Rappels

Histoire de l'appareil

En 1929, la Boeing Airplane Company présentait un appareil très innovant pour l'époque, le Model 200 Monomail. Cet appareil était doté de caractéristiques très modernes : il s'agissait d'un monoplan à aile basse, très aérodynamique et de construction entièrement métallique, pourvu d'un train d'atterrissage semi-rétractable et d'un revêtement travaillant. Cet avion était conçu pour servir au transport de courrier, une activité très développée et lucrative à cette époque aux Etats-Unis. Ces solutions techniques ne furent pas retenues par l'US Army Air Corps (U.S.A.A.C), qui se méfiait des innovations.

Toutefois, Boeing continua de travailler sur ces solutions et en septembre 1931, l'entreprise réalisa sur ses fonds propres un chasseur reprenant une partie d'entre elles, le Model 248.
Le 248 rejoignait le bombardier Y1B-9 destiné à l'U.S.A.A.C ou encore l'avion de ligne Model 247. Il reçut le numéro de code XP-936.

Trois prototypes furent construits, le premier réalisant son premier vol le 20 mars 1932, grâce l'appui financier de l'U.S.A.A.C, à qui était destiné le projet. Bientôt désigné P-26, l'appareil fut commandé, en janvier 1933, à hauteur de 111 exemplaires. Les avions commandés reçurent la désignation P-26A (Model 266). La commande fut ensuite portée à 136 appareils.

Le P-26 était un petit appareil, typique des productions de la période. Il constituait un type intermédiaire, combinant des caractéristiques modernes (voilure monoplane, structure entièrement métallique) et des traits issus des appareils de la Grande Guerre. Ainsi, le P-26 était muni d'ailes à raidisseurs et d'un cockpit ouvert, pourvu d'une très petite verrière à l'avant. De plus, des haubans reliaient la voilure au fuselage, ce qui nuisait à l'aérodynamique de l'appareil. Enfin, le P-26 conservait un train d'atterrissage fixe (deux jambes avant, et roulette de queue arrière), mais partiellement carénée.

Boeing choisit de motoriser son nouveau chasseur avec un unique Pratt & Whitney Wasp en étoile, d'une puissance de 600 ch, et actionnant une hélice bipale. Ce moteur octroyait au P-26 une excellente vitesse de pointe pour son temps. Cependant, son aspect massif pouvait gêner la visibilité avant du pilote, et causait parfois des difficultés au moment des phases de décollage et d'atterrissage. L'armement était limité à deux mitrailleuses Browning de calibre 7,62 mm : il semble que les unités américaines modifièrent parfois celui-ci, en remplaçant l'une des deux par une arme de calibre 12,7 mm. Une charge de bombes d'environ 100 kg pouvait aussi être emportée sous la voilure.

Les P-26 arrivèrent en escadrilles à partir de décembre 1933 et furent déclarés opérationnels l'année suivante. Ils faisaient partie alors des premiers monoplans de chasse opérationnels au monde. Leur silhouette particulière, la présence d'un collimateur tubulaire à l'avant du cockpit et l'application des peintures très colorées alors en vigueur dans l'aviation américaine, lui firent donner le surnom de Peashooter (sarbacane ou lance-boulettes).

Cependant, les pilotes américains relevèrent plusieurs défauts sur leur nouveau chasseur. La vitesse d'atterrissage du Peashooter était très élevée, ce qui conduisit l'U.S.A.A.C à le juger dangereux sur les terrains herbeux. De plus, il avait tendance à se retourner dès qu'il rencontrait une bosse. Il fallut en urgence modifier le fuselage en installant un plus grand appui-tête à l'arrière de la place du pilote, ce qui formait un arceau protecteur et accroissait la protection du pilote.

Enfin, le P-26 se révéla assez délicat à piloter. Plusieurs équipages furent surpris par de brusques décrochages. On tenta de remédier à ces problèmes en adaptant des volets d'atterrissage mais le P-26 pâtit durant toute sa carrière de l'insuffisance de ses surfaces de dérives. Ces défauts n'empêchèrent pas l'U.S.A.A.C. de le conserver en première ligne pendant plusieurs années, jusqu'en 1938. A cette date, les appareils survivants furent progressivement remplacés par le Seversky P-35 et le Curtiss P-36 Hawk. Ils furent alors affectés à la défense des cieux du Panama et des îles Hawaiï, dans des unités de seconde ligne.

Sur les 25 derniers appareils de série, deux furent équipés d'un moteur en étoile Wasp à injection, passant ainsi au standard P-26B. Les autres reçurent le même moteur avec un système d'injection, et devinrent le P-26C. Une version d'exportation, le Model 281, équipé de volets d'intrados (dont certains appareils américains furent aussi dotés), fut livrée à la Chine, qui aligna 11 P-26, engagés par la suite contre les forces japonaises. Un unique appareil fut envoyé en Espagne.

Durant la guerre, les P-26 affrontèrent les forces japonaises aux Philippines, une trentaine d'appareils ayant été cédés aux forces aériennes philippines. Beaucoup furent détruits au sol, les autres n'ayant que peu de succès face aux appareils nippons. On relava cependant plusieurs victoires aériennes, essentiellement contre des bombardiers. En Chine, les P-26 servirent à la défense de l'espace aérien chinois, contre les raids de l'aéronavale japonaise. Plusieurs combats eurent ainsi lieu contre des Mitsubishi A5M et des bombardiers à long rayon d'action, durant les années 1937-1938.

Le dernier appareil américain fut déclassé en 1942. Les sept appareils livrés au Guatemala en 1942-1943 restèrent en service longtemps après la Seconde Guerre Mondiale, jusqu'en 1957, en tant que chasseurs puis comme appareils d'entraînement.

La production s'échelonna de 1932 à 1936. Elle porta sur environ 150 exemplaires.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Boeing 248 : Désignation constructeur du P-26.
  • Boeing XP-936 : Prototypes, 3 exemplaires.
  • Boeing P-26A : Principale version de série, 111 exemplaires.
  • Boeing P-26B : 2 exemplaires dotés d'un moteur R-1340-33 de 600 hp.
  • Boeing P-26C : Version recevant le moteur du P-26B et un système d'injection. 23 exemplaires.
  • Boeing 281 : Version d'exportation du P-26C. 12 exemplaires.
  • Boeing P-26D : Réplique en état de vol complétée en 2006.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Boeing P-26A voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 524 kg (3 360 lbs)
  • Masse à vide : 996 kg (2 196 lbs)
  • Surface alaire : 13,9 m² (149,618 sq. ft)
  • Hauteur : 3,05 m (10 ft)
  • Envergure : 9 m (28 ft)
  • Longueur : 7,224 m (23,7 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 917 km (570 mi, 495 nm)
  • Plafond opérationnel : 8 352 m (27 400 ft)
  • Vitesse maximale HA : 377 km/h (234 mph, 203 kts)
  • Charge alaire, à vide : 71,661 kg/m² (14,677 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 109,645 kg/m² (22,457 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Pratt & Whitney R-1340-7 Wasp
  • Puissance unitaire : 447 kW (608 ch, 600 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Boeing P-26 à 22/07/2012 16:06 ciders
Je profite d'une mise à jour de la fiche pour lui créer son propre post.

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Historique :

En 1929, la Boeing Airplane Company présentait un appareil très innovant pour l'époque, le Model 200 Monomail. Cet appareil était doté de caractéristiques très modernes : il s'agissait d'un monoplan à aile basse, très aérodynamique et de construction entièrement métallique, pourvu d'un train d'atterrissage semi-rétractable et d'un revêtement travaillant. Cet avion était conçu pour servir au transport de courrier, une activité très développée et lucrative à cette époque aux Etats-Unis. Ces solutions techniques ne furent pas retenues par l'US Army Air Corps (U.S.A.A.C), qui se méfiait des innovations.

Toutefois, Boeing continua de travailler sur ces solutions et en septembre 1931, l'entreprise réalisa sur ses fonds propres un chasseur reprenant une partie d'entre elles, le Model 248.
Le 248 rejoignait le bombardier Y1B-9 destiné à l'U.S.A.A.C ou encore l'avion de ligne Model 247. Il reçut le numéro de code XP-936. Trois prototypes furent construits, le premier réalisant son premier vol le 20 mars 1932, grâce l'appui financier de l'U.S.A.A.C, à qui était destiné le projet. Bientôt désigné P-26, l'appareil fut commandé, en janvier 1933, à hauteur de 111 exemplaires. Les avions commandés reçurent la désignation P-26A (Model 266). La commande fut ensuite portée à 136 appareils.

Le P-26 était un petit appareil, typique des productions de la période. Il constituait un type intermédiaire, combinant des caractéristiques modernes (voilure monoplane, structure entièrement métallique) et des traits issus des appareils de la Grande Guerre. Ainsi, le P-26 était muni d'ailes à raidisseurs et d'un cockpit ouvert, pourvu d'une très petite verrière à l'avant. De plus, des haubans reliaient la voilure au fuselage, ce qui nuisait à l'aérodynamique de l'appareil. Enfin, le P-26 conservait un train d'atterrissage fixe (deux jambes avant, et roulette de queue arrière), mais partiellement carénée.

Boeing choisit de motoriser son nouveau chasseur avec un unique Pratt & Whitney Wasp en étoile, d'une puissance de 600 ch, et actionnant une hélice bipale. Ce moteur octroyait au P-26 une excellente vitesse de pointe pour son temps. Cependant, son aspect massif pouvait gêner la visibilité avant du pilote, et causait parfois des difficultés au moment des phases de décollage et d'atterrissage. L'armement était limité à deux mitrailleuses Browning de calibre 7,62 mm : il semble que les unités américaines modifièrent parfois celui-ci, en remplaçant l'une des deux par une arme de calibre 12,7 mm. Une charge de bombes d'environ 100 kg pouvait aussi être emportée sous la voilure.

Les P-26 arrivèrent en escadrilles à partir de décembre 1933 et furent déclarés opérationnels l'année suivante. Ils faisaient partie alors des premiers monoplans de chasse opérationnels au monde. Leur silhouette particulière, la présence d'un collimateur tubulaire à l'avant du cockpit et l'application des peintures très colorées alors en vigueur dans l'aviation américaine, lui firent donner le surnom de Peashooter (sarbacane ou lance-boulettes).

Cependant, les pilotes américains relevèrent plusieurs défauts sur leur nouveau chasseur. La vitesse d'atterrissage du Peashooter était très élevée, ce qui conduisit l'U.S.A.A.C à le juger dangereux sur les terrains herbeux. De plus, il avait tendance à se retourner dès qu'il rencontrait une bosse. Il fallut en urgence modifier le fuselage en installant un plus grand appui-tête à l'arrière de la place du pilote, ce qui formait un arceau protecteur et accroissait la protection du pilote.

Enfin, le P-26 se révéla assez délicat à piloter. Plusieurs équipages furent surpris par de brusques décrochages. On tenta de remédier à ces problèmes en adaptant des volets d'atterrissage mais le P-26 pâtit durant toute sa carrière de l'insuffisance de ses surfaces de dérives. Ces défauts n'empêchèrent pas l'U.S.A.A.C. de le conserver en première ligne pendant plusieurs années, jusqu'en 1938. A cette date, les appareils survivants furent progressivement remplacés par le Seversky P-35 et le Curtiss P-36 Hawk. Ils furent alors affectés à la défense des cieux du Panama et des îles Hawaiï, dans des unités de seconde ligne.

Sur les 25 derniers appareils de série, deux furent équipés d'un moteur en étoile Wasp à injection, passant ainsi au standard P-26B. Les autres reçurent le même moteur avec un système d'injection, et devinrent le P-26C. Une version d'exportation, le Model 281, équipé de volets d'intrados (dont certains appareils américains furent aussi dotés), fut livrée à la Chine, qui aligna 11 P-26, engagés par la suite contre les forces japonaises. Un unique appareil fut envoyé en Espagne.

Durant la guerre, les P-26 affrontèrent les forces japonaises aux Philippines, une trentaine d'appareils ayant été cédés aux forces aériennes philippines. Beaucoup furent détruits au sol, les autres n'ayant que peu de succès face aux appareils nippons. On relava cependant plusieurs victoires aériennes, essentiellement contre des bombardiers. En Chine, les P-26 servirent à la défense de l'espace aérien chinois, contre les raids de l'aéronavale japonaise. Plusieurs combats eurent ainsi lieu contre des Mitsubishi A5M et des bombardiers à long rayon d'action, durant les années 1937-1938.

Le dernier appareil américain fut déclassé en 1942. Les sept appareils livrés au Guatemala en 1942-1943 restèrent en service longtemps après la Seconde Guerre Mondiale, jusqu'en 1957, en tant que chasseurs puis comme appareils d'entraînement.

La production s'échelonna de 1932 à 1936. Elle porta sur environ 150 exemplaires.

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Caractéristiques :

Version :

Boeing P-26A

Type :

Chasseur

Motorisation :

1 Pratt & Whitney Wasp R-1340-27 refroidi par air, de 9 cylindres en étoile, de 600 ch

Poids :

A vide : 1 030 kg
Maximal au décollage : 1 525 kg

Performances:

Vitesse maximale : 364 km/h à 4 570 mètres
Temps de montée à 4 570 mètres : 8 minutes
Plafond pratique : 8 500 mètres
Distance franchissable : 917 km

Dimensions :

Envergure : 8,52 mètres
Longueur : 7,19 mètres (j'ai aussi 7,26)
Hauteur : 3,06 mètres
Surface alaire : 13,89 mètres carrés

Armement :

2 mitrailleuses Browning M2 de 7,62 mm ou une Browning M2 et une Browning M 1921 de 12,7
mm
Jusqu'à 100 kg de bombes

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Images :

:arrow: Plan trois vues en couleur
:arrow: Alignement de P-26A au sol
:arrow: Vue de l'intérieur du cockpit
Re: Boeing P-26 à 23/07/2012 09:12 JFF
Je lui ai toujours trouvé une gueule sympathique.
Un petit aspect de "zinc de cirque" ou bien un avion tel que peut en dessiner un gosse, mal-proportionné, et avec des couleurs digne de chez Barnumm !

Comme beaucoup de chasseurs de l'époque, qui recherchaient la maniabilité à tout prix, il était difficile à piloter, car centré très arrière. D'où les multiples problèmes qu'il eu, sa facilité de se mettre en pylône à l'atterrissage, ou bien sa propension à partir en vrille.
Re: Boeing P-26 à 23/07/2012 12:26 ciders
C'est vrai qu'avec les couleurs de l'époque, il ressemblait à un vrai jouet. Après, ça reste un appareil intermédiaire.

Selon certaines sources, le P-26 aurait abattu quelques Zeros aux Philippines. Mais je n'ai pas cherché beaucoup sur cette voie, donc je ne peux pas confirmer.
Re: Boeing P-26 à 24/08/2012 20:34 Clansman
Barnum est sur le site

C'est vrai qu'il a une bouille sympa. :)
Re: Boeing P-26 à 24/08/2012 20:51 stanak

ciders a écrit

Selon certaines sources, le P-26 aurait abattu quelques Zeros aux Philippines. Mais je n'ai pas cherché beaucoup sur cette voie, donc je ne peux pas confirmer.
http://en.wikipedia.org/wiki/Jes%C3%BAs_A._Villamor
Villamor aurait abattu 2 A6M avec son P-26
Re: Boeing P-26 à 29/08/2012 23:25 ciders
En 1941, au sommet de l'efficacité des pilotes japonais… sur un coup de pot peut-être ? On a bien une victoire d'un T-6 sur un Zero (en 1943 me semble t-il).
Re: Boeing P-26 à 07/06/2016 07:48 stanak
P-26D (réplique)
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires