Rappels

Histoire de l'appareil

Le Westland Lysander reste célèbre aujourd'hui pour avoir infiltrer ou exfiltrer des agents en territoire occupé pendant la seconde guerre mondiale, particulièrement en France. Ces opérations se faisaient de nuit et nécessitaient des capacités ADAC.

Le Lysander fut conçu par Arthur Davenport sous la direction de Teddy Petter. Alors désigné P.8, il devait répondre à la spécification A.39/34 de 1934, qui visait à remplacer les Hawker Hector. L'appareil devait servir à la coopération inter-armes, en clair au réglage d'artillerie, ainsi qu'à la liaison. Petter interrogea les pilotes de la RAF pour connaître leurs désirs, et il en résultat que l'appareil devait disposer d'un excellent champ de vision, de capacités ADAC et de bonnes capacités de vol à faible vitesse.

Le résultat fut un appareil dont la conception faisait ancienne : train classique fixe, aile haute qui donnait la fausse impression d'être en mouette, moteur Bristol Mercury à refroidissement par air, construction métallique mais ailes entoilées. Mais malgré les apparences, il était avancé et ses dispositifs hypersustentateurs lui donnaient une vitesse de décrochage de seulement 104 km/h.

Il effectua son vol inaugural le 15 juin 1936 et fut mis en concurrence avec le Bristol 148 : deux prototypes de chacun furent commandés. Le Lysander fut rapidement déclaré vainqueur et fit l'objet d'un contrat de production en septembre 1936, pour 144 exemplaires.

Le Lysander, ainsi nommé en référence au général spartiate Lysandre, entra en service en juin 1938 au sein du squadron n° 16 et fut affecté à des unités dont la tâche était le réglage d'artillerie et le largage de messages. Lors de la déclaration de guerre, les Mk II supplantaient les Mk I, ces derniers étant alors affectés au Moyen-Orient ou en Birmanie.

4 escadrons furent affectés au corps expéditionnaire britannique en octobre 1939. Lors de la bataille de France, ils servirent à la reconnaissance et à l'attaque au sol légère. Malgré quelques victoires aériennes, ils furent vulnérables à la Luftwaffe, même escortés. Sur 175 appareils déployés en mai et juin 1940, 118 furent perdus. Dans le pur rôle de reconnaissance, ils furent remplacés par des P-40 et P-51, et dans le rôle de réglage d'artillerie par des Auster. Il commença alors à servir dans des missions SAR, en larguant des dinghys aux pilotes abattus dans la Manche.

Dès août 1941, un escadron destiné aux missions spéciales fut formé, le n°138. Il s'agissait de permettre aux agents du SOE de maintenir le contact avec les résistants en France occupée. Le Lysander III fut sélectionné afin de remplir cette mission, et modifié avec une échelle fixée et un réservoir supplémentaire sous le ventre. Peints en noir, ils n'opéraient que les nuits de pleine lune. Ils permirent d'infiltrer ou d'exfiltrer des agents, ou des pilotes abattus, jusqu'en 1944. Le squadron 138 fut rejoint par le squadron 191 début 1942. 101 agents furent inflitrés et 128 autres récupérés. Quand à la Luftwaffe, elle connaissait peu cet appareil, qu'elle chercha à étudier. L'unique Lysander capturé intact, en mars 1942, fut détruit lorsqu'un train percuta le camion qui le transportait.

Les Forces aériennes Françaises Libres utilisèrent 24 Lysander à partir du 29 août 1940, au sein du Groupe Mixte de Combat 1 basé à RAF Odiham. Ils servirent à emmener des gaullistes chargés de convaincre les autorités du Cameroun, du Gabon et du Tchad de rejoindre la France Libre. Leurs missions fut essentiellement de la reconnaissance, parfois de l'attaque au sol.

Le Canada fit construire le Lysander sous licence par National Steel Car, à partir d'octobre 1938. Le premier des 225 exemplaires construits vola en août 1939. Ils furent rejoints par 104 autres exemplaires construits en Grande-Bretagne. Là-aussi, ils servirent dans des missions de coopération avec les troupes au sol, ou de remorquage de cibles.

La Fleet Air Arm utilisa 18 Lysander. Il fut également vendu à la Finlande (4 Mk I et 9 Mk III), à l'Egypte (18 Mk I, utilisés jusqu'en 1951, et 2 Mk III), à l'Inde (22 Lysander II), à l'Irlande (6 Mk II), au Portugal (8 Mk IIIA), à la Turquie (36 Mk II) et aux USA (25, pour des missions d'entraînement). Un escadron polonais de la RAF, le N° 309 "Land of Czerwien", l'utilisa. Les volontaires birmans reçurent 5 Lysander Mk II.

Il fut retiré du service de la RAF en 1946 et les exemplaires égyptiens furent les derniers à être utilisés en service, en 1948 contre Israël. Nombre de surplus furent revendus sur le marché civil après-guerre.

1786 exemplaires furent construits. Une vingtaine ont survécu de nos jours, exposés et deux en état de vol.

Versions référencées

  • Westland Lysander Mk I : Moteur Bristol Mercury XII de 890 hp, 2 mitrailleuses Browning de 7,7 mm dans les carénages de roue et une mitrailleuse Lewis ou Vickers K à l'arrière du cockpit. Jusqu'à 227 kg de bombes, en général 4 bombes de 9 kg.
  • Westland Lysander Mk II : Moteur Bristol Perseus XII de 905 hp.
  • Westland Lysander Mk III : Bristol Mercury XX de 870 hp, 1 mitrailleuse Browning jumelée à l'arrière du cockpit. 350 exemplaires livrés à partir de juillet 1940.
  • Westland Lysander Mk IIIA : Similaire au Mk III, avec une mitrailleuse Lewis jumelée à l'arrière du cockpit.
  • Westland Lysander Mk III SCW : Version destinée aux opérations spéciales (échelle fixe, réservoir ventral).
  • Westland Lysander TT Mk I : Mk I convertis pour le remorquage de cibles.
  • Westland Lysander TT Mk II : Mk II convertis pour le remorquage de cibles.
  • Westland Lysander TT Mk III : Mk III modifiés pour le remorquage de cibles.
  • Westland Lysander TT Mk IIIA : Version construite spécialement pour le remorquage de cibles, 100 exemplaires.
  • Westland P.12 Lysander Delanne : Version construite comme chasseur.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Westland Lysander Mk III voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 871 kg (6 330 lbs)
  • Masse à vide : 1 980 kg (4 365 lbs)
  • Surface alaire : 24 m² (260 sq. ft)
  • Hauteur : 4,45 m (14,6 ft)
  • Envergure : 15 m (50 ft)
  • Longueur : 9,327 m (30,6 ft)

Performances

  • Distance de décollage : 279 m (915 ft)
  • Distance franchissable : 966 km (600 mi, 521 nm)
  • Plafond opérationnel : 6 553 m (21 500 ft)
  • Vitesse maximale HA : 341 km/h (212 mph, 184 kts)
  • Charge alaire, à vide : 81,968 kg/m² (16,788 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 118,868 kg/m² (24,346 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Bristol-Siddeley Mercury XX
  • Puissance unitaire : 649 kW (882 ch, 870 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Westland Lysander à 05/11/2012 17:07 stanak
Monomoteur de liaison et de reconnaissance de construction britannique,
mis en service en 1938, produit à 1786 exemplaires.

Westland Lysander III de 1942 aux couleurs de la RAF
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Re: Westland Lysander à 07/11/2012 07:49 Clansman
Le Westland Lysander reste célèbre aujourd'hui pour avoir infiltrer ou exfiltrer des agents en territoire occupé pendant la seconde guerre mondiale, particulièrement en France. Ces opérations se faisaient de nuit et nécessitaient des capacités ADAC.

Le Lysander fut conçu par Arthur Davenport sous la direction de Teddy Petter. Alors désigné P.8, il devait répondre à la spécification A.39/34 de 1934, qui visait à remplacer les Hawker Hector. L'appareil devait servir à la coopération inter-armes, en clair au réglage d'artillerie, ainsi qu'à la liaison. Petter interrogea les pilotes de la RAF pour connaître leurs désirs, et il en résultat que l'appareil devait disposer d'un excellent champ de vision, de capacités ADAC et de bonnes capacités de vol à faible vitesse.

Le résultat fut un appareil dont la conception faisait ancienne : train classique fixe, aile haute qui donnait la fausse impression d'être en mouette, moteur Bristol Mercury à refroidissement par air, construction métallique mais ailes entoilées. Mais malgré les apparences, il était avancé et ses dispositifs hypersustentateurs lui donnaient une vitesse de décrochage de seulement 104 km/h.

Il effectua son vol inaugural le 15 juin 1936 et fut mis en concurrence avec le Bristol 148 : deux prototypes de chacun furent commandés. Le Lysander fut rapidement déclaré vainqueur et fit l'objet d'un contrat de production en septembre 1936, pour 144 exemplaires.

Le Lysander, ainsi nommé en référence au général spartiate Lysandre, entra en service en juin 1938 au sein du squadron n° 16 et fut affecté à des unités dont la tâche était le réglage d'artillerie et le largage de messages. Lors de la déclaration de guerre, les Mk II supplantaient les Mk I, ces derniers étant alors affectés au Moyen-Orient ou en Birmanie.

4 escadrons furent affectés au corps expéditionnaire britannique en octobre 1939. Lors de la bataille de France, ils servirent à la reconnaissance et à l'attaque au sol légère. Malgré quelques victoires aériennes, ils furent vulnérables à la Luftwaffe, même escortés. Sur 175 appareils déployés en mai et juin 1940, 118 furent perdus. Dans le pur rôle de reconnaissance, ils furent remplacés par des P-40 et P-51, et dans le rôle de réglage d'artillerie par des Auster. Il commença alors à servir dans des missions SAR, en larguant des dinghys aux pilotes abattus dans la Manche.

Dès août 1941, un escadron destiné aux missions spéciales fut formé, le n°138. Il s'agissait de permettre aux agents du SOE de maintenir le contact avec les résistants en France occupée. Le Lysander III fut sélectionné afin de remplir cette mission, et modifié avec une échelle fixée et un réservoir supplémentaire sous le ventre. Peints en noir, ils n'opéraient que les nuits de pleine lune. Ils permirent d'infiltrer ou d'exfiltrer des agents, ou des pilotes abattus, jusqu'en 1944. Le squadron 138 fut rejoint par le squadron 191 début 1942. 101 agents furent inflitrés et 128 autres récupérés. Quand à la Luftwaffe, elle connaissait peu cet appareil, qu'elle chercha à étudier. L'unique Lysander capturé intact, en mars 1942, fut détruit lorsqu'un train percuta le camion qui le transportait.

Les Forces aériennes Françaises Libres utilisèrent 24 Lysander à partir du 29 août 1940, au sein du Groupe Mixte de Combat 1 basé à RAF Odiham. Ils servirent à emmener des gaullistes chargés de convaincre les autorités du Cameroun, du Gabon et du Tchad de rejoindre la France Libre. Leurs missions fut essentiellement de la reconnaissance, parfois de l'attaque au sol.

Le Canada fit construire le Lysander sous licence par National Steel Car, à partir d'octobre 1938. Le premier des 225 exemplaires construits vola en août 1939. Ils furent rejoints par 104 autres exemplaires construits en Grande-Bretagne. Là-aussi, ils servirent dans des missions de coopération avec les troupes au sol, ou de remorquage de cibles.

La Fleet Air Arm utilisa 18 Lysander. Il fut également vendu à la Finlande (4 Mk I et 9 Mk III), à l'Egypte (18 Mk I, utilisés jusqu'en 1951, et 2 Mk III), à l'Inde (22 Lysander II), à l'Irlande (6 Mk II), au Portugal (8 Mk IIIA), à la Turquie (36 Mk II) et aux USA (25, pour des missions d'entraînement). Un escadron polonais de la RAF, le N° 309 "Land of Czerwien", l'utilisa. Les volontaires birmans reçurent 5 Lysander Mk II.

Il fut retiré du service de la RAF en 1946 et les exemplaires égyptiens furent les derniers à être utilisés en service, en 1948 contre Israël. Nombre de surplus furent revendus sur le marché civil après-guerre.

1786 exemplaires furent construits. Une vingtaine ont survécu de nos jours, exposés et deux en état de vol.


Versions :

Mk I : Moteur Bristol Mercury XII de 890 hp, 2 mitrailleuses Browning de 7,7 mm dans les carénages de roue et une mitrailleuse Lewis ou Vickers K à l'arrière du cockpit. Jusqu'à 227 kg de bombes, en général 4 bombes de 9 kg.

TT Mk I : Mk I convertis pour le remorquage de cibles.

Mk II : Moteur Bristol Perseus XII de 905 hp.

TT Mk II : Mk II convertis pour le remorquage de cibles.

Mk III : Bristol Mercury XX de 870 hp, 1 mitrailleuse Browning jumelée à l'arrière du cockpit. 350 exemplaires livrés à partir de juillet 1940.

Mk IIIA : Similaire au Mk III, avec une mitrailleuse Lewis jumelée à l'arrière du cockpit.

Mk III SCW : Version destinée aux opérations spéciales.

TT Mk III : Mk III modifiés pour le remorquage de cibles.

TT Mk IIIA : Version construite spécialement pour le remorquage de cibles, 100 exemplaires.

P.12 Lysander Delanne : Version construite comme chasseur avec des ailes en tandem et une tourelle Nash & Thomson à 4 mitrailleuses en queue. Elle ne dépassa pas le stade du prototype, testé en vol avec une maquette de la tourelle. En 1940, un exemplaire fut testé avec des canons de 20 mm en place des mitrailleuses dans les carénages de roues. Les exemplaires de série correspondant devaient attaquer les troupes allemandes en cas d'invasion.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Westland_Lysander

http://www.avionslegendaires.net/westland-lysander.php

http://en.wikipedia.org/wiki/Westland_Lysander

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Westland_Lysander_operators

http://www.warbirdalley.com/lysander.htm

http://www.pilotfriend.com/photo_albums/timeline/ww2/Westland%20Lysander.htm

http://www.bharat-rakshak.com/IAF/History/1940s/Lysander.html

http://www.airliners.net/search/photo.search?aircraft_genericsearch=Westland%20Lysander
Re: Westland Lysander à 07/11/2012 10:15 Clansman
La fiche sur le site
Re: Westland Lysander à 07/11/2012 22:10 cachée dans les pins
bin…. la question-on du jour…

:interr: pourquoi les cocardes et lettres me paraissent-elles si GRANDES?
Re: Westland Lysander à 08/11/2012 09:26 Jericho

cachée dans les pins a écrit

bin…. la question-on du jour…

:interr: pourquoi les cocardes et lettres me paraissent-elles si GRANDES?
C'est pour qu'on les voie de plus loin, mon enfant…
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires