Rappels

Histoire de l'appareil

Dès septembre 1942, la RAF envisageait de remplacer le Tempest et émit la spécification F6/42. L'appareil devait avoir un grand rayon d'action et une excellente maniabilité pour être engagé en Asie et affronter les Zero japonais.

Sir Sidney Camm conçut donc le Fury. Celui-ci reprenait le Tempest comme base en plus léger, avec un fuselage monocoque et un cockpit surélevé, tout en conservant l'aile semi-elliptique. De fait, les modifications résultaient de l'examen d'un FW-190A-3 capturé. Le Fury fit l'objet de la spécification F2/43 et 6 prototypes furent commandés.

Le prototype, équipé d'un Centaurus XII, prit l'air le 1er septembre 1944. 4 autres prototypes testèrent d'autres moteurs, dont un Griffon 85. Le dernier était destiné aux essais statiques. Avec la fin de la guerre, le développement du Fury et la commande de 200 exemplaires furent annulés.

Mais une version navale avait été rapidement envisagée et menée en parallèle par Boulton-Paul pour répondre à la spécification N7/43. Son prototype fut le 3e appareil commandé. Celui-ci effectua son vol inaugural le 21 février 1945 et était également propulsé par un Centaurus XII. Il ne possédait que la crosse d'appontage. Un second prototype, équipé d'ailes repliables, prit l'air le 12 octobre 1945 avec un Centaurus XV. Le dernier prototype effectua son vol inaugural le 31 janvier 1946.

La Royal Navy était toujours intéressée, la navalisation des jets étant loin d'être mise au point. Les commandes furent cependant réduites à 100 exemplaires et la maîtrise d'oeuvre revint alors entièrement à Hawker.

Le Sea Fury F.10 (anciennement F. X) vola le 7 septembre 1946. Cependant, des problèmes de crosse d'appontage retardèrent sa qualification à l'appontage, qui n'intervint qu'au printemps 1947. Construit à 50 exemplaires, il remplaça le Seafire en mai 1948 au sein du 802 NAS (porte-avions HMS Ocean). Un exemplaire fut vendu au Canada et 24 à la Hollande sous la désignation F.50.

Le FB.11 fut la principale version, construite à 615 exemplaires. Cet appareil fut blindé et équipé de bombes de 454 kg et des roquettes. Il entra en service en octobre 1950 au sein du 807 NAS (porte-avions Theseus). Il équipa également les 801 et 804 NAS du porte-avions Glory. Ce chasseur-bombardier constitua l'épine dorsale de la Fleet Air Arm jusqu'en 1953 et l'entrée en service des 1ers jets embarqués.

Elle fut également exportée au Canada. 74 exemplaires furent utilisés de 1948 à 1956 sur les porte-avions HMCS Magnificent et Warrior de la Royal Canadian Navy. La Royal Australian Navy reçut 50 exemplaires des surplus de la FAA et les déploya au sein des unités 805 et 808 (HMAS Sydney). La Hollande utilisa 24 Mark 51 construits sous licence. L'Egypte en reçut 12 en 1949, la Birmanie 18 (d'occasion, en 1958) et Cuba 15 (d'occasion, en 1958).

Le T.20 fut une version d'entraînement biplace, fabriquée dans les années 1950 à l'initiative de l'Irak. 60 exemplaires furent construits pour la FAA. Il fut exporté en Birmanie (3), à Cuba (2),  en Allemagne (10, utilisés pour le remorquage de cibles).

Il fut également exporté, dans une version terrestre baptisée Fury I ou FB.60 en Irak (qui en reçut 30, dont 4 furent offerts au Maroc, et 2 T.61), et au Pakistan (87 FB.60, 5 T.61, 5 FB.11 d'occasion, et même un prototype).

Une version de reconnaissance fut étudiée, mais comme on n'arrivait pas à placer les caméras, elle fut abandonnée.

Il fut engagé lors de la guerre de Corée, où il excella dans les missions d'attaque au sol. Un FB.11 piloté par Peter "Hoagy" Carmichael fut même le premier appareil à descendre un MiG-15, le 9 août 1952. C'est l'unique victoire officielle, mais on prétend parfois qu'un second MiG-15 fut abattu. Les Sea Fury subirent plusieurs pertes. Les Sea Fury cubains furent engagés lors de l'invasion de la baie des Cochons, où ils descendirent au moins un B-26.

Construit à 860 exemplaires, il fut retiré de la FAA en 1955 et remplacé par les jets comme le Sea Hawk. Il fut son dernier avion à moteur à pistons. De nombreux exemplaires ont été restaurés et remis en état de vol voire customisés pour une dizaine d'entre eux, afin de participer à des courses de vitesse ou à des meetings.


Texte de Clansman.

Versions référencées

  • Hawker Sea Fury F.10 : Version initiale de série, 50 exemplaires.
  • Hawker Sea Fury FB.11 : Principale version, 615 exemplaires.
  • Hawker Sea Fury T.20 : Version d'entraînement biplace, 60 exemplaires.
  • Hawker Sea Fury F.50 : Version d'exportation du F.10, 24 exemplaires.
  • Fokker Sea Fury FB.51 : Version d'exportation du FB.11, 24 exemplaires construits sous licence par Fokker.
  • Hawker Sea Fury FB.60 : Version d'export dénavalisée, 117 exemplaires.
  • Hawker Sea Fury T.61 : Version biplace réservée à l'exportation.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Hawker Sea Fury FB.11 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 5 670 kg (12 500 lbs)
  • Masse à vide : 4 191 kg (9 240 lbs)
  • Surface alaire : 26 m² (280 sq. ft)
  • Hauteur : 4,9 m (16,076 ft)
  • Envergure : 11,7 m (38,386 ft)
  • Longueur : 10,6 m (34,777 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 628 km/h (390 mph, 339 kts)
  • Distance franchissable : 1 127 km (700 mi, 608 nm)
  • Plafond opérationnel : 10 912 m (35 800 ft)
  • Vitesse maximale HA : 740 km/h (460 mph, 400 kts)
  • Charge alaire, à vide : 161,2 kg/m² (33,016 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 218,073 kg/m² (44,665 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Bristol-Siddeley Centaurus XVIIC
  • Puissance unitaire : 1 849 kW (2 514 ch, 2 480 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.
Enregistré 1

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Hawker Sea Fury à 09/02/2011 11:53 Clansman
Un gros morceau, les gars :

Dès septembre 1942, la RAF envisageait de remplacer le Tempest et émit la spécification F6/42. L'appareil devait avoir un grand rayon d'action et une excellente maniabilité pour être engagé en Asie et affronter les Zero japonais.

Sir Sidney Camm conçut donc le Fury. Celui-ci reprenait le Tempest comme base en plus léger, avec un fuselage monocoque et un cockpit surélevé, tout en conservant l'aile semi-elliptique. De fait, les modifications résultaient de l'examen d'un FW-190A-3 capturé. Le Fury fit l'objet de la spécification F2/43 et 6 prototypes furent commandés.

Le prototype, équipé d'un Centaurus XII, prit l'air le 1er septembre 1944. 4 autres prototypes testèrent d'autres moteurs, dont un Griffon 85. Le dernier était destiné aux essais statiques. Avec la fin de la guerre, le développement du Fury et la commande de 200 exemplaires furent annulés.

Mais une version navale avait été rapidement envisagée et menée en parallèle par Boulton-Paul pour répondre à la spécification N7/43. Son prototype fut le 3e appareil commandé. Celui-ci effectua son vol inaugural le 21 février 1945 et était également propulsé par un Centaurus XII. Il ne possédait que la crosse d'appontage. Un second prototype, équipé d'ailes repliables, prit l'air le 12 octobre 1945 avec un Centaurus XV. Le dernier prototype effectua son vol inaugural le 31 janvier 1946.

La Royal Navy était toujours intéressée, la navalisation des jets étant loin d'être mise au point. Les commandes furent cependant réduites à 100 exemplaires et la maîtrise d'oeuvre revint alors entièrement à Hawker.

Le Sea Fury F.10 (anciennement F. X) vola le 7 septembre 1946. Cependant, des problèmes de crosse d'appontage retardèrent sa qualification à l'appontage, qui n'intervint qu'au printemps 1947. Construit à 50 exemplaires, il remplaça le Seafire en mai 1948 au sein du 802 NAS (porte-avions HMS Ocean). Un exemplaire fut vendu au Canada et 24 à la Hollande sous la désignation F.50.

Le FB.11 fut la principale version, construite à 615 exemplaires. Cet appareil fut blindé et équipé de bombes de 454 kg et des roquettes. Il entra en service en octobre 1950 au sein du 807 NAS (porte-avions Theseus). Il équipa également les 801 et 804 NAS du porte-avions Glory. Ce chasseur-bombardier constitua l'épine dorsale de la Fleet Air Arm jusqu'en 1953 et l'entrée en service des 1ers jets embarqués.

Elle fut également exportée au Canada. 74 exemplaires furent utilisés de 1948 à 1956 sur les porte-avions HMCS Magnificent et Warrior de la Royal Canadian Navy. La Royal Australian Navy reçut 50 exemplaires des surplus de la FAA et les déploya au sein des unités 805 et 808 (HMAS Sydney). La Hollande utilisa 24 Mark 51 construits sous licence. L'Egypte en reçut 12 en 1949, la Birmanie 18 (d'occasion, en 1958) et Cuba 15 (d'occasion, en 1958).

Le T.20 fut une version d'entraînement biplace, fabriquée dans les années 1950 à l'initiative de l'Irak. 60 exemplaires furent construits. Il fut exporté au Pakistan (5), en Birmanie (3), à Cuba (2), le reste étant dévolu à la FAA. L'Allemagne en reçut 10 d'occasion, utilisés pour le remorquage de cibles.

Il fut également exporté, dans une version terrestre baptisée Fury I ou FB.60 en Irak (qui en reçut 30, dont 4 furent offerts au Maroc, et 2 T.61), et au Pakistan (87 FB.60, 5 T.61, 5 FB.11 d'occasion, et même un prototype).

Une version de reconnaissance fut étudiée, mais comme on n'arrivait pas à placer les caméras, elle fut abandonnée.

Il fut engagé lors de la guerre de Corée, où il excella dans les missions d'attaque au sol. Un FB.11 piloté par Peter "Hoagy" Carmichael fut même le premier appareil à descendre un MiG-15, le 9 août 1952. C'est l'unique victoire officielle, mais on prétend parfois d'un second MiG-15 fut abattu. Les Sea Fury subirent plusieurs pertes. Les Sea Fury cubains furent engagés lors de l'invasion de la baie des Cochons, où ils descendirent au moins un B-26.

Construit à 860 exemplaires, il fut retiré de la FAA en 1955 et remplacé par les jets, comme le Sea Hawk. Il fut son dernier avion à moteur à pistons. De nombreux exemplaires ont été restaurés et remis en état de vol voire customisés pour une dizaine d'entre eux, afin de participer à des courses de vitesse ou à des meetings.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Hawker_Sea_Fury

http://www.avionslegendaires.net/hawker-sea-fury.php

http://forummarine.forumactif.com/t4525-hawker-sea-fury

http://les-avions-de-legende.e-monsite.com/rubrique,hawker-fury-seafury,274276.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Hawker_Sea_Fury

http://www.fleetairarmarchive.net/aircraft/seafury.html

http://www.warbirdalley.com/seafury.htm

http://www.vectorsite.net/avcfury.html#m6



860 exemplaires pour un avion de combat à hélices construit après la seconde guerre mondiale, pas mal.
Re: Hawker Sea Fury à 10/02/2011 12:50 Clansman
Le Sea Fury sur le site
Hawker Sea Fury FB11 à 20/03/2012 18:56 stanak
aux couleurs de la Royal Australian Navy
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Re: Hawker Sea Fury à 25/06/2012 22:34 d9pouces
Tiens, pourquoi avoir commencé à n° 10 pour les numéros de version ?

Et quand furent-ils retirés du service des autres pays ? J'imagine qu'ils y sont restés un peu plus longtemps que dans la Fleet Air Arm…
Re: Hawker Sea Fury à 29/06/2012 23:23 ciders
Quelques années à Cuba. Le manque de pièces lié à l'embargo à partir des années 1960 les a rapidement cloué au sol.
Re: Hawker Sea Fury à 30/06/2012 09:59 Clansman
Tiens, pourquoi avoir commencé à n° 10 pour les numéros de version ?

Peut-être pour le distinguer des versions du Tempest, dont il est issu. Pure hypothèse de ma part. :)
Re: Hawker Sea Fury à 06/09/2012 07:37 stanak
un Sea Fury T20 du Royal Navy Historic Flight
ça déboule vite :shock: (que 2 photos valables :? )
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:54 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires