Rappels

Histoire de l'appareil

Prenez un vieux coucou fiable et robuste, une caisse à outils, une pointe de modernité et un seau de peinture. Laissez mijoter quelques milliers d'heures de travail. Servez bien frais.

Certains appareils ont une carrière plus longue que d'autres. Mais parmi ceux-ci, il en est qui volent encore, quand ceux qui ont été conçus pour les remplacer ont déjà tous fini à la ferraille. Le Douglas DC-3 est de cette trempe. Produit à partir du milieu des années 1930, il s'en trouve encore plusieurs dizaines en parfait état de marche. A la fin des années 1980, on estimait leur nombre à plus de 400, dont de nombreux exemplaires se trouvaient par exemple en Amérique Latine. Robustes et fiables, entretenus avec soin, les DC-3 y rendaient encore d'éminents services, dans un cadre légal ou non (les trafiquants de drogue utilisaient largement ce modèle, et quelques uns ont été détruits lors d'opérations menées contre le trafic).

Ainsi, plusieurs forces aériennes sud-américaines disposaient encore de DC-3, dans sa version militaire : le C-47, plus connu sous sa désignation britannique, Dakota. Toutefois, malgré les efforts des mécaniciens, ces avions commençaient à montrer des signes de fatigue. Vint un moment où les remplacer devenait une nécessité. Mais remplacer les Dakota par des appareils plus récents représentait un poids financier parfois impossible à supporter.

A la fin des années 1980, un entrepreneur américain, Warren Basler, eut l'idée de développer, à partir de DC-3 encore en état de marche, une version améliorée. Celle-ci présenterait l'avantage d'être moins coûteuse à l'achat et de conserver les qualités du Dakota. En janvier 1990, avec l'appui d'investisseurs extérieurs, Basler ouvrit une usine à Oskosh dans le Wisconsin, afin d'y produire ce qui allait devenir le BT-67. L'idée de Basler était de partir de cellules de DC-3, et d'y apporter toute une série d'améliorations, qui permettraient d'allonger leur durée de vie, d'accroître les performances globales et de les intégrer aux côtés d'aéronefs plus récents. Cette idée se révela excellente, et Basler enregistra des commandes dès sa première année de fabrication.

Concrètement, le BT-67 est un DC-3. Mais cette conversion a entraîné plusieurs types de modifications. Tout d'abord, le fuselage d'origine a été allongé par l'adjonction d'une nouvelle tranche de 88 cm de longueur, entre le cockpit et la voilure. Des renforts structurels ont été intégrés dans la partie de la voilure la plus proche du fuselage, et les surfaces de contrôle (volets et parties mobiles de la dérive), originellement en toile, ont été remplacées par des parties de construction métallique. La porte située à l'arrière gauche du fuselage a été remontée un peu plus haut. La partie avant a également été modifiée : l'extrémité frontale de l'appareil a reçu un radôme en matériaux composites, matériaux qui composent également les deux nouvelles nacelles des moteurs.

La motorisation a également évolué : les moteurs à pistons Pratt & Whitney R-1830 d'origine ont été retirés au profit de turbopropulseurs Pratt & Whitney PT6A-67R plus puissants, chacun équipé de 5 pales. Le rayon d'action a aussi été accru, de nouveaux réservoirs de carburant étant installés dans la partie centrale de la voilure. Enfin, l'avionique n'a pas été oubliée. L'intégralité des systèmes électriques a été revue et l'instrumentation largement remise à jour. Trois équipements sont possibles (Bendix King, Bendix King/Garmin ou Sagem/Garmin), chacun intégrant un ou plusieurs écrans multi-fonctions, un système de navigation GPS, un radar météorologique et un nouvel équipement radio. De manière générale, tous les systèmes internes ont été mis au goût du jour.

Ainsi modifié, le BT-67 n'a pas tardé à trouver une clientèle. Il semble qu'au moins 47 conversions au moins aient été faites à Oskosh, même si Basler communique peu à ce sujet. Les deux tiers ont été livrés à des forces aériennes militaires. Le premier client a été le Salvador, en Amérique Centrale, qui prit livraison en août 1990 du premier de ses 4 appareils. Il est à noter que les deux premiers appareils salvadoriens étaient, avant leur conversion, des gunships AC-47. L'Amérique du Sud concentre l'essentiel des BT-67 "militaires". La Colombie a obtenu 10 unités, dont 3 servent au profit de ses forces de police : certains appareils colombiens ont été modernisés en AC-47T Fantasma et sont équipés d'une boule FLIR et de systèmes de vision nocturne. Les 5 appareils guatemaltèques servent au sein de l'Escuadron de Transporte Aereo (base aérienne de La Aurora).

En Afrique, trois pays ont fait appel à Basler : le Malawi, (2 appareils), le Mali (2 appareils livrés en 1997, 1 seul encore opérationnel) et la Mauritanie (1 appareil livré en 2000 ; pour l'anecdote, le BT-67 mauritanien a participé à la logistique du rallye Paris-Dakar en 2001). Enfin, en Asie, la Thaïlande a réceptionné entre 1997 et 2004 9 exemplaires, mis en ligne au sein du 461th Squadron basé sur la base aérienne de Phitsanulok. Ils servent avant tout à la lutte contre les incendies (en transportant sous le fuselage un unique réservoir de 1 000 gallons, soit environ 3 800 litres d'eau) et à provoquer des pluies (en larguant des produits chimiques dans les nuages).

On sait enfin que le US Special Operations Command (SOCOM) a loué en en 2005 un BT-67 pour l'entraînement de ses pilotes. Il ne semble pas que cet appareil soit encore en service.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Basler BT-67 : Version de série.
  • Basler C-47T : Désignation du BT-67 au sein de l'USAF.
  • Basler AC-47T Fantasma : Désignation colombienne des BT-67 optimisés pour l'attaque au sol.

Pays exploitant actuellement cet appareil

Anciens pays utilisateurs

Basler BT-67 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 13 041 kg (28 750 lbs)
  • Masse à vide : 7 144 kg (15 750 lbs)
  • Hauteur : 18,3 m (60,039 ft)
  • Envergure : 95,8 m (314,304 ft)
  • Longueur : 67,8 m (222,441 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 380 km/h (236 mph, 205 kts)
  • Distance franchissable : 3 445 km (2 140 mi, 1 860 nm)
  • Plafond opérationnel : 7 620 m (25 000 ft)
  • Vitesse maximale HA : 417 km/h (259 mph, 225 kts)

Motorisation

  • 2 turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-67R

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Basler BT-67 à 22/07/2010 14:08 ciders
Prenez un vieux coucou fiable et robuste, une caisse à outils, une pointe de modernité et un seau de peinture. Laissez mijoter quelques milliers d'heures de travail. Servez bien frais.

Historique :

Certains appareils ont une carrière plus longue que d'autres. Mais parmi ceux-ci, il en est qui volent encore, quand ceux qui ont été conçus pour les remplacer ont déjà tous fini à la ferraille. Le Douglas DC-3 est de cette trempe. Produit à partir du milieu des années 1930, il s'en trouve encore plusieurs dizaines en parfait état de marche. A la fin des années 1980, on estimait leur nombre à plus de 400, dont de nombreux exemplaires se trouvaient par exemple en Amérique Latine. Robustes et fiables, entretenus avec soin, les DC-3 y rendaient encore d'éminents services, dans un cadre légal ou non (les trafiquants de drogue utilisaient largement ce modèle, et quelques uns ont été détruits lors d'opérations menées contre le trafic).

Ainsi, plusieurs forces aériennes sud-américaines disposaient encore de DC-3, dans sa version militaire : le C-47, plus connu sous sa désignation britannique, Dakota. Toutefois, malgré les efforts des mécaniciens, ces avions commençaient à montrer des signes de fatigue. Vint un moment où les remplacer devenait une nécessité. Mais remplacer les Dakota par des appareils plus récents représentait un poids financier parfois impossible à supporter.

A la fin des années 1980, un entrepreneur américain, Warren Basler, eut l'idée de développer, à partir de DC-3 encore en état de marche, une version améliorée. Celle-ci présenterait l'avantage d'être moins coûteuse à l'achat et de conserver les qualités du Dakota. En janvier 1990, avec l'appui d'investisseurs extérieurs, Basler ouvrit une usine à Oskosh dans le Wisconsin, afin d'y produire ce qui allait devenir le BT-67. L'idée de Basler était de partir de cellules de DC-3, et d'y apporter toute une série d'améliorations, qui permettraient d'allonger leur durée de vie, d'accroître les performances globales et de les intégrer aux côtés d'aéronefs plus récents. Cette idée se révela excellente, et Basler enregistra des commandes dès sa première année de fabrication.

Concrètement, le BT-67 est un DC-3. Mais cette conversion a entraîné plusieurs types de modifications. Tout d'abord, le fuselage d'origine a été allongé par l'adjonction d'une nouvelle tranche de 88 cm de longueur, entre le cockpit et la voilure. Des renforts structurels ont été intégrés dans la partie de la voilure la plus proche du fuselage, et les surfaces de contrôle (volets et parties mobiles de la dérive), originellement en toile, ont été remplacées par des parties de construction métallique. La porte située à l'arrière gauche du fuselage a été remontée un peu plus haut. La partie avant a également été modifiée : l'extrémité frontale de l'appareil a reçu un radôme en matériaux composites, matériaux qui composent également les deux nouvelles nacelles des moteurs.

La motorisation a également évolué : les moteurs à pistons Pratt & Whitney R-1830 d'origine ont été retirés au profit de turbopropulseurs Pratt & Whitney PT6A-67R plus puissants, chacun équipé de 5 pales. Le rayon d'action a aussi été accru, de nouveaux réservoirs de carburant étant installés dans la partie centrale de la voilure. Enfin, l'avionique n'a pas été oubliée. L'intégralité des systèmes électriques a été revue et l'instrumentation largement remise à jour. Trois équipements sont possibles (Bendix King, Bendix King/Garmin ou Sagem/Garmin), chacun intégrant un ou plusieurs écrans multi-fonctions, un système de navigation GPS, un radar météorologique et un nouvel équipement radio. De manière générale, tous les systèmes internes ont été mis au goût du jour.

Ainsi modifié, le BT-67 n'a pas tardé à trouver une clientèle. Il semble qu'au moins 47 conversions au moins aient été faites à Oskosh, même si Basler communique peu à ce sujet. Les deux tiers ont été livrés à des forces aériennes militaires. Le premier client a été le Salvador, en Amérique Centrale, qui prit livraison en août 1990 du premier de ses 4 appareils. Il est à noter que les deux premiers appareils salvadoriens étaient, avant leur conversion, des gunships AC-47. L'Amérique du Sud concentre l'essentiel des BT-67 "militaires". La Colombie a obtenu 10 unités, dont 3 servent au profit de ses forces de police : certains appareils colombiens ont été modernisés en AC-47T (désignation locale : Fantasma) et sont équipés d'une boule FLIR et de systèmes de vision nocturne. Les 5 appareils guatemaltèques servent au sein de l'Escuadron de Transporte Aereo (base aérienne de La Aurora). L'unique exemplaire bolivien a été accidenté en 2001 et n'est plus opérationnel.

En Afrique, trois pays ont fait appel à Basler : le Malawi, (2 appareils), le Mali (2 appareils livrés en 1997, 1 seul encore opérationnel) et la Mauritanie (1 appareil livré en 2000 ; pour l'anecdote, le BT-67 mauritanien a participé à la logistique du rallye Paris-Dakar en 2001). Enfin, en Asie, la Thaïlande a réceptionné entre 1997 et 2004 9 exemplaires, mis en ligne au sein du 461th Squadron basé sur la base aérienne de Phitsanulok. Ils servent avant tout à la lutte contre les incendies (en transportant sous le fuselage un unique réservoir de 1 000 gallons, soit environ 3 800 litres d'eau) et à provoquer des pluies (en larguant des produits chimiques dans les nuages).

On sait enfin que le US Special Operations Command (SOCOM) a loué en en 2005 un BT-67 pour l'entraînement de ses pilotes. Il ne semble pas que cet appareil soit encore en service.

………………………………………………………………………………………

Caractéristiques :

Version :

Basler BT-67

Type :

Appareil de transport

Equipage :

1 pilote + 1 copilote

Motorisation :

2 turbopropulseurs Pratt & Whitney PT6A-67R, d'une puissance unitaire de 1 424 ch

Poids :

Masse à vide : 7 100 kg
Masse maximale au décollage : 13 000 kg

Performances :

Vitesse maximale : 400 km/h
Vitesse de croisière : 380 km/h
Plafond pratique : 7 620 m
Distance franchissable maximale : 3 440 km
Rayon d'action ( avec 2 700 kg de fret ) : 1 770 km

Dimensions :

Envergure : 29,16 m
Hauteur : 5,56 m
Longueur : 20,65 m
Surface alaire : indéterminée

Capacités :

Charge maximale : 4 536 kg de fret

Armement :

Aucun

Pays utilisateurs :

Bolivie, Colombie, El Salvador, Etats-Unis (US Air Force), Guatemala, Malawi, Mali, Mauritanie, Thaïlande

………………………………………………………………………………………

Sources :

- Airforces Monthly, numéro 216 (mars 2006)
- Airforces Monthly, numéro 218 (mai 2006)
- http://en.wikipedia.org/wiki/Basler_BT-67
- http://www.baslerturbo.com/DEFAULT.aspx
- http://www.warbirdalley.com/c47.htm
Re: Basler BT-67 à 22/07/2010 18:50 Polo

ciders a écrit

En Afrique, deux pays ont fait appel à Basler : le Mali ( 2 appareils livrés en 1997, 1 seul encore opérationnel ) et la Mauritanie ( 1 appareil livré en 2000).

Attention Ciders, pour le Mali comme pour la Mauritanie il s'agit en fait d'appareils maliens et mauritaniens reconvertit en Basler donc c'est une mise à niveau pas un achat.
Pour être plus précis les 2 exemplaires maliens sont des ex-français livrés en 1969 et pour la Mauritanie il s'agit d'un exemplaire (aussi ex-français) livré en 1971.

Sources:
WAF.com
Re: Basler BT-67 à 22/07/2010 20:58 ciders
Je me suis montré assez vague, de manière volontaire. En effet, AFM indiquait clairement que les BT-67 salvadoriens étaient d'anciens C-47 salvadoriens, mais ne mentionnait pas l'origine des appareils maliens et mauritaniens, mais seulement leurs dates de livraison et leurs immatriculations ( que je ne peux donner selon le règlement actuel ).

Ma tournure de phrase me semblait correcte, au vu des informations dont je disposais. Je n'avais pas fait de recherches approfondies sur l'origine de ces appareils. A ma décharge, je dépouillais en même temps un site de l'ONU, fort intéressant sur les livraisons d'armes récentes.

Quand tu dis WAF, c'est World Air Forces ? J'ai encore un doute sur la fiabilité de ce site. Et j'ai un peu de mal à comprendre leurs listings. Si je prends celui du Mali, je lis :

Douglas C-47 Dakota " 69/81 2 *SP
"(Basler) BT-67R " " 97/04 4 *SP
Re: Basler BT-67 à 22/07/2010 21:19 Clansman
Sources:
WAF.com

Un lien direct vers l'info, ça serait mieux. Parce que moi, j'ai obtenu ça :bonnet:
Re: Basler BT-67 à 23/07/2010 17:03 Polo
Ciders, il est vrai que WAF qui est bien World Air Forces (Clans :mrgreen:) est difficile à lire, mais ce n'est pas le plus fiable car il englobe les livraisons en terme de chiffres et ne les détailles pas.
Donc à faire gaffe.
Re: Basler BT-67 à 23/07/2010 17:28 ciders
Ben justement, comment tu peux dire que ces appareils sont d'anciens DC-3 français ? Tu as pris l'information sur quel site ? :interr:
Re: Basler BT-67 à 16/08/2012 20:50 Clansman
Le BT-67 sur le site
Rionegro 2015 à 24/07/2015 08:09 stanak
Colombian air force
AC-47T
Image
juste au moment du débarquement à l'aéroport, cool un Dakota me dis-je
ce n'est qu'au statique le lendemain, en voyant ses équipements, que j'ai réalisé que ce n'était pas un simple Dakota :shock:
et que surtout c'était encore en service :o
Re: Basler BT-67 à 24/07/2015 09:00 Jericho
Merci Stanak! C'est bien la première fois que je vois un Dakota avec des turbopropulseurs et une boule optronique ! :shock:
Re: Basler BT-67 à 24/07/2015 12:57 Ansierra117
Oui enfin il faut relativiser ! D'après le site le Basler BT-67 a fait son premier vol en 1990, donc ça ne me choque pas spécialement qu'il soit encore en service :)
Re: Basler BT-67 à 24/07/2015 18:27 stanak
les avions utilisés ne datent pas de 90 !!!
Re: Basler BT-67 à 24/07/2015 20:42 Ansierra117
Ah oui bien vu ce sont des conversions ! (pars se cacher)
Re: Basler BT-67 à 24/07/2015 23:26 ciders
Des DC-3 ou des C-47 en service… excellente question. Il me semble que les Sud-Africains en conservaient un il y a encore quelques années. Mais ils deviennent excessivement rare, même en Afrique. Et je ne compte pas les Li-2 nord-coréens qui ne doivent plus voler depuis belle lurette.
Re: Basler BT-67 à 25/07/2015 00:08 Ansierra117
Oui les sud-af utilisaient le C-47TP pour la PATMAR il me semble
Re: Basler BT-67 à 25/07/2015 21:51 glwpatton
Joli !

On peut dire que la cellule était bien conçue !
Bogota 2015 à 07/08/2015 18:31 stanak
Colombian police
BT-67 (né en 1943)
Image
Re: Basler BT-67/Thailande à 21/02/2018 17:41 stanak
BT-67
RTAF
Image
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires