Rappels

Histoire de l'appareil

En 1934, l'entreprise américaine Douglas frappa un grand coup en dévoilant son nouvel appareil de transport, le DC-2. L'arrivée de cet appareil révolutionnaire, précurseur du DC-3, attira l'attention dans le monde entier mais aussi de l'autre côté de l'océan Pacifique.

A cette époque, le Japon était engagé dans des opérations militaires contre la Chine. Les Japonais envisageaient de les étendre à d'autres parties du territoire chinois, plus éloignées de l'archipel. La montée des tensions dans la région, les ambitions et le désir de conquête des militaires japonais nécessitaient l'acquisition d'avions de transport aptes à assurer les flux logistiques nécessaires. Ce besoin des militaires rencontrait celui des compagnies aériennes civiles, les plus importantes étant contrôlées par l’État. Il fut donc décidé d'agir en satisfaisant les deux parties.

En novembre 1934, un Douglas DC-2 obtenu par le biais d'une société-écran canadienne parvint au Japon avant d'être transféré sur l'aérodrome militaire de Tachikawa. L'appareil y fut étudié et évalué par des techniciens civils et militaires. Le constructeur japonais Nakajima négocia avec Douglas une licence de fabrication et reçut cinq autres appareils en 1935 (tous livrés à la compagnie aérienne nationale Nihon Kôkû Uusô K.K). L'expérience acquise avec les évaluations et celle obtenue par l'assemblage de ces appareils permit à Nakajima de développer une version locale du DC-2. Une première tentative dirigée par l'ingénieur Kiyochi Akegawa mena à un projet désigné AT-1 (Akegawa Transport), inspiré des Northrop Gamma 5A et General Aviation GA-43, qui devait être équipé d'un unique moteur Nakajima Kotobuki 2-1 développant 580 ch. Insatisfaisant, l'AT-1 fut rapidement remplacé par l'AT-2.

L'AT-2 était beaucoup plus proche du DC-2. Il était cependant de dimensions plus modestes et était plus léger. Le prototype effectua ses premiers vols en septembre 1936 (le premier le 12 de ce mois) avec deux moteurs Nakajima Kotobuki 2 Kaï-I de 460 ch chacun entraînant une hélice bipale à pas fixe. Ces vols se révélant satisfaisants, Nakajima décida de lancer la production en série au printemps 1937. Une troisième motorisation fut finalement choisie (Kotobuki 41, développant 650 ch, hélices à pas variable et capotage lisse). Finalement, trente-deux AT-2 furent produits entre 1937 et 1940 : quatre ou cinq appareils furent livrés à une agence gouvernementale (administration des communications), le reste étant attribués à des compagnies civiles (Nihon Kôkû Uusô K.K et Daï Nippon Kôkû K.K). Ce fut ensuite au tour de la marine impériale de passer commande de dix-neuf appareils, baptisés L1N1. Ces cinquante-et-un exemplaires furent tous assemblés par Nakajima. Il fallut attendre la fin de l'année 1937 pour que l'armée impériale se laisse convaincre après de nombreuses hésitations. Elle se décida finalement à acquérir l'AT-2, rebaptisé Rikugun Kyû-Nana Shiki Yusô-Ki (appareil de transport de l'Armée type 97) et plus sobrement Nakajima Ki-34.

Le Ki-34 était un avion de transport monoplan avec une structure entièrement métallique. Il reposait sur un train d'atterrissage non totalement escamotable (les roues des deux jambes de train avant ne rentrant pas totalement dans les nacelles moteurs), avec une roulette de queue. Désireux de se distinguer des appareils de la marine (l'armée impériale mettant un point d'honneur à ne pas commander de modèles identiques, par orgueil, et vice-versa), les militaires demandèrent le remplacement des moteurs par des Nakajima Ha-1 Otsu… une version militarisée et quasiment identique du Kotobuki 41, chacun entraînant une hélice bipale métallique à pas variable. Les trois membres d'équipage prenaient place dans un cockpit entièrement fermé disposant d'un pare-brise inversé vers l'avant.

Le fuselage du Ki-34 permettait de transporter jusqu'à huit passagers ou une cargaison de fret (1 200 kilos maximum). Il était percé de cinq hublots à droite, de quatre hublots et d'une porte d'accès à gauche. L'une des missions des Ki-34 était l'entraînement des troupes parachutistes du premier régiment de l'armée impériale (1er Teïshin Hikô-Sentaï). Les largages devaient s'effectuer à basse vitesse et avec le train sorti. Naturellement, l'avion n'était ni armé ni protégé. Il était une proie facile en cas de rencontre avec un chasseur adverse. Il ne fut donc pas engagé en première ligne durant la Seconde Guerre Mondiale, servant d'avion de liaison et de transport (notamment au sein d'escadrilles spécialisées, les Yusô Hikô-Chûtaï). Les Alliés lui attribuèrent le nom de code Thora.

Le constructeur Tachikawa construisit 295 Ki-34 entre 1938 et 1942, en plus des cinquante-et-un AT-2 et L1N1 sortis des chaînes de Nakajima. Tous ces appareils furent mis en œuvre par l'armée impériale, plus dix AT-2 réquisitionnés en octobre 1941, et servirent durant tout le conflit. Un L1N1 de la marine impériale connut un destin plus singulier, étant offert à la compagnie Air France en mai 1941 en compensation de la destruction par des chasseurs japonais d'un Dewoitine 338 au-dessus du golfe du Tonkin le 7 juillet 1940. Une douzaine d'avions aurait été pris en compte par l'aviation militaire de la Mongolie en septembre 1945, sans certitude cependant.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Nakajima AT-1 : Première version monomoteur, non construite.
  • Nakajima AT-2 : Version civile, 32 exemplaires.
  • Nakajima L1N1 : Version destinée à la marine impériale japonaise, 19 exemplaires.
  • Tachikawa Ki-34 : Version destinée à l'armée impériale, 295 exemplaires construits par Tachikawa.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Tachikawa Ki-34 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 5 250 kg (11 574 lbs)
  • Masse à vide : 3 500 kg (7 716 lbs)
  • Surface alaire : 49,2 m² (529,584 sq. ft)
  • Hauteur : 4,15 m (13,615 ft)
  • Envergure : 19,91 m (65,322 ft)
  • Longueur : 15,3 m (50,197 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 360 km/h (224 mph, 194 kts)
  • Vitesse de croisière : 310 km/h (193 mph, 167 kts)
  • Distance franchissable : 1 200 km (746 mi, 648 nm)
  • Plafond opérationnel : 7 000 m (22 966 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 7,59 m/s (24,902 ft/s)
  • Charge alaire, à vide : 71,138 kg/m² (14,57 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 106,707 kg/m² (21,855 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en étoile Nakajima Ha-1
  • Puissance unitaire : 522 kW (710 ch, 700 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Nakajima Ki-34 à 26/02/2016 23:11 ciders
Histoire :

En 1934, l'entreprise américaine Douglas frappa un grand coup en dévoilant son nouvel appareil de transport, le DC-2. L'arrivée de cet appareil révolutionnaire, précurseur du DC-3, attira l'attention dans le monde entier mais aussi de l'autre côté de l'océan Pacifique.

A cette époque, le Japon était engagé dans des opérations militaires contre la Chine. Les Japonais envisageaient de les étendre à d'autres parties du territoire chinois, plus éloignées de l'archipel. La montée des tensions dans la région, les ambitions et le désir de conquête des militaires japonais nécessitaient l'acquisition d'avions de transport aptes à assurer les flux logistiques nécessaires. Ce besoin des militaires rencontrait celui des compagnies aériennes civiles, les plus importantes étant contrôlées par l’État. Il fut donc décidé d'agir en satisfaisant les deux parties.

En novembre 1934, un Douglas DC-2 obtenu par le biais d'une société-écran canadienne parvint au Japon avant d'être transféré sur l'aérodrome militaire de Tachikawa. L'appareil y fut étudié et évalué par des techniciens civils et militaires. Le constructeur japonais Nakajima négocia avec Douglas une licence de fabrication et reçut cinq autres appareils en 1935 (tous livrés à la compagnie aérienne nationale Nihon Kôkû Uusô K.K). L'expérience acquise avec les évaluations et celle obtenue par l'assemblage de ces appareils permit à Nakajima de développer une version locale du DC-2. Une première tentative dirigée par l'ingénieur Kiyochi Akegawa mena à un projet désigné AT-1 (Akegawa Transport), inspiré des Northrop Gamma 5A et General Aviation GA-43, qui devait être équipé d'un unique moteur Nakajima Kotobuki 2-1 développant 580 ch. Insatisfaisant, l'AT-1 fut rapidement remplacé par l'AT-2.

L'AT-2 était beaucoup plus proche du DC-2. Il était cependant de dimensions plus modestes et était plus léger. Le prototype effectua ses premiers vols en septembre 1936 (le premier le 12 de ce mois) avec deux moteurs Nakajima Kotobuki 2 Kaï-I de 460 ch chacun entraînant une hélice bipale à pas fixe. Ces vols se révélant satisfaisants, Nakajima décida de lancer la production en série au printemps 1937. Une troisième motorisation fut finalement choisie (Kotobuki 41, développant 650 ch, hélices à pas variable et capotage lisse). Finalement, trente-deux AT-2 furent produits entre 1937 et 1940 : quatre ou cinq appareils furent livrés à une agence gouvernementale (administration des communications), le reste étant attribués à des compagnies civiles (Nihon Kôkû Uusô K.K et Daï Nippon Kôkû K.K). Ce fut ensuite au tour de la marine impériale de passer commande de dix-neuf appareils, baptisés L1N1. Ces cinquante-et-un exemplaires furent tous assemblés par Nakajima. Il fallut attendre la fin de l'année 1937 pour que l'armée impériale se laisse convaincre après de nombreuses hésitations. Elle se décida finalement à acquérir l'AT-2, rebaptisé Rikugun Kyû-Nana Shiki Yusô-Ki (appareil de transport de l'Armée type 97) et plus sobrement Nakajima Ki-34.

Le Ki-34 était un avion de transport monoplan avec une structure entièrement métallique. Il reposait sur un train d'atterrissage non totalement escamotable (les roues des deux jambes de train avant ne rentrant pas totalement dans les nacelles moteurs), avec une roulette de queue. Désireux de se distinguer des appareils de la marine (l'armée impériale mettant un point d'honneur à ne pas commander de modèles identiques, par orgueil, et vice-versa), les militaires demandèrent le remplacement des moteurs par des Nakajima Ha-1 Otsu… une version militarisée et quasiment identique du Kotobuki 41, chacun entraînant une hélice bipale métallique à pas variable. Les trois membres d'équipage prenaient place dans un cockpit entièrement fermé disposant d'un pare-brise inversé vers l'avant.

Le fuselage du Ki-34 permettait de transporter jusqu'à huit passagers ou une cargaison de fret (1 200 kilos maximum). Il était percé de cinq hublots à droite, de quatre hublots et d'une porte d'accès à gauche. L'une des missions des Ki-34 était l'entraînement des troupes parachutistes du premier régiment de l'armée impériale (1er Teïshin Hikô-Sentaï). Les largages devaient s'effectuer à basse vitesse et avec le train sorti. Naturellement, l'avion n'était ni armé ni protégé. Il était une proie facile en cas de rencontre avec un chasseur adverse. Il ne fut donc pas engagé en première ligne durant la Seconde Guerre Mondiale, servant d'avion de liaison et de transport (notamment au sein d'escadrilles spécialisées, les Yusô Hikô-Chûtaï). Les Alliés lui attribuèrent le nom de code Thora.

Le constructeur Tachikawa construisit 295 Ki-34 entre 1938 et 1942, en plus des cinquante-et-un AT-2 et L1N1 sortis des chaînes de Nakajima. Tous ces appareils furent mis en œuvre par l'armée impériale, plus dix AT-2 réquisitionnés en octobre 1941, et servirent durant tout le conflit. Un L1N1 de la marine impériale connut un destin plus singulier, étant offert à la compagnie Air France en mai 1941 en compensation de la destruction par des chasseurs japonais d'un Dewoitine 338 au-dessus du golfe du Tonkin le 7 juillet 1940. Une douzaine d'avions aurait été pris en compte par l'aviation militaire de la Mongolie en septembre 1945, sans certitude cependant.

————————————————————————————————-

Caractéristiques :

Version :

Nakajima Ki-34

Type :

Avion de transport

Équipage :

3 hommes

Motorisation :

2 Nakajima Ha-1 Otsu à 9 cylindres en étoile, à refroidissement par air, d'une puissance de 710 ch

Poids :

Masse à vide : 3 500 kg
Masse maximale au décollage : 5 250 kg

Performances :

Vitesse maximale : 360 km/h
Vitesse de croisière : 310 km/h
Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 6 mn 35 s, 5 000 m en 12 mn 38 s
Plafond pratique : 7 000 m
Autonomie : 1 200 km

Dimensions :

Envergure : 19,91 m
Hauteur : 4,15 m
Longueur : 15,30 m
Envergure : 49,2 mètres carrés

Armement :

Aucun

Capacités :

8 passagers ou 1 200 kg de fret

Pays utilisateurs :

Japon (armée impériale), Mongolie

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Sources :

- Bernard Baeza, Les avions de l'armée impériale japonaise, 1910-1945, Éditions Lela Presse, 2011
- https://en.wikipedia.org/wiki/Nakajima_Ki-34
- http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/nakajima-ki-34-thora/
- http://www.aviastar.org/air/japan/nakajima_ki-34.php
- http://fandavion.free.fr/nakajimaki34.htm
- http://www.daveswarbirds.com/Nippon/aircraft/Thora.htm
- http://ww2db.com/aircraft_spec.php?aircraft_model_id=435
- http://pwencycl.kgbudge.com/K/i/Ki-34_Thora.htm

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Images :

:arrow: Profil trois vues du Nakajima Ki-34
:arrow: Nakajima AT-2 J-BAOY, utilisé par la compagnie aérienne nationale Nihon Kôkû Uusô K.K
:arrow: Belle illustration représentant des Ki-34 du 1er Teïshin Hikô-Sentaï (régiment parachutiste de l'armée impériale)
:arrow: Ki-34 en train de larguer des parachutistes
Re: Nakajima Ki-34 à 27/02/2016 11:10 Clansman
La fiche sur le site

Merci encore pour ce texte, d'autant plus que l'aviation de transport japonaise pendant la seconde guerre mondiale est méconnue.

Quelques remarques en passant : j'ai hésité à lier la fiche du Ki-34 à celle du DC-2, mais les avions semblent quand même bien différent, j'ai donc laissé tomber. Du moins pour l'instant. :D

Je n'ai pas mis la Mongolie comme utilisateur puisque ce n'est pas confirmé. Le wiki anglais est cohérent la-dessus, mais je n'ai rien trouvé ailleurs. :S

Absolument impossible de trouver une photo de L1N1, même sous copyright. :shock:
Re: Nakajima Ki-34 à 27/02/2016 11:36 ciders
Je suis d'accord pour séparer le Ki-34 du DC-2. Ce sont des cousins, mais des cousins éloignés, un peu comme le Lisunov Li-2 et le C-47.

Pour le L1N1, j'avoue ne pas avoir beaucoup cherché. Mais j'ai déjà eu du mal à dénicher des Ki-34 militaires. Par contre, on trouve assez facilement des AT-2 civils : sur ce point, Bernard Baeza m'a beaucoup aidé, son livre donnant la liste des immatriculations connues des AT-2.

Pour la Mongolie, je l'ai cité mais je n'ai rien trouvé de probant ailleurs que sur Wiki. Si cette information est confirmée, il s'agit sans doute d'appareils mis en ligne par la compagnie aérienne mandchoue ou par des escadrilles de liaison déployées en Mandchourie.
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Texte de , créé le 27 février 2016 10:16, modifié le . ©AviationsMilitaires