Rappels

Histoire de l'appareil

En 1933, l'Armée de l'air commanda un bombardier moyen moderne, rapide et à long rayon d'action, sous le nom de Bombardier de Représailles Triplace. Ce programme donna naissance d'une part à l'Amiot 354, et d'autre part au Léo 451. Le prototype présenté par Amiot fut l'Amiot 340, dérivé de l'avion postal Amiot 341 et de l'Amiot 370, construit pour une course Paris-New York finalement annulée en 1937. Il fut conçu par l'équipe de Jean Calvy.

L'Amiot 340, construit à un exemplaire, possédait une seule dérive, et deux moteurs Gnome-Rhône 14P de 920 chevaux. Il se présentait comme un bimoteur élégant, à aile médiane présentant un dièdre positif prononcé, un train classique rétractable, de construction entièrement métallique et pouvant emporter 1200 kg de bombes. Il vola le 6 décembre 1937 à Istres.

En août 1938, il emmena le Gal Vuillemin vers Berlin, dans le but de tromper les Allemands en leur faisant croire que l'armée de l'air disposait de bombardiers modernes. Les Allemands semblent ne pas s'être laissé prendre.

L'Amiot 340 fut modifié en Amiot 351, prototype quadriplace doté de moteurs Gnôme et Rhône 14N-20/21 de 1020 ch et d'un empennage bidérive. Il vola sous cette forme le 21 janvier 1939. Quand à l'Amiot 350 qui devait être motorisé avec des Hispano-Suiza 12Y-28 (920 chevaux), il resta à l'état de projet, le moteur prévu étant construit en trop petit nombre.

La famille de l'Amiot 350 sera décliné en plusieurs versions, dont deux furent construites en série : l'Amiot 351 bidérive (17 exemplaires) et l'Amiot 354 monodérive (45 exemplaires).

120 exemplaires avaient déjà été commandés en mai 1938, dont 45 Amiot 350, version qui fut abandonnée. Les commandes allaient d'ailleurs atteindre 880 exemplaires au total, celles-ci se répartissant entre 140 Amiot 351, 560 Amiot 352, 100 Amiot 353, 40 Amiot 354 et 40 Amiot 356 : 285 exemplaires devaient être livrés au 1er avril 1940. Mais la production fut retardée, notamment à cause des modifications demandées et des grêves, et aucun exemplaire n'était livré en septembre 1939. Il était construit en 3 parties distinctes dans 3 usines, pour être assemblé au Bourget.

Le premier Amiot 351 de série prit l'air le 3 novembre 1939, suivi quelques jours plus tard du premier Amiot 354 de série. En mai 1940, seuls 35 exemplaires étaient en service, dont 7 Amiot 354 au sein des GB I/21 et II/21 basés à Avignon. 200 exemplaires étaient en cours de construction, et deux des usines de bombardiers furent bombardées.

Le 12 mai 1940, l'Amiot 354 fut pour la première fois engagé au combat, en l'occurrence une mission de reconnaissance armée au-dessus de Maastricht. Les GB I/34 et II/34 reçurent leurs premiers exemplaires en mai, mais ne les engagèrent jamais au combat : sur 5 Amiot 354, seuls 2 étaient disponibles. Tous les Amiot furent basés sur le front nord. Ils accomplirent 150 mission de combats. 5 furent perdus au combat. 2 furent détruits au sol et 6 volontairement sabotés. 10 furent détruits lors de vols d'entraînement.

Dès le 17 juin, les 39 Amiot survivants reçurent l'ordre de rejoindre l'Afrique du Nord, ce que 37 d'entre eux purent faire plus l'Amiot 370. Ils furent rapatriés en métropole et leurs unités démantelées en août 1940.

5 exemplaires servirent à transporter du courrier pour Vichy, sous les couleurs d'Air France, 4 autres furent commandés par la Luftwaffe comme transport. 2 seront effectivement reçus par le 1./KG200, un troisième utilisé par la 3e Luftflotte. 62 exemplaires ont été officiellement reçus par l'Armée de l'air (17 Amiot 351 et 45 Amiot 154), mais on estime à 86 le nombre d'exemplaires finalement reçus par l'Armée de l'Air.

Premier appareil conçu par Amiot à être moderne, l'Amiot 351/354 était, sur le papier, un excellent appareil. Mais la complexité de sa fabrication, entre autres raisons, fit qu'il n'arriva, comme tant d'appareils, que trop peu, trop tard en unité.

Versions référencées

  • Amiot 351 : Première version de série.
  • Amiot 352 : Amiot 351 doté de moteurs Hispano-Suiza 12Y-50 de 1100 chevaux, un exemplaire.
  • Amiot 353 : Amiot 351 doté de moteurs Rolls-Royce Merlin III de 1030 hp, un exemplaire.
  • Amiot 354 : Version monodérive équipée de moteurs Gnome-Rhône 14N-49 de 1060 chevaux.
  • Amiot 355 : Amiot 351 modifié et équipé de moteurs Gnome-Rhône 14R-2 de 1200 chevaux, un exemplaire.
  • Amiot 356 : Amiot 354 équipé de moteurs Rolls-Royce Merlin X de 1130 hp, un exemplaire.
  • Amiot 357 : Version de haute altitude, un exemplaire.
  • Amiot 358 : Amiot 354 remotorisé en 1946 avec des Pratt & Whitney R-1830 de 1200 hp. Un exemplaire versé au GLAM jusqu'à son accident.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Amiot 354 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 11 324 kg (24 965 lbs)
  • Masse à vide : 4 725 kg (10 417 lbs)
  • Surface alaire : 67,5 m² (726,564 sq. ft)
  • Hauteur : 4,08 m (13,386 ft)
  • Envergure : 22,83 m (74,902 ft)
  • Longueur : 14,5 m (47,572 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 349 km/h (217 mph, 188 kts)
  • Distance franchissable : 3 502 km (2 176 mi, 1 891 nm)
  • Plafond opérationnel : 10 000 m (32 808 ft)
  • Vitesse maximale HA : 480 km/h (298 mph, 259 kts)
  • Charge alaire, à vide : 70 kg/m² (14 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 167,763 kg/m² (34,361 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en étoile Gnôme et Rhône 14N48
  • Puissance unitaire : 780 kW (1 060 ch, 1 045 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Amiot 351/354 à 21/08/2012 07:49 Clansman
En 1933, l'Armée de l'air commanda un bombardier moyen moderne, rapide et à long rayon d'action, sous le nom de Bombardier de Représailles Triplace. Ce programme donna naissance d'une part à l'Amiot 354, et d'autre part au Léo 451. Le prototype présenté par Amiot fut l'Amiot 340, dérivé de l'avion postal Amiot 341 et de l'Amiot 370, construit pour une course Paris-New York finalement annulée en 1937. Il fut conçu par l'équipe de Jean Calvy.

L'Amiot 340, construit à un exemplaire, possédait une seule dérive, et deux moteurs Gnome-Rhône 14P de 920 chevaux. Il se présentait comme un bimoteur élégant, à aile médiane présentant un dièdre positif prononcé, un train classique rétractable, de construction entièrement métallique et pouvant emporter 1200 kg de bombes. Il vola le 6 décembre 1937 à Istres.

En août 1938, il emmena le Gal Vuillemin vers Berlin, dans le but de tromper les Allemands en leur faisant croire que l'armée de l'air disposait de bombardiers modernes. Les Allemands semblent ne pas s'être laissé prendre.

L'Amiot 340 fut modifié en Amiot 351, prototype quadriplace doté de moteurs Gnôme et Rhône 14N-20/21 de 1020 ch et d'un empennage bidérive. Il vola sous cette forme le 21 janvier 1939. Quand à l'Amiot 350 qui devait être motorisé avec des Hispano-Suiza 12Y-28 (920 chevaux), il resta à l'état de projet, le moteur prévu étant construit en trop petit nombre.

La famille de l'Amiot 350 sera décliné en plusieurs versions, dont deux furent construites en série : l'Amiot 351 bidérive (17 exemplaires) et l'Amiot 354 monodérive (45 exemplaires).

120 exemplaires avaient déjà été commandés en mai 1938, dont 45 Amiot 350, version qui fut abandonnée. Les commandes allaient d'ailleurs atteindre 880 exemplaires au total, celles-ci se répartissant entre 140 Amiot 351, 560 Amiot 352, 100 Amiot 353, 40 Amiot 354 et 40 Amiot 356 : 285 exemplaires devaient être livrés au 1er avril 1940. Mais la production fut retardée, notamment à cause des modifications demandées et des grêves, et aucun exemplaire n'était livré en septembre 1939. Il était construit en 3 parties distinctes dans 3 usines, pour être assemblé au Bourget.

Le premier Amiot 351 de série prit l'air le 3 novembre 1939, suivi quelques jours plus tard du premier Amiot 354 de série. En mai 1940, seuls 35 exemplaires étaient en service, dont 7 Amiot 354 au sein des GB I/21 et II/21 basés à Avignon. 200 exemplaires étaient en cours de construction, et deux des usines de bombardiers furent bombardées.

Le 12 mai 1940, l'Amiot 354 fut pour la première fois engagé au combat, en l'occurrence une mission de reconnaissance armée au-dessus de Maastricht. Les GB I/34 et II/34 reçurent leurs premiers exemplaires en mai, mais ne les engagèrent jamais au combat : sur 5 Amiot 354, seuls 2 étaient disponibles. Tous les Amiot furent basés sur le front nord. Ils accomplirent 150 mission de combats. 5 furent perdus au combat. 2 furent détruits au sol et 6 volontairement sabotés. 10 furent détruits lors de vols d'entraînement.

Dès le 17 juin, les 39 Amiot survivants reçurent l'ordre de rejoindre l'Afrique du Nord, ce que 37 d'entre eux purent faire plus l'Amiot 370. Ils furent rapatriés en métropole et leurs unités démantelées en août 1940.

5 exemplaires servirent à transporter du courrier pour Vichy, sous les couleurs d'Air France, 4 autres furent commandés par la Luftwaffe comme transport. 2 seront effectivement reçus par le 1./KG200, un troisième utilisé par la 3e Luftflotte. 62 exemplaires ont été officiellement reçus par l'Armée de l'air (17 Amiot 351 et 45 Amiot 154), mais on estime à 86 le nombre d'exemplaires finalement reçus par l'Armée de l'Air.

Premier appareil conçu par Amiot à être moderne, l'Amiot 351/354 était, sur le papier, un excellent appareil. Mais la complexité de sa fabrication, entre autres raisons, fit qu'il n'arriva, comme tant d'appareils, que trop peu, trop tard en unité.


Versions :

Amiot 351 : 1ere version de série, bidérive, équipée de moteurs Gnome-Rhône 14N-48 de 950 chevaux. Cette version devait recevoir un canon HS.404 de 20 mm en position dorsale, mais à cause de problèmes techniques, elle fut remplacée par une mitrailleuse MAC 1934. Par rapport au prototype, son envergure fut réduite de 17 cm, le fuselage allongé de 50 cm, le poste de pilotage fut redessiné. Les surfaces verticales furent agrandies.

Amiot 352 : Amiot 351 doté de moteurs Hispano-Suiza 12Y-50 de 1100 chevaux, un exemplaire.

Amiot 353 : Amiot 351 doté de moteurs Rolls-Royce Merlin III de 1030 hp, un exemplaire.

Amiot 354 : version monodérive équipée de moteurs Gnome-Rhône 14N-49 de 1060 chevaux.

Amiot 355 : Amiot 351 modifié et équipé de moteurs Gnome-Rhône 14R-2 de 1200 chevaux, un exemplaire. son premier vol fut un convoyage en catastrophe du Bourget et Pau. Il fut détruit en juillet 1940 à Clermont-Ferrand.

Amiot 356 : Amiot 354 équipé de moteurs Rolls-Royce Merlin X de 1130 hp, un exemplaire. Il vola pour la première fois le 18 mars 1940. Il servit d'avion postal pendant l'Occupation jusqu'en novembre 1942.

Amiot 357 : Version de haute altitude, disposant d'une cabine pressurisée, de moteurs Hispano-Suiza 12Z-89 de 1200 chevaux dotés de compresseurs. Un exemplaire, capturé par les Allemands au Bourget en juin 1940.

Amiot 358 : Amiot 354 remotorisé en 1946 avec des Pratt & Whitney R-1830 de 1200 hp. Un exemplaire versé au GLAM jusqu'à son accident.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Amiot_354

http://www.avionslegendaires.net/amiot-am-351-354.php

http://www.aviafrance.com/amiot-351-aviation-france-3177.htm

http://www.aviafrance.com/amiot-354-aviation-france-3176.htm

http://les-avions-de-legende.e-monsite.com/pages/les-bombardiers/les-bombardiers-francais/amiot-351-354.html

<!– l –><a class="postlink-local" href="http://forum.aviationsmilitaires.net/viewtopic.php?f=36&t=608">viewtopic.php?f=36&t=608</a><!– l –>

http://en.wikipedia.org/wiki/Amiot_354

http://www.aviastar.org/air/france/amiot-351.php
Re: Amiot 351/354 à 21/08/2012 12:16 Clansman
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires