Rappels

Histoire de l'appareil

Origines :

En 1916, la France se rendit compte de l’importance de l’arme aérienne. La bataille de Verdun lancée par les Allemands montra aux militaires français l’importance d’une aviation organisée et performante. En effet dès les premiers jours de l’offensive, les Allemands avaient, pour la première fois dans l’histoire militaire, conquis la maîtrise de l’air.

Les conséquences en furent dramatiques pour la 2e armée française, qui subit les assauts sans pouvoir observer l’ennemi et régler ses tirs d’artillerie.

De ce chaos nait entre autre, la Section technique de l’aéronautique (STAé) sous la responsabilité du commandant Émile Dorand. Ses objectifs sont de diriger, coordonner et centraliser les études nouvelles et les expérimentations concernant l’aéronautique militaire.

Une des premières missions du STAé fut de mettre au point un avion d'observation à hélice tractive pour permettre aux appareils de se défendre contre les nouveaux chasseurs Fokker attaquant par l'arrière et donc de remplacer les obsolètes Farman F.40 à hélice propulsive.

Dorand choisit ainsi de redessiner son biplan de 1914, le DO.1 pour créer un nouvel appareil, le Dorand AR.1. Ce dernier à pour caractéristiques des ailes décalées vers l’arrière pour faciliter la reconnaissance et le bombardement. L'avion est également équipé d'un poste TSF, d’un appareil photo et d’une soute à bombes pouvant emporter 4 obus de 120 mm

Les essais du Dorand AR.1 furent achevés en septembre 1916 et la mise en service dans les détachements d'observation eut lieu en avril 1917. Il équipa de nombreuses escadrilles françaises, 4 « squadron » américains, 2 escadrilles serbes et une escadrille grecque.
Il servit sur divers fronts comme en France bien sûr, mais aussi en Italie et en Macédoine.

Vers la fin du conflit, il fut peu à peu retiré des opérations au profit du Salmson 2A2 et se retrouva reléguer aux unités d'entrainements. Cet appareil, sous motorisé, ne laissa pas forcément une bonne impression auprès des pilotes: les américains par exemple l’affublèrent du doux surnom d’ «Antique Rattletraps » qu’on pourrait traduire approximativement par « vieille guimbarde branlante »…


Utilisateurs militaires:

France:

Escadrilles AR1+ AR272 (dédoublement) : d’avril 1917 jusqu’en février 1918. Une victoire homologuée contre un Albatros D.III, 2 pertes au combat.

Escadrille AR2 : d’avril 1917 jusqu’en novembre 1917. Pas de victoire, 1 perte par accident.

Escadrille AR8 : d’Octobre 1917 jusqu’en février 1918. 2 victoires homologuées et 1 perte par des tirs venus du sol

Escadrille AR14: de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Une victoire homologuée et une perte en combat aérien.

Escadrille AR19+ AR264 (dédoublement): d’avril 1917 jusqu’en avril 1918. Trois victoires homologuées et trois pertes (une en combat aérien et 2 par accidents)

Escadrille AR20: Aout 1917 jusqu’en janvier 1918. Une victoire homologuée et 1 non homologuée. Pas de pertes au combat.

Escadrilles AR22 + AR 254 (dédoublement): de juillet 1917 jusqu’en mai 1918. Pas de victoire, aucune perte.

Escadrille AR32: de juillet 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par DCA.

Escadrilles AR33+ AR256 (dédoublement): de juin 1917 jusqu’en décembre 1917. 2 victoires non homologuées, 2 pertes (1 en combat aérien, un par des tirs venus du sol)

Escadrille AR35: de juin 1917 jusqu’en décembre 1917. Pas de victoire, 2 pertes par accident.

Escadrilles AR40 + AR267 (dédoublement): de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.

Escadrilles AR44+ AR275 (dédoublement): de juin 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.

Escadrilles AR45+ AR257 (dédoublement): de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.

Escadrilles AR50+ AR274 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en février 1918. Pas de victoire, 2 pertes en combat (DCA).

Escadrille AR55: d'août 1917 à juin 1918. Pas de victoire, pas de pertes.

Escadrilles AR58 + AR289 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en mars 1918. Une victoire non homologuée, 3 pertes en combat aérien.

Escadrille AR59+ AR261 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en mai 1918.

Escadrille AR71: de juillet 1917 jusqu’en avril 1918.

Escadrille AR72+ AR259 (dédoublement) : de septembre 1917 jusqu’en avril 1918.

A noter que le docteur et député Eugène Chassaing proposa de transformer un avion déjà éprouvé en transport sanitaire en février 1917. On lui attribua un Dorand AR.1 qu’il aménagea avec le capitaine Dalsace en supprimant le poste de mitrailleur pour y installer 2 brancards superposés. 6 appareils furent finalement transformés, 2 pour le front en France en avril 1918 et 4 pour le protectorat Marocain. Mais les faibles performances et le peu de disponibilité des appareils firent qu’on s’orienta finalement vers un remplaçant en l’occurrence le Breguet XIV.
Cependant, le Dorand AR peut s’enorgueillir du titre de premier avion ambulance opérationnel.

Grèce: 12 AR.1 de décembre 1917 jusqu’en 1923 équipant la 532eme escadrille de reconnaissance. 

USA : 22 AR.1 et 120 AR.2 utilisés principalement pour la formation des nouveaux pilotes et observateurs.

Serbie : 18 ARL 1A2 dont 12 dans l’escadrille 521 et 6 dans l’escadrille 525.


Texte de Foxkilo02, avec son aimable autorisation

Versions référencées

  • Dorand AR.1 A2 : Appareil motorisé par un Renault 8Gd de 160 ch puis190 ch puis 200 ch.
  • Dorand ARL.1 A2 : AR.1 motorisé par un moteur Lorraine-Dietrich de 240 ch.
  • Dorand AR.2 A2 : AR.1 avec surface alaire réduite et des radiateurs d’ailes profilés. Il était motorisé par un Renault 8Ge de 190 ch.
  • Dorand ARL.2 A2 : AR.2 motorisé par un moteur Lorraine-Dietrich de 240 ch.

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Anciens pays utilisateurs

Dorand AR.1 A2 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 250 kg (2 756 lbs)
  • Masse à vide : 810 kg (1 786 lbs)
  • Surface alaire : 50,17 m² (540,025 sq. ft)
  • Hauteur : 3,3 m (10,827 ft)
  • Envergure : 13,27 m (43,537 ft)
  • Longueur : 9,14 m (29,987 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 148 km/h (92 mph, 80 kts)
  • Endurance maximale : 3 h
  • Plafond opérationnel : 5 500 m (18 045 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 2,8 m/s (9,186 ft/s)
  • Charge alaire, à vide : 16,145 kg/m² (3,31 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 24,915 kg/m² (5,103 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en V Renault 8Gdy
  • Puissance unitaire : 147 kW (200 ch, 197 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Dorand AR1 et AR2 à 04/09/2015 16:11 foxkilo02
Un peu de lecture pour ce week end … :mrgreen:

Origines:

En 1916, la France se rendit compte de l’importance de l’arme aérienne. La bataille de Verdun lancée par les Allemands montra aux militaires français l’importance d’une aviation organisée et performante. En effet dès les premiers jours de l’offensive, les Allemands avaient, pour la première fois dans l’histoire militaire, conquis la maîtrise de l’air.
Les conséquences en furent dramatiques pour la 2e armée française, qui subit les assauts sans pouvoir observer l’ennemi et régler ses tirs d’artillerie.
De ce chaos nait entre autre, la Section technique de l’aéronautique (STAé) sous la responsabilité du commandant Émile Dorand. Ses objectifs sont de diriger, coordonner et centraliser les études nouvelles et les expérimentations concernant l’aéronautique militaire.
Une des premières missions du STAé fut de mettre au point un avion d'observation à hélice tractive pour permettre aux appareils de se défendre contre les nouveaux chasseurs Fokker attaquant par l'arrière et donc de remplacer les obsolètes Farman F.40 à hélice propulsive.
Dorand choisit ainsi de redessiner son biplan de 1914, le DO.1 pour créer un nouvel appareil, le Dorand AR.1. Ce dernier à pour caractéristiques des ailes décalées vers l’arrière pour faciliter la reconnaissance et le bombardement. L'avion est également équipé d'un poste TSF, d’un appareil photo et d’une soute à bombes pouvant emporter 4 obus de 120mm
Les essais du Dorand AR.1 furent achevés en septembre 1916 et la mise en service dans les détachements d'observation eut lieu en avril 1917. Il équipa de nombreuses escadrilles françaises, 4 « squadron » américains, 2 escadrilles serbes et une escadrille grecque.
Il servit sur divers fronts comme en France bien sûr, mais aussi en Italie et en Macédoine.
Vers la fin du conflit, il fut peu à peu retiré des opérations au profit du Salmson 2A2 et se retrouva reléguer aux unités d'entrainements. Cet appareil, sous motorisé, ne laissa pas forcément une bonne impression auprès des pilotes: les américains par exemple l’affublèrent du doux surnom d’ «Antique Rattletraps » qu’on pourrait traduire approximativement par « vieille guimbarde branlante »…

Versions :

AR.1 A.2 : Appareil motorisé par un Renault 8Gd de 160ch puis190ch puis 200ch.
ARL.1 A.2 : AR.1 motorisé par un moteur Lorraine-Dietrich de 240ch.
AR.2 A.2 : AR.1 avec surface alaire réduite et des radiateurs d’ailes profilés. Il était motorisé par un Renault 8Ge de 190ch
ARL.2 A.2: AR.2 motorisé par un moteur Lorraine-Dietrich de 240ch.

Utilisateurs militaires:

:arrow: France:
Escadrilles AR1+ AR272 (dédoublement) : d’avril 1917 jusqu’en février 1918. Une victoire homologuée contre un Albatros DIII, 2 pertes au combat.
Escadrille AR2 : d’avril 1917 jusqu’en novembre 1917. Pas de victoire, 1 perte par accident.
Escadrille AR8 : d’Octobre 1917 jusqu’en février 1918. 2 victoires homologuées et 1 perte par des tirs venus du sol
Escadrille AR14: de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Une victoire homologuée et une perte en combat aérien.
Escadrille AR19+ AR264 (dédoublement): d’avril 1917 jusqu’en avril 1918. Trois victoires homologuées et trois pertes (une en combat aérien et 2 par accidents)
Escadrille AR20: Aout 1917 jusqu’en janvier 1918. Une victoire homologuée et 1 non homologuée. Pas de pertes au combat.
Escadrilles AR22 + AR 254 (dédoublement): de juillet 1917 jusqu’en mai 1918. Pas de victoire, aucune perte.
Escadrille AR32: de juillet 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par DCA.
Escadrilles AR33+ AR256 (dédoublement): de juin 1917 jusqu’en décembre 1917. 2 victoires non homologuées, 2 pertes (1 en combat aérien, un par des tirs venus du sol)
Escadrille AR35: de juin 1917 jusqu’en décembre 1917. Pas de victoire, 2 pertes par accident.
Escadrilles AR40 + AR267 (dédoublement): de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.
Escadrilles AR44+ AR275 (dédoublement): de juin 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.
Escadrilles AR45+ AR257 (dédoublement): de septembre 1917 jusqu’en mars 1918. Pas de victoire, 1 perte par accident.
Escadrilles AR50+ AR274 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en février 1918. Pas de victoire, 2 pertes en combat (DCA).
Escadrille AR55: d'août 1917 à juin 1918. Pas de victoire, pas de pertes.
Escadrilles AR58 + AR289 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en mars 1918. Une victoire non homologuée, 3 pertes en combat aérien.
Escadrille AR59+ AR261 (dédoublement): d’octobre 1917 jusqu’en mai 1918.
Escadrille AR71: de juillet 1917 jusqu’en avril 1918.
Escadrille AR72+ AR259 (dédoublement) : de septembre 1917 jusqu’en avril 1918.
A noter que le docteur et député Eugène Chassaing proposa de transformer un avion déjà éprouvé en transport sanitaire en février 1917. On lui attribua un Dorand AR.1 qu’il aménagea avec le capitaine Dalsace en supprimant le poste de mitrailleur pour y installer 2 brancards superposés. 6 appareils furent finalement transformés, 2 pour le front en France en avril 1918 et 4 pour le protectorat Marocain. Mais les faibles performances et le peu de disponibilité des appareils firent qu’on s’orienta finalement vers un remplaçant en l’occurrence le Breguet XIV.
Cependant, le Dorand AR peut s’enorgueillir du titre de premier avion ambulance opérationnel.

:arrow: Grèce: 12 AR.1 de décembre 1917 jusqu’en 1923 équipant la 532eme escadrille de reconnaissance.
:arrow: USA : 22 AR.1 et 120 AR.2 utilisés principalement pour la formation des nouveaux pilotes et observateurs.
:arrow: Serbie : 18 ARL 1A2 dont 12 dans l’escadrille 521 et 6 dans l’escadrille 525.

Caractéristiques du Dorand AR1:

Premier vol: 3eme trimestre 1916
Rôle : reconnaissance
Equipage : 2 (un pilote et un observateur)
Longueur : 9,14 m
Envergure : 13,27 m
Hauteur : 3, 30 m
Poids à vide : 810 kg
Masse maximale au décollage : 1250 kg

Motorisation:
1 moteur Renault 8Gd de 190Ch

Performances :
Vitesse Maximale : 148 km/h
Vitesse ascensionnelle : 2,8 m/s
Autonomie : 3h00
Plafond : 5500 m

Armement :
1 mitrailleuse Vickers de 7.7 mm fixe à l’avant, plus une tourelle mobile d’une ou 2 Lewis de 7.7 mm mobiles à l’arrière.
82 kg de bombes (4 obus de 120mm)

Liens Internet :

Wikipedia
theaerodrome
worldwar1
jn.passieux
Re: Dorand AR1 et AR2 à 05/09/2015 02:37 Ansierra117
Encore une belle fiche complète et accompagnée des victoires des appareils merci beaucoup Fox !
Re: Dorand AR1 et AR2 à 05/09/2015 07:44 Clansman
La fiche sur le site

Tout pareil, merci bcp !
Re: Dorand AR1 et AR2 à 05/09/2015 09:27 foxkilo02
Merci à tous les deux !
Re: Dorand AR1 et AR2 à 06/09/2015 15:49 Nico2
Excellent job FK02 :salut:
Répondre aux messages »
Texte de , créé le Sept. 5, 2015, 7:12 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires