Rappels

Histoire de l'appareil

Dans les immenses étendues du Pacifique, le rôle des hydravions devint essentiel dans les années 1930. Dotés d'une grande autonomie, capables de se poser à peu près n'importe où, sans nécessiter de longues pistes, les hydravions pouvaient tout aussi bien servir au transport de passagers payants qu'à des usages plus belliqueux. Le Japon, qui possédait des territoires éparpillés dans la région, s' intéressa naturellement à ce genre d'appareils.

A cette époque, l'industrie aéronautique japonaise s'intéressait de près aux réalisations des constructeurs étrangers, à qui elle achetait de temps à autre des appareils à construire sous licence, ou des technologies. La firme Kawanishi, qui s'était spécialisée dans les hydravions, n'avait pas hésité à envoyer une délégation se documenter chez le britannique Shorts Brothers, qui était en ce temps-là un fabricant renommé d'hydravions. Ils en retirèrent un certain nombre d'informations qui furent très utiles par la suite.

En 1933, la marine impériale japonaise lança un programme d'acquisition portant sur un grand hydravion de patrouille maritime. Kawanishi soumit rapidement aux autorités militaires deux modèles, l'un trimoteur et l'autre quadrimoteur. Ce dernier, baptisé Type S, sortit du lot. Quatre prototypes furent construits : le premier effectua son premier vol en septembre 1936, les trois autres durant les années 1937 et 1938. Par la suite, dix appareils de présérie, baptisés H6K2, furent construits, puis deux H6K3. Ces derniers étaient les premiers H6K spécifiquement conçus pour des missions de transport.

Le H6K se présentait comme un grand hydravion à coque, avec un flotteur sous chaque aile et une double dérive à l'arrière. Il était entièrement construit en métal. Ses quatre moteurs étaient placés au centre de la voilure, encastrés dans celle-ci. Extérieurement, le H6K trahissait une certaine influence des modèles construits en Europe, sur les ingénieurs de Kawanishi. La motorisation évolua de manière sensible : les H6K1 étaient pourvus de Nakajima Hikari 2 de 9 cylindres, d'une puissance unitaire de 840 ch.

Les derniers H6K5 quant à eux avaient reçus des moteurs de 1 300 ch chacun. Concernant l'armement, il fut d'abord assez limité : les H6K1 et H6K2 ne disposaient pour se défendre que de trois mitrailleuses légères de calibre 7,7 mm. Il fallut attendre les H6K pour que le nombre de mitrailleuses soit passé à cinq, ajoutées à un unique canon de calibre 20 mm. Cependant, toutes les versions pouvaient emporter deux torpilles, ou une charge de bombes de 1 000 kilos (2 000 selon certaines sources). 9 membres d'équipage (8 sur les versions dédiées au transport) étaient nécessaires.

Les premiers H6K entrèrent en service au sein de la marine impériale japonaise en janvier 1938. Les livraisons progressèrent lentement : au moment de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, 66 H6K étaient en ligne. Ils assuraient alors essentiellement des missions de reconnaissance. Cependant, les besoins japonais en terme de transport étaient alors importantes. Deux sous-variantes destinées au transport furent lancées, comptabilisant au total un peu moins de quarante appareils. Les H6K4-L pouvaient ainsi transporter dix-huit soldats armés. Les Alliés attribuèrent deux noms de codes au H6K : la version de reconnaissance reçut le nom de Marvis, celle de transport de Tillie.

La marine japonaise engagea ses H6K au sein de trois Kokutai (8è, 14è et 801è), basés dans la région de Yokohama, près de Tokyo. Dix-huit appareils furent affectés à une mission particulière, le transport de dépêches, assuré par la Dai Nippon Koku KK, la compagnie aérienne nationale du Japon.

Durant les opérations de la Seconde Guerre Mondiale, le H6K s'avéra un bon appareil, mais il pâtit de plusieurs défauts, certains récurrents chez les avions japonais. Son armement ne pouvait pas suffire face à des chasseurs alliés de plus en plus efficaces. Surtout, le H6K n'était protégé par aucun blindage, et ses réservoirs de carburant n'étaient pas auto-obturants, ce qui le rendit très vulnérable aux tirs ennemis. Il ne pouvait pas non plus compter sur sa vitesse pour échapper à l'attention des pilotes alliés.

Pour pallier ses déficiences, Kawanishi lança une ultime version de son H6K, désignée H6K5. Mieux armée, plus performante, cette version ne fut cependant produite qu'à trente-cinq exemplaires, en 1943. A partir de cette date, l'entreprise se concentra sur la production d'un autre modèle, le Kawanishi H8K. La plupart des Marvis et des Tillie survivants fut alors utilisée pour des missions de transport, certains H6K5 servant directement au profit de l'état-major de la marine japonaise. Très peu d'appareils survécurent au conflit.

On estime la production totale du Kawanishi H6K à environ 215 exemplaires.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Kawanishi H6K1 : Prototypes. 4 exemplaires.
  • Kawanishi H6K2 : version de présérie ; 10 exemplaires.
  • Kawanishi H6K-2L : Version non armée de transport ; 16 exemplaires
  • Kawanishi H6K3 : version de transport de passagers VIP ; 2 exemplaires
  • Kawanishi H6K4 : principale version de production, destinée à des missions de reconnaissance maritime ; environ 127 exemplaires
  • Kawanishi H6K-4L : version de transport, motorisée par des Mitsubishi Kinsei 46 de 930 ch chacun ; produite entre 1942 et 1943 à hauteur de 20 exemplaires.
  • Kawanishi H6K5 : Dernière version de combat, produite à environ 35 (ou 36) exemplaires.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Kawanishi H6K5 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 23 000 kg (50 706 lbs)
  • Masse à vide : 12 830 kg (28 285 lbs)
  • Surface alaire : 170 m² (1 830 sq. ft)
  • Hauteur : 6,27 m (20,571 ft)
  • Envergure : 40 m (131 ft)
  • Longueur : 25,63 m (84,088 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 6 775 km (4 210 mi, 3 658 nm)
  • Plafond opérationnel : 9 650 m (31 660 ft)
  • Vitesse maximale HA : 385 km/h (239 mph, 208 kts)
  • Charge alaire, à vide : 75,471 kg/m² (15,458 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 135,294 kg/m² (27,71 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 4 moteurs à cylindres en étoile Mitsubishi Kinsei 53
  • Puissance unitaire : 956 kW (1 300 ch, 1 282 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Kawanishi H6K à 02/03/2011 16:32 ciders
Historique :

Dans les immenses étendues du Pacifique, le rôle des hydravions devint essentiel dans les années 1930. Dotés d'une grande autonomie, capables de se poser à peu près n'importe où, sans nécessiter de longues pistes, les hydravions pouvaient tout aussi bien servir au transport de passagers payants qu'à des usages plus belliqueux. Le Japon, qui possédait des territoires éparpillés dans la région, s' intéressa naturellement à ce genre d'appareils.

A cette époque, l'industrie aéronautique japonaise s'intéressait de près aux réalisations des constructeurs étrangers, à qui elle achetait de temps à autre des appareils à construire sous licence, ou des technologies. La firme Kawanishi, qui s'était spécialisée dans les hydravions, n'avait pas hésité à envoyer une délégation se documenter chez le britannique Shorts Brothers, qui était en ce temps-là un fabricant renommé d'hydravions. Ils en retirèrent un certain nombre d'informations qui furent très utiles par la suite.

En 1933, la marine impériale japonaise lança un programme d'acquisition portant sur un grand hydravion de patrouille maritime. Kawanishi soumit rapidement aux autorités militaires deux modèles, l'un trimoteur et l'autre quadrimoteur. Ce dernier, baptisé Type S, sortit du lot. Quatre prototypes furent construits : le premier effectua son premier vol en septembre 1936, les trois autres durant les années 1937 et 1938. Par la suite, dix appareils de présérie, baptisés H6K2, furent construits, puis deux H6K3. Ces derniers étaient les premiers H6K spécifiquement conçus pour des missions de transport.

Le H6K se présentait comme un grand hydravion à coque, avec un flotteur sous chaque aile et une double dérive à l'arrière. Il était entièrement construit en métal. Ses quatre moteurs étaient placés au centre de la voilure, encastrés dans celle-ci. Extérieurement, le H6K trahissait une certaine influence des modèles construits en Europe, sur les ingénieurs de Kawanishi. La motorisation évolua de manière sensible : les H6K1 étaient pourvus de Nakajima Hikari 2 de 9 cylindres, d'une puissance unitaire de 840 ch. Les derniers H6K5 quant à eux avaient reçus des moteurs de 1 300 ch chacun. Concernant l'armement, il fut d'abord assez limité : les H6K1 et H6K2 ne disposaient pour se défendre que de trois mitrailleuses légères de calibre 7,7 mm. Il fallut attendre les H6K pour que le nombre de mitrailleuses soit passé à cinq, ajoutées à un unique canon de calibre 20 mm. Cependant, toutes les versions pouvaient emporter deux torpilles, ou une charge de bombes de 1 000 kilos (2 000 selon certaines sources). 9 membres d'équipage (8 sur les versions dédiées au transport) étaient nécessaires.

Les premiers H6K entrèrent en service au sein de la marine impériale japonaise en janvier 1938. Les livraisons progressèrent lentement : au moment de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, 66 H6K étaient en ligne. Ils assuraient alors essentiellement des missions de reconnaissance. Cependant, les besoins japonais en terme de transport étaient alors importantes. Deux sous-variantes destinées au transport furent lancées, comptabilisant au total un peu moins de quarante appareils. Les H6K4-L pouvaient ainsi transporter dix-huit soldats armés. Les Alliés attribuèrent deux noms de codes au H6K : la version de reconnaissance reçut le nom de Marvis, celle de transport de Tillie.

La marine japonaise engagea ses H6K au sein de trois Kokutai (8è, 14è et 801è), basés dans la région de Yokohama, près de Tokyo. Dix-huit appareils furent affectés à une mission particulière, le transport de dépêches, assuré par la Dai Nippon Koku KK, la compagnie aérienne nationale du Japon.

Durant les opérations de la Seconde Guerre Mondiale, le H6K s'avéra un bon appareil, mais il pâtit de plusieurs défauts, certains récurrents chez les avions japonais. Son armement ne pouvait pas suffir face à des chasseurs alliés de plus en plus efficaces. Surtout, le H6K n'était protégé par aucun blindage, et ses réservoirs de carburant n'étaient pas auto-obturants, ce qui le rendit très vulnérable aux tirs ennemis. Il ne pouvait pas non plus compter sur sa vitesse pour échapper à l'attention des pilotes alliés.

Pour pallier ses déficiences, Kawanishi lança une ultime version de son H6K, désignée H6K5. Mieux armée, plus performante, cette version ne fut cependant produite qu'à trente-cinq exemplaires, en 1943. A partir de cette date, l'entreprise se concentra sur la production d'un autre modèle, le Kawanishi H8K. La plupart des Marvis et des Tillie survivants fut alors utilisée pour des missions de transport, certains H6K5 servant directement au profit de l'état-major de la marine japonaise. Très peu d'appareils survécurent au conflit.

On estime la production totale du Kawanishi H64 à environ 215 exemplaires.

Versions principales :

- H6K1 : prototype ; 4 exemplaires
- H6K1 : 3 appareils issus des prototypes, entrés en service en janvier 1938
- H6K2 : version de présérie ; 10 exemplaires
- H6K3 : version de transport de passagers VIP ; 2 exemplaires
- H6K4 : principale version de production, destinée à des missions de reconnaissance maritime ; environ 127 exemplaires
- H6K5 : dernière version de combat, produite à environ 35 (ou 36) exemplaires
- H6K2-L : version de transport, motorisée par des Mitsubishi Kinsei 43 de 1 000 ch chacun ; produite entre 1940 et 1942 à hauteur de 16 exemplaires
- H6K4-L : version de transport, motorisée par des Mitsubishi Kinsei 46 de 930 ch chacun ; produite entre 1942 et 1943 à hauteur de 20 exemplaires

………………………………………………………………………………………

Caractéristiques :

Version :

Kawanishi H6K5

Type :

Hydravion de reconnaissance maritime

Equipage :

9 hommes

Moteur :

4 Mitsubishi Kinsei 53 de 14 cylindres en étoile, à refroidissement par air, et d'une puissance dunitaire de 1 300 ch

Poids :

A vide : 12 830 kg
Maximal au décollage : 23 000 kg

Performances :

Vitesse maximale à 6 000 m : 385 km/h km/h
Temps de montée à 5 000 m : 13 minutes et 24 secondes
Plafond pratique : 9 650 m
Distance franchissable normale : 4 940 km
Distance franchissable maximale : 6 775 km

Dimensions :

Envergure : 40 m
Hauteur : 6,27 m
Longueur : 25,63 m
Surface alaire : 170 mètres carrés

Armement :

1 canon Type 99 Modèle 1 de calibre 20 mm dans une tourelle de queue
1 mitrailleuse Type 97 de calibre 7,7 mm dans un poste de tir dorsal avant
1 mitrailleuse Type 97 de calibre 7,7 mm dans un poste de tir dorsal arrière
2 mitrailleuses Type 97 de calibre 7,7 mm dans des postes de tir latéraux (un poste et une mitrailleuse sur chaque flanc)
2 torpilles de 800 kg chacune, ou une charge de bombes de 1 000 kg

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Images :

:arrow: Magnifique tableau représentant un H6K en vol
:arrow: Profil du H6K5
Re: Kawanishi H6K à 30/08/2012 13:16 Clansman
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Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires