Rappels

Histoire de l'appareil

L'industrie aéronautique japonaise avant 1945 est souvent appréhendée à partir de ses principales entreprises, telles que Kawasaki, Mitsubishi ou Nakajima. Toutefois, face à ces géants, il existait aussi des sociétés plus petites, souvent opérant comme sous-traitants des précédents, mais qui purent aussi à l'occasion proposer leurs propres appareils à l'Armée ou à la Marine impériale. Kokusaï fut de ceux-là.

Dans les années 1930, un homme d'affaires japonais, Junkichi Terada, avait investi dans une petite société, la Nippon Kôkû Kogyô K.K, et y avait financé la conception de quelques projets d'aéronefs, dont le TK-3 (qui deviendrait par la suite le Kokusaï Ki-59). Cette société devait fusionner à l'été 1941 avec une autre entreprise, pour devenir la Nihon Kokusaï Kôkû Kogyô K.K. C'est de là que fut issu un des appareils japonais les plus mal connus, le Ki-76.

Au début des années 1940, l'Armée impériale demanda à la société de Terada de développer un appareil léger, destiné à remplir des missions de liaison et d'observation d'artillerie. Les travaux furent confiés à l'ingénieur Kozo Masuhara. Celui-ci décida de s'inspirer d'un appareil déjà existant, et qui avait fait ses preuves, le déjà célèbre Fieseler Fi.156 Storch, alors mis en œuvre par la Luftwaffe allemande. Il semble cependant qu'il ne put travailler directement sur le Storch, aucun appareil de ce type n'ayant a priori été importé au Japon à cette date.

A l'été 1941, un Storch parvint finalement au Japon. Il put être comparé au premier prototype du Ki-76, alors désigné comme appareil de commandement et de liaison type 3, prototype qui avait effectué son premier vol en mai. Ces essais démontrèrent la validité des travaux de Masuhara : le Ki-76 démontra qu'il avait des performances supérieures à celle du Storch, dans de nombreux domaines. La suite des essais ne révélant aucun problème majeur, l'Armée impériale autorisa Kokusaï à lancer la production en série. Les premiers appareils entrèrent en service à l'automne 1942.

Bien qu'inspiré du Storch, le Ki-76 était un avion différent sur bien des points. Il s'agissait d'un appareil monoplan, avec une voilure montée en position haute, qui dégageait le haut du cockpit. Le train d'atterrissage, non escamotable, se composait d'une roulette de queue et de deux grandes jambes de train (légèrement "pliées" près des roues), dont l'armature était fixée à la voilure. Les roues n'étaient pas carénées. A la différence du Storch, le Ki-76 utilisait des volets Fowler, qui lui accordaient également de bonnes capacités de décollage et d'atterrissage court.

Pour la motorisation, Kokusaï choisit un moteur en étoile, de type Ha-42, entraînant une hélice métallique bipale, à pas fixe. Ce moteur, d'une puissance supérieure à celle de l'Argus du Storch, n'assurait que des performances réduites (vitesse maximale inférieure à 200 km/h, par exemple). Cela suffisait cependant pour la plupart des missions que furent assignées au Ki-76.

L'armement fut réduit au strict minimum. Pour sa défense, l'équipage de l'avion ne disposait que d'une unique mitrailleuse, montée à l'arrière du cockpit. Face à des chasseurs ou à des canons antiaériens, le Ki-76 représentait une cible facile. Ceci étant, l'appareil n'était pas censé se retrouver face à des avions ennemis.

Malgré tout, le Ki-76 répondait exactement aux besoins de l'Armée impériale. Il fut mis en ligne dans le cadre de missions de liaison, d'observation d'artillerie, voire de reconnaissance tactique, au sein d'escadrilles spécialisées de commandement et de reconnaissance (les Dokuritsu Hikô-Chûtaï). Ils pouvaient également, si nécessaire, attaquer des cibles peu défendues, avec une charge extérieure maximale de 120 kilos. Les Alliés lui attribuèrent le nom de code Stella.

Il faut également noter que plusieurs Ki-76 servirent dans le cadre de missions anti-sous-marines. En effet, l'Armée impériale avait acheté trois porte-aéronefs au début du conflit, qui lui servaient notamment à transporter des appareils d'un endroit à un autre. L'un d'entre eux, baptisé Akitsu-Maru, fut engagé comme porte-avions dans plusieurs opérations à la fin du conflit. Il embarquait à cette fin 8 Ki-76, équipés chacun de deux grenades anti-sous-marines et d'une crosse d'appontage. Ce navire fut coulé en novembre 1944, à Manille.

La production se termina en 1944. On ne connaît pas malheureusement avec certitude le nombre d'appareils qui sortirent des chaînes de Kokusaï. Un grand nombre de Ki-76 restaient cependant en service à la fin de la guerre.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

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Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 530 kg (3 373 lbs)
  • Masse à vide : 1 110 kg (2 447 lbs)
  • Surface alaire : 29,4 m² (316,459 sq. ft)
  • Hauteur : 2,9 m (9,514 ft)
  • Envergure : 15 m (49 ft)
  • Longueur : 9,56 m (31,365 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 750 km (466 mi, 405 nm)
  • Plafond opérationnel : 5 600 m (18 373 ft)
  • Vitesse maximale HA : 178 km/h (111 mph, 96 kts)
  • Charge alaire, à vide : 37,755 kg/m² (7,733 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 52,041 kg/m² (10,659 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Hitachi Ha-42 Otsu
  • Puissance unitaire : 228 kW (310 ch, 306 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Kokusaï Ki-76 à 04/06/2011 16:30 ciders
Historique :

L'industrie aéronautique japonaise avant 1945 est souvent appréhendée à partir de ses principales entreprises, telles que Kawasaki, Mitsubishi ou Nakajima. Toutefois, face à ces géants, il existait aussi des sociétés plus petites, souvent opérant comme sous-traitants des précédents, mais qui purent aussi à l'occasion proposer leurs propres appareils à l'Armée ou à la Marine impériale. Kokusaï fut de ceux-là.

Dans les années 1930, un homme d'affaires japonais, Junkichi Terada, avait investi dans une petite société, la Nippon Kôkû Kogyô K.K, et y avait financé la conception de quelques projets d'aéronefs, dont le TK-3 (qui deviendrait par la suite le Kokusaï Ki-59). Cette société devait fusionner à l'été 1941 avec une autre entreprise, pour devenir la Nihon Kokusaï Kôkû Kogyô K.K. C'est de là que fut issu un des appareils japonais les plus mal connus, le Ki-76.

Au début des années 1940, l'Armée impériale demanda à la société de Terada de développer un appareil léger, destiné à remplir des missions de liaison et d'observation d'artillerie. Les travaux furent confiés à l'ingénieur Kozo Masuhara. Celui-ci décida de s'inspirer d'un appareil déjà existant, et qui avait fait ses preuves, le déjà célèbre Fieseler Fi.156 Storch, alors mis en oeuvre par la Luftwaffe allemande. Il semble cependant qu'il ne put travailler directement sur le Storch, aucun appareil de ce type n'ayant a priori été importé au Japon à cette date.

A l'été 1941, un Storch parvint finalement au Japon. Il put être comparé au premier prototype du Ki-76, alors désigné comme appareil de commandement et de liaison type 3, prototype qui avait effectué son premier vol en mai. Ces essais démontrèrent la validité des travaux de Masuhara : le Ki-76 démontra qu'il avait des performances supérieures à celle du Storch, dans de nombreux domaines. La suite des essais ne révélant aucun problème majeur, l'Armée impériale autorisa Kokusaï à lancer la production en série. Les premiers appareils entrèrent en service à l'automne 1942.

Bien qu'inspiré du Storch, le Ki-76 était un avion différent sur bien des points. Il s'agissait d'un appareil monoplan, avec une voilure montée en position haute, qui dégageait le haut du cockpit. Le train d'atterrissage, non escamotable, se composait d'une roulette de queue et de deux grandes jambes de train (légèrement "pliées" près des roues), dont l'armature était fixée à la voilure. Les roues n'étaient pas carénées. A la différence du Storch, le Ki-76 utilisait des volets Fowler, qui lui accordaient également de bonnes capacités de décollage et d'atterrissage court.

Pour la motorisation, Kokusaï choisit un moteur en étoile, de type Ha-42, entraînant une hélice métallique bipale, à pas fixe. Ce moteur, d'une puissance supérieure à celle de l'Argus du Storch, n'assurait que des performances réduites (vitesse maximale inférieure à 200 km/h, par exemple). Cela suffisait cependant pour la plupart des missions que furent assignées au Ki-76.

L'armement fut réduit au strict minimum. Pour sa défense, l'équipage de l'avion ne disposait que d'une unique mitrailleuse, montée à l'arrière du cockpit. Face à des chasseurs ou à des canons antiaériens, le Ki-76 représentait une cible facile. Ceci étant, l'appareil n'était pas censé se retrouver face à des avions ennemis.

Malgré tout, le Ki-76 répondait exactement aux besoins de l'Armée impériale. Il fut mis en ligne dans le cadre de missions de liaison, d'observation d'artillerie, voire de reconnaissance tactique, au sein d'escadrilles spécialisées de commandement et de reconnaissance (les Dokuritsu Hikô-Chûtaï). Ils pouvaient également, si nécessaire, attaquer des cibles peu défendues, avec une charge extérieure maximale de 120 kilos. Les Alliés lui attribuèrent le nom de code Stella.

Il faut également noter que plusieurs Ki-76 servirent dans le cadre de missions anti-sous-marines. En effet, l'Armée impériale avait acheté trois porte-aéronefs au début du conflit, qui lui servaient notamment à transporter des appareils d'un endroit à un autre. L'un d'entre eux, baptisé Akitsu-Maru, fut engagé comme porte-avions dans plusieurs opérations à la fin du conflit. Il embarquait à cette fin 8 Ki-76, équipés chacun de deux grenades anti-sous-marines et d'une crosse d'appontage. Ce navire fut coulé en novembre 1944, à Manille.

La production se termina en 1944. On ne connaît pas malheureusement avec certitude le nombre d'appareils qui sortirent des chaînes de Kokusaï. Un grand nombre de Ki-76 restaient cependant en service à la fin de la guerre.

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Caractéristiques :

Type :

Appareil de commandement et de liaison

Équipage :

2 hommes

Moteur :

1 Hitachi Ha-42 Otsu, de 9 cylindres en étoile, à refroidissement par air, d'une puissance de 310 ch

Poids :

Masse à vide : 1 110 kg
Masse maximale au décollage : 1 530 kg

Performances :

Vitesse maximale : 178 km/h à 2 000 m
Plafond opérationnel : 5 600 m
Distance franchissable maximale : 750 km

Dimensions :

Envergure : 15 m
Hauteur : 2,90 m
Longueur : 9,56 m
Surface alaire : 29,40 mètres carrés

Armement :

1 mitrailleuse orientable Type 89 (à l'arrière du cockpit)
2 grenades sous-marines, de 60 kg chacune

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Images :

:arrow: Profil en noir et blanc
:arrow: Vue en couleurs
:arrow: Ki-76 à l'atterrissage, volets baissés
Re: Kokusaï Ki-76 à 01/09/2012 12:46 Clansman
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires