larguer de petites bombes.

Les premiers avions de série furent confiés aux unités de reconnaissance austro-hongroises au début de l'année 1916 et aussitôt engagés de manière intensive, généralement dans des missions de reconnaissance mais aussi parfois en appui des unités au sol. Les premiers rapports des pilotes se révélant très positifs, la construction en série fut accrue et de nouveaux exemplaires parvinrent sur le front jusqu'à la fin du conflit. Le C.I conserva la faveur de ses pilotes, qui lui trouvaient de bonnes qualités de vol, et bénéficiaient d'un excellent champ de vision. Plusieurs exemplaires servirent dans un rôle civil, transportant du courrier entre Kiev et Vienne, à partir de mars 1918.

La production du C.I prit fin en 1918 (sauf en Tchécoslovaquie, où la société Aero devait encore construire plusieurs séries de C.I, désignés Aero A-14, A-15 et A-28). Environ 1 320 exemplaires avaient alors été produits, l'immense majorité l'ayant été en Autriche-Hongrie.

La fin de la guerre ne devait pas cependant entraîner la fin de carrière du C.I. Les nouveaux Etats nés sur les ruines de l'Autriche-Hongrie devaient en effet conserver plusieurs dizaines d'appareils en service. Ainsi, la Pologne déploya une quarantaine de ces avions contre la Russie, lors de la guerre russo-polonaise de 1919-1920. Les exemplaires yougoslaves quant à eux furent affectés à la formation des équipages.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Hansa-Brandenbourg C.I série 23 (construit sous licence par Phönix) : Moteur Austro-Daimler de 160 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 27 (construit sous licence par Phönix) : Moteur Austro-Daimler de 185 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 29 (construit sous licence par Phönix) : Moteur Austro-Daimler de 210 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 61 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Austro-Daimler de 210 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 63 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Mercedes D.IIIs de 160 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 69 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Hiero 6 de 200 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 129 (construit sous licence par Phönix) : Moteur Hiero 6 de 200 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 169 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Benz Bz.IVas de 220 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 269 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Austro-Daimler de 210 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 369 (construit sous licence par UFAG) : Moteur Hiero 6 de 230 cv.
  • Hansa-Brandenbourg C.I série 429 (construit sous licence par Phönix) : Moteur Hiero 6 de 230 cv.
  • Aero A-14 : Version construite en Tchécoslovaquie après-guerre, avec un moteur BMW IIIa.
  • Aero A-15 : Version construite en Tchécoslovaquie après-guerre, avec un moteur BMW IIIa.
  • Aero A-26 : Version construite en Tchécoslovaquie après-guerre, avec un moteur BMW IIIa.

Hansa-Brandenbourg C.I série 169 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 320 kg (2 910 lbs)
  • Masse à vide : 820 kg (1 808 lbs)
  • Surface alaire : 36,45 m² (392,345 sq. ft)
  • Hauteur : 3,3 m (10,827 ft)
  • Envergure : 12,25 m (40,19 ft)
  • Longueur : 8,45 m (27,723 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 134 km/h (83 mph, 72 kts)
  • Distance franchissable : 400 km (249 mi, 216 nm)
  • Plafond opérationnel : 6 000 m (19 685 ft)
  • Vitesse maximale HA : 158 km/h (98 mph, 85 kts)
  • Charge alaire, à vide : 22,497 kg/m² (4,61 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 36,214 kg/m² (7,417 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en ligne Benz Bz.IVa
  • Puissance unitaire : 162 kW (220 ch, 217 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Hansa-Brandenburg C.I à 27/10/2012 13:40 ciders
Historique :

Durant la Première Guerre Mondiale, l'Autriche-Hongrie, dirigée par la dynastie des Habsbourg, était l'alliée de l'Allemagne. Elle devait combattre durement sur plusieurs fronts, moins mis en valeur par l'historiographie française que le front occidental : dans les Balkans, contre les Serbes et leurs alliés, mais aussi contre les Russes en Pologne et dans les Carpates, et surtout contre l'Italie, dans les Alpes et la région de Venise.

Durant ces quatre années de conflit, l'aviation austro-hongroise fut largement mise à contribution. Moins connue que les autres forces aériennes belligérantes, elle comptait pourtant en 1914 plusieurs dizaines d'avions, ainsi que des ballons d'observation et quelques hydravions sur l'Adriatique. Une large part de ses matériels étaient cependant d'origine, ou bénéficiant de la technologie allemande.

A la fin de l'année 1915, l'entreprise Hansa-Brandenburg était devenue la plus importante société de construction aéronautique allemande. Dirigée par Camillo Castiglioni, un Austro-Hongrois né à Trieste, elle devait fournir plus d'appareils à l'Autriche-Hongrie qu'à l'Allemagne. L'un de ces appareils était le Hansa-Brandenburg C.I, un modèle conçu par Ernst Heinkel, qui devait s'illustrer en créant son propre bureau d'études après-guerre.

Le C.I succédait au B.I, également dessiné par Heinkel, dont il reprenait une partie des caractéristiques. Il s'agissait d'un biplan classique, aux lignes pures, avec deux rangées de mâts. Il était construit en bois et en toile. Il disposait d'un train d'atterrissage fixe, avec deux roues à l'avant, et d'une béquille de queue sous la dérive. Particularité de nombreux Hansa-Brandenburg de reconnaissance, le C.I disposait d'un seul cockpit ouvert, partagé par le pilote et un observateur-mitrailleur.

L'unique moteur était situé à l'avant du fuselage. Plusieurs motorisations furent utilisées durant le conflit, allant de l'Austro-Daimler de 160 ch au Hiero de 230 ch. Globalement, les performances en furent légèrement accrues, la vitesse maximale des différentes variantes étant comprise entre 120 et 160 km/h. Surtout, l'augmentation progressive de la puissance installée permit de conserver en ligne le C.I, sans toucher aux qualités intrinsèques de la machine.

L'armement de bord évolua lui aussi. D'abord limité à une unique mitrailleuse de calibre 8 mm (de type Schwarzloze, équipant également les unités d'infanterie austro-hongroises) installée dans la partie arrière du cockpit, il fut renforcé fréquemment par l'ajout d'une seconde mitrailleuse, tirant vers l'avant, à travers l'hélice. Certains appareils furent aussi dotés de râteliers sous voilure ou sous le fuselage, pour larguer de petites bombes.

Les premiers avions de série furent confiés aux unités de reconnaissance austro-hongroises au début de l'année 1916 et aussitôt engagés de manière intensive, généralement dans des missions de reconnaissance mais aussi parfois en appui des unités au sol. Les premiers rapports des pilotes se révélant très positifs, la construction en série fut accrue et de nouveaux exemplaires parvinrent sur le front jusqu'à la fin du conflit. Le C.I conserva la faveur de ses pilotes, qui lui trouvaient de bonnes qualités de vol, et bénéficiaient d'un excellent champ de vision. Plusieurs exemplaires servirent dans un rôle civil, transportant du courrier entre Kiev et Vienne, à partir de mars 1918.

La production du C.I prit fin en 1918 (sauf en Tchécoslovaquie, où la société Aero devait encore construire plusieurs séries de C.I, désignés Aero A-14, A-15 et A-28). Environ 1 320 exemplaires avaient alors été produits, l'immense majorité l'ayant été en Autriche-Hongrie. La fin de la guerre ne devait pas cependant entraîner la fin de carrière du C.I. Les nouveaux Etats nés sur les ruines de l'Autriche-Hongrie devaient en effet conserver plusieurs dizaines d'appareils en service. Ainsi, la Pologne déploya une quarantaine de ces avions contre la Russie, lors de la guerre russo-polonaise de 1919-1920. Les exemplaires yougoslaves quant à eux furent affectés à la formation des équipages.



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Caractéristiques :

Version :

Hansa-Brandenburg C.1 Srs 169

Type :

Appareil de reconnaissance

Equipage :

1 pilote, 1 observateur-mitrailleur

Motorisation :

1 Benz Bz.IV à pistons, d'une puissance de 220 ch

Poids :

Masse à vide : 820 kg
Masse maximale au décollage : 1 320 kg

Performances :

Vitesse maximale : 158 km/h
Plafond pratique : 6 000 m
Endurance : environ 3 heures

Dimensions :

Envergure : 12,25 m
Hauteur : 3,33 m
Longueur : 8,45 m

Armement :

1 mitrailleuse Schwarzloze de calibre 8 mm, sur affut mobile à l'arrière de l'habitacle
Possibilité d'emporter une seconde mitrailleuse de même type, tirant vers l'avant, ainsi qu'une petite charge de bombes sous le fuselage et la voilure

Pays utilisateurs :

Autriche-Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie

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Images :

:arrow: Profil de C.I aux couleurs austro-hongroises
:arrow: C.1 au sol
:arrow: C.I contre ballon d'observation italien
Re: Hansa-Brandenburg C.I à 28/10/2012 09:02 Clansman
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires