Rappels

Histoire de l'appareil

A la fin de la seconde guerre mondiale, Max Holste dessine un biplace de tourisme à moteur Renault, le MH-52.
Aux allures modernes avec son aile basse, son train tricycle et son empennage bi-dérive, il vole pour la première fois en août 1945 et fait l’objet d’une construction en série en 1947.

Ce succès, plus technique que commercial, encourage Max Holste à entreprendre en 1950 l'étude d'un avion à tout faire sous tous les climats, de conception simple et de fabrication aisée, dont l'issue donna naissance au MH.150.
Le but visé est d’assurer en quelque sorte la succession du Morane MS-500 « Criquet » (ex Fi 156 « Storch »).

L'Armée de Terre manifesta son intérêt pour un appareil destiné à l'observation d'artillerie, et le constructeur adapta sa réalisation au cahier des charges exigé, en créant le MH.152, doté d'un moteur Salmson-Argus de 220 Ch. Bien que sous-motorisé, l'engin était prometteur, et l'état-major de l'ALAT demanda avec insistance le développement d'un avion national de servitude multi-rôles , plus "musclé", plus "personnel" et donc bien distinct de la référence communément admise à l’époque, le De Havilland Canada DHC-2 Beaver.

De son côté l'état-major de l'Armée manifesta à nouveau son intérêt pour ce type de machine et envisagea une commande de 400 exemplaires qui pourraient satisfaire ses besoins, notamment en Indochine. .

En fonction des divers critères formulés, la firme mit au point un monomoteur entièrement métallique, à aile haute mâtée, à double dérive –disposition inhabituelle à l'époque sur ce type d'appareil – et train d'atterrissage classique fixe particulièrement robuste, qui permettait un pilotage à la fois précis à vitesse réduite et sans grande difficulté pour se poser, même sur une piste non aménagée ou pour un personnel peu qualifié. Il fut équipé d'un ancien moteur Pratt & Whitney R. 985 radial à refroidissement par air de 450 Ch, conçu dans les années 30, que la firme américaine remit en fabrication spécialement pour la circonstance.

Désigné MH.1521 "Avion de brousse", le prototype vola pour la première fois le 17 novembre 1952 à Reims-St Léonard, aux mains du pilote Pierre Henry et de Max Holste, et acquit alors son véritable surnom de « Broussard ».

La série porta sur un total de 366 exemplaires, sans compter les prototypes et préséries, dont 47 M.H 1521C (civils). En dehors de l'Armée de l'Air, de l'Aéronavale et de l'ALAT , le Broussard a été en service dans une quinzaine de pays essentiellement africains, à titre militaire et chez plus d'une vingtaine d'utilisateurs civils, français comme étrangers.

Les différentes configurations du MH1521 :

L’avion peut être aménagé dans diverses configurations :

- liaison, comprenant 6 sièges.
- poste de commandement volant avec équipement radio.
- observation avec appareils photos embarqués.
- sanitaire avec 1 ou 2 civières
- "gunship" avec une mitrailleuse AA.52 de calibre 7,5mm.
- lance-grenades (fumigènes).
- parachutistes (6 paras max par rotation)

La vie opérationnelle :

L'Armée de l'Air a utilisé le Broussard de 1956 à 1987, l'ALAT de 1957 à 1993, toutes deux au sein de nombreuses unités, en Afrique du Nord, en Afrique noire et en métropole (Le MH 1521 arriva trop tard pour la guerre d’Indochine).

Aux côtés d'avions célèbres comme les T.6 américains ou les MS-733 français, les qualités du MH-1521 lui valurent d'être employé dans des opérations de lutte anti-guérilla par les armées de l'Air comme de Terre - Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) où 46 appareils furent employés.

La Marine en a mis en oeuvre 3 appareils essentiellement pour la liaison de 1957 à 1970.
La DCAN (DGA) en employa quelques uns à partir de 1968 et en fut le dernier utilisateur d'Etat.
De nombreux exemplaires connurent une nouvelle vie dans le civil, notamment pour une version agricole. Sa faible vitesse de vol en fait également un bon moyen pour l’épandage ou le largage pour le parachutisme civil.

Les exportations :

Après le retrait des derniers appareils en France, une cinquantaine de Broussard furent « légués » à des états comme le Dahomey (Bénin), le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République populaire du Congo, le Gabon, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, le Maroc, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Haute-Volta (Burkina-Faso).


Texte de Foxkilo2, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Max Holste MH-152 : Prototype, moteur Salmson 8 As.04.
  • Max Holste MH-1521 : Prototypes et appareils de présérie, 26 exemplaires.
  • Max Holste MH-1521C : Version civile, 47 exemplaires.
  • Max Holste MH-1521M : Version militaire, 318 exemplaires.

Max Holste MH-1521M voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 700 kg (5 952 lbs)
  • Masse à vide : 1 530 kg (3 373 lbs)
  • Surface alaire : 25,2 m² (271,251 sq. ft)
  • Hauteur : 3,67 m (12,041 ft)
  • Envergure : 13,75 m (45,112 ft)
  • Longueur : 8,65 m (28,379 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 1 200 km (746 mi, 648 nm)
  • Plafond opérationnel : 5 500 m (18 045 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 6 m/s (20 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 270 km/h (168 mph, 146 kts)
  • Charge alaire, à vide : 60,714 kg/m² (12,435 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 107,143 kg/m² (21,945 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à pistons Pratt & Whitney R-985-AN-1
  • Puissance unitaire : 336 kW (456 ch, 450 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Max Holste 1521 à 22/12/2010 17:17 foxkilo02
Allez hop, une petite fiche sur le "tracteur" .
Un appareil qui faisait beaucoup de bruits mais qui n'a pas fait de grosses vagues malgré sa longévité :mrgreen:
J'attends vos commentaires !

Origine du MH1521.

A la fin de la seconde guerre mondiale, Max Holste dessine un biplace de tourisme à moteur Renault, le MH-52.
Aux allures modernes avec son aile basse, son train tricycle et son empennage bi-dérive, il vole pour la première fois en août 1945 et fait l’objet d’une construction en série en 1947.

Ce succès, plus technique que commercial, encourage Max Holste à entreprendre en 1950 l'étude d'un avion à tout faire sous tous les climats, de conception simple et de fabrication aisée, dont l'issue donna naissance au MH.150.
Le but visé est d’assurer en quelque sorte la succession du Morane MS-500 « Criquet » (ex Fi 156 « Storch »).

L'Armée de Terre manifesta son intérêt pour un appareil destiné à l'observation d'artillerie, et le constructeur adapta sa réalisation au cahier des charges exigé, en créant le MH.152, doté d'un moteur Salmson-Argus de 220 Ch. Bien que sous-motorisé, l'engin était prometteur, et l'état-major de l'ALAT demanda avec insistance le développement d'un avion national de servitude multi-rôles , plus "musclé", plus "personnel" et donc bien distinct de la référence communément admise à l’époque, le De Havilland Canada DHC-2 Beaver.
De son côté l'état-major de l'Armée manifesta à nouveau son intérêt pour ce type de machine et envisagea une commande de 400 exemplaires qui pourraient satisfaire ses besoins, notamment en Indochine. .

En fonction des divers critères formulés, la firme mit au point un monomoteur entièrement métallique, à aile haute mâtée, à double dérive –disposition inhabituelle à l'époque sur ce type d'appareil – et train d'atterrissage classique fixe particulièrement robuste, qui permettait un pilotage à la fois précis à vitesse réduite et sans grande difficulté pour se poser, même sur une piste non aménagée ou pour un personnel peu qualifié. Il fut équipé d'un ancien moteur Pratt & Whitney R. 985 radial à refroidissement par air de 450 Ch, conçu dans les années 30, que la firme américaine remit en fabrication spécialement pour la circonstance. Désigné MH.1521 "Avion de brousse", le prototype vola pour la première fois le 17 novembre 1952 à Reims-St Léonard, aux mains du pilote Pierre Henry et de Max Holste, et acquit alors son véritable surnom de « Broussard ».
La série porta sur un total de 366 exemplaires, sans compter les prototypes et préséries, dont 47 M.H 1521C (civils). En dehors de l'Armée de l'Air, de l'Aéronavale et de l'ALAT , le Broussard a été en service dans une quinzaine de pays essentiellement africains, à titre militaire et chez plus d'une vingtaine d'utilisateurs civils, français comme étrangers.

Les différentes configurations du MH1521:

L’avion peut être aménagé dans diverses configurations :
:arrow: liaison, comprenant 6 sièges.
:arrow: poste de commandement volant avec équipement radio.
:arrow: observation avec appareils photos embarqués.
:arrow: sanitaire avec 1 ou 2 civières
:arrow: "gunship" avec une mitrailleuse A.A. 52 de calibre 7,5mm.
:arrow: lance-grenades (fumigènes).
:arrow: parachutistes (6 paras max par rotation)


La vie opérationnelle :

L'Armée de l'Air a utilisé le Broussard de 1956 à 1987, l'ALAT de 1957 à 1993, toutes deux au sein de nombreuses unités, en Afrique du Nord, en Afrique noire et en métropole. (Le MH 1521 arriva trop tard pour la guerre d’Indochine.
Aux côtés d'avions célèbres comme les T.6 américains ou les MS-733 français, les qualités du MH-1521 lui valurent d'être employé dans des opérations de lutte anti-guérilla par les armées de l'Air comme de Terre - Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) où 46 appareils furent employés.
La Marine en a mis en oeuvre 3 appareils essentiellement pour la liaison de 1957 à 1970.
La DCAN (DGA) en employa quelques uns à partir de 1968 et en fut le dernier utilisateur d'Etat.
De nombreux exemplaires connurent une nouvelle vie dans le civil, notamment pour une version agricole. Sa faible vitesse de vol en fait également un bon moyen pour l’épandage ou le largage pour le parachutisme civil.

Les exportations :

Après le retrait des derniers appareils en France, une cinquantaine de Broussard furent « légués » à des états comme le Dahomey (Bénin), le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République populaire du Congo, le Gabon, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, le Maroc, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Haute-Volta (Burkina-Faso).

Les caractéristiques :

Rôle : Avion de liaison et d'observation
Constructeur: Max Holste
Date du premier vol : 17 novembre 1952
Date de mise en service juin 1954
Nombre d’appareils construits : 366 exemplaires
Années de production : 1953-1961
Équipage : 1 ou 2
Motorisation : 1 moteur Pratt & Whitney R. 985-AN.1 radial de 450 ch
Envergure 13.75 m
Longueur : 8.60 m
Hauteur : 3.67 m
Surface alaire : 25,2 m2
Masses a vide : 1530 kg
Masse max. 2700 kg
Carburant : essence 90/96 ou 100/130
Consommation : 85 litres/heure

Les performances
Vitesse maximale : 270 km/h
Plafond : 5 500 m
Vitesse de croisière : 180 km/h
Vitesse ascensionnelle : 360 m/mn
Distance de décollage : 200 m
Distance franchissable 1200 km
Charge Utile : 500 kg de fret ou 5 à 7 passagers

La petite histoire …
Max Holste, après le relatif succès du Broussard, conçut le Super Broussard (N260), précurseur du N262 développé par Nord Aviation.
Son directeur commercial était à cette époque, l’as français Pierre Clostermann.
En 1960, Cessna entre au capital de la société Max Holste et change la raison sociale du constructeur qui devint Reims-Aviation deux ans plus tard.
Max Holste quitte alors ses fonctions et tente une aventure au Maroc, sans suites sérieuses. C’est au Brésil qu’il fut le fondateur de ce qui est devenu depuis la célèbre Société EMBRAER, fleuron de l’industrie aéronautique brésilienne :roll:.
Il s’éteint en 1998 dans le plus grand anonymat…


Les appareils comparables et contemporains:

Cessna L19E « Bird dog » ou « jeep ailée » (utilisée en France de 1959 à 1993)
Nord 3400 « norbarbe » (1959 à 1970)
SNCAN NC-856A NORVIGIE « fouille merde » (1954 à 1965).
Re: Max Holste 1521 à 22/12/2010 17:42 ciders
Alors, de ce qu'en dit Tom Cooper (faut bien que je rentabilise mon achat) :

- Haute-Volta : 3 appareils
- Congo-Brazzaville : 2 appareils
- Côte d'Ivoire : 7 appareils
Re: Max Holste 1521 à 23/12/2010 16:25 foxkilo02
Lors de mes recherches, voici ce que j'avais trouvé comme chiffres :
(origines: worldairforce, scramble, xairforce …)

:arrow: Argentine : 10 appareils (de 1957 à 1988)
:arrow: Bénin : 5 appareils (utilisés de 1960 à 1994)
:arrow: Cameroun : 7 appareils (de 1961 à 1997) dont le CN 151 TJ-XAE
:arrow: Congo : 3 appareils (de 1960 à 1994)dont le CN 129 TN-KAE
:arrow: Côte d’Ivoire : 7 appareils (de 1961 à 1983)
:arrow: Gabon : 5 appareils (de 1960 à 1983) dont le CN 101 TR-KAB
:arrow: Haute-Volta (Burkina Faso) : 3 appareils (de 1965 à 1998)
:arrow: Mali : 2 appareils (de 1961 à 1973)
:arrow: Maroc : 6 appareils (de 1956 à 1998) CN 47, 61, 63, 92, 105,119, 152.
:arrow: Madagascar :11? appareils (de 1961 à 1994) dont les CN 237 5RMNC et 243
:arrow: Mauritanie : 6 appareils (de 1960 à 1998) dont le CN 150
:arrow: Niger : 4 appareils (de 1960 à 1994)
:arrow: Portugal : 5 appareils (de 1961 à 1975)
:arrow: République Centrafricaine : 8 appareils (de 1960 à 1998) dont les CN 81 TL-KAK,222 TL-KAF,231 TL-KAG et 302 TL-KAG
:arrow: Sénégal : 5 appareils (de 1961 à 2005). CN 188, 194, 209, 210 et 313
:arrow: Tchad : 5 appareils (de 1961 à 1997) dont les CN 140 TT-KAE,153 TT-KAF et 203
:arrow: Togo : 4 appareils (de 1963 à 1973) CN 112, 199, 230 et 310
Re: Max Holste 1521 à 24/12/2010 08:36 Polo

foxkilo02 a écrit

:arrow: Haute-Volta (Burkina Faso) : 3 appareils (de 1965 à 1998)


MH.1521 M Broussard (XT-MAC), livré le 22 Janvier 1965, retiré en 1998
MH.1521 M Broussard (XT-MAE), livré le 22 Janvier 1965, retiré en 1998
MH.1521 M Broussard (XT-MAF), livré en 1967, retiré en 1998

;)
Re: Max Holste 1521 à 27/12/2010 20:44 foxkilo02
Merci Polo pour ces informations.
Maintenant si tu avais les CN associés, ce serait parfait :mrgreen:
J'en ai profité pour mettre à jour quelques MH supplémentaires trouvés ça et là sur le Net.
Re: Max Holste 1521 à 27/12/2010 22:14 ciders
Si j'en crois ce site de passionnés:

- au Gabon, sur l'aéroport de Libreville, le numéro 101 est immatriculé TR-KAB
- à Madagascar, sur l'aéroport d'Ivato, on trouve un appareil, numéro 243
- au Sénégal, le 209 est réduit à l'état d'épave. Il se trouve sur l'aéroport de Dakar

L'Argentine a acheté en 1958 10 appareils, retirés du service au milieu des années 1990. Le Portugal en a aussi acquis quelques uns.
Re: Max Holste 1521 à 28/12/2010 10:37 demi-dieu
Bonjour,
Juste quelques mots en marge de cet article pour vous signaler une image peu connue de deux Broussards survolant un des premiers défilé d'indépendance de la Haute-Volta (photo d'avant 1963) sur le site "Images du passé en Afrique de l'Ouest" [idpao.com], rubrique "Haute-Volta" et photo légendée "Ouagadougou fête l'indépendance de la Haute-Volta au début des années 1960".
Mais aussi un beau livre sur le sujet (Broussard de Thierry Gibaud aux éditions ETAI) actuellement bradé à 18 euros par le soldeur de livre "Mona lisait" à Paire rue St Martin.
Cordialement.
Re: Max Holste 1521 à 28/12/2010 11:21 foxkilo02
Merci à tous pour vos retours. J'ai édité mon "tableau" et intégré vos remarques ;)
Re: Max Holste 1521 à 29/12/2010 18:21 Clansman
Une fiche pour le tracteur

Beau travail, FK. ;)
Re: Max Holste 1521 à 29/12/2010 18:30 MAVERICKdu13

Clansman a écrit

Une fiche pour le tracteur

Beau travail, FK. ;)

Tout pareil , mazette !!!!! :costaud:
Re: Max Holste 1521 à 07/04/2012 21:29 foxkilo02
Une photo du Broussard n°251 exposé à l'EALAT du Luc, prise il y a 1 mois environ.
Image
Max Holste 1521 Broussard à 07/04/2012 23:21 stanak
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Re: Max Holste 1521 à 08/04/2012 10:47 foxkilo02
Ok, ok Stanak, je m'incline … :mrgreen:
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires