Rappels

Histoire de l'appareil

Durant les années 1930, il n'était pas rare de voir figurer à l'inventaire des forces aériennes des appareils construits au départ pour le marché civil. Les constructeurs de l'époque travaillaient pour n'importe quel client, qu'il soit un État ou une compagnie aérienne. Cependant, l'inverse existait aussi et plusieurs modèles emblématiques dérivaient d'appareils militaires. C'était notamment le cas pour les appareils de transport.

Le transport aérien civil et militaire connut un développement notable durant l'entre-deux-guerres, malgré les effets de la crise économique qui débuta en 1929. L'apparition des voyages intercontinentaux (avec escales), de lignes de postes aériennes et du transport de fret entraîna la conception d'appareils à long rayon d'action. Dans certaines régions du monde, notamment le Pacifique, de tels appareils avaient un rôle essentiel, aussi bien pour relier les îles les plus éloignées que les garnisons basées sur des îlots stratégiques.

A la fin des années 1930, le Japon avait étendu son emprise sur une grande partie du Pacifique, de la Chine et de la Corée. Il s'était lancé dans un processus de militarisation à marches forcées et de modernisation de ses forces armées. Mais ses entreprises étaient aussi partie prenante de l'effort japonais dans cette partie du monde. Fondée en 1938, la compagnie aérienne Daï Nippon Kôkû K.K (qui devait devenir la seule compagnie aérienne publique japonaise en 1942) fut fondée. Son réseau devait couvrir toute l'Asie, ainsi que les territoires nippons du Pacifique.

En 1939, désireuse de mettre en ligne un appareil de transport à long rayon d'action, la compagnie s'adressa au constructeur Mitsubishi. Celui-ci était alors lancé dans la construction en série du bombardier Ki-21 (code allié : Sally), un avion qui donnait toute satisfaction à ses équipages et bénéficiait d'une flatteuse réputation. Les militaires japonais, qui avaient aussi besoin d'un tel appareil, soutinrent la demande de la Daï Nippon Kôkû K.K, et confièrent la réalisation de ce nouveau modèle à Mitsubishi.

Dans un premier temps, Mitsubishi décida de répondre rapidement aux besoins de la compagnie japonaise, en modifiant sur chaînes une dizaine de Ki-21 de série (baptisés MC-21). Dans le même temps, les ingénieurs de Mitsubishi s'attaquaient à la conception du futur Ki-57. Les travaux allèrent très vite. Un premier prototype décolla en juillet 1940. D'autres suivirent et malgré la destruction en vol de l'un d'entre eux, il donna toute satisfaction aux militaires. Il reçut l'appellation officielle appareil de Transport de l'Armée type 100.

Le Ki-57 était fortement dérivé du Ki-21 de bombardement. Il se présentait sous la forme d'un appareil bimoteur, aux formes élégantes. Ses dimensions étaient quasiment identiques à celles du Ki-21, dont il reprenait en outre un grand nombre d'éléments (cabine de pilotage, train d'atterrissage…). Il s'en différenciait en revanche par la position de sa voilure (placée désormais en position basse, mais avec les mêmes ailes) et la forme de son fuselage (plus arrondi que celui du Ki-21, et conçu pour accueillir une dizaine de passagers). Chaque flanc du Ki-57 était percé de cinq grands hublots.

On distingua deux générations de Ki-57 :

- première génération : Ki-57-I (produite de 1940 à 1942)

- seconde génération : Ki-57-II (produite de 1942 à 1945)

La première génération de Ki-57 reprenait la motorisation du Ki-21, à savoir une paire de Mitsubishi Ha-5 en étoile, chacun développant une puissance de 1 000 ch (850 ch en puissance continue), et entraînant une hélice tripale métallique à pas variable. La seconde génération fut ré-équipée avec des Ha-102 de 1 080 ch, et disposant d'hélices tripales métalliques à vitesse constante. Ce changement modifiait légèrement les performances du Ki-57, mais sans plus. La seule différence véritable concernait la charge utile, qui était accrue de 400 kilos avec les nouveaux moteurs.

Les Ki-57-I apparurent dans les unités de transport de l'Armée impériale japonaise en 1941. 101 exemplaires furent construits en deux ans. Vingt-sept d'entre eux furent livrés à la Daï Nippon Kôkû K.K (sous la désignation MC-20-I) et quelques autres à la Marine (désignation L4M1). En effet, fait rarissime, la Marine impériale japonaise avait décelé le potentiel du Ki-57 et décidé de faire passer son intérêt au dessus de son amour-propre (et de la vive méfiance qui régnait entre les deux composantes des forces armées nippones). Les Ki-57-II arrivèrent en 1942, et furent produits au nombre de 374 exemplaires. Cette fois, la Marine n'en reçut pas. Les Ki-57-II civils furent baptisés MC-20-II.

Les Alliés attribuèrent au Ki-57 le nom de code Topsy. Durant la Seconde Guerre Mondiale, on en vit sur tous les théâtres d'opération dans le Pacifique, dès le début du conflit. Ils assurèrent les liaisons entre l'archipel japonais et ses possessions dispersées, ainsi qu'avec les garnisons et les troupes engagées dans les différentes opérations. Les Ki-57 militaires appartenaient généralement à des unités spécialisées dans le transport (Yusô Hikôtaï et Yusô Hikô-Chûtaï). Les MC-20 civils dépendaient surtout de la Daï Nippon Kôkû K.K, mais plusieurs appareils furent aussi vendus à de grands journaux japonais.

Le rôle le plus célèbre dévolu aux Ki-57 fut le transport de troupes aéroportées. En effet, les militaires japonais, désireux de prendre le plus rapidement possible possession des installations pétrolières des Indes Néerlandaises, mirent au point plusieurs opérations aéroportées, notamment à Sumatra. Ainsi, le 14 février 1942, 36 appareils larguèrent des parachutistes japonais au dessus de Palembang, et permirent ainsi la prise de la ville. D'autres appareils soutinrent les opérations des unités parachutistes japonaises en Nouvelle-Guinée et dans les Philippines, dans la deuxième moitié de l'année 1944.

La fin de la Seconde Guerre Mondiale n'entraîna pas l'arrêt des vols de Ki-57. En effet, ils ne présentaient aucune réelle menace, n'étant pas armés et pas assez rapides pour servir d'avion-suicide. Ils fournissaient aussi une capacité de transport utile, pour faciliter le désengagement des contingents d'occupation nippons. Plusieurs appareils civils furent ainsi mis à contribution pour convoyer les officiers japonais chargés de signer les actes de capitulation dans les différentes régions occupées, ou les ordres impériaux signifiant l'arrêt des hostilités aux garnisons isolées. Ils arboraient à ces occasions des marquages particuliers. L'interdiction de vol fut enfin prononcée en octobre 1945. On sait cependant que plusieurs appareils capturés continuèrent de servir quelques temps au sein des forces néerlandaises et chinoises.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Mitsubishi Ki-57-I : 1ere version de série.
  • Mitsubishi Ki-57-II : Version plus puissante.
  • Mitsubishi L4M1 : Ki-57-I transférés à la marine japonaise.
  • Mitsubishi MC-20-I : Version civile du Ki-57-I.
  • Mitsubishi MC-20-II : Version civile du Ki-57-II.

Mitsubishi Ki-57-II voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 8 173 kg (18 018 lbs)
  • Masse à vide : 5 585 kg (12 313 lbs)
  • Surface alaire : 70,08 m² (754,335 sq. ft)
  • Hauteur : 4,86 m (15,945 ft)
  • Envergure : 22,6 m (74,147 ft)
  • Longueur : 16,1 m (52,822 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 3 000 km (1 864 mi, 1 620 nm)
  • Plafond opérationnel : 8 000 m (26 247 ft)
  • Vitesse maximale HA : 470 km/h (292 mph, 254 kts)
  • Charge alaire, à vide : 79,695 kg/m² (16,323 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 116,624 kg/m² (23,886 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en étoile Mitsubishi Ha-102
  • Puissance unitaire : 699 kW (950 ch, 937 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Mitsubishi Ki-57 à 06/07/2012 22:28 ciders
Historique :

Durant les années 1930, il n'était pas rare de voir figurer à l'inventaire des forces aériennes des appareils construits au départ pour le marché civil. Les constructeurs de l'époque travaillaient pour n'importe quel client, qu'il soit un État ou une compagnie aérienne. Cependant, l'inverse existait aussi et plusieurs modèles emblématiques dérivaient d'appareils militaires. C'était notamment le cas pour les appareils de transport.

Le transport aérien civil et militaire connut un développement notable durant l'entre-deux-guerres, malgré les effets de la crise économique qui débuta en 1929. L'apparition des voyages intercontinentaux (avec escales), de lignes de postes aériennes et du transport de fret entraîna la conception d'appareils à long rayon d'action. Dans certaines régions du monde, notamment le Pacifique, de tels appareils avaient un rôle essentiel, aussi bien pour relier les îles les plus éloignées que les garnisons basées sur des îlots stratégiques.

A la fin des années 1930, le Japon avait étendu son emprise sur une grande partie du Pacifique, de la Chine et de la Corée. Il s'était lancé dans un processus de militarisation à marches forcées et de modernisation de ses forces armées. Mais ses entreprises étaient aussi partie prenante de l'effort japonais dans cette partie du monde. Fondée en 1938, la compagnie aérienne Daï Nippon Kôkû K.K (qui devait devenir la seule compagnie aérienne publique japonaise en 1942) fut fondée. Son réseau devait couvrir toute l'Asie, ainsi que les territoires nippons du Pacifique.

En 1939, désireuse de mettre en ligne un appareil de transport à long rayon d'action, la compagnie s'adressa au constructeur Mitsubishi. Celui-ci était alors lancé dans la construction en série du bombardier Ki-21 (code allié : Sally), un avion qui donnait toute satisfaction à ses équipages et bénéficiait d'une flatteuse réputation. Les militaires japonais, qui avaient aussi besoin d'un tel appareil, soutinrent la demande de la Daï Nippon Kôkû K.K, et confièrent la réalisation de ce nouveau modèle à Mitsubishi.

Dans un premier temps, Mitsubishi décida de répondre rapidement aux besoins de la compagnie japonaise, en modifiant sur chaînes une dizaine de Ki-21 de série (baptisés MC-21). Dans le même temps, les ingénieurs de Mitsubishi s'attaquaient à la conception du futur Ki-57. Les travaux allèrent très vite. Un premier prototype décolla en juillet 1940. D'autres suivirent et malgré la destruction en vol de l'un d'entre eux, il donna toute satisfaction aux militaires. Il reçut l'appellation officielle appareil de Transport de l'Armée type 100.

Le Ki-57 était fortement dérivé du Ki-21 de bombardement. Il se présentait sous la forme d'un appareil bimoteur, aux formes élégantes. Ses dimensions étaient quasiment identiques à celles du Ki-21, dont il reprenait en outre un grand nombre d'éléments (cabine de pilotage, train d'atterrissage…). Il s'en différenciait en revanche par la position de sa voilure (placée désormais en position basse, mais avec les mêmes ailes) et la forme de son fuselage (plus arrondi que celui du Ki-21, et conçu pour accueillir une dizaine de passagers). Chaque flanc du Ki-57 était percé de cinq grands hublots.

On distingua deux générations de Ki-57 :

- première génération : Ki-57-I (produite de 1940 à 1942)
- seconde génération : Ki-57-II (produite de 1942 à 1945)

La première génération de Ki-57 reprenait la motorisation du Ki-21, à savoir une paire de Mitsubishi Ha-5 en étoile, chacun développant une puissance de 1 000 ch (850 ch en puissance continue), et entraînant une hélice tripale métallique à pas variable. La seconde génération fut ré-équipée avec des Ha-102 de 1 080 ch, et disposant d'hélices tripales métalliques à vitesse constante. Ce changement modifiait légèrement les performances du Ki-57, mais sans plus. La seule différence véritable concernait la charge utile, qui était accrue de 400 kilos avec les nouveaux moteurs.

Les Ki-57-I apparurent dans les unités de transport de l'Armée impériale japonaise en 1941. 101 exemplaires furent construits en deux ans. Vingt-sept d'entre eux furent livrés à la Daï Nippon Kôkû K.K (sous la désignation MC-20-I) et quelques autres à la Marine (désignation L4M1). En effet, fait rarissime, la Marine impériale japonaise avait décelé le potentiel du Ki-57 et décidé de faire passer son intérêt au dessus de son amour-propre (et de la vive méfiance qui régnait entre les deux composantes des forces armées nippones). Les Ki-57-II arrivèrent en 1942, et furent produits au nombre de 374 exemplaires. Cette fois, la Marine n'en reçut pas. Les Ki-57-II civils furent baptisés MC-20-II.

Les Alliés attribuèrent au Ki-57 le nom de code Topsy. Durant la Seconde Guerre Mondiale, on en vit sur tous les théâtres d'opération dans le Pacifique, dès le début du conflit. Ils assurèrent les liaisons entre l'archipel japonais et ses possessions dispersées, ainsi qu'avec les garnisons et les troupes engagées dans les différentes opérations. Les Ki-57 militaires appartenaient généralement à des unités spécialisées dans le transport (Yusô Hikôtaï et Yusô Hikô-Chûtaï). Les MC-20 civils dépendaient surtout de la Daï Nippon Kôkû K.K, mais plusieurs appareils furent aussi vendus à de grands journaux japonais.

Le rôle le plus célèbre dévolu aux Ki-57 fut le transport de troupes aéroportées. En effet, les militaires japonais, désireux de prendre le plus rapidement possible possession des installations pétrolières des Indes Néerlandaises, mirent au point plusieurs opérations aéroportées, notamment à Sumatra. Ainsi, le 14 février 1942, 36 appareils larguèrent des parachutistes japonais au dessus de Palembang, et permirent ainsi la prise de la ville. D'autres appareils soutinrent les opérations des unités parachutistes japonaises en Nouvelle-Guinée et dans les Philippines, dans la deuxième moitié de l'année 1944.

La fin de la Seconde Guerre Mondiale n'entraîna pas l'arrêt des vols de Ki-57. En effet, ils ne présentaient aucune réelle menace, n'étant pas armés et pas assez rapides pour servir d'avion-suicide. Ils fournissaient aussi une capacité de transport utile, pour faciliter le désengagement des contingents d'occupation nippons. Plusieurs appareils civils furent ainsi mis à contribution pour convoyer les officiers japonais chargés de signer les actes de capitulation dans les différentes régions occupées, ou les ordres impériaux signifiant l'arrêt des hostilités aux garnisons isolées. Ils arboraient à ces occasions des marquages particuliers. L'interdiction de vol fut enfin prononcée en octobre 1945. On sait cependant que plusieurs appareils capturés continuèrent de servir quelques temps au sein des forces néerlandaises et chinoises.

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Caractéristiques :

Version :

Mitsubishi Ki-57-II

Type :

Avion de transport

Equipage :

4 personnes (pilote, copilote, navigateur, radio-observateur)

Motorisation :

2 Mitsubishi Ha-102 refroidis par air, de 14 cylindres en double étoile, d'une puissance unitaire de 1 080 ch (950 ch à 5 800 m)

Poids :

Masse à vide : 5 585 kg
Masse maximale au décollage : 8 173 kg

Performances :

Vitesse maximale : 470 km/h
Vitesse ascensionnelle : 5 000 m en 15 mn 45 s
Plafond pratique : 8 000 m
Distance franchissable maximale : 3 000 km

Dimensions :

Envergure : 22,60 m
Hauteur : 4,86 m
Longueur : 16,10 m
Surface alaire : 70,08 mètres carrés

Armement :

Aucun

Capacités :

- 11 passagers ou 2 000 kg de fret

Pays utilisateurs :

Chine (avions capturés), Japon, Pays-Bas (avions capturés)

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Images :

:arrow: Plan trois vues
:arrow: MC-20-I, exemplaire mis en œuvre par le journal Asahi Shinbun
:arrow: Ki-57 un peu flou, avec les marquages post-capitulation
Re: Mitsubishi Ki-57 à 31/08/2012 20:12 Clansman
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires