Rappels

Histoire de l'appareil

Dans les pays de l’Europe de l’Est, l’aviation légère connut un développement très important après la Seconde Guerre Mondiale. Ils ne partaient pas de zéro. Des entreprises comme Aero, en Tchécoslovaquie, s’étaient déjà montrées très actives avant le conflit.

Mais le passage dans l’orbite soviétique eut des conséquences dans de nombreux secteurs, et notamment dans celui de la construction aéronautique. Dès les années 1950, et plus encore dans les années 1960, de nouveaux modèles d’avions légers sortirent des usines de plusieurs pays de cet espace, et les entreprises ayant survécu ou étant nées de l’entrée dans le bloc communiste tirèrent profit de l’existence de marchés numériquement très intéressants.

L’agriculture, les centres de formation militaires ou paramilitaires, ou même l’aviation de loisir étaient très demandeuses. Ces occasions ne furent pas négligées, et la Pologne se distingua tout particulièrement, au travers de son constructeur national, PZL (Państwowe Zakłady Lotnicze).

Au début des années 1960, la PZL lança le développement d’un tout nouvel appareil. Baptisé Wilga (grive), il était facilement reconnaissable, bien qu’il empruntât quelques caractéristiques assez répandues à son époque dans le domaine des avions légers. Le PZL-104 était un petit avion, doté d’une unique aile droite placée en haut du fuselage, d’un train d’atterrissage composé de deux jambes fixes et d’une roulette de queue, et d’une cabine fermée. La structure du Wilga est majoritairement construite en aluminium, ce qui la rend légère mais néanmoins robuste.

La cabine est aménagée pour un pilote et trois passagers, et possède une large porte sur chaque flanc. Un unique moteur en étoile, avec une hélice bipale, assurait la propulsion et assurait des performances relativement modestes. Toutefois, le Wilga pouvait se prévaloir d’être un appareil STOL, capable de décoller et d’atterrir sur de très courtes distances, et sur des terrains peu préparés, par exemple des terrains herbeux.

Bien qu’arrivant sur un marché très concurrentiel, avec notamment l’Aero L-60 Brigadyr, l’Antonov An-2 ou les Yakovlev Yak-12, Yak-18 et Yak-52, le Wilga parvint à se faire une place. Un peu plus d’un millier d’exemplaires furent produits à partir de 1962, et les chaînes tournent toujours à l’heure actuelle.

Le PZL-104 assura diverses fonctions, et certaines versions furent délibérément spécialisées : si le Wilga 3A était destiné aux aéroclubs civils, le Wilga 3S devait assurer des évacuations sanitaires. PZL travailla aussi sur des Wilga conçus pour l’épandage aérien ou le transport.

Les ingénieurs polonais réussirent à améliorer à plusieurs reprises leur modèle. La série des Wilga 32 puis surtout des Wilga 35 constitua une rupture qualitative avec les versions précédentes : équipé d’un moteur Ivchenko plus puissant que le moteur polonais d’origine (258 ch au lieu de 220 ch), le Wilga y gagna aussi en stabilité, avec un train d’atterrissage plus large (2,83 m d’écart entre chaque jambe au lieu de 2,12 m). Par la suite, des équipements de conception occidentale furent incorporés, notamment des moteurs Lycoming. Un développement du Wilga, le PZL-105 Flaming, ne survécut pas à la chute du régime communiste en 1989.

En 1973, l’armée de l’air polonaise fit l’acquisition de 13 appareils, qu’elle retira du service en 1993. Ces Wilga militaires furent affectés à des missions de liaison ou de reconnaissance. Au début du XXIè siècle, les garde-frontières polonais mirent en service une version modifiée du Wilga, le 104MF, afin de contribuer à la surveillance des frontières nationales. L’Indonésie a aussi acquis des Wilga : certains de ses appareils ont été produits en Indonésie même, sous licence, sous la désignation de Gelatik. Après 1991, quelques exemplaires du PZL-104 ont été exportés dans les pays baltes et en Amérique du Sud, en nombre limité.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • PZL-Okecie PZL-104MA : Dernière version proposée en 2005, mais plus en production.
  • PZL-Okecie PZL-104MF Wilga 2000 : Version utilisée par les garde-frontières polonais.
  • PZL-Okecie PZL-104MN : Version de 2001.
  • PZL-Okecie PZL-104MW : Version hydravion.
  • PZL-Okecie PZL-104M Wilga 2000 : Version dotée d'un moteur Lycoming, dont la production a commencée en 1998.
  • PZL-Okecie Wilga 2 : 1ere version de production.
  • PZL-Okecie Wilga 3 : Version destinés aux aéroclubs civils.
  • PZL-Okecie Wilga 32 : Version construite avec un moteur Continental O-470. Connue sous le nom de "Gelatik" en Indonésie.
  • PZL-Okecie Wilga 35 : Version équipée du moteur AI-14.
  • PZL-Okecie Wilga 35A : Version qui connut la plus grande production en série.
  • PZL-Okecie Wilga 35H : Version hydravion construite en coopération avec le Canada.
  • PZL-Okecie Wilga 35P : Version militaire de liaison.
  • PZL-Okecie Wilga 35R : Version agricole.
  • PZL-Okecie Wilga 35S : Version d'évacuation sanitaire.
  • PZL-Okecie Wilga 3S : Version ambulance.
  • PZL-Okecie Wilga 40 : 2 prototypes.
  • PZL-Okecie Wilga 80 : Wilga 35 modifié selon les standards occidentaux. Moteur PZL AI-14RA.
  • PZL-Okecie Wilga 80H : Version hydravion.
  • PZL-Okecie Wilga 88 : Prédécesseur du PZL-105.
  • Lipnur Gelatik : Version construite sous licence en Indonésie. 44 exemplaires.

PZL-Okecie Wilga 35A voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 300 kg (2 866 lbs)
  • Masse à vide : 900 kg (1 984 lbs)
  • Surface alaire : 15,5 m² (166,841 sq. ft)
  • Hauteur : 2,96 m (9,711 ft)
  • Envergure : 11,12 m (36,483 ft)
  • Longueur : 8,1 m (26,575 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 670 km (416 mi, 362 nm)
  • Plafond opérationnel : 4 040 m (13 255 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 5,5 m/s (18,045 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 195 km/h (121 mph, 105 kts)
  • Charge alaire, à vide : 58,065 kg/m² (11,893 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 83,871 kg/m² (17,178 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Ivchenko-Progress AI-14RA
  • Puissance unitaire : 191 kW (260 ch, 256 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
PZL-104 Wilga à 04/05/2010 21:18 ciders
Un appareil tout juste bon à sauter par-dessus les flaques d'eau. C'est en ces termes que j'ai pour la première fois entendu parler du O-2. Je pense que ça pourrait convenir aussi au Wilga.

Historique :

Dans les pays de l’Europe de l’Est, l’aviation légère connut un développement très important après la Seconde Guerre Mondiale. Ils ne partaient pas de zéro. Des entreprises comme Aero, en Tchécoslovaquie, s’étaient déjà montrées très actives avant le conflit. Mais le passage dans l’orbite soviétique eut des conséquences dans de nombreux secteurs, et notamment dans celui de la construction aéronautique. Dès les années 1950, et plus encore dans les années 1960, de nouveaux modèles d’avions légers sortirent des usines de plusieurs pays de cet espace, et les entreprises ayant survécu ou étant nées de l’entrée dans le bloc communiste tirèrent profit de l’existence de marchés numériquement très intéressants. L’agriculture, les centres de formation militaires ou paramilitaires, ou même l’aviation de loisir étaient très demandeuses. Ces occasions ne furent pas négligées, et la Pologne se distingua tout particulièrement, au travers de son constructeur national, PZL (Państwowe Zakłady Lotnicze).

Au début des années 1960, la PZL lança le développement d’un tout nouvel appareil. Baptisé Wilga (grive), il était facilement reconnaissable, bien qu’il emprunta quelques caractéristiques assez répandues à son époque dans le domaine des avions légers. Le PZL-104 était un petit avion, doté d’une unique aile droite placée en haut du fuselage, d’un train d’atterrissage composé de deux jambes fixes et d’une roulette de queue, et d’une cabine fermée. La structure du Wilga est majoritairement construite en aluminium, ce qui la rend légère mais néanmoins robuste. La cabine est aménagée pour un pilote et trois passagers, et possède une large porte sur chaque flanc. Un unique moteur en étoile, avec une hélice bipale, assurait la propulsion et assurait des performances relativement modestes. Toutefois, le Wilga pouvait se prévaloir d’être un appareil STOL, capable de décoller et d’atterrir sur de très courtes distances, et sur des terrains peu préparés, par exemple des terrains herbeux.

Bien qu’arrivant sur un marché très concurrentiel, avec notamment l’Aero L-60 Brigadyr, l’Antonov An-2 ou les Yakovlev Yak-12, Yak-18 et Yak-52, le Wilga parvint à se faire une place. Après son premier vol le 24 avril 1962, la production démarra rapidement : un peu plus d’un millier d’exemplaires furent produits. Les chaînes tournent toujours à l’heure actuelle. Le PZL-104 assura diverses fonctions, et certaines versions furent délibérément spécialisées : si le Wilga 3A était destiné aux aéroclubs civils, le Wilga 3S devait assurer des évacuations sanitaires. PZL travailla aussi sur des Wilga conçus pour l’épandage aérien ou le transport. Les ingénieurs polonais réussirent à améliorer à plusieurs reprises leur modèle. La série des Wilga 32 puis surtout des Wilga 35 constitua une rupture qualitative avec les versions précédentes : équipé d’un moteur Ivchenko plus puissant que le moteur polonais d’origine (258 ch au lieu de 220 ch), le Wilga y gagna aussi en stabilité, avec un train d’atterrissage plus large (2,83 m d’écart entre chaque jambe au lieu de 2,12 m). Par la suite, des équipements de conception occidentale furent incorporés, notamment des moteurs Lycoming. Un développement du Wilga, le PZL-105 Flaming, ne survécut pas à la chute du régime communiste en 1989.

En 1973, l’armée de l’air polonaise fit l’acquisition de 13 appareils, qu’elle retira du service en 1993. Ces Wilga militaires furent affectés à des missions de liaison ou de reconnaissance. Au début du XXIè siècle, les garde-frontières polonais mirent en service une version modifiée du Wilga, le 104MF, afin de contribuer à la surveillance des frontières nationales. L’Indonésie a aussi acquis des Wilga : certains de ses appareils ont été produits en Indonésie même, sous licence, sous la désignation de Gelatik. Après 1991, quelques exemplaires du PZL-104 ont été exportés dans les pays baltes et en Amérique du Sud, en nombre limité.

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Caractéristiques :

Version :

PZL-104 Wilga 35A

Type :

Appareil léger polyvalent

Equipage :

1 pilote

Motorisation :

1 Ivchenko Al-14R de 9 cylindres à refroidissement par air, d'une puissance de 258 ch

Poids :

Masse à vide : 900 kg
Masse maximale : 1 230 kg

Performances :

Plafond pratique : 4 500 m
Distance franchissable : 680 km
Vitesse maximale : 190 km/h
Equipage : 1 pilote

Dimensions :

Envergure : 11,12 m
Longueur du fuselage : 8,10 m
Hauteur au sol : 2,96 m
Surface alaire : 15,50 m²

Pays utilisateurs :

Indonésie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Paraguay, Pologne, Roumanie

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Images :

:arrow: Vues complètes du PZL-104 Wilga 35, avec les dimensions précises
:arrow: Vue de la salle des machines d'un Wilga
:arrow: Le Péril Jaune au décollage
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires