Rappels

Histoire de l'appareil

Le Heinkel He 70 Blitz (éclair) est né en 1932, d'une demande de la compagnie allemande Lufthansa, qui désirait un appareil rapide, capable de rivaliser avec les Lockheed Orion que la Swissair venait de mettre en service. Le dessin initial, lancé comme He 65 en 1931 sur fonds du Ministère des Transports prévoyait un avion plutôt classique, monoplan à train fixe et moteur en étoile, principalement destiné au transport du courrier.

Mais la mise en service en avril 1932 des Orion de la Swissair sur la ligne Zurich – Munich – Viennes allait bouleverser ces plans. Devant les performances du Lockheed, un redessin complet fut initié : le nouvel appareil fut donc un monoplan à train rentrant, et moteur BMW VI de 12 cylindres en V, de 637 ch, soigneusement profilé, capable de transporter 4 passagers (dans un confort tout relatif, il faut noter). Une des innovations fut le revêtement métallique à rivets noyés, donnant une surface exceptionnellement lisse. Tout fut sacrifié à la recherche des performances maximales.

Le nouvel avion, rebaptisé entretemps He 70, fit son premier vol le 1er décembre 1932, et démontra rapidement ses capacité en décrochant 8 record du monde de vitesse et distance, et atteignant une vitesse maximale de 377 km/h, plus rapide que les chasseurs de l'époque. La Lufthansa le mit rapidement en service sur ses lignes domestiques de prestige (de Berlin vers Hambourg, Francfort, Cologne), ainsi que sur Seville en Espagne.

Parallèlement, devant les performances de l'appareil, le Ministère de la Défense allemand demanda à Heinkel d'étudier une version de combat, pour la reconnaissance stratégique et le bombardement léger. Les trois premiers exemplaires militaires furent modifiés à partir des appareils civil (1 He 70F, et 2 He 70C), Les modifications les plus visibles furent le déplacement du poste de pilotage d'une position décalée à gauche pour une position axiale, et un poste pour un mitrailleur dorsal. Intérieurement, une soute à bombe, des logements pour des caméras, et un réservoir supplémentaire furent aménagés dans l'ancienne cabine de passagers. La Luftwaffe renaissante mit ses premiers exemplaires en service fin 1934.

Le modernisme et les caractéristiques de l'avion intéressèrent également d'autres pays. La Grande-Bretagne commanda un exemplaire de la version civile G (G-ADZF), motorisé par un Rolls-Royce Kestrel V. Ainsi motorisé il atteignit une vitesse maximale de 424 km/h, là aussi plus rapide que le Gloster Gladiator qui venait tout juste d'entrer en service. Il servit jusqu'en 1940 comme banc d'essai volant pour différents type de moteur et de systèmes de refroidissement.

La Marine Impériale Japonaise commanda également un appareil, ainsi qu'une licence de construction. S'il permit aux constructeurs japonais de se familiariser avec les techniques modernes, il ne fut cependant pas construit en série.

Au total, en incluant les prototypes, 324 He 70 furent construits en Allemagne et 18 autres sous licence en Hongrie.

Le He 70 est un monoplan à aile elliptique basse, à train classique rentrant, les premiers exemplaires n'avaient pas de roue de queue, mais un simple patin. Il est de construction entièrement métallique, à l'exception des gouvernes, entoilées. Son aérodynamisme est particulièrement soigné, évitant toute trainée parasite. Il est motorisé par un moteur de 12 cylindres en V BMW VI, de 750 ch, entrainant une hélice bipale à pas variable. Le carburant est contenu dans deux réservoirs d'aile, avec une contenance totale de 420 litres, augmenté par un réservoir de fuselage de 275 l pour les versions de reconnaissance.

Les versions civiles étaient aménagées pour transporter 4 ou 5 passagers, dans une cabine exigue et d'un accès quelque peu acrobatique. L'équipage consistait en un pilote et un radio, le poste de pilotage étant décalé sur la gauche, afin d'améliorer la visibilité du pilote au sol et lors des décollages et atterrissages.

Les versions militaires avaient un équipage de 3 membres : pilote, radio-observateur, et mitrailleur dorsal. Le poste de pilotage était en position axiale, ce qui entrainait une certaine difficulté de pilotage, du fait de la mauvaise visibilité. L'armement défensif était constitué d'une simple mitrailleuse légère manuelle, en poste dorsal. Bien que destiné principalement à la reconnaissance, il pouvait emporter (He 70E) une charge maximale de 300 kg de bombes (6x50kg, ou 24x10kg) dans une petite soute interne.

Lufthansa fut le principal utilisateur civil du He 70, recevant au total 23 appareils. Ils furent mis en service au début de 1934 sur les lignes domestiques de prestige, puis sur sa ligne Berlin – Sevilla (Espagne), avec une escale à Barcelone. Ce vol était en connexion avec la ligne d'Amérique du Sud.

Mais le He 70 ne fut pas très prisé, ni des équipages, ni surtout des passagers, qui étaient obligés de se contorsionner pour prendre place dans une petite cabine, sans beaucoup de confort. Quant aux équipages, outre des vitesses de décollage et d'atterrissage élevées, ils lui reprochaient sont manque de visibilité vers l'avant et un pilotage pointu, rançon des performances. Dès 1937, ils commencèrent à être remplacés par des He 111. Les derniers He 70 furent retirés du service de la Lufthansa en 1938, et les exemplaires survivants versés à la Luftwaffe.

La Luftwaffe mis en service ses premiers He 70 dès 1934, d'abords des exemplaires de liaisons, dérivées des versions civiles, puis rapidement les premiers He 70F de reconnaissance. Ce fut le Aufskl.Gr.(F) 224 qui en fut le premier équipé, suivi rapidement des Aufskl.Gr.(F) 121, 122, 123, 124, et 125 (See, de reconnaissance maritime). Chacun de ces groupes de reconnaissance à longue distance avait un escadron équipé d'une dizaine de He 70F. Si les équipages appréciaient sa vitesse maximale, ils se plaignaient aussi de sa mauvaise visibilité (un handicap certain pour une avion de reconnaissance), de sa difficulté de pilotage, et de sa trop faible protection : une seule mitrailleuse de 7,9 mm de défense, aucun blindage et pas de réservoir auto-obturant.

A partir de 1937, le He 70F fut progressivement remplacé par des Do 17F comme appareil de renseignement stratégique, plus performant et offrant la sécurité de deux moteurs.
Le He 70E de bombardement léger équipa principalement le III(K)/LG 1, et le II/162, Mais devant ses piètre performances comme bombardier, le He 70E fut rapidement transformé en He 70F de reconnaissance, ou relégué à l'entrainement.

Au 18 septembre 1938, il ne restait plus que 73 He 70 de tous types dans l'inventaire de la Luftwaffe, dont 48 opérationnels. A l'entrée en guerre, au 1er septembre 1939, il n'en restait quasiment plus aucun en première ligne, les exemplaires survivants étant relégués aux liaisons ou aux écoles.

Mais les He 70 connurent malgré tous les combats, en Espagne. En effet, la Légion Condor, le corps expéditionnaire allemand qui fut envoyé combattre aux cotés des Nationalistes comprenait une escadrille de reconnaissance (A/88) qui fut équipé de He 70E et He 70F. Les deux premiers exemplaires, des He 70F, furent même envoyés dès octobre 1936, avant la formation officielle de la Légion Condor. Dès novembre 1936, 12 appareils opéraient en Espagne, principalement dans des sorties de reconnaissances, mais aussi des missions de bombardement. D'autres exemplaires suivirent et un total de 28 He 70 servirent dans la guerre civile espagnole.

Les Nationalistes le surnommèrent « Rayo », traduction littérale du « Blitz » allemand, alors que les Républicains le nommèrent « Paloma Blanca » (colombe blanche), à cause de sa peinture initiale gris clair. Par après, plusieurs camouflages furent expérimentés, en différents tons de verts, ou bien tricolore : gris, brun et vert, à bords ondulés. Grace à leur vitesse, les He 70 ne connurent qu'une seule perte du à la chasse républicaine, abattu par un I-16 « chato » piloté par le soviétique Pavel Richagov. Au moins 4 autres He 70 furent perdus sur accidents.

Dès juillet 1937, les premiers Do 17F commencèrent à remplacer les He 70 de la Légion Condor, et au mois d'octobre 12 exemplaires survivants furent transférés à l'aviation franquiste, la Legion Condor ne conservant que deux exemplaires pour ses liaisons. Les exemplaires espagnols reçurent le type 14, et équipèrent 3 unités : le groupe 7-G-14, et les escadrilles indépendantes 3-E-14, et 4-E-14. Les Nationalistes les utilisèrent principalement comme bombardier, et seulement secondairement comme avions de reconnaissance. Un seul He 70 fut détruit durant cette période, sur accident.

A la fin de la guerre civile espagnole, les 11 exemplaires survivants furent dispersé dans les différentes régions aériennes, comme appareils de liaison et d'entrainement. Malgré l'attrition et le manque de pièces de rechanges, ils continuèrent à voler dans les années 1950, les derniers exemplaires n'étant rayé des registre qu'en septembre 1956 ! Hélas, aucun appareil ne fut conservé.


Texte de JFF, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Heinkel He 270 : Version modernisée, motorisée par un DB 601Aa.
  • Heinkel He 70A : Deuxième prototype, mis en service par la Lufthansa avec le nom de baptême « Blitz ». 4 passagers.
  • Heinkel He 70B : Version civile pour 4 passagers, pour la Lufthansa.
  • Heinkel He 70C : Première version militaire de bombardement léger, 12 appareils produits.
  • Heinkel He 70D : Version de transport pour 4 passagers, 9 exemplaires pour la Luftwaffe et 3 pour Lufthansa.
  • Heinkel He 70E : Version de bombardement transformée ultérieurement en He 70F.
  • Heinkel He 70F : Version de reconnaissance stratégique pour la Luftwaffe.
  • Heinkel He 70G : Version civile pour 5 passagers.
  • Heinkel He 70K : Version construite sous licence en Hongrie, 20 exemplaires.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Heinkel He 70F voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 3 400 kg (7 496 lbs)
  • Masse à vide : 2 360 kg (5 203 lbs)
  • Surface alaire : 36,5 m² (392,883 sq. ft)
  • Hauteur : 3,1 m (10,171 ft)
  • Envergure : 14,8 m (48,556 ft)
  • Longueur : 11,7 m (38,386 ft)

Performances

  • Vitesse de croisière : 295 km/h (183 mph, 159 kts)
  • Distance franchissable : 2 100 km (1 305 mi, 1 134 nm)
  • Plafond opérationnel : 5 300 m (17 388 ft)
  • Vitesse maximale BA : 325 km/h (202 mph, 175 kts)
  • Vitesse maximale HA : 360 km/h (224 mph, 194 kts)
  • Charge alaire, à vide : 64,658 kg/m² (13,243 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 93,151 kg/m² (19,079 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en V BMW VI 7,3Z
  • Puissance unitaire : 552 kW (750 ch, 740 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Heinkel He 70 Blitz à 10/10/2012 22:10 JFF
J'ai toujours trouvé cet avion d'une ligne très agréable, notamment les versions civiles.



1 / Développement

Le Heinkel He 70 Blitz (éclair) est né en 1932, d'une demande de la compagnie allemande Lufthansa, qui désirait un appareil rapide, capable de rivaliser avec les Lockheed Orion que la Swissair venait de mettre en service. Le dessin initial, lancé comme He 65 en 1931 sur fonds du Ministère des Transports prévoyait un avion plutôt classique, monoplan à train fixe et moteur en étoile, principalement destiné au transport du courrier. Mais la mise en service en avril 1932 des Orion de la Swissair sur la ligne Zurich – Munich – Viennes allait bouleverser ces plans. Devant les performances du Lockheed, un redessin complet fut initié : le nouvel appareil fut donc un monoplan à train rentrant, et moteur BMW VI de 12 cylindres en V, de 637 ch, soigneusement profilé, capable de transporter 4 passagers (dans un confort tout relatif, il faut noter). Une des innovations fut le revêtement métallique à rivets noyés, donnant une surface exceptionnellement lisse. Tout fut sacrifié à la recherche des performances maximales. Le nouvel avion, rebaptisé entretemps He 70, fit son premier vol le 1er décembre 1932, et démontra rapidement ses capacité en décrochant 8 record du monde de vitesse et distance, et atteignant une vitesse maximale de 377 km/h, plus rapide que les chasseurs de l'époque,

La Lufthansa le mit rapidement en service sur ses lignes domestiques de prestige (de Berlin vers Hambourg, Francfort, Cologne), ainsi que sur Seville en Espagne.

Parallèlement, devant les performances de l'appareil, le Ministère de la Défense allemand demanda à Heinkel d'étudier une version de combat, pour la reconnaissance stratégique et le bombardement léger. Les trois premiers exemplaires militaires furent modifiés à partir des appareils civil (1 He 70F, et 2 He 70C), Les modifications les plus visibles furent le déplacement du poste de pilotage d'une position décalée à gauche pour une position axiale, et un poste pour un mitrailleur dorsal. Intérieurement, une soute à bombe, des logements pour des caméras, et un réservoir supplémentaire furent aménagés dans l'ancienne cabine de passagers. La Luftwaffe renaissante mit ses premiers exemplaires en service fin 1934.

Le modernisme et les caractéristiques de l'avion intéressèrent également d'autres pays. La Grande-Bretagne commanda un exemplaire de la version civile G (G-ADZF), motorisé par un Rolls-Royce Kestrel V. Ainsi motorisé il atteignit une vitesse maximale de 424 km/h, là aussi plus rapide que le Gloster Gladiator qui venait tout juste d'entrer en service. Il servit jusqu'en 1940 comme banc d'essai volant pour différents type de moteur et de systèmes de refroidissement.

La Marine Impériale Japonaise commanda également un appareil, ainsi qu'une licence de construction. S'il permit aux constructeurs japonais de se familiariser avec les techniques modernes, il ne fut cependant pas construit en série.

La Hongrie, qui entamait également un processus de remilitarisation, à la recherche d'un appareil de reconnaissance à long rayon d'action, s'intéressa rapidement au He 70. Les négociations aboutirent à la livraison de 2 exemplaires He 70K, motorisé par un Gnome-Rhone 14K en étoile, dont le constructeur Manfred Weiss venait d'acquérir la licence. Parallèlement, une licence de construction fut vendu, et 18 appareils He 70K (parfois dénommés aussi He 170) furent livrés à la force aérienne hongroise à partir de 1937.

Au total, en incluant les prototypes, 324 He 70 furent construits en Allemagne et 18 autres sous licence en Hongrie.


2 / Description

Le He 70 est un monoplan à aile elliptique basse, à train classique rentrant, les premiers exemplaire n'avaient pas de roue de queue, mais un simple patin. Il est de construction entièrement métallique, à l'exception des gouvernes, entoilées. Son aérodynamisme est particulièrement soigné, évitant toute trainée parasite. Il est motorisé par un moteur de 12 cylindres en V BMW VI, de 750 ch, entrainant une hélice bipale à pas variable. Le carburant est contenu dans deux réservoirs d'aile, avec une contenance totale de 420 litres, augmenté par un réservoir de fuselage de 275l pour les versions de reconnaissances. Les appareils hongrois sont motorisés par un Gnome-Rhone 14K en étoile de 910 ch, et une hélice tripale à pas variable.

Les versions civiles étaient aménagées pour transporter 4 ou 5 passagers, dans une cabine exigue et d'un accès quelque peu acrobatique. L'équipage consistait en un pilote et un radio, le poste de pilotage étant décalé sur la gauche, afin d'améliorer la visibilité du pilote au sol et lors des décollages et atterrissages.

Les versions militaires avaient un équipage de 3 membres : pilote, radio-observateur, et mitrailleur dorsal. Le poste de pilotage était en positions axiale, ce qui entrainait une certaine difficulté de pilotage, du fait de la mauvaise visibilité. L'armement défensif était constitué d'une simple mitrailleuse légère manuelle, en poste dorsal. Bien que destiné principalement à la reconnaissance, il pouvait emporter (He 70E) une charge maximale de 300 kg de bombes (6x50kg, ou 24x10kg) dans une petite soute interne.

Versions :

- He 70A : deuxième prototype, mis en service par la Lufthansa, avec le nom de baptême de « Blitz », capacité de 4 passagers.
- He 70B : version civile pour 4 passagers, pour la Lufthansa. 12 exemplaires de construits, mais 3 transformés sur la chaine en prototypes pour les versions militaires.
- He 70C : première version militaire de bombardement léger, 12 appareils produits,
- He 70D : version de transport pour 4 passagers, 9 exemplaires pour la Luftwaffe, et 3 pour Lufthansa
- He 70E : version de bombardement, transformée ultérieurement en He 70F
- He 70F : version de reconnaissance stratégique pour la Luftwaffe, décliné en 3 versions (He 70F-1/-2/-3), ne différant entre elles que par des détails mineurs d'aménagement interne (notamment l'équipement radio et photographique). Un réservoir supplémentaire de fuselage de 275 l.
- He 70G : version civile pour 5 passagers, 10 appareils construits pour la Lufthansa, et une vingtaine comme avions de liaison pour la Luftwaffe (12 He 70G-1, et au minimum 6 He 70G-2).
- He 70K : version construite sous licence en Hongrie, avec un Gnome-Rhone 14K de 910 ch. 18 exemplaires produits + 2 prototypes, parfois dénommé He 170. Défense assurée par 2 mitrailleuses mobiles de 8 mm.
- He 270 : version modernisée, motorisée par un DB 601Aa. Deux prototype transformés à partir de cellule de He 70F. Non construit en série.

Il existe parfois des confusions entre les prototypes, avec une lettre suffixe en minuscule (He 70a, He 70b, He 70c, ….), et les versions de série, avec une lettre majuscule (He 70A, He 70B, ….). Pour éviter ce genre de confusion, le Ministère de l'Air du Reich dénomma par après les prototypes avec une lettre V, suivie d'un numéro d'ordre.


3 / Caractéristiques

- He 70F-2, motorisé par un moteur de 12 cylindres en V BMW VI 7,3Z, de 750 ch, entrainant une hélice bipale à pas variable.

Dimensions :
envergure : 14,80 m
longueur : 11,70m
hauteur : 3,10 m
surface alaire : 36,50 m²
masse à vide : 2360 kg
masse maximale : 3400 kg

Performances :
vitesse maximale au niveau de la mer : 325 km/h
vitesse maximale à 2000m : 360 km/h
vitesse de croisière : 295 km/h
plafond pratique : 5300 m
autonomie maximale : 2100 km

- He 70K, avec un moteur en étoile Gnome-Rhone 14k de 910 ch au décollage, entrainant une hélice tripale à pas variable Hamilton.

Dimensions :
envergure : 14,80 m
longueur : 11,35m
hauteur : 3,10 m
surface alaire : 36,50 m²
masse à vide : 2520 kg
masse maximale : 3550 kg

Performances :
vitesse maximale au niveau de la mer : 355 km/h
vitesse maximale à 2000m : 410 km/h
vitesse de croisière : 315 km/h
plafond pratique : 8100 m
autonomie maximale : 1700 km


4 / Utilisations opérationnelles

Les He 70 civils

Lufthansa fut le principal utilisateur civil du He 70, recevant au total 23 appareils. Ils furent mis en service au début de 1934 sur les lignes domestiques de prestige, puis sur sa ligne Berlin – Sevilla (Espagne), avec une escale à Barcelone. Ce vol était en connexion avec la ligne d'Amérique du Sud.

Mais le He 70 ne fut pas très prisé, ni des équipages, ni surtout des passagers, qui étaient obligés de se contorsionner pour prendre place dans une petite cabine, sans beaucoup de confort. Quant aux équipages, outre des vitesses de décollage et d'atterrissage élevées, ils lui reprochaient sont manque de visibilité vers l'avant et un pilotage pointu, rançon des performances. Dès 1937, ils commencèrent à être remplacés par des He 111. Les derniers He 70 furent retirés du service de la Lufthansa en 1938, et les exemplaires survivants versés à la Luftwaffe.

Dans la Luftwaffe

La Luftwaffe mis en service ses premiers He 70 dès 1934, d'abords des exemplaires de liaisons, dérivées des versions civiles, puis rapidement les premiers He 70F de reconnaissance. Ce fut le Aufskl.Gr.(F) 224 qui en fut le premier équipé, suivi rapidement des Aufskl.Gr.(F) 121, 122, 123, 124, et 125 (See, de reconnaissance maritime). Chacun de ces groupes de reconnaissance à longue distance avait un escadron équipé d'une dizaine de He 70F. Si les équipages appréciaient sa vitesse maximale, ils se plaignaient aussi de sa mauvaise visibilité (un handicap certain pour une avion de reconnaissance), de sa difficulté de pilotage, et de sa trop faible protection : une seule mitrailleuse de 7,9 mm de défense, aucun blindage et pas de réservoir auto-obturant.
A partir de 1937, le He 70F fut progressivement remplacé par des Do 17F comme appareil de renseignement stratégique, plus performant et offrant la sécurité de deux moteurs.
Le He 70E de bombardement léger équipa principalement le III(K)/LG 1, et le II/162, Mais devant ses piètre performances comme bombardier, le He 70E fut rapidement transformé en He 70F de reconnaissance, ou relégué à l'entrainement.
Au 18 septembre 1938, il ne restait plus que 73 He 70 de tous types dans l'inventaire de la Luftwaffe, dont 48 opérationnels. A l'entrée en guerre, au 1er septembre 1939, il n'en restait quasiment plus aucun en première ligne, les exemplaires survivant étant relégués aux liaisons ou aux écoles.

La Guerre d'Espagne

Mais les He 70 connurent malgré tous les combats, en Espagne. En effet, la Legion Condor, le corps expéditionnaire allemand qui fut envoyé combattre aux cotés des Nationalistes comprenait une escadrille de reconnaissance (A/88) qui fut équipé de He 70E et He 70F. Les deux premiers exemplaires, des He 70F, furent même envoyés dès octobre 1936, avant la formation officielle de la Legion Condor. Dès novembre 1936, 12 appareils opéraient en Espagne, principalement dans des sorties de reconnaissances, mais aussi des missions de bombardement. D'autres exemplaires suivirent et un total de 28 He 70 servirent dans la guerre civile espagnole. Les Nationalistes le surnommèrent « Rayo », traduction littérale du « Blitz » allemand, alors que les Républicains le nommèrent « Paloma Blanca » (colombe blanche), à cause de sa peinture initiale gris clair. Par après, plusieurs camouflages furent expérimentés, en différents tons de verts, ou bien tricolore : gris, brun et vert, à bords ondulés. Grace à leur vitesse, les He 70 ne connurent qu'une seule perte du à la chasse républicaine, abattu par un I 16 « chato » piloté par le soviétique Pavel Richagov. Au moins 4 autres He 70 furent perdus sur accidents.
Dès juillet 1937, les premiers Do 17F commencèrent à remplacer les He 70 de la Legion Condor, et au mois d'octobre 12 exemplaires survivants furent transférés à l'aviation franquiste, la Legion Condor ne conservant que deux exemplaires pour ses liaisons. Les exemplaires espagnols reçurent le type 14, et équipèrent 3 unités : le groupe 7-G-14, et les escadrilles indépendantes 3-E-14, et 4-E-14. Les Nationalistes les utilisèrent principalement comme bombardier, et seulement secondairement comme avions de reconnaissance. Un seul He 70 fut détruit durant cette période, sur accident.
A la fin de la guerre civile espagnole, les 11 exemplaires survivants furent dispersé dans les différentes régions aériennes, comme appareils de liaison et d'entrainement. Malgré l'attrition et le manque de pièces de rechanges, ils continuèrent à voler dans les années 1950, les derniers exemplaires n'étant rayé des registre qu'en septembre 1956 ! Hélas, aucun appareil ne fut conservé.


Dans l'aviation hongroise

Les premiers He 70k furent réceptionnés par l'armée de l'air hongroise en septembre 1937, et équipèrent le 1er groupe indépendant de reconnaissance, basé près de Budapest. Ils effectuèrent des sorties opérationnelles lors de la crise de Munich, en 1938, et surtout lors des tensions de l'été 1940 entre la Hongrie et la Roumanie, au sujet de la Transylvanie. Leur vitesse leurs permirent d'éviter toutes les tentatives d'interception par les chasseurs roumains. Lors de l'opération Barbarossa, à laquelle la Hongrie pris une part active, ils effectuèrent de nombreuses missions de reconnaissance, ne subissant qu'une seule perte par la chasse soviétique. Ils furent cependant rapidement retirés des opérations, car peu populaires parmi les équipages, et avec une autonomie trop limité pour les étendues russes. Les exemplaires survivants furent relégués en école dès la fin 1941, et les 2 derniers appareils furent détruits par des P 51 sur leur aérodrome, le 4 décembre 1944.



5 / Sources

Ouvrages :
- Rafael Permuy Lopez, Juan Arraez Cerda, Lucas Molina Franco : Heinkel He 70/170 « Blitz » : Quiron ediciones, Valladolid, 2007
- William Green : Warplanes of the Third Reich ; Macdonald and Janes, Londres, 1970

Liens web :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinkel_He_70
http://en.wikipedia.org/wiki/Heinkel_He_70
https://www.google.fr/search?q=he+70&hl=fr&client=firefox-a&hs=7DO&rls=org.mozilla:fr:official&prmd=imvns&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=LNF1ULDDAsiSswb954G4DQ&ved=0CCMQsAQ&biw=1679&bih=912&sei=ctF1ULbRDIWs0QWlu4GQDw
http://www.avionslegendaires.net/fiche.php?id=he70&numpage=3#historique
Re: Heinkel He 70 Blitz à 10/10/2012 22:37 PCmax
T'as fiche est superbe JFF. Le Ee 70 n'a plus de secrets pour nous. :salut:
Re: Heinkel He 70 Blitz à 10/10/2012 22:55 Jericho
Magnifique, en effet! :king:

Ben moi qui voulais mettre une ou deux fiches sur le forum, après celle-ci et celle de Foxkilo cet après-midi… j'vais attendre un peu! :mrgreen:
Re: Heinkel He 70 Blitz à 11/10/2012 08:19 Clansman
Ben moi qui voulais mettre une ou deux fiches sur le forum, après celle-ci et celle de Foxkilo cet après-midi… j'vais attendre un peu

Au contraire, c'est le moment ! :D

Superbe fiche, JFF, beau boulot !
Re: Heinkel He 70 Blitz à 11/10/2012 08:54 JFF
merci,

mais pourquoi est elle sur "avions civils" alors que l'a grande majorité des appareils construits furent militaires ?
Re: Heinkel He 70 Blitz à 11/10/2012 08:59 Jericho

JFF a écrit

merci,

mais pourquoi est elle sur "avions civils" alors que l'a grande majorité des appareils construits furent militaires ?
Tu le dis toi même:
"Le Heinkel He 70 Blitz (éclair) est né en 1932, d'une demande de la compagnie allemande Lufthansa, qui désirait un appareil rapide, capable de rivaliser avec les Lockheed Orion…"
C'est donc à la base un appareil civil, non? ;)
Re: Heinkel He 70 Blitz à 11/10/2012 09:46 Clansman
Oui, les appareils qui furent conçus à la base pour un usage civil vont dans "aviation civile", même s'ils ont eu une utilisation militaire par la suite. :)

Pour la même raison, mais en sens inverse, il faut que je déplace le Cap 230. Je savais pas qu'il avait été conçu pour l'armée. :oops:
Re: Heinkel He 70 Blitz à 11/10/2012 16:07 Jericho

Clansman a écrit

Ben moi qui voulais mettre une ou deux fiches sur le forum, après celle-ci et celle de Foxkilo cet après-midi… j'vais attendre un peu

Au contraire, c'est le moment ! :D
Bon, ben si t'insiste…
Re: Heinkel He 70 Blitz à 12/10/2012 09:15 Clansman
La fiche sur le site

Bon, ben si t'insiste…

Ton tour viendra. :bonnet:
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires