Rappels

Histoire de l'appareil

Au début des années 1950, le gouvernement soviétique réclama un bombardier transsonique, dont les tests étatiques devaient commencer en juillet 1954. Iliouchine se mit à la tâche, mais divers projets se succédèrent avant de trouver le concept définitif. En mars 1953 par exemple, un projet montrait un appareil avec une aile en flèche médiane, des réacteurs en nacelle à la jonction aile-fuselage, une dérive en T. Projet qui fut rejeté à cause des interférences entre fuselage et nacelles à haute vitesse d'une part, et de la difficulté à loger le train d'atterrissage situé à la racine des ailes.

Celui-ci se concrétisa par l'Il-54. Cet appareil possédait des ailes en flèche de 45°, hautes avec un dièdre négatif. Il était propulsé par 2 Lyulka AL-7 montés en nacelles sous les ailes. Ces ailes et ces nacelles étant trop petites pour un train d'atterrissage conventionnel, un train monotrace fut adopté. Les trains centraux prenaient place de part et d'autre de la soute à bombes. Il fallut cabrer l'appareil de 10° pour lui permettre un décollage sur une distance raisonnable. Son nez était vitré. Cette configuration, proche du Vautour ou du Yak-25, fut dessinée à partir de novembre 1953.

Le vol inaugural eut lieu le 3 avril 1955 avec Vladimir Kokkinaki aux commandes. Les essais montrèrent la nécessité de modifier le train afin de faciliter l'atterrissage, et d'adjoindre des quilles ventrales sous la queue. Un deuxième prototype fut construit, et motorisé par des AL-7F. Il vola la même année. Le comportement de l'appareil en vol était bon, et il répondait aux spécifications requises.

L'appareil se révéla supersonique, avec une vitesse de pointe de Mach 1,15. Il emportait en temps normal 3000 kg de bombes, voire 5000 en surcharge. Pour l'auto-défense, il était armé d'un canon AM-23 dans le nez et de deux AM-23 en tourelle dans la queue de l'appareil.

Son équipage de 3 personnes (pilote, navigateur, et opérateur-radio faisant office de mitrailleur) possédaient des sièges éjectables. Le pilote était éjecté par le haut et les autres par le bas. Une trappe de secours pour chacun d'eux était disponible en cas d'atterrissage forcé. En cas d'amerrissage forcé, ils disposaient d'un radeau éjecté automatiquement.

3 variantes, restées au stade de projet, furent envisagées : un Il-54T de torpillage (sa soute était longue de 2 mètres, et le cockpit du navigateur avait été revu afin de lui donner une meilleure visibilité vers l'avant), un Il-54U d'entraînement (le moniteur prenant la place du navigateur) et un Il-54R de reconnaissance photo.

2 choses firent que l'Il-54 ne dépassa pas le stade du prototype : la concurrence du Yak-28 d'une part, et la croyance que les missiles supplanteraient définitivement les avions à terme d'autre part.

Sa participation au défilé de Tushino en 1956, pourtant prévue, fut annulée. L'Il-54 fut plus tard présenté à une délégation américaine à Koubinka comme étant l'Il-149, dans un pur but de désinformation. Ce qui fonctionna, car l'OTAN, pensant avoir affaire à un appareil destiné à être produit en série, lui donna alors le nom de code "Blowlamp" (chalumeau). En réalité, l'Il-54 avait déjà cessé de voler. Les 2 exemplaires n'ont pas survécu.

Versions référencées

  • Iliouchine Il-54 (OTAN : Blowlamp) : Prototype, 2 exemplaires.
  • Iliouchine Il-54R : Projet d'avion de reconnaissance photographique.
  • Iliouchine Il-54T : Projet d'avion-torpilleur.
  • Iliouchine Il-54U : Projet de variante d'entraînement.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Iliouchine Il-54 (OTAN : Blowlamp) voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 41 600 kg (91 712 lbs)
  • Masse à vide : 24 000 kg (52 911 lbs)
  • Surface alaire : 84,6 m² (910,627 sq. ft)
  • Hauteur : 7,9 m (25,919 ft)
  • Envergure : 17,65 m (57,907 ft)
  • Longueur : 28,96 m (95,013 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 910 km/h (565 mph, 491 kts)
  • Distance franchissable : 2 500 km (1 553 mi, 1 350 nm)
  • Plafond opérationnel : 14 000 m (45 932 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 25,25 m/s (82,841 ft/s)
  • Mach maximal HA : Mach 1,15
  • Vitesse maximale HA : 1 250 km/h (777 mph, 675 kts)
  • Charge alaire, à vide : 283,688 kg/m² (58,104 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 491,726 kg/m² (100,713 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 réacteurs Lyulka AL-7F
  • Puissance unitaire : 6 800 kgp (67 kN, 14 991 lbf), 9 000 kgp (88 kN, 19 842 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Images

Forum

Sujet complet »
Il-54 Blowlamp à 08/03/2012 12:39 Clansman
Au début des années 1950, le gouvernement soviétique réclama un bombardier transsonique, dont les tests étatiques devaient commencer en juillet 1954. Iliouchine se mit à la tâche, mais divers projets se succédèrent avant de trouver le concept définitif. En mars 1953 par exemple, un projet montrait un appareil avec une aile en flèche médiane, des réacteurs en nacelle à la jonction aile-fuselage, une dérive en T. Projet qui fut rejeté à cause des interférences entre fuselage et nacelles à haute vitesse d'une part, et de la difficulté à loger le train d'atterrissage situé à la racine des ailes.

Celui-ci se concrétisa par l'Il-54. Cet appareil possèdait des ailes en flèche de 45°, hautes avec un dièdre négatif. Il était propulsé par 2 Lyulka AL-7 montés en nacelles sous les ailes. Ces ailes et ces nacelles étant trop petites pour un train d'atterrissage conventionnel, un train monotrace fut adopté. Les trains centraux prenaient place de part et d'autre de la soute à bombes. Il fallut cabrer l'appareil de 10° pour lui permettre un décollage sur une distance raisonnable. Son nez était vitré. Cette configuration, proche du Vautour ou du Yak-25, fut dessinée à partir de novembre 1953.

Le vol inaugural eut lieu le 3 avril 1955 avec Vladimir Kokkinaki aux commandes. Les essais montrèrent la nécessité de modifier le train afin de faciliter l'atterrissage, et d'adjoindre des quilles ventrales sous la queue. Un deuxième prototype fut construit, et motorisé par des AL-7F. Il vola la même année. Le comportement de l'appareil en vol était bon, et il répondait aux spécifications requises.

L'appareil se révéla supersonique, avec une vitesse de pointe de Mach 1,15. Il emportait en temps normal 3000 kg de bombes, voire 6000 maximum. Pour l'auto-défense, il était armé d'un canon AM-23 dans le nez et de deux AM-23 en tourelle dans la queue de l'appareil.

Son équipage de 3 personnes (pilote, navigateur, et opérateur-radio faisant office de mitrailleur) possédaient des sièges éjectables. Le pilote était éjecté par le haut et les autres par le bas. Une trappe de secours pour chacun d'eux était disponible en cas d'atterrissage forcé. En cas d'amerrissage forcé, ils disposaient d'un radeau éjecté automatiquement.

3 variantes, restées au stade de projet, furent envisagées : un Il-54T de torpillage (sa soute était longue de 2 mètres, et le cockpit du navigateur avait été revu afin de lui donner une meilleure visibilité vers l'avant), un Il-54U d'entraînement (le moniteur prenant la place du navigateur) et un Il-54R de reconnaissance photo.

2 choses firent que l'Il-54 ne dépassa pas le stade du prototype : la concurrence du Yak-28 d'une part, et la croyance que les missiles supplanteraient définitivement les avions à terme d'autre part.

Sa participation au défilé de Tushino en 1956, pourtant prévue, fut annulée. L'Il-54 fut plus tard présenté à une délégation américaine à Koubinka comme étant l'Il-149, dans un pur but de désinformation. Ce qui fonctionna, car l'OTAN, pensant avoir affaire à un appareil destiné à être produit en série, lui donna alors le nom de code "Blowlamp" (chalumeau). En réalité, l'Il-54 avait déjà cessé de voler.

La fiche sur le site

Pour voir à quoi il ressemblait, il faudra se rabattre sur les sources.


http://en.wikipedia.org/wiki/Ilyushin_Il-54

http://ram-home.com/ram-old/il-54.html

http://www.aviastar.org/air/russia/il-54.php
Re: Il-54 Blowlamp à 08/03/2012 14:37 Jericho
C'est amusant ce petit air de … Yak-28! ;)
Re: Il-54 Blowlamp à 12/03/2012 22:26 d9pouces
Oui, c'était une formule aérodynamique à la mode. Cependant, il ne me semble pas qu'elle ait rencontré tant de succès que ça, notamment aux États-Unis.
Je trouve le train franchement surdimensionné, pas vous ?
Re: Il-54 Blowlamp à 13/03/2012 09:07 Jericho
Le train surdimentionné était pratique pour décoller à partir de terrains marécageux… :D

Sérieusement, je suis d'accord avec toi. Mais quand tu vois qu'il fallait cabrer l'appareil de 10° pour décoller sur des distances raisonnables, il fallait bien un train assez haut. Quand à la dimension des roues, j'imagine que c'est également pour faciliter l'utilisation de pistes faiblement aménagées…

Une petite image sympa pour bien se rendre compte de l'angle pris par l'avion pour décoller…
Re: Il-54 Blowlamp à 13/03/2012 19:10 ciders
Accès au site proposé interdit… Dis-moi Jericho, tu as piraté quelles archives ? :mrgreen:
Re: Il-54 Blowlamp à 13/03/2012 21:31 Jericho
Zut, je me suis fait eu!


Mais c'est vrai que depuis chez moi, j'arrive pas non plus à ouvrir l'image depuis mon lien… :S

Donc sur cette page, la troisième image donne bien une idée de la cabrure de l'appareil, avec ses 10°, au lieu de 5°45' habituels…
Re: Il-54 Blowlamp à 14/03/2012 20:52 d9pouces
Impossible de voir les images en grand :( Mais en effet, on voit quand même l'angle d'incidence au décollage… Ça devait toucher assez fréquemment :D
Re: Il-54 Blowlamp à 14/03/2012 21:11 Jericho

d9pouces a écrit

Impossible de voir les images en grand :( Mais en effet, on voit quand même l'angle d'incidence au décollage… Ça devait toucher assez fréquemment :D
En fait, l'image en grand, je l'ai eue en passant par Google-images … mais une fois sur le site, c'est plus possible de la rouvrir… :S
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires