Rappels

Histoire de l'appareil

Dès le milieu des années 1970, il apparut que le Mi-24 ne pourrait plus correspondre au défi des champs de bataille de la décennie qui suivrait. La première spécification alors émise concernait un hélicoptère capable de détruire les blindés de la ligne du front. C'est en décembre 1977 que les deux principaux hélicoptéristes de l'Union soviétique, Mil et Kamov, furent mis en concurrence.

Chez Kamov, le programme échut à Sergei Mikheyev, qui lança le projet V-80 (pour Vertolyet, hélicoptère). Son équipe estima que l'avionique était suffisamment avancée pour permettre à un seul homme de tout faire : le pilotage, la navigation, la détection et la destruction des cibles. Après tout, des systèmes automatiques existaient déjà en URSS, en particulier sur les Ka-25 et 27, on y voyait même des liaisons de données. Une configuration monoplace promettait aussi un gain de poids, et donc de performances, voire de réduire les coûts opérationnels et d'entraînement. C'était sous-estimer le niveau de stress pour une seule personne, en tous cas du point de vue occidental.

L'accent fut également mis sur la survivabilité de l'appareil. En conséquence, une configuration biturbine fut retenue, les turbines TV3-117V étant placées de chaque côté de l'appareil. Le V-80 devait pouvoir voler sur un seul moteur. Le cockpit et le pare-brise furent blindés, les réservoirs auto-obturants, les systèmes vitaux protégés soit par blindage, soit par d'autres systèmes (y compris contre le feu), les commandes redondantes, la transmission était capable de fonctionner 30 minutes sans huile. Le blindage, composé d'aluminium, pesait à lui seul entre 300 et 350 kg et les tests démontrèrent qu'il protégeait le pilote d'un tir d'un calibre de 23 mm. Le pare-brise peut lui résister aux balles d'une mitrailleuse de 12,7 mm.

2 autres choses complétaient la sécurité du pilote : le train d'atterrissage tricycle et rétractable, conçu pour encaisser des chocs particulièrement violents, et enfin le fameux siège éjectable. Celui-ci, le Zvezda K-37-800, est conçu par Guy Severin. Les pales de rotor sont éjectées à l'aide de boulons explosifs dans la tête de rotor, la verrière de même, avant la mise à feu du siège éjectable. Il peut fonctionner théoriquement à n'importe quelle altitude et vitesse, dans la réalité à partir de 100 mètres d'altitude.

Enfin, il reprenait la grande marque de fabrique de Kamov, les rotors co-axiaux et contrarotatifs. Ils sont tripales et ont un diamètre de 14,5 mètres. Ceux-ci éliminent le besoin d'un rotor anti-couple (qui nécessite 30% de la puissance moteur et dont la transmission est vulnérable au combat), et permettent une grande maniabilité. Le Ka-50 est ainsi capable d'effectuer des loopings, des barriques, et surtout de tourner autour de sa cible tout en tirant et en restant à altitude égale. Les pales sont construites en matériaux composites, dont des polymères.

L'appareil est conçu afin de pouvoir se passer de maintenance pendant 2 semaines. Son fuselage est composé à 35 % de matériaux composites. Du kevlar et du nomex protègent les systèmes vitaux.

Le Ka-50 dispose d'un canon 2A42 de 30 mm monté sur la droite (provenant du BMP-2 et alimenté par 460 obus), et de 6 points d'emport sous voilure supportant 2300 kg de charge. Le canon est pratiquement fixe, le débattement en élévation et azimuth est faible. Cela améliorerait la précision. Il emporte par exemple 12 missiles anti-chars AT-16 Vikhr, dont la portée maximale est de 8 km. Le guidage laser permet d'éviter le brouillage. Il peut aussi emporter 2 paniers de roquettes S-8 (20 roquettes de 80 mm par panier) ou S-13. Si elles ne sont pas guidées dans la pratique, elles peuvent l'être avec le système Ugroza moyennant modification. Il peut de même emporter des missiles air-air IGLA-V (Needle-C). Son armement est nettement supérieur à celui de n'importe quel hélicoptère de même catégorie.

Le V-80 (Bort 010) sortit d'usine en juin 1982 et effectua son premier vol stationnaire le 17, aux mains de Nikolay Bezdetnov. Le véritable vol inaugural eut lieu le 23 juillet. Ce prototype fut détruit dans un accident le 3 avril 1985. Le deuxième prototype, doté de turbines TV3-117VMA, vola le 16 août 1983. Un troisième V-80 fut construit et vola en 1986. Dès 1984, l'Ouest eut vent de cet appareil et le désigna "Hokum". Les tests étatiques entre 1985 et août 1986 montrèrent la justesse, à priori, du concept monoplace. La charge de travail était similaire à celle d'un pilote de chasseur-bombardier, grâce à une avionique adaptée. Celle-ci dispose notamment du GLONASS, l'équivalent russe du GPS.

Deux appareils de présérie V-80Sh-1 (pour Shturmovik), furent construits à Arsenyev : 014 et 015. Le 14 décembre 1987, fut décidé la production de 3 appareils supplémentaires en conseil des ministres, pour le développement. Une photographie fut dévoilée en 1989. L'appareil fut présenté comme étant le Ka-50 lors d'une conférence en Grande-Bretagne, en mars 1992. Des lignes pour un second poste de pilotage étaient peints à l'arrière du cokpit, mais ne trompèrent personne.

Il fut dévoilé au public en août 1992, lors du salon de Zhukovsky, puis à Farnborough la même année. Le 020, le 2e appareil produit après la commande de 1987, était nommé "Werewolf" à cause de l'emblème peint. Le 021, peint en noir, participa au tournage du film "requin noir", surnom qui resta associé au Ka-50. Ce surnom est désormais attribué à la version export depuis 1996, à la place de Werewolf. L'OTAN nomme la version KA-50 "Hokum-A". En tout, 8 prototypes ou appareils de présérie furent construits.

Les tests étatiques durèrent entre la mi-1991 et août 1993. 2 premiers appareils furent livrés en novembre 1993 à Torzhok. En 1994, il était définitivement déclaré vainqueur face au Mi-28. Il fut déclaré opérationnel le 28 août 1995. 2 autres furent livrés en 1996. Un appareil fut perdu le 17 juin 1998. La chute drastique des budgets militaires depuis la chute de l'URSS fit que la première commande de 15 exemplaires fut annulée en 1998 et reportée à 2003. En définitive, il fut décidé en 2006 que le Ka-50 serait destiné aux forces spéciales, alors que le Mi-28, initialement rejeté, deviendrait le fer de lance principal de l'Armée Russe.

La production reprit alors en 2006 et 3 appareils, assemblés à partir de composants datant des années 1990, furent livrés en 2009. Actuellement, 8 Ka-50 (sur 100 prévus) et 20 Ka-52 sont en service au sein des forces aériennes russes. La version Ka-50 ne serait d'ailleurs plus en production.

Le Ka-50 fut déployé pour la première fois au combat lors de la guerre en Tchétchénie, en décembre 2000. 2 Ka-50 furent engagés, avec un Ka-29 pour la désignation de cibles. Le 6 janvier 2001 est la date du 1er combat réel. Il y démontra la justesse de conception de l'appareil, combattant avec succès dans des conditions difficiles (8 cibles furent traitées en une mission, et une trentaine durant les opérations). Il montra de grandes capacités de survivabilité, et d'emploi au-dessus de 5000 m, soit nettement plus que le Mi-24. Ils sont revenus à Torzhok en mars 2001. Le Ka-50 a depuis participé à plusieurs exercices, mais il n'est pas certain qu'il ait été de nouveau engagé au combat.

Le Ka-50 fut proposé à l'Inde dans le cadre d'un appel d'offres de mai 2008, visant à acquérir 22 hélicoptères de combat. Cet appel d'offres fut annulé, puis relancé sous de nouvelles conditions en juin 2009 : ce sont 125 hélicoptères pour la force aérienne et 259 pour l'armée indienne qui sont concernés. Le Ka-52 est maintenant proposé, de même que le Mi-28.

Le Ka-50 et le Ka-50N furent tous deux évalués par l'armée sud-coréenne, sans succès. L'appareil intéresse également le Vénézuela.

Le Ka-50 est très certainement un des meilleurs hélicoptères d'attaque actuellement disponible sur le marché, notamment en terme d'armement, de rusticité, de performances et d'électronique. Il bénéficie de l'expérience de Kamov dans le domaine des rotors coaxiaux. Mais sa configuration, soit monoplace soit biplace côte-à-côte, surprend les Occidentaux ainsi que les clients potentiels. Son échec à l'exportation tient autant à ça qu'à la longue histoire mouvementée de l'appareil lors de la chute de l'Union Soviétique.


Texte de Clansman, avec son aimable autorisation

Versions référencées

Pays exploitant actuellement cet appareil

Kamov Ka-50 Black Shark (OTAN : Hokum-A) voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 10 800 kg (23 810 lbs)
  • Masse à vide : 7 700 kg (16 976 lbs)
  • Surface du rotor : 330,3 m² (3 555,32 sq. ft)
  • Diamètre du rotor principal : 14,5 m (47,572 ft)
  • Hauteur : 4,93 m (16,175 ft)
  • Longueur : 16 m (52 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 270 km/h (168 mph, 146 kts)
  • Vitesse critique (VNE) : 350 km/h (217 mph, 189 kts)
  • Facteur de charge maximal : 3,5 G
  • Distance franchissable : 545 km (339 mi, 294 nm)
  • Distance de convoyage : 1 160 km (721 mi, 626 nm)
  • Plafond opérationnel : 5 500 m (18 045 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 10 m/s (33 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 315 km/h (196 mph, 170 kts)
  • Charge alaire, à vide : 23,312 kg/m² (4,77 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 32,698 kg/m² (6,697 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 turbines Klimov TV3-117VK
  • Puissance unitaire : 1 641 kW (2 231 ch, 2 201 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Accident mortel de Ka-52 russe le 13 mars 2012

    Un Ka-52 s'est écrasé à 10 km (6 mi, 5 nm) de Torzhok lors d'un vol d'entraînement. Peu de temps après l'accident, un groupe de sauvetage l'a trouvé au matin, mais les deux pilotes étaient vivants.

    Les boîtes noires ont été retrouvées et serviront à déterminer les causes précises.

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Forum

Sujet complet »
Re: Le requin noir à 07/09/2011 22:21 d9pouces
les proto des Ka-52K de la marine russe seront construits en 2012
A priori, pas beaucoup de différence avec les Ka-52 à part des pales repliables en matériaux composites.
Re: Le requin noir à 07/09/2011 23:02 ciders
Et la capacité air-surface ? Le train d'atterrissage renforcé ? :p
Re: Le requin noir à 17/09/2011 16:52 ciders
Quelqu'un parlait de faire dans son froc ?

La Défense russe vient de casser sa tirelire : ils commandent 140 Ka-52. Ca leur permettra de rajeunir leur flotte, et d'envoyer à la casse les Hind les plus vieux.

Source : ici.
Re: Le requin noir à 17/09/2011 21:21 d9pouces
140 Ka-52 ? :shock: Jolie commande…

C'est rare les biplaces côte-à-côte comme ça… mais j'imagine que c'est surtout imposé par le Ka-50 d'origine qu'autre chose.
Re: Le requin noir à 18/03/2012 21:10 Clansman
Dès le milieu des années 1970, il apparut que le Mi-24 ne pourrait correspondre au défi des champs de bataille de la décennie qui suivrait. La première spécification alors émise concernait un hélicoptère capable de détruire les blindés de la ligne du front. C'est en décembre 1977 que les deux principaux hélicoptéristes de l'Union soviétique, Mil et Kamov, furent mis en concurrence, comme si nous étions chez ces vulgaires impérialistes de l'Ouest.

Chez Kamov, le programme échut à Sergei Mikheyev, qui lança le projet V-80 (pour Vertolyet, hélicoptère). Son équipe estima que l'avionique était suffisamment avancée pour permettre à un seul homme de tout faire : le pilotage, la navigation, la détection et la destruction des cibles. Après tout, des systèmes automatiques existaient déjà en URSS, en particulier sur les Ka-25 et 27, on y voyait même des liaisons de données. Une configuration monoplace promettait aussi un gain de poids, et donc de performances, voire de réduire les coûts opérationnels et d'entraînement. C'était sous-estimer le niveau de stress pour une seule personne, en tous cas du point de vue occidental.

L'accent fut également mis sur la survivabilité de l'appareil. En conséquence, une configuration biturbine fut retenue, les turbines TV3-117V étant placées de chaque côté de l'appareil. Le V-80 devait pouvoir voler sur un seul moteur. Le cockpit et le pare-brise furent blindés, les réservoirs auto-obturants, les systèmes vitaux protégés soit par blindage, soit par d'autres systèmes (y compris contre le feu), les commandes redondantes, la transmission était capable de fonctionner 30 minutes sans huile. Le blindage, composé d'aluminium, pesait à lui seul entre 300 et 350 kg et les tests démontrèrent qu'il protégeait le pilote d'un tir d'un calibre de 23 mm. Le pare-brise peut lui résister aux balles d'une mitrailleuse de 12,7 mm.

2 autres choses complétaient la sécurité du pilote : le train d'atterrissage tricycle et rétractable, conçu pour encaisser des chocs particulièrement violents, et enfin le fameux siège éjectable. Celui-ci, le Zvezda K-37-800, est conçu par Guy Severin. Les pales de rotor sont éjectées à l'aide de boulons explosifs dans la tête de rotor, la verrière de même, avant la mise à feu du siège éjectable. Il peut fonctionner théoriquement à n'importe quelle altitude et vitesse, dans la réalité à partir de 100 mètres d'altitude.

Enfin, il reprenait la grande marque de fabrique de Kamov, les rotors co-axiaux et contrarotatifs. Ils sont tripales et ont un diamètre de 14,5 mètres. Ceux-ci éliminent le besoin d'un rotor anti-couple (qui nécessite 30% de la puissance moteur et dont la transmission est vulnérable au combat), et permettent une grande maniabilité. Le Ka-50 est ainsi capable d'effectuer des loopings, des barriques, et surtout de tourner autour de sa cible tout en tirant et en restant à altitude égale. Les pales sont construites en matériaux composites, dont des polymères.

L'appareil est conçu afin de pouvoir se passer de maintenance pendant 2 semaines. Son fuselage est composé à 35 % de matériaux composites. Du kevlar et du nomex protègent les systèmes vitaux.

Le Ka-50 dispose d'un canon 2A42 de 30 mm monté sur à droite (provenant du BMP-2 et alimenté par 460 obus), et de 6 points d'emport sous voilure supportant 2300 kg de charge. Le canon est pratiquement fixe, le débattement en élévation et azimuth est faible. Cela améliorerait la précision. Il emporte par exemple 12 missiles anti-chars AT-16 Vikhr, dont la portée maximale est de 8 km. Le guidage laser permet d'éviter le brouillage. Il peut aussi emporter 2 paniers de roquettes S-8 (20 roquettes de 80 mm par panier) ou S-13. Si elles ne sont pas guidées dans la pratique, elles peuvent l'être avec le système Ugroza moyennant modification. Il peut de même emporter des missiles air-air IGLA-V (Needle-C). Son armement est nettement supérieur à celui de n'importe quel hélicoptère de même catégorie.

Le V-80 (Bort 010) sortit d'usine en juin 1982 et effectua son premier vol stationnaire le 17, aux mains de Nikolay Bezdetnov. Le véritable vol inaugural eut lieu le 23 juillet. Ce prototype fut détruit dans un accident le 3 avril 1985. Le deuxième prototype, doté de turbines TV3-117VMA, vola le 16 août 1983. Un troisième V-80 fut construit et vola en 1986. Dès 1984, l'Ouest eut vent de cet appareil et le désigna "Hokum". Les tests étatiques entre 1985 et août 1986 montrèrent la justesse, à priori, du concept monoplace. La charge de travail était similaire à celle d'un pilote de chasseur-bombardier, grâce à une avionique adaptée. Celle-ci dispose notamment du GLONASS, l'équivalent russe du GPS.

Deux appareils de présérie V-80Sh-1 (pour Shturmovik), furent construits à Arsenyev : 014 et 015. Le 14 décembre 1987, fut décidé la production de 3 appareils supplémentaires en conseil des ministres, pour le développement. Une photographie fut dévoilée en 1989. L'appareil fut présenté comme étant le Ka-50 lors d'une conférence en Grande-Bretagne, en mars 1992. Des lignes pour un second poste de pilotage étaient peints à l'arrière du cokpit, mais ne trompèrent personne.

Il fut dévoilé au public en août 1992, lors du salon de Zhukovsky, puis à Farnborough la même année. Le 020, le 2e appareil produit après la commande de 1987, était nommé "Werewolf" à cause de l'emblème peint. Le 021, peint en noir, participa au tournage du film "requin noir", surnom qui resta associé au Ka-50. Ce surnom est désormais attribué à la version export depuis 1996, à la place de Werewolf. L'OTAN nomme la version KA-50 "Hokum-A". En tout, 8 prototypes ou appareils de présérie furent construits.

Les tests étatiques durèrent entre la mi-1991 et août 1993. 2 premiers appareils furent livrés en novembre 1993 à Torzhok. En 1994, il était définitivement déclaré vainqueur face au Mi-28. Il fut déclaré opérationnel le 28 août 1995. 2 autres furent livrés en 1996. Un appareil fut perdu le 17 juin 1998. La chute drastique des budgets militaires depuis la chute de l'URSS fit que la première commande de 15 exemplaires fut annulée en 1998 et reportée à 2003. En définitive, il fut décidé en 2006 que le Ka-50 serait destiné aux forces spéciales, alors que le Mi-28, initialement rejeté, deviendrait le fer de lance principal de l'Armée Russe.

La production reprit alors en 2006 et 3 appareils, assemblés à partir de composants datant des années 1990, furent livrés en 2009. Actuellement, 8 Ka-50 (sur 100 prévus) et 20 Ka-52 sont en service au sein des forces aériennes russes. La version Ka-50 ne serait d'ailleurs plus en production.

Le Ka-50 fut déployé pour la première fois au combat lors de la guerre en Tchétchénie, en décembre 2000. 2 Ka-50 furent engagés, avec un Ka-29 pour la désignation de cibles. Le 6 janvier 2001 est la date du 1er combat réel. Il y démontra la justesse de conception de l'appareil, combattant avec succès dans des conditions difficiles (8 cibles furent traitées en une mission, et une trentaine durant les opérations). Il montra de grandes capacités de survivabilité, et d'emploi au-dessus de 5000 m, soit nettement plus que le Mi-24. Ils sont revenus à Torzhok en mars 2001. Le Ka-50 a depuis participé à plusieurs exercices, mais il n'est pas certain qu'il ait été de nouveau engagé au combat.

Le Ka-50 fut proposé à l'Inde dans le cadre d'un appel d'offres de mai 2008, visant à acquérir 22 hélicoptères de combat. Cet appel d'offres fut annulé, puis relancé sous de nouvelles conditions en juin 2009 : ce sont 125 hélicoptères pour la force aérienne et 259 pour l'armée indienne qui sont concernés. Le Ka-52 est maintenant proposé, de même que le Mi-28.

Le Ka-50 et le Ka-50N furent tous deux évalués par l'armée sud-coréenne. L'appareil intéresse également le Vénézuela.

Le Ka-50 est très certainement un des meilleurs hélicoptères d'attaque actuellement disponible sur le marché, notamment en terme d'armement, de rusticité, de performances et d'électronique. Il bénéficie de l'expérience de Kamov dans le domaine des rotors coaxiaux. Mais sa configuration, soit monoplace soit biplace côte-à-côte, surprend les Occidentaux ainsi que les clients potentiels. Son échec à l'exportation tient autant à ça qu'à la longue histoire mouvementée de l'appareil lors de la chute de l'Union Soviétique.

Versions :

Ka-50N :

Le Ka-50N (Nochnoy, nuit) fut conçu afin de pallier à un défaut du Ka-50, déjà connu en 1987 : la capacité d'intervenir de nuit. Il devait être équipé du système Merkury Low-Light TV, mais le manque de fonds en retarda le développement. Il fut donc décidé de se concentrer sur un FLIR, le Shkval-N, intégré sur le Ka-50 à partir de 1993. Le premier vol fut effectué le 4 mars 1997. Il s'agissait du Bort 18, c'est-à-dire du 8ème hélicoptère de pré-série. Il est équipé du Samshit-50T, installé dans une boule de 640 mm de diamètre sous le nez (le Thomson-CSF Victor fut testé par intérim). Le Shkval est placé lui dans le cône de nez. Le Ka-50N, appelé aussi Ka-50Sh, n'est pas entré en production.

Ka-52 :

Lors des tests comparatifs entre le Ka-50 et le Mi-28, Kamov suggéra de concevoir un hélicoptère entièrement dédiée à la reconnaissance sur terrain, à la désignation de cibles pour toute une meute d'hélicoptères d'attaque. La chute de l'URSS et la baisse de crédits militaires firent que Kamov reprit le concept, mais pour une variante de son Ka-50 : cela donna le Ka-52 Alligator, le fameux Ka-50 biplace. La coopération entre les 2 membres d'équipages étant vitale, un aménagement côte-à-côte s'imposait. Il peut aussi servir à l'entraînement. Il reprend 85% des éléments du Ka-50.

Par rapport au Ka-50, il dispose d'un nez moins tourmenté, d'un radar Phazotron Arbalet-52 en bande Xà 2 antennes (une pour les cibles aériennes dans le mât et l'autre pour les cibles au sol, dans le nez), du capteur TV et infrarouge Samshit (une voie sous le nez, l'autre au-dessus du cockpit). Le cockpit dispose de 5 écrans LCD. La boule optronique GOES-451 conçue par UOMZ permet l'acquition des cibles et le tir. L'autre optronique TOES-520 sert à la navigation.


Malgré le gain de poids obtenu par l'allègement du blindage et une réduction du nombre d'obus (240), les performances sont inférieures à celles du Ka-50 (vitesse ascensionnelle passant de 10 à 8 m/s, facteur de charge de +3,5G à 3G, plafond avec effet de sol de 3600 à 3000 m). Il fut annoncé au salon du Bourget en 1995.

Le prototype fut construit en 1996, et effectua son vol inaugural le 1er juillet 1997. Il fallut attendre 2008 pour voir le deuxième prototype voler. 4 appareils de présérie volèrent en 2008 et 2009. 12 exemplaires furent commandés en 2009. 8 hélicoptères ont été reçus (l'un s'est écrasé en mars 2012) et sont en tests opérationnels au sein du 696e régiment. 30 Ka-52 devraient être reçus en 2012, et un second lot de 36 appareils est prévu. Jusqu'à 140 exemplaires sont évoqués. L'OTAN l'aurait surnommé "Hokum-B", mais l'appareil étant apparu après la chute de l'URSS, ça reste à vérifier.

Ka-52K :

Une version navalisée, le Ka-52K, devrait équiper les navires de la classe Mistral à partir de 2014 ou 2015. Les essais du Ka-52 à bord du Mistral eurent lieu en novembre 2009. Le premier prototype devrait voler fin 2012. 40 exemplaires sont prévus. Le fuselage et les systèmes recevront une protection anti-corrosion, le radar Arbalet disposera d'un mode maritime et le Ka-52 pourra emporter des missiles anti-navires Kh-35. Les pales du rotor seront repliables.

Ka-50-2 :

En 1997, la Turquie lança un appel d'offres afin de se procurer un hélicoptère d'attaque. 145 exemplaires étaient prévus, mais les plans d'acquisition sont depuis descendus à 50 exemplaires. Kamov s'associa avec IAI afin de proposer une version de son Ka-50, le Ka-50-2 "Erdogan" (guerrier-né). Il s'agit d'une version biplace en tandem du Ka-50, équipée d'un cockpit tout-écran conçu en Israël, et d'un canon de 30 mm monté en tourelle et non plus fixe. Une maquette grandeur nature fut exposée. Le premier vol aurait eu lieu vers avril 1999. Il perdit finalement face à l'A-129 en 2007. Le Ka-50-2 fut également proposé, sans succès, en Afrique du Sud, en Chine, en Malaisie et en Syrie.




http://fr.wikipedia.org/wiki/Kamov_Ka-50

http://www.avions-militaires.net/fiches/ka50.php

http://www.helicopassion.com/fr/03/ka50-01.htm

http://red-stars.org/spip.php?article61

http://jn.passieux.free.fr/html/Ka50.php

http://skymaster.fr.free.fr/helicos/russie/hokum/hokum.htm

http://www.avionslegendaires.net/kamov-ka-50-hokum.php

http://en.wikipedia.org/wiki/Kamov_V-80

http://en.wikipedia.org/wiki/Kamov_Ka-50

http://www.airforce-technology.com/projects/ka50-black-shark-helicopter/

http://www.aviastar.org/helicopters_eng/ka-50.php

http://www.aviastar.org/helicopters_eng/ka-52.php

http://www.globalsecurity.org/military/world/russia/ka-50.htm

http://air-attack.com/page/59/KA-50-Hokum.html

http://www.fas.org/man/dod-101/sys/ac/row/ka-50.htm

http://www.combataircraft.com/en/Military-Aircraft/Kamov/KA-50-Hokum/

http://www.globalaircraft.org/planes/ka-50_hokum.pl
Re: Le requin noir à 18/03/2012 21:23 d9pouces
Juste en passant, avant de lire complètement la fiche : j'avais lu à propos du canon que ce n'était pas une histoire de précision, mais plutôt que le Ka-50 pivote sur lui-même aussi vite qu'une tourelle canon, et que comme le pilote est aussi canonnier, il n'y avait pas besoin d'une tourelle.
Re: Le requin noir à 19/03/2012 08:01 Clansman
Intéressant. Je n'ai lu ça nulle part dans mes sources (en particulier anglophones), mais ça me paraît bien possible.

La fiche sur le site

Un bel appareil, un de mes hélicos préférés dans sa catégorie. :D
Re: Le requin noir à 19/03/2012 09:09 d9pouces
Je préfère largement le monoplace au biplace. Le monoplace me fait penser à une sorte d'A-10 à rotor.
Re: Le requin noir à 19/03/2012 10:02 Jericho
Merci pour cette fiche… j'ai appris plein de choses. ;)

Concernant les sièges éjectables, 100m minimum c'est pour permettre d'avoir le temps de virer les pales et la verrière?
(j'avoue que ça m'a toujours fait froid dans le dos d'imaginer l'équipage s'éjecter alors que les pales n'ont pas été éjectées efficacement… :S )
Re: Le requin noir à 19/03/2012 10:58 Clansman
Je ne sais pas. J'ai l'impression que c'est un défaut inhérent au siège lui-même. En principe, il est censé fonctionner même au sol. Je me demande s'il a déjà sauvé des vies, en fait.
Re: Le requin noir à 19/03/2012 11:52 Jericho
OK, merci!
Re: Le requin noir à 03/09/2013 17:25 ciders
Sagem va travailler avec Kamov sur une variante améliorée du Kamov Ka-52
Re: Le requin noir à 04/09/2013 12:11 d9pouces
Ce n'est pas la première fois qu'ils font ça ; il me semble que sur certaines versions du Su-30, il y avait également de l'électronique française. Les modèles russes doivent être bien à la bourre…
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 06/08/2014 20:25 ciders
Commande de 32 Kamov Ka-52K

Selon Jane's, ils sont destinés à être embarqués sur les deux Mistral commandés.
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 06/08/2014 21:31 Nico2
Ils n'ont pas été jusqu'à commander des EC-665 Tigre. :mrgreen:
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 06/08/2014 21:47 ciders
Vu l'armement du Ka-52, je ne suis pas certain que la chose eut été nécessaire…
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 07/08/2014 02:56 Cinétic
Il ne faut pas oublier que le KA-52 est 3 fois plus lourd que le Tigre, il peut heureusement emporter une charge offensive plus importante.
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 07/08/2014 09:00 Trident
Le Ka-50 dispose d'un canon 2A42 de 30 mm monté sur à droite (provenant du BMP-2 et alimenté par 460 obus)

ça ne serait pas " sur la droite " ?

d9pouces a écrit

Ce n'est pas la première fois qu'ils font ça ; il me semble que sur certaines versions du Su-30, il y avait également de l'électronique française. Les modèles russes doivent être bien à la bourre…

C'est le cas des Su-30 MKA algériens.
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 07/08/2014 21:30 Nico2

ciders a écrit

Vu l'armement du Ka-52, je ne suis pas certain que la chose eut été nécessaire…

Comme c'est joliment formulé. :hehe:
Re: Ka-50/52 : le requin noir à 08/08/2014 12:53 Clansman

Trident a écrit

Le Ka-50 dispose d'un canon 2A42 de 30 mm monté sur à droite (provenant du BMP-2 et alimenté par 460 obus)

ça ne serait pas " sur la droite " ?

J'ai mis un moment à piger le problème. Mais maintenant il est résolu. :mrgreen:

Merci !
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires