Rappels

Histoire de l'appareil

Des ailes elliptiques… une verrière bombée… Un moteur au son chantant… Un ingénieur mort à la tâche… Une légende associée à la bataille d'Angleterre… Vous avez tous reconnu le plus fameux des chasseurs de la Seconde Guerre mondiale, un des plus célèbres avions de combat au monde : le Spitfire.

Le Spitfire (soupe-au-lait, colérique) fut développé en grande partie à partir du Supermarine 300. Celui-ci était un dérivé du Supermarine 224, concurrent malheureux du Gladiator lors de l'appel d'offres F7/30. Malgré l'expérience acquise avec les succès du S.6B de la coupe Schneider, conduisant à un train d'atterrissage rétractable et une envergure réduite, le Supermarine 300 fut de nouveau refusé par l'Air Ministry en juillet 1934.

L'ingénieur Mitchell ne se découragea pas et proposa une version à habitacle fermé et doté du moteur Rolls-Royce PV-XII, le futur Merlin. Vickers-Armstrong, le propriétaire de la firme Supermarine, appuya le nouveau concept. Le 1er décembre 1934, l'Air Ministry approuva le concept et émit une spécification le 3 janvier 1935, la F10/35, taillée sur mesure. Cependant, les deux mitrailleuses Vickers de 7,7 mm furent remplacées par 4 mitrailleuses Browning du même calibre en avril 1935.

A l'époque, et malgré l'apparition de chasseurs de même catégorie (construction métallique, monoplan à ailes basses, train rétractable, habitacle fermé, dotés de moteurs en ligne à refroidissement liquide comme le Bf-109 ou le Dewoitine D-520), la menace semblait surtout venir des bombardiers. C'est pourquoi l'appareil fut d'abord conçu comme intercepteur à court rayon d'action. Le Spitfire, lui, avait un fuselage de type semi-monocoque en duralumin.

L'unique prototype, codé K5054, effectua son vol inaugural le 5 mars 1936, à Eastleigh, c'est-à-dire à Southampton. Son pilote, le Captain Joseph "Mutt" Summers, conclut son vol en disant "ne touchez à rien", et ce après un vol de seulement 8 minutes.

On n'écouta pas le pilote d'essais, et on changea l'hélice, puis le moteur, puis de nouveau l'hélice. Et là, le Spitfire se montra supérieur au Hurricane contemporain. Le pilote de la RAF Flight Lieutenant Humphrey Edwardes-Jones réclama seulement un indicateur pour la position du train. Une semaine plus tard, le 3 juin 1936, 310 Spitfire furent commandés par l'Air Ministry.

Le Spitfire fut dévoilé pour la première fois au public le 27 juin 1936, à Hendon. Mais sa production se révéla complexe, et donc lente. Son aile de forme elliptique y est sans doute pour quelque chose. Il faut dire aussi que Supermarine construisait des avions pour d'autres firmes telles que Walrus, ou le Beaufighter. Malgré tout, 200 exemplaires furent commandés le 24 mars 1938. Le premier Spitfire de série ne vola que le 15 mai 1938. Entretemps, son concepteur mourut prématurément en 1937.

Dès 1935, l'Air Ministry approcha plusieurs fabricants, dont Morris Motors Limited, pour leur demander de construire le Spitfire. La Castle Bromwich Aircraft Factory, filiale de Morris, construisit des Spitfire en série à partir de 1940. Elle construira un peu plus de la moitié du total de Spitfire construits.

Le Spitfire entra en service au sein de la RAF le 4 août 1938, au sein du 19e squadron à Duxford. Le premier combat du Spitfire date du 6 septembre 1939, où il descendit… 2 Hurricanes. La RAF installa d'urgence des IFF après l'accident. Il abattit 2 Ju-88 sur 9 le 16 octobre. Le Spitfire fut ensuit engagé dans le ciel de Hollande et lors de l'évacuation de Dunkerque.

Le Spitfire acquit ses lettres de noblesse lors de la bataille d'Angleterre (10 juillet-31 octobre 1940). Lors de la bataille d'Angleterre, le Spitfire eut d'abord à souffrir de l'attaque contre ses usines de production. Heureusement, celles-ci furent dispersées à travers tout le Royaume-Uni. Même si l'on a quelque peu réduit son rôle depuis (moins nombreux que le Hurricane, moins de victoires), il n'empêche que le Spitfire eut un rôle de premier plan lors de cette phase de la Seconde guerre mondiale. Il eut un taux d'attrition plus faible et remporta tout de même 42 % des victoires sur 2739 pertes ennemies. Il y fut également engagé comme chasseur de nuit (Spitfire I, II et V).

On le verra ensuite sur tous les fronts de la Seconde guerre mondiale : lors des raids sur la France en 1941-1942, sur la Méditerranée (y compris à Malte, où il remplaça les Hurricane, puis lors de l'invasion de la Sicile), lors du Débarquement, lors de l'invasion de l'Allemagne, dans le Pacifique (où il défendit notamment l'Australie contre les incursions japonaises), au sein de l'Union soviétique (150 Spitifire Vb livrés en 1943, dépassés par le Fw-190 et déjà largement utilisés : ils déçurent les pilotes soviétiques, qui, s'ils le trouvaient supérieur au Yak-1, le lui auraient préféré le Spitfire IX) et même de l'USAAF jusqu'en 1943.

La Luftwaffe en captura un bon nombre qui furent évalués au sein du "cirque Rosarius". Adolph Galland lui rendit hommage à sa manière : à un Hermann Goering qui lui demandait son souhait le plus cher, il lui répondit "une escadrille de Spitfire". Au-delà du rôle de chasse et d'attaque au sol, il se rendit également utile, par ses capacités de vol à haute vitesse à haute altitude, dans des missions de reconnaissance.

Le Spitfire fut utilisé pendant la guerre par l'Afrique du Sud, l'Australie, le Canada, l'Egypte, la France, l'Inde, l'Italie (à partir de 1943), le Portugal, la Turquie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Union soviétique et la Yougoslavie.

Les pilotes belges (2 squadrons), français (7 squadrons), grecs (2 squadrons), hollandais (1 squadron), norvégiens (3 squadrons, dont un de reconnaissance), polonais (10 squadrons), tchécoslovaques (3 squadrons) et Yougoslaves (1 squadron) l'utilisèrent au sein de la RAF.

Après guerre, on retrouvera des Spitfire dans chaque camp lors de la guerre israélo-arabe de 1948 : en Israël (qui provenaient de Tchécoslovaquie), en Egypte et même britanniques. Il fut également engagé lors de la guerre indo-pakistanaise de 1947. Les Birmans l'utilisèrent contre la rébellion. Les Spitfire reprirent du service contre la guérilla malaise.

Il fut utilisé après-guerre par la marine australienne, par la Birmanie, le Danemark, Hong-Kong, l'Indonésie, l'Irlande, Israël, les Pays-Bas, la Rhodésie, la Suède, la Syrie, la Thaïlande et la Tchécoslovaquie.

"Mitchell naquit pour concevoir le Spitfire, et Joe Smith pour le développer", dit une phrase célèbre. En 24 versions et 52 sous-variantes, le Spitfire évolua considérablement. Il faut distinguer les Spitfire propulsés par un moteur Merlin de ceux par un moteur Griffon. De plus, le Spitfire fut menacé par l'apparition du Fw.190 en 1942, ce qui donna naissance à des versions incroyablement plus puissantes.

Les numéros de versions furent donnés en chiffres romains jusqu'à la fin 1942, et les chiffres arabes ne s'imposèrent définitivement qu'en 1948. Ces numéros de versions ne suivaient pas nécessairement un ordre chronologique. Par ailleurs, les subdivisions a, b, c et d correspondait aux ailes installées, en particulier selon le type d'armement.

La subdivision A correspondait à un armement de 8 mitrailleuses M1919 alimentées par 300 cartouches chacune, la subdivision B à un armement de 2 canons HS.404 alimentés par 60 obus et 4 mitrailleuses alimentées par 350 cartouches.

Le type C recevait une aile plus simple à construire, un train d'atterrissage renforcé et un armement plus conséquent, pouvant aller jusqu'à 4 canons alimentés par 120 obus.

La subdivision D concernait les avions de reconnaissances, les réservoirs contenant 300 litres d'essence.

Après 1942, l'aile type E, comportant un armement de 2 canons et deux mitrailleuses M2 alimentée par 250 cartouches, fit son apparition. Elle pouvait éventuellement emporter 4 canons.

Du Mk I d'avant-guerre au F.24 d'après-guerre, le Spifire vit son poids, sa puissance et sa vitesse ascensionnelle multipliés par deux, sa vitesse passer de 582 à 731 km/h, les canons remplacer définitivement les mitrailleuses. Les versions qui marquèrent l'évolution furent principalement le Mk I, le Mk Vb, le Mk IX, le Mk XIV à moteur Griffon, et le PR XIX à moteur Griffon.

5 appareils furent également transformés en hydravions, mais ils déçurent à cause de la dégradation de leurs performances. Le Spitfire sera décliné en version embarquée (Seafire) ou en version plus puissante Spiteful, qui seront abordées ailleurs.

20351 exemplaires furent construits jusqu'en février 1948, ce qui en fit l'unique chasseur britannique à être construit tout au long de la Seconde Guerre Mondiale. Il fut également l'unique chasseur de la Seconde guerre mondiale à être resté le plus longtemps en première ligne, avec sans doute le Bf-109. Sa carrière continua en tout cas jusque dans les années 1950, et seul l'avion à réaction supplanta définitivement ce chasseur conçu et construit avant la guerre. 50 exemplaires sont toujours en état de vol aujourd'hui. En avril 2012, un chercheur espérait retrouver une vingtaine de Spitfire encore démontés dans leur caisses d'origine, enterrées quelque part en Birmanie. Cet espoir fut finalement déçu.

Versions référencées

  • Supermarine Spitfire Mk I : Version initiale de série.
  • Supermarine Spitfire Mk II : Version équipée du Merlin XII de 1175 hp.
  • Supermarine Spitfire Mk III : Version équipée du Merlin XX, non construite en série.
  • Supermarine Spitfire Mk IV : 1ere version équipée d'un moteur Griffon. Prototype.
  • Supermarine Spitfire Mk V : Intercepteur, doté d'un moteur Merlin 45.
  • Supermarine Spitfire Mk VI : Version intercepteur, dotée d'un Merlin 47.
  • Supermarine Spitfire Mk VII : Version dotée d'un moteur à compresseur.
  • Supermarine Spitfire Mk VIII : Version pourvue d'un moteur Merlin 60 et dérivés.
  • Supermarine Spitfire Mk IX : Version destinée à affronter le Fw-190.
  • Supermarine Spitfire PR.X : Version dédiée à la reconnaissance.
  • Supermarine Spitfire PR.XI : Version dédiée à la reconnaissance.
  • Supermarine Spitfire Mk XII : 1ere version dotée d'un moteur Griffon à entrer en service.
  • Supermarine Spitfire PR.XIII : Version dédiée à la reconnaissance.
  • Supermarine Spitfire Mk XIV : Version dotée d'un Griffon, pour la haute altitude.
  • Supermarine Spitfire Mk XVI : Dernière version à être dotée d'un moteur Merlin (construit aux Etats-Unis)
  • Supermarine Spitfire Mk XVIII : Spitfire Mk XIV amélioré.
  • Supermarine Spitfire PR.XIX : Ultime variante de reconnaissance.
  • Supermarine Spitfire Mk XX : Désignation du Spitfire Mk IV à moteur Griffon.
  • Supermarine Spitfire Mk 21 : Version équipée du Griffon 61.
  • Supermarine Spitfire Mk 22 : Mk 21 avec une verrière en bulle.
  • Supermarine Spitfire Mk 23 : Version dotée d'une aile redessinée, non produite en série.
  • Supermarine Spitfire Mk 24 : Ultime version construite.
  • Supermarine S 31 : Désignation du PR.IX en Suède.
  • Supermarine Spitfire T.9 : Version d'entraînement biplace, dérivée du Spitfire Mk IX.

Pays exploitant actuellement cet appareil

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Anciens pays utilisateurs

Supermarine Spitfire Mk V voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 3 071 kg (6 770 lbs)
  • Masse à vide : 2 309 kg (5 090 lbs)
  • Surface alaire : 242,1 m² (2 605,943 sq. ft)
  • Hauteur : 3,51 m (11,5 ft)
  • Envergure : 11,003 m (36,1 ft)
  • Longueur : 8,873 m (29,11 ft)

Performances

  • Rayon d'action : 759 km (472 mi, 410 nm)
  • Distance de convoyage : 1 835 km (1 140 mi, 991 nm)
  • Plafond opérationnel : 10 668 m (35 000 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 13,5 m/s (44,291 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 608 km/h (378 mph, 328 kts)
  • Charge alaire, à vide : 9,536 kg/m² (1,95 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 12,684 kg/m² (2,6 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en V Rolls-Royce Merlin 45
  • Puissance unitaire : 1 096 kW (1 490 ch, 1 470 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Forum

Sujet complet »
Re: Spitfire à 09/01/2013 22:45 jeliot
mouais, je crois pas que le sable est eu un bon effet sur les mig irakiens ^^
Re: Spitfire à 09/01/2013 23:14 Jericho
Mais le climat y est plus sec.
Re: Spitfire à 09/01/2013 23:56 PCmax
De toutes façons, vaut quand même mieux découvrir des rares spits que des Migs. Y'en a de partout !
Re: Spitfire à 10/01/2013 10:14 jeliot

Jericho a écrit

Mais le climat y est plus sec.
à la surface ça aurait changé quelque chose mais là dans le sable, ils sont foutu ya tout à changer. à contrario les spit eux à priori ont été enterré dans des caisses, j'espère que ces caisses étaient bien isolé :)
Re: Spitfire à 10/01/2013 15:35 Clansman
Ca permettra à l'Angleterre de reconstituer sa force aérienne. :bonnet:
Re: Spitfire à 10/01/2013 15:51 Jericho

Clansman a écrit

Ca permettra à l'Angleterre de reconstituer sa force aérienne. :bonnet:
Dans ce cas, ce serait chouette qu'ils retrouvent aussi des Sea Fury… :mrgreen:
Re: Spitfire à 04/01/2014 18:32 d9pouces
J'ai vu qu'il y avait un HS du Fana de l'Aviation sur le Spit'.

Et j'ai cru comprendre en le feuilletant que les derniers n'avaient pas forcément de double hélice, alors qu'il me semblait qu'elle était obligatoire pour absorber la puissance du moteur. Me serais-je trompé ?
Re: Spitfire à 14/01/2014 10:49 JFF

d9pouces a écrit

J'ai vu qu'il y avait un HS du Fana de l'Aviation sur le Spit'.

Et j'ai cru comprendre en le feuilletant que les derniers n'avaient pas forcément de double hélice, alors qu'il me semblait qu'elle était obligatoire pour absorber la puissance du moteur. Me serais-je trompé ?

Effectivement, les Spit' équipé de RR Griffon avaient une Rotol 5 pales, suffisante pour absorber toute la puissance.
Ce sont les Griffons montés sur les Shakletons qui ont des hélices contra-rotatives, moins pour des questions de puissance que pour le couple, qui en cas de panne au décollage peut avoir des conséquences néfastes ……
Certains Spit' reconstruits ces dernières années utilisent des Griffons récupérés sur des Shakletons, donc avec des Rotol contra-rotatives.
Ce qui peut enduire d'erreurs ….

Edit :
Je viens de vérifier dans ma doc,
Quelques Sptifire F22 ont effectivement reçus des hélices contra-rotatives. Je ne sais pas exactement combien, car aucun de mes ouvrages ne donne d'indication, mais il semble que ce soit un nombre relativement faible, car sur la majorité des photos, les F22 apparaissent avec des Rotol 5 pales. Je pense que sur les 202 F22 construits, moins d'une cinquantaines ont été équipés d'hélices contra-rotatives.
Par contre les F24 furent tous équipés de 5 pales.

Les Seafire FR47 ont aussi reçu des contrarotatives, ainsi que les Spitful et Seafang, mais ces deux derniers ne peuvent pas vraiment être considérés comme des variantes de Spit, car ils ne conservent qu'un vague air de famille avec eux, étant des avions complètement nouveaux.
Re: Spitfire à 26/01/2014 20:52 d9pouces
Merci pour toutes ces explications.
Pourquoi ne pas avoir conservé les contrarotatives ? Trop lourdes, ou trop complexe ?

Pour les Spitful et les Seafang, je connaissais de nom le Spitful, mais je croyais que c'était un surnom des derniers Spit :bonnet:

Quant au Seafang, je ne connaissais pas du tout :D
Re: Spitfire à 27/01/2014 11:59 JFF
Je en sais pas exactement pourquoi.

Les hélices contra-rotatives ont plusieurs avantages effectivement :
- pouvoir absorber une plus grande puissance
- diminution de la vitesse de rotations (donc pas de vitesse supersoniques en bout de pale)
- suppression des couples de renversement, et gyroscopique
- hélices de plus petit diamètre, donc bon pour la garde au sol

Par contre, elles ont deux problèmes
- une augmentation de bruit notable (jusqu'à 30db en axial et 10 en latéral), ce point est particulièrement "visible" sur les Tu 95 Bear
- une augmentation du poids et de la complexité

Je pense que ce sont ces derniers facteurs qui ont joué pour garder les derniers Spits avec des hélices simples à 5 pales. D'autant plus que le poids du dispositif se rajoute à l'avant du moteur, donc avec un bras de levier important. Cela peut dégrader fortement le centrage, surtout avec un moteur Griffon déjà plus lourd qu'un Merlin. Pour vérifier cette hypothèse, il faudrait pouvoir avoir accès aux calculs de centrage des Spits Griffon. Pour rappel un centrage trop avant diminue la maniabilité (c'est génant pour un chasseur), et, dans le cas d'un train classique, facilite les mises sur le nez en cas de freinage brutal ……..
Dans le cas des Shakleton, les questions de poids et de centrage sont moins importantes. Autre point pour le Shakleton, les couples. Avec des hélices simples, tous les moteurs tournent dans le même sens, et une panne sur un moteur critique à puissance max peut augmenter les couples, au delà des limites possibles de contrer au pied.
Cela peut expliquer aussi pourquoi les Seafire ont été équipés d'hélices contra-rotatives, justement pour contrer les couples, qui peuvent être plus génants sur un porte-avion, que sur une piste classique.

- Sptiful / Seafang

Quand aux Spitful / Seafang, ils résultent d'études pour doter les Spit de nouvelles ailes, à profil laminaire, afin de retarder les phénomènes de compressibilité aux hautes vitesse (approche du mach) + avoir une aile plus rigide, notamment aux extrémités (ne pas avoir de phénomènes d'inversion de commandes). Du coup, les ailes ont aussi abandonné leur plan elliptiques, pour un plan trapézoïdal, facilitant grandement la construction. Les ingénieurs en profitèrent aussi pour dessiner un nouveau train, à voie plus large. On en profita aussi pour augmenté la hauteur du cockpit, afin d'améliorer la visibilité à l'atterrissage.
De fils en aiguilles, ce qui devait être une simple amélioration du Spit, devint au appareil complètement nouveau, qui ne garda qu'un vague air de famille avec le Spit.
Du fait des bonnes performances des Spit Griffon, et de l'arrivée en opération des chasseurs à réaction, la Spitful devint obsolète avant même d'entrer en service, et moins d'une cinquantaine furent construits.
Le Seafang en est la version navale, quasiment inconnue effectivement car seulement 11 appareils d'assemblés et 6 livrés en pièces détachées (rechanges) …..
Une version à réaction du Spitful fut étudiée, afin de profiter des excellentes caractéristiques aux hautes vitesses de sa voilure. Là aussi, de transformations en transformations, de changement de programme, en réécritures de fiches, on en arriva au Supermarine Attacker, chasseur à réaction embarqué, mais avec train classique (bonjour pour les ponts en bois des PA british ……..)
Re: Spitfire à 27/01/2014 12:19 Jericho
Merci JFF pour toutes ces précisions! :top:

JFF a écrit

… on en arriva au Supermarine Attacker, chasseur à réaction embarqué, mais avec train classique (bonjour pour les ponts en bois des PA british ……..)
Soit le problème du F-35B avant l'heure… :mrgreen:
Re: Spitfire à 27/01/2014 13:17 JFF

Jericho a écrit

Merci JFF pour toutes ces précisions! :top:

JFF a écrit

… on en arriva au Supermarine Attacker, chasseur à réaction embarqué, mais avec train classique (bonjour pour les ponts en bois des PA british ……..)
Soit le problème du F-35B avant l'heure… :mrgreen:

Pourquoi ?

Le futur PA Georges W Bush aura un pont en bois ?
comme la gueule du même nom :bourre:
Re: Spitfire à 28/01/2014 20:08 d9pouces
Merci pour tous ces détails, je me coucherai moins bête ce soir :)


je ne suis pas sûr que l'augmentation du bruit soit beaucoup entrée en ligne de compte :D Par contre, je crois beaucoup plus à la complexité et au poids ^^

Question bête sur les Spitful : l'aile elliptique est souvent annoncée comme étant la grande qualité du Spit classique. N'est-ce pas un peu curieux de l'avoir abandonnée, du coup ?
Re: Spitfire à 28/01/2014 20:53 Jericho

d9pouces a écrit

Question bête sur les Spitful : l'aile elliptique est souvent annoncée comme étant la grande qualité du Spit classique. N'est-ce pas un peu curieux de l'avoir abandonnée, du coup ?
J'imagine qu'ils avaient plus à gagner avec une aile à profil laminaire. Le top aurait peut-être été une aile elliptique à profil laminaire, mais comme l'a dit JFF, les ailes trapézoïdales étaient nettement plus faciles à produire…
Re: Spitfire à 29/01/2014 00:14 glwpatton

Jericho a écrit

d9pouces a écrit

Question bête sur les Spitful : l'aile elliptique est souvent annoncée comme étant la grande qualité du Spit classique. N'est-ce pas un peu curieux de l'avoir abandonnée, du coup ?
J'imagine qu'ils avaient plus à gagner avec une aile à profil laminaire. Le top aurait peut-être été une aile elliptique à profil laminaire, mais comme l'a dit JFF, les ailes trapézoïdales étaient nettement plus faciles à produire…

Même à la grande époque des spit' il y a eu des ailes non elliptiques, enfin je ne vois qu'un exemple : le "clipped, cropped, clapped" (entre autre piloté par Clostermann) mais ça a existé.
Si l'aile du spit' est mythique et a fait parti de sa réussite le reste de l'avion était aussi sain (avec des défauts aussi, nobody is perfect)…
Re: Spitfire à 29/01/2014 07:29 JFF
L'aile elliptique du Spit avait beaucoup de qualités aérodynamique, mais était effectivement plus complexe à produire en très grande série.
Quand le Spit a été conçu, au milieu des années 30, ça n'était pas vraiment un problème, car les séries étaient relativement limités, quelques centaines d'exemplaires pour les avions les plus prolifiques.
Par contre, avec la guerre, les demandes sont devenues énormes, et il fallait simplifier, d'autant plus que le personnel qualifié et expérimenté devenait rare.
Du fait de construction une aile elliptique est moins rigide qu'une aile trapézoidale, à moins de la renforcer et donc de l'alourdir. Or, aux très hautes vitesse, si la voilure (et les empennages) n'est pas suffisamment rigide, on peut avoir des inversions de commandes. Deux solution à ce moment là : soit on renforce l'aile (donc augmentation du poids, et diminution des performances), soit on dessine une nouvelle aile, plus intrinsèquement rigide.

autre point militant pour une nouvelle aile, pouvoir introduire un nouveau train d'atterrissage. En effet, celui du Spit était à voie relativement étroite (un peu comme le Bf 109),ce qui posait quelques problèmes.

Les saumons d'ailes des Spit étaient un ajout, ne participant de la structure de l'aile. Donc il était relativement facile d'avoir des ailes "rognées", ce qui altérait la forme elliptique originale (mais la structure même de la voilure restait la même). Les ailes rognées avaient deux avantages : un meilleur taux de roulis (donc une meilleure maniabilité), et une vitesse maximale à basse altitude plus importante. Par contre, les performances se dégradaient fortement en altitude. Or les combats aériens se sont déroulés toujours plus haut. Ce qui a fait que les Spit à ailes rognées n'ont pas été très répandus.
Il a aussi existé des Spit à aile allongées, pour la haute altitude là aussi par simple changement des saumons marginaux, sans que la structure de la voilure ne soit altérée.
Re: Spitfire à 29/01/2014 22:39 d9pouces
Je connaissais l'histoire des ailes tronquées pour les Spit à basse altitude (essentiellement au moment de la Bataille d'Angleterre, je crois). En revanche, je n'avais pas entendu parler des ailes allongées.

Je ne savais pas non plus que les commandes pouvaient s'inverser à haute vitesse… il me semblait que ça arrivait plutôt à forte incidence. J'imagine que c'est lié au passage du mur du son ?
Re: Spitfire à 30/01/2014 06:40 Jericho

d9pouces a écrit

Je ne savais pas non plus que les commandes pouvaient s'inverser à haute vitesse… il me semblait que ça arrivait plutôt à forte incidence. J'imagine que c'est lié au passage du mur du son ?
Exact, et si je ne me trompe pas, c'est pour ça que les avions subsoniques/supersoniques ont des empennages horizontaux monoblocs.
Re: Spitfire à 30/01/2014 09:13 JFF

Jericho a écrit

d9pouces a écrit

Je ne savais pas non plus que les commandes pouvaient s'inverser à haute vitesse… il me semblait que ça arrivait plutôt à forte incidence. J'imagine que c'est lié au passage du mur du son ?
Exact, et si je ne me trompe pas, c'est pour ça que les avions subsoniques/supersoniques ont des empennages horizontaux monoblocs.

Il ne faut pas confondre inversion des commandes, qui peut arriver bien avant les vitesses transsoniques, et recul du foyer aérodynamique, qui lui est un phénomène propre au passage du mach.

L'inversion des commandes, (que je connais qu'en roulis) est liée à la souplesse de l'aile. Si on met du manche à droite, l'aileron gauche va s'abaisser (et le droit se lever), mais à haute vitesse, les forces sur les ailerons vont être telle que, si l'aile n'est pas assez rigide, c'est l'extrémité de l'aile qui va se tordre en sans inverse, et donc agir comme un gigantesque aileron. D'où cette "inversion de commandes". C'est pour cela que de nombreux avions utilisent des ailerons à basse vitesse, mais en croisière utilisent des spoilers (déporteurs). Cela évite d'avoir à trop renforcer la voilure, donc permet des gains de poids significatifs.

Ce phénomène est accru avec une aile elliptique, car la corde à l'extrémité devient très faible. Or pour maintenir la même épaisseur relative, (épaisseur/corde), il faut diminuer l'épaisseur de l'aile, donc diminuer sa rigidité. Avec des ailes rectangulaires, ou faiblement trapézoidales, cette diminution de l'épaisseur absolue de l'aile est beaucoup moins marquée, donc la rigidité s'en trouve améliorée.

Quand au recul du foyer aérodynamique, c'est un phénomène typiquement transsonique, qui fait que le point d'application du vecteur portance recule brusquement, induisant un moment cabreur sur l'avion. Il peut en outre "déventer" les gouvernes de profondeur. Cela se corrige en donnant plus d'autorité à la profondeur, et via les empennages monoblocs. Concorde, n'ayant pas d'empennage, corrigeait ça aux ailevons, et avec des transfert de carburant entre réservoir avant et celui dans la dérive.
Hatzerim AB 2014 à 18/05/2014 20:20 stanak
Spitfire LF9E

2 Spitfire ex RAF remis en état en 1948
1 Spit égyptien capturé intact en 1948
50 spit achetés auprès des Tchèques en 1948 (4 perdus au cours du convoyage)
9 autres livrés en 1949
30 autres en provenance d'Italie après la guerre d'Indépendance

ils remportèrent 24 victoires aériennes en 1948/49
Image
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:54, modifié le . ©AviationsMilitaires