Rappels

Histoire de l'appareil

Durant les années 1930, le gouvernement japonais accrut encore ses efforts pour moderniser et renforcer ses forces armées. L'Armée et la Marine impériale rivalisaient alors à tous les niveaux, chacune s'efforçant d'être plus efficace, plus forte et mieux pourvue que sa voisine. Cette concurrence permit de soutenir la croissance de l'industrie japonaise dans un contexte économique mondial assez peu favorable, après la crise de 1929.

L'Armée impériale cherchait notamment à disposer de moyens de transport supplémentaires. Les distances entre les différents théâtres d'opération, éventuels ou en cours, nécessitaient un nombre croissant de navires et d'avions, pour soutenir les forces au sol. Faisant feu de tout bois, ses responsables décidèrent de se fournir au Japon et à l'étranger. Un des pays choisis pour équiper l'aviation de l'Armée impériale était les États-Unis.

En 1937, le constructeur américain Lockheed fut contacté et accepta une commande portant sur 20 Lockheed Model 14, modèle qui serait plus connu par la suite sous sa désignation Super Electra. Les premiers exemplaires parvinrent au Japon à partir du printemps 1938. Dans le même temps, une compagnie aérienne civile, la Japan Air Transport (Nihon Kôkû Yusô K.K, qui devait très peu de temps après être intégrée à une nouvelle entité étatique, l'Imperial Japanese Airways ou Dai Nippon Kōkū Kabushiki Kaisha) se portait acquéreuse de 10 exemplaires.

Les opérations en Chine consommant de plus en plus de matériels, l'Armée impériale franchit un cap et négocia avec Lockheed une licence de production au Japon. Le constructeur Tachikawa fut désigné pour mener à bien cette mission. Les 45 Super Electra fabriqués par Tachikawa (entre 1940 et 1942) reçurent la désignation appareil de transport de l'Armée type LO, et étaient strictement identiques au Lockheed, à l'exception de leur motorisation (ils furent pourvus de Mitsubishi Ha-26-1, d'une puissance unitaire de 850 ch, plus puissants que les moteurs Wright d'origine). La production étant jugée trop lente, l'Armée impériale décida d'ouvrir une seconde chaîne de fabrication, et s'adressa à l'été 1939 à Kawasaki, tout en profitant de l'occasion pour demander des améliorations du modèle d'origine. Une première tentative ayant été jugée positive, Kawasaki fut chargée de produire un second dérivé, plus performant. C'est ce second appareil qui devait recevoir la désignation de Kawasaki Ki-56.

Le Ki-56 fut développé sous la direction de l'ingénieur Takeô Doï. Il prit pour base le Lockheed Model 18 (ou Lonestar), une version agrandie du Model 14. Diverses modifications structures furent mises en oeuvre, et deux prototypes étaient prêts à l'automne 1940. Les essais se déroulant de manière satisfaisante, l'appareil fut adopté par l'Armée impériale sous la désignation appareil de transport de fret de l'Armée type 1, ou Ki-56. Il entra en production immédiatement.

Plus grand d'un mètre que le Super Electra produit initialement, le Ki-56 s'en distinguait aussi sur d'autres points. La voilure, toujours montée en position médiane, avait été allégée et dotée de nouveaux volets plus efficaces. Ses capacités étaient légèrement supérieures : 14 passagers (au lieu de 12) pouvaient prendre place dans le fuselage, qui conserva les hublots du Super Electra d'origine. La porte d'accès placée côté gauche du fuselage était plus grande, facilitant ainsi le chargement et le déchargement du fret. Un treuil à bras, monté de série, permettait le transbordement de charges lourdes.

La motorisation était également plus puissante, dans le dessein d'augmenter les performances. Les Ha-26 furent remplacés par des Ha-25, d'une puissance unitaire de 990 ch, chacun entraînant une hélice tripale à pas variable. Cependant, il s'avéra à l'usage que le Ki-56 n'était pas plus performant que le Lockheed ou que les modèles produits sous licence. Agréable à piloter et pourvu d'une excellente autonomie, le Ki-56 se révéla très utile pour des missions de transport à travers le gigantesque espace contrôlé par le Japon. En revanche, il n'était pas armé, ce qui en faisait une proie facile en cas de mauvaise rencontre.

Le renseignement allié attribua deux noms de code à ces appareils : les type LO produits sous licence furent appelés Thelma, les Ki-56 Thallia. Ils connurent une carrière très discrète, menant des missions ingrates mais essentielles de liaison et de transport, mais on le vit aussi aux côtés des troupes parachutistes japonaises. 14 exemplaires participèrent ainsi à l'opération du 14 février 1942, contre les installations pétrolières de Palembang (Indonésie), larguant des troupes et déposant du ravitaillement. Il resta en ligne jusqu'à la fin du conflit, aux côtés du Mitsubishi Ki-57 et d'autres modèles.

La production prit fin en 1943. Il faut distinguer ici :

- les Super Electra produits sous licence par Tachikawa : 45 exemplaires, produits entre 1940 et 1942

- les Super Electra légèrement modifiés et produits sous licence par Kawasaki : 55 exemplaires, produits entre 1940 et 1941

- les Ki-56 produits exclusivement par Kawasaki : 121 exemplaires (dont 2 prototypes), produits entre 1940 et 1943

Soit un total de 121 Ki-56 et de 130 Super Electra produits sous licence.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Kawasaki Ki-56 : Unique version de série, 121 exemplaires dont 2 prototypes.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Kawasaki Ki-56 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 8 025 kg (17 692 lbs)
  • Masse à vide : 4 895 kg (10 792 lbs)
  • Surface alaire : 51,2 m² (551,112 sq. ft)
  • Hauteur : 3,6 m (11,811 ft)
  • Envergure : 19,96 m (65,486 ft)
  • Longueur : 14,9 m (48,885 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 3 300 km (2 051 mi, 1 782 nm)
  • Plafond opérationnel : 8 000 m (26 247 ft)
  • Vitesse maximale HA : 400 km/h (249 mph, 216 kts)
  • Charge alaire, à vide : 95,605 kg/m² (19,582 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 156,738 kg/m² (32,103 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en étoile Nakajima Ha-25
  • Puissance unitaire : 699 kW (950 ch, 937 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Kawasaki Ki-56 à 06/04/2013 18:07 ciders
Historique :

Durant les années 1930, le gouvernement japonais accrut encore ses efforts pour moderniser et renforcer ses forces armées. L'Armée et la Marine impériale rivalisaient alors à tous les niveaux, chacune s'efforçant d'être plus efficace, plus forte et mieux pourvue que sa voisine. Cette concurrence permit de soutenir la croissance de l'industrie japonaise dans un contexte économique mondial assez peu favorable, après la crise de 1929.

L'Armée impériale cherchait notamment à disposer de moyens de transport supplémentaires. Les distances entre les différents théâtres d'opération, éventuels ou en cours, nécessitaient un nombre croissant de navires et d'avions, pour soutenir les forces au sol. Faisant feu de tout bois, ses responsables décidèrent de se fournir au Japon et à l'étranger. Un des pays choisis pour équiper l'aviation de l'Armée impériale était les États-Unis.

En 1937, le constructeur américain Lockheed fut contacté et accepta une commande portant sur 20 Lockheed Model 14, modèle qui serait plus connu par la suite sous sa désignation Super Electra. Les premiers exemplaires parvinrent au Japon à partir du printemps 1938. Dans le même temps, une compagnie aérienne civile, la Japan Air Transport (Nihon Kôkû Yusô K.K, qui devait très peu de temps après être intégrée à une nouvelle entité étatique, l'Imperial Japanese Airways ou Dai Nippon Kōkū Kabushiki Kaisha) se portait acquéreuse de 10 exemplaires.

Les opérations en Chine consommant de plus en plus de matériels, l'Armée impériale franchit un cap et négocia avec Lockheed une licence de production au Japon. Le constructeur Tachikawa fut désigné pour mener à bien cette mission. Les 45 Super Electra fabriqués par Tachikawa (entre 1940 et 1942) reçurent la désignation appareil de transport de l'Armée type LO, et étaient strictement identiques au Lockheed, à l'exception de leur motorisation (ils furent pourvus de Mitsubishi Ha-26-1, d'une puissance unitaire de 850 ch, plus puissants que les moteurs Wright d'origine). La production étant jugée trop lente, l'Armée impériale décida d'ouvrir une seconde chaîne de fabrication, et s'adressa à l'été 1939 à Kawasaki, tout en profitant de l'occasion pour demander des améliorations du modèle d'origine. Une première tentative ayant été jugée positive, Kawasaki fut chargée de produire un second dérivé, plus performant. C'est ce second appareil qui devait recevoir la désignation de Kawasaki Ki-56.

Le Ki-56 fut développé sous la direction de l'ingénieur Takeô Doï. Il prit pour base le Lockheed Model 18 (ou Lonestar), une version agrandie du Model 14. Diverses modifications structures furent mises en oeuvre, et deux prototypes étaient prêts à l'automne 1940. Les essais se déroulant de manière satisfaisante, l'appareil fut adopté par l'Armée impériale sous la désignation appareil de transport de fret de l'Armée type 1, ou Ki-56. Il entra en production immédiatement.

Plus grand d'un mètre que le Super Electra produit initialement, le Ki-56 s'en distinguait aussi sur d'autres points. La voilure, toujours montée en position médiane, avait été allégée et dotée de nouveaux volets plus efficaces. Ses capacités étaient légèrement supérieures : 14 passagers (au lieu de 12) pouvaient prendre place dans le fuselage, qui conserva les hublots du Super Electra d'origine. La porte d'accès placée côté gauche du fuselage était plus grande, facilitant ainsi le chargement et le déchargement du fret. Un treuil à bras, monté de série, permettait le transbordement de charges lourdes.

La motorisation était également plus puissante, dans le dessein d'augmenter les performances. Les Ha-26 furent remplacés par des Ha-25, d'une puissance unitaire de 990 ch, chacun entraînant une hélice tripale à pas variable. Cependant, il s'avéra à l'usage que le Ki-56 n'était pas plus performant que le Lockheed ou que les modèles produits sous licence. Agréable à piloter et pourvu d'une excellente autonomie, le Ki-56 se révéla très utile pour des missions de transport à travers le gigantesque espace contrôlé par le Japon. En revanche, il n'était pas armé, ce qui en faisait une proie facile en cas de mauvaise rencontre.

Le renseignement allié attribua deux noms de code à ces appareils : les type LO produits sous licence furent appelés Thelma, les Ki-56 Thallia. Ils connurent une carrière très discrète, menant des missions ingrates mais essentielles de liaison et de transport, mais on le vit aussi aux côtés des troupes parachutistes japonaises. 14 exemplaires participèrent ainsi à l'opération du 14 février 1942, contre les installations pétrolières de Palembang (Indonésie), larguant des troupes et déposant du ravitaillement. Il resta en ligne jusqu'à la fin du conflit, aux côtés du Mitsubishi Ki-57 et d'autres modèles.

La production prit fin en 1943. Il faut distinguer ici :

- les Super Electra produits sous licence par Tachikawa : 45 exemplaires, produits entre 1940 et 1942
- les Super Electra légèrement modifiés et produits sous licence par Kawasaki : 55 exemplaires, produits entre 1940 et 1941
- les Ki-56 produits exclusivement par Kawasaki : 121 exemplaires (dont 2 prototypes), produits entre 1940 et 1943

Soit un total de 121 Ki-56 et de 130 Super Electra produits sous licence.

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Caractéristiques :

Version :

Kawasaki Ki-56

Type :

Appareil de transport

Équipage :

1 pilote, 1 copilote, 1 navigateur, 1 opérateur-radio

Motorisation :

2 Nakajima Ha-25 à refroidissement par air, de 14 cylindres en double étoile, d'une puissance unitaire de 990 ch

Poids :

Masse à vide : 4 895 kg
Masse maximale au décollage : 8 025 kg

Performances :

Vitesse maximale : 400 km/h à 3 500 m
Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 12 mn 38 s
Plafond pratique : 8 000 m
Autonomie maximale : 3 300 km

Dimensions :

Envergure : 19,96 m
Hauteur : 3,60 m
Longueur : 14,90 m
Surface alaire : 51,2 mètres carrés

Armement :

Aucun

Capacités :

2 400 kg de fret, ou 14 passagers

Pays utilisateurs :

Japon

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Images :

:arrow: Parachutistes montant à bord d'un Super Electra produits sous licence avant une mission d'entraînement
:arrow: Plan trois vues d'un Ki-56
:arrow: Profil couleurs d'un Ki-56

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Sources :

- L'Encyclopédie des Armes, Atlas
- Bernard Baeza, Les avions de l'armée impériale japonaise, 1940-1945, Editions Lela Presse
- http://en.wikipedia.org/wiki/Kawasaki_Ki-56
- http://www.historyofwar.org/articles/weapons_kawasaki_ki-56.html
- http://www.daveswarbirds.com/Nippon/aircraft/Thalia.htm
- http://www.pilotfriend.com/photo_albums/timeline/ww2/Kawasaki%20Ki%2056%20Thalia.htm
- http://les-avions-de-legende.e-monsite.com/pages/les-avions-de-transport/les-avions-de-transports-japonais/kawasaki-ki-56.html
Re: Kawasaki Ki-56 à 06/04/2013 20:51 Nico2
Merci pour cette nouvelle fiche de cet appareil ancien. :)
Re: Kawasaki Ki-56 à 08/04/2013 07:44 Clansman
Le Ki-56 sur le site
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires