Rappels

Histoire de l'appareil

Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'archétype du chasseur japonais était un modèle monomoteur léger et agile, pourvu d'une grande autonomie mais peu protégé et très fragile. Cependant, le Japon mit aussi en ligne des appareils beaucoup plus lourds, qui surent se faire respecter de leurs adversaires alliés.

A la fin de l'année 1942, les autorités japonaises commencèrent à envisager le remplacement de leurs Ki-45 Toryu, qui venaient à peine d'entrer en service après un développement chaotique. Elles s'adressèrent tout naturellement à Kawasaki, le constructeur du Toryu. Après des tâtonnements qui mènerent à un bimoteur monoplace, baptisé Ki-96 (conçu comme un développement du Ki-45), et dont le développement fut interrompu (après la construction de trois prototypes), les ingénieurs de la firme proposèrent à l'armée de terre japonaise le Ki-102.

Un premier exemplaire effectua son premier vol et fut officiellement présenté en mars 1944. Il suscita l'intérêt des militaires. Après avoir construit deux prototypes, Kawasaki reçut une commande portant sur vingt appareils de présérie, avant une commande définitive en octobre 1944.

Le Ki-102 ressemblait beaucoup au Ki-45. C'était un appareil bimoteur, doté d'une voilure cantilever placée en position médiane sur le fuselage. Un nez en forme de pointe précédait un habitacle biplace, les deux membres d'équipage étant installés en tandem. Au sol, le Ki-102 reposait sur un train d'atterrissage rétractable (dans les nacelles des moteurs), et sur une roulette de queue.

La motorisation était assurée par deux moteurs de 1 500 ch, qui assuraient des performances honorables sans être exceptionnelles. Cette motorisation causa quelques difficultés aux pilotes japonais : prévu initialement comme chasseur lourd, le Ki-102 apparaissait limité dans cette tâche. Il s'avéra plus efficace dans des missions d'attaque au sol.

Son armement lourd, pour un appareil japonais, se montra très utile dans ce genre de missions. De surcroît, si l'équipage n'était pas plus protégé que dans le Ki-45, il disposait enfind e réservoirs auto-obturants très sûrs.

La puissance de feu du Ki-102, désigné comme Randy par les Alliés, attira également l'attention dans le cadre de la défense du territoire japonais. En effet, les Japonais manquaient d'avions susceptibles de détruire les grands bombardiers états-uniens qui déferlaient par vagues de plus en plus nombreuses dans leur espace aérien. Des essais ayant démontré que les canons du Ki-102 étaient parfaitement capables d'abattre un B-29, Kawasaki entreprit de modifier son produit pour le rendre plus léger, en modifiant son empennage et en changeant sa motorisation. Les Ha-112-II d'origine furent remplacés par des Ha-112-IIRu turbocompressés, qui permirent l'accroissement du plafond pratique à 13 000 mètres et de sa vitesse. Malheureusement, ces moteurs posèrent de sérieux problèmes et limitèrent la production de cette nouvelle version, baptisée Ki-102a.

Une ultime tentative porta sur la conception d'un chasseur de nuit, désigné comme Ki-102c. Deux prototypes furent produits à partir de cellules de Ki-102b, pourvues d'une voilure agrandie et d'un fuselage allongé, d'un empennage modifié et surtout d'un radar rudimentaire de type AI. L'armement de cette version aurait dû comprendre deux canons de calibre 30 mm, et deux canons de calibre 20 mm (montés en position oblique).

Les Ki-102 apparurent à un moment où le Japon n'avait plus l'initiative militaire, et où le besoin en chasseurs lourds s'était drastiquement réduit. La priorité allait aux chasseurs monomoteurs, comme le Nakajima Ki-84 Hayate. Seuls 238 appareils sortirent des usines. Les rares Randy qui apparurent sur le front ne purent changer les choses : seuls quatre groupes (3è, 28è, 45è et 75è Sentai) et une escadrille indépendante en furent équipés. Si leur puissance de feu fut appréciée par leurs équipages, les Ki-102 ne pouvaient pas grand chose contre les chasseurs alliés. Concentrés au Japon dans l'hypothèse du débarquement allié, ils ne purent donner leur pleine mesure. Les Ki-102 eurent l'occasion de se distinguer lors des opérations sur l'île d'Okinawa en 1945.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Kawasaki Ki-102 : Prototypes, produit à 3 exemplaires
  • Kawasaki Ki-102a : Version remotorisée pour la haute altitude.
  • Kawasaki Ki-102b : Version destinée à mener des attaques au sol ; environ 207 exemplaires produits.
  • Kawasaki Ki-102c : Version de chasse de nuit.
  • Kawasaki Ki-108 : Version de haute altitude, 2 Ki-102b modifiés.
  • Kawasaki Ki-108 Kai : Version améliorée du Ki-108.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Kawasaki Ki-102b voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 7 300 kg (16 094 lbs)
  • Masse à vide : 4 950 kg (10 913 lbs)
  • Surface alaire : 34 m² (366 sq. ft)
  • Hauteur : 3,7 m (12,139 ft)
  • Envergure : 15,57 m (51,083 ft)
  • Longueur : 11,45 m (37,566 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 2 000 km (1 243 mi, 1 080 nm)
  • Plafond opérationnel : 11 000 m (36 089 ft)
  • Vitesse maximale HA : 580 km/h (360 mph, 313 kts)
  • Charge alaire, au décollage : 214,706 kg/m² (43,975 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, à vide : 145,588 kg/m² (29,819 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en étoile Mitsubishi Ha-112-II
  • Puissance unitaire : 1 103 kW (1 500 ch, 1 479 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Kawasaki Ki-102 à 09/02/2011 22:18 ciders
Nous poursuivons dans la série des appareils japonais méconnus, avec le Ki-102.

Historique :

Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'archétype du chasseur japonais était un modèle monomoteur léger et agile, pourvu d'une grande autonomie mais peu protégé et très fragile. Cependant, le Japon mit aussi en ligne des appareils beaucoup plus lourds, qui surent se faire respecter de leurs adversaires alliés.

A la fin de l'année 1942, les autorités japonaises commencèrent à envisager le remplacement de leurs Ki-45 Toryu, qui venaient à peine d'entrer en service après un développement chaotique. Elles s'adressèrent tout naturellement à Kawasaki, le constructeur du Toryu. Après des tâtonnements qui mènerent à un bimoteur monoplace, baptisé Ki-96 (conçu comme un développement du Ki-45), et dont le développement fut interrompu (après la construction de trois prototypes), les ingénieurs de la firme proposèrent à l'armée de terre japonaise le Ki-102. Un premier exemplaire effectua son premier vol et fut officiellement présenté en mars 1944. Il suscita l'intérêt des militaires. Après avoir construit deux prototypes, Kawasaki reçut une commande portant sur vingt appareils de présérie, avant une commande définitive en octobre 1944.

Le Ki-102 ressemblait beaucoup au Ki-45. C'était un appareil bimoteur, doté d'une voilure cantilever placée en position médiane sur le fuselage. Un nez en forme de pointe précédait un habitacle biplace, les deux membres d'équipage étant installés en tandem. Au sol, le Ki-102 reposait sur un train d'atterrissage rétractable (dans les nacelles des moteurs), et sur une roulette de queue. La motorisation était assurée par deux moteurs de 1 500 ch, qui assuraient des performances honorables sans être exceptionnelles. Cette motorisation causa quelques difficultés aux pilotes japonais : prévu initialement comme chasseur lourd, le Ki-102 apparaissait limité dans cette tâche. Il s'avéra plus efficace dans des missions d'attaque au sol. Son armement lourd, pour un appareil japonais, se montra très utile dans ce genre de missions. De surcroît, si l'équipage n'était pas plus protégé que dans le Ki-45, il disposait enfind e réservoirs auto-obturants très sûrs.

La puissance de feu du Ki-102, désigné comme Randy par les Alliés, attira également l'attention dans le cadre de la défense du territoire japonais. En effet, les Japonais manquaient d'avions susceptibles de détruire les grands bombardiers états-uniens qui déferlaient par vagues de plus en plus nombreuses dans leur espace aérien. Des essais ayant démontré que les canons du Ki-102 étaient parfaitement capables d'abattre un B-29, Kawasaki entreprit de modifier son produit pour le rendre plus léger, en modifiant son empennage et en changeant sa motorisation. Les Ha-112-II d'origine furent remplacés par des Ha-112-IIRu turbocompressés, qui permirent l'accroissement du plafond pratique à 13 000 mètres et de sa vitesse. Malheureusement, ces moteurs posèrent de sérieux problèmes et limitèrent la production de cette nouvelle version, baptisée Ki-102a.

Une ultime tentative porta sur la conception d'un chasseur de nuit, désigné comme Ki-102c. Deux prototypes furent produits à partir de cellules de Ki-102b, pourvues d'une voilure agrandie et d'un fuselage allongé, d'un empennage modifié et surtout d'un radar rudimentaire de type AI. L'armement de cette version aurait dû comprendre deux canons de calibre 30 mm, et deux canons de calibre 20 mm (montés en position oblique).

Les Ki-102 apparurent à un moment où le Japon n'avait plus l'initiative militaire, et où le besoin en chasseurs lourds s'était drastiquement réduit. La priorité allait aux chasseurs monomoteurs, comme le Nakajima Ki-84 Hayate. Seuls 238 appareils sortirent des usines. Les rares Randy qui apparurent sur le front ne purent changer les choses : seuls quatre groupes (3è, 28è, 45è et 75è Sentai) et une escadrille indépendante en furent équipés. Si leur puissance de feu fut appréciée par leurs équipages, les Ki-102 ne pouvaient pas grand chose contre les chasseurs alliés. Concentrés au Japon dans l'hypothèse du débarquement allié, ils ne purent donner leur pleine mesure. Les Ki-102 eurent l'occasion de se distinguer lors des opérations sur l'île d'Okinawa en 1945.

Versions principales :

- Ki-102 : prototype, produit à 3 exemplaires
- Ki-102a : version remotorisée, destinée à mener des missions de défense aérienne à haute altitude, armée d'un canon de calibre 37 mm et de deux canons de calibre 20 mm ; environ 26 exemplaires produits
- Ki-102b : version destinée à mener des attaques au sol ; environ 207 exemplaires produits
- Ki-102c : version destinée à la chasse de nuit, armée de deux canons de calibre 30 mm et de deux canons de calibre 20 mm en position oblique ; 2 prototypes construits

………………………………………………………………………………………

Caractéristiques :

Version :

Kawasaki Ki-102b

Type :

Chasseur lourd

Equipage :

2 hommes

Moteurs :

2 Mitsubishi Ha-112-II de 14 cylindres en étoile, d'une puissance unitaire de 1 250 ch

Performances :

Vitesse maximale à 6 000 mètres : 580 km/h
Plafond pratique : 11 000 m
Distance franchissable : 2 000 km

Poids :

A vide : 4 950 kg
Maximal au décollage : 7 300 kg

Dimensions :

Envergure : 15,57 m
Hauteur : 3,70 m
Longueur : 11,45 m
Surface alaire : 34 mètres carrés

Armement :

1 canon Ho-401 de calibre 57 mm dans le nez (15 obus)
2 canons Ho-5 de calibre 20 mm en position ventrale (200 obus chacun)
1 mitrailleuse Ho-103 de calibre 12,7 mm sur affût mobile, tirant vers l'arrière (200 cartouches)
2 bombes de 250 kg chacune (pouvant être remplacées par deux bidons de carburant, d'une capacité unitaire de 200 litres)

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Images :

:arrow: Vues complètes du Ki-102b
:arrow: Vue du sixième appareils de présérie, neuvième Ki-102 construit (cf. le chiffre 9 sur la dérive)
Re: Kawasaki Ki-102 à 01/09/2012 13:26 Clansman
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires