Rappels

Histoire de l'appareil

A partir de la fin de l'année 1944, de plus en plus de responsables japonais étaient désormais persuadés que la situation dans la guerre contre les États-Unis était au mieux défavorable, au pire désespérée. Le manque de matières premières, de carburant et de matériels rendait la situation de plus en plus difficile, amenant à des solutions extrêmes, comme les attaques-suicides. Cette pratique, plus connue en Occident sous le nom d'opérations kamikazes, avait été utilisée pour la première fois à l'été 1944, par des unités de la marine japonaise.

En janvier 1945, le commandement de l'armée impériale japonaise décida de mener lui aussi des attaques de ce genre. Cependant, dans le dessein d'économiser les derniers appareils de combat opérationnels et de précieuses ressources devant alimenter l'effort de guerre, il décida de faire développer un modèle destiné exclusivement aux missions sans retour. Pour ce faire, il s'adressa à l'avionneur Nakajima, avec un cahier des charges précis et un impératif de développement rapide, pour répondre le plus vite possible à la menace de débarquement alliée.

A la fin du mois, Nakajima reçut un cahier des charges très strict. L'appareil demandé devait être aussi simple que possible, aussi bien pour sa construction que pour son entretien et emporter le moins d'équipements coûteux (pas de train d'atterrissage rétractable, le minimum d'avionique, pas de réservoirs auto-obturants…). Il devait être construit dans des matériaux non stratégiques, être le plus léger et le plus rapide possible, et pouvoir emporter une charge militaire aussi lourde que possible (sous la forme d'une unique bombe). Il fallut deux mois à l'entreprise pour livrer un premier prototype.

Les essais menés sur ce dernier furent très décevants. Désigné Ki-115, l'appareil se comportait aussi mal au sol qu'en vol. Le pilote ne bénéficiait que d'une visibilité très réduite, ce qui augmentait encore la difficulté de sa mission. Il n'était pas utilisable en l'état, ce qui obligea Nakajima à produire de nouveaux prototypes, avec des modifications. On incorpora notamment à la structure des volets, destinés à améliorer le comportement en vol et à faciliter le décollage (et l'atterrissage, les avions de ce genre étant autorisés à revenir si leurs pilotes ne trouvaient pas de cibles).

En juin 1945, alors que la situation militaire japonaise était de plus en plus délicate, les responsables de l'armée impériale autorisèrent Nakajima à lancer la production du Ki-115, désigné officiellement appareil d'attaque spéciale de l'Armée , et officieusement Tsurugi (sabre, en japonais).

Le Ki-115 apparaissait comme un avion très simple, à l'allure dépouillée, ce qui était le cas. La structure était constituée de tubes d'acier, recouverts de tôle (fuselage et voilure). Les empennages et les volets étaient fabriqués en bois et contreplaqué, avec un revêtement de toile. Le train d'atterrissage était un assemblage de tubes d'acier soudés à l'avant du fuselage sous la voilure, et qui était largué au décollage. Une béquille de queue complétait l'ensemble. Les appareils de production reçurent des amortisseurs, pour faciliter le décollage. La voilure se composait de deux ailes courtes, montées en position basse à l'avant du cockpit.

Ce cockpit, ouvert, était installé au milieu du fuselage. Il n'était équipé que du strict nécessaire, avec de la place pour une radio. Devant lui, les ingénieurs de Nakajima avaient monté un unique moteur, un Ha-115 d'une puissance de 1 130 ch (celui utilisé par les chasseurs Ki-43), entraînant une hélice métallique tripale à pas fixe. Ainsi motorisé, le Ki-115 pouvait atteindre en pointe une vitesse respectable de 550 km/h, ce qui constituait sa meilleure protection. En effet, le pilote du Ki-115 ne pouvait compter sur aucune protection passive, ni aucun armement de défense.

Les Ki-115 devaient être produits en masse. Ils étaient destinés à s'écraser sur leur cible, dans le but de lui infliger le plus de dégâts possibles. Du fait de la légèreté de la structure, ils ne pouvaient emporter qu'une unique bombe, sous la voilure. Cette bombe pouvait être d'un poids maximal de 800 kg, ce qui était suffisant pour endommager sérieusement un navire, à condition d'arriver à sa portée. Mais cela ne put jamais être vérifié en conditions réelles, car aucun Ki-115 n'eut le temps d'être engagé en opérations.

Intéressée par le concept, la marine impériale japonaise acquit deux exemplaires du Ki-115, et confia à une autre entreprise le soin de les produire en série, sous la désignation Tôka. Cette variante n'eut pas le temps de voir le jour, de même que les versions améliorées du Ki-115 d'origine qui étaient prévues (notamment le Ki-115b, ou Ki-115 Otsu, qui devait être pourvu d'une voilure en bois plus longue et d'un cockpit avancé pour améliorer la visibilité du pilote, ou encore le Ki-230).

La campagne de bombardements stratégiques menée par les Alliés perturba énormément la production aéronautique japonaise à la fin de la guerre. Deux usines furent chargées de produire le Ki-115, mais elles ne purent sortir de leurs chaînes que 97 exemplaires avant la capitulation. Ces avions furent découverts par les forces d'occupation, qui ignoraient tout de leur existence jusque-là. Plusieurs d'entre eux furent affectés à des essais en vol, mais aucun pilote allié ne voulut monter à leur bord, considérant le danger comme trop grand. L'intégralité des Ki-115 furent dépourvus de leur hélice, afin d'éviter toute tentative d'utilisation. Ils furent ensuite démolis.

Au total, 107 appareils, prototypes compris, furent produits durant l'année 1945. Seuls deux d'entre eux ont survécu jusqu'à aujourd'hui, dans des musées au Japon et aux États-Unis.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Nakajima Ki-115 : Version produite en série.
  • Nakajima Ki-115b : Version pourvue d'une voilure en bois plus longue, non produite.
  • Nakajima Ki-230 : Projet d'une version améliorée non aboutie.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Nakajima Ki-115 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 630 kg (5 798 lbs)
  • Masse à vide : 1 640 kg (3 616 lbs)
  • Surface alaire : 12,4 m² (133,472 sq. ft)
  • Hauteur : 3,3 m (10,827 ft)
  • Envergure : 8,6 m (28,215 ft)
  • Longueur : 8,55 m (28,051 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 300 km/h (186 mph, 162 kts)
  • Distance franchissable : 1 200 km (746 mi, 648 nm)
  • Plafond opérationnel : 6 500 m (21 325 ft)
  • Vitesse maximale HA : 550 km/h (342 mph, 297 kts)
  • Charge alaire, au décollage : 212,097 kg/m² (43,441 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, à vide : 132,258 kg/m² (27,089 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • un moteur à cylindres en étoile Nakajima Ha-115
  • Puissance unitaire : 846 kW (1 150 ch, 1 134 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Nakajima Ki-115 à 27/04/2013 13:12 ciders
Historique :

A partir de la fin de l'année 1944, de plus en plus de responsables japonais étaient désormais persuadés que la situation dans la guerre contre les États-Unis était au mieux défavorable, au pire désespérée. Le manque de matières premières, de carburant et de matériels rendait la situation de plus en plus difficile, amenant à des solutions extrêmes, comme les attaques-suicides. Cette pratique, plus connue en Occident sous le nom d'opérations kamikazes, avait été utilisée pour la première fois à l'été 1944, par des unités de la marine japonaise.

En janvier 1945, le commandement de l'armée impériale japonaise décida de mener lui aussi des attaques de ce genre. Cependant, dans le dessein d'économiser les derniers appareils de combat opérationnels et de précieuses ressources devant alimenter l'effort de guerre, il décida de faire développer un modèle destiné exclusivement aux missions sans retour. Pour ce faire, il s'adressa à l'avionneur Nakajima, avec un cahier des charges précis et un impératif de développement rapide, pour répondre le plus vite possible à la menace de débarquement alliée.

A la fin du mois, Nakajima reçut un cahier des charges très strict. L'appareil demandé devait être aussi simple que possible, aussi bien pour sa construction que pour son entretien et emporter le moins d'équipements coûteux (pas de train d'atterrissage rétractable, le minimum d'avionique, pas de réservoirs auto-obturants…). Il devait être construit dans des matériaux non stratégiques, être le plus léger et le plus rapide possible, et pouvoir emporter une charge militaire aussi lourde que possible (sous la forme d'une unique bombe). Il fallut deux mois à l'entreprise pour livrer un premier prototype.

Les essais menés sur ce dernier furent très décevants. Désigné Ki-115, l'appareil se comportait aussi mal au sol qu'en vol. Le pilote ne bénéficiait que d'une visibilité très réduite, ce qui augmentait encore la difficulté de sa mission. Il n'était pas utilisable en l'état, ce qui obligea Nakajima à produire de nouveaux prototypes, avec des modifications. On incorpora notamment à la structure des volets, destinés à améliorer le comportement en vol et à faciliter le décollage (et l'atterrissage, les avions de ce genre étant autorisés à revenir si leurs pilotes ne trouvaient pas de cibles).

En juin 1945, alors que la situation militaire japonaise était de plus en plus délicate, les responsables de l'armée impériale autorisèrent Nakajima à lancer la production du Ki-115, désigné officiellement appareil d'attaque spéciale de l'Armée , et officieusement Tsurugi (sabre, en japonais).

Le Ki-115 apparaissait comme un avion très simple, à l'allure dépouillée, ce qui était le cas. La structure était constituée de tubes d'acier, recouverts de tôle (fuselage et voilure). Les empennages et les volets étaient fabriqués en bois et contreplaqué, avec un revêtement de toile. Le train d'atterrissage était un assemblage de tubes d'acier soudés à l'avant du fuselage sous la voilure, et qui était largué au décollage. Une béquille de queue complétait l'ensemble. Les appareils de production reçurent des amortisseurs, pour faciliter le décollage. La voilure se composait de deux ailes courtes, montées en position basse à l'avant du cockpit.

Ce cockpit, ouvert, était installé au milieu du fuselage. Il n'était équipé que du strict nécessaire, avec de la place pour une radio. Devant lui, les ingénieurs de Nakajima avaient monté un unique moteur, un Ha-115 d'une puissance de 1 130 ch (celui utilisé par les chasseurs Ki-43), entraînant une hélice métallique tripale à pas fixe. Ainsi motorisé, le Ki-115 pouvait atteindre en pointe une vitesse respectable de 550 km/h, ce qui constituait sa meilleure protection. En effet, le pilote du Ki-115 ne pouvait compter sur aucune protection passive, ni aucun armement de défense.

Les Ki-115 devaient être produits en masse. Ils étaient destinés à s'écraser sur leur cible, dans le but de lui infliger le plus de dégâts possibles. Du fait de la légèreté de la structure, ils ne pouvaient emporter qu'une unique bombe, sous la voilure. Cette bombe pouvait être d'un poids maximal de 800 kg, ce qui était suffisant pour endommager sérieusement un navire, à condition d'arriver à sa portée. Mais cela ne put jamais être vérifié en conditions réelles, car aucun Ki-115 n'eut le temps d'être engagé en opérations.

Intéressée par le concept, la marine impériale japonaise acquit deux exemplaires du Ki-115, et confia à une autre entreprise le soin de les produire en série, sous la désignation Tôka. Cette variante n'eut pas le temps de voir le jour, de même que les versions améliorées du Ki-115 d'origine qui étaient prévues (notamment le Ki-115b, ou Ki-115 Otsu, qui devait être pourvu d'une voilure en bois plus longue et d'un cockpit avancé pour améliorer la visibilité du pilote, ou encore le Ki-230).

La campagne de bombardements stratégiques menée par les Alliés perturba énormément la production aéronautique japonaise à la fin de la guerre. Deux usines furent chargées de produire le Ki-115, mais elles ne purent sortir de leurs chaînes que 97 exemplaires avant la capitulation. Ces avions furent découverts par les forces d'occupation, qui ignoraient tout de leur existence jusque-là. Plusieurs d'entre eux furent affectés à des essais en vol, mais aucun pilote allié ne voulut monter à leur bord, considérant le danger comme trop grand. L'intégralité des Ki-115 furent dépourvus de leur hélice, afin d'éviter toute tentative d'utilisation. Ils furent ensuite démolis.

Au total, 107 appareils, prototypes compris, furent produits durant l'année 1945. Seuls deux d'entre eux ont survécu jusqu'à aujourd'hui, dans des musées au Japon et aux États-Unis.

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Caractéristiques :

Version :

Nakajima Ki-115

Type :

Avion d'attaque spéciale

Équipage :

1 pilote

Motorisation :

1 Nakajima Ha-115 en étoile, de 14 cylindres en double étoile, à refroidissement par air, d'une puissance de 1 130 ch

Poids :

Masse à vide : 1 640 kg
Masse maximale au décollage : 2 630 kg

Performances :

Vitesse maximale : 550 km/h, à 2 800 m
Vitesse de croisière : 300 km/h
Plafond pratique : 6 500 m
Distance franchissable maximale : 1 200 km

Dimensions :

Envergure : 8,60 m
Hauteur : 3,30 m
Longueur : 8,55 m
Surface alaire : 12,40 mètres carrés

Armement :

Charge externe comprise entre 500 et 800 kg de bombes

Pays utilisateurs :

Japon

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Images :

:arrow: Plans trois vues du Ki-115
:arrow: Ki-115 photographié après la capitulation, dépourvu de son hélice
:arrow: L'un des huit prototypes du Ki-115

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Sources :

- <!– m –><a class="postlink" href="http://www.century-of-flight.net/Aviation%20history/photo_albums/timeline/ww2/kamikaze.htm">http://www.century-of-flight.net/Aviati … mikaze.htm</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://www.aviastar.org/air/japan/nakajima_ki-115.php">http://www.aviastar.org/air/japan/nakajima_ki-115.php</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Nakajima_Ki-115">http://en.wikipedia.org/wiki/Nakajima_Ki-115</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/nakajima-ki-115-tsurugi/#caracteristiques">http://www.avionslegendaires.net/avion- … eristiques</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=816">http://www.militaryfactory.com/aircraft … aft_id=816</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://airandspace.si.edu/collections/artifact.cfm?id=A19600339000">http://airandspace.si.edu/collections/a … 9600339000</a><!– m –>
- <!– m –><a class="postlink" href="http://les-avions-de-legende.e-monsite.com/pages/les-prototypes/les-prototypes-japonais/nakajima-ki-115.html">http://les-avions-de-legende.e-monsite. … i-115.html</a><!– m –>
- Bernard Baeza, Les avions de l'armée impériale japonaise. 1910-1945, Éditions Lela Presse, 2011
Re: Nakajima Ki-115 à 27/04/2013 13:46 Nico2
Merci beaucoup pour cette très belle fiche historique Cidou. :)
Re: Nakajima Ki-115 à 27/04/2013 13:55 Clansman
Et hop, comme elle est belle sur le site
Re: Nakajima Ki-115 à 27/04/2013 15:12 ciders
Une demie-heure entre la publication ici et l'intégration à l'interface ?

Non non non, là ça craint vraiment Clans. :mrgreen:
Re: Nakajima Ki-115 à 27/04/2013 15:26 Clansman
Ouaip, je sais, je suis un peu lent en ce moment.

:mrgreen:
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires