Rappels

Histoire de l'appareil

Le Caudron G.4 était un bombardier biplan bimoteur français de la Première guerre mondiale.

Le Caudron G.3 était un avion de reconnaissance fiable, mais emportant peu ou pas d'armement. Les frères Caudron, René et Gaston, eurent alors l'idée d'en dériver un bimoteur qui conserverait cependant la nacelle servant de fuselage. Les moteurs furent placés entre les ailes, l'envergure agrandie, et quatre dérives furent installées au lieu de deux. Un observateur/mitrailleur put donc s'installer à l'avant et le surcroit de puissance permit d'emporter 100 kg de bombes.

2 motorisations différentes furent disponibles : 2 moteurs rotatifs Le Rhône C de 60 kw (80 hp) ou 2 moteurs Anzani 10 en étoile de 75 kW (100 hp). La mitrailleuse à l'avant était une Vickers, une Hotchkiss ou une Lewis de 7,7 mm. Une autre mitrailleuse pouvait être montée à l'arrière, sur l'aile, mais difficilement accessible pour le mitrailleur et donc utilisable.

Le vol inaugural eut lieu le 3 mars 1915. La proximité des moteurs avec le fuselage le rendait assez simple à piloter même en cas de panne de l'un des moteurs, et il disposait d'un bon taux de montée. Il s'avéra fiable et pourvu de bonnes caractéristiques de vol.

Il entra en service au sein de l'Aéronautique Militaire (l'ancêtre de notre Armée de l'Air) en novembre 1915. Il fut le premier bimoteur allié à entrer en service en première ligne, mais sa production connut du retard. Le Caudron G.4 B2 participa à des missions de bombardement, notamment au-dessus de la Rhénanie. René Fonck remporta sa première victoire sur cet appareil le 6 août 1916.

Cependant, le bombardement de la Rhénanie (notamment un raid de 50 Caudron G.4 en janvier 1916) entraîna la conception d'avions de chasse ennemis dès l'été 1916. L'apparition notamment du Fokker E.III le rendit vulnérable et il souffrit de pertes importantes. Dès l'automne 1916, il cessa les bombardements de jour pour effectuer des missions de nuit. Le Caudron G.4 A2 fut utilisé pour des missions de reconnaissance et de réglage d'artillerie, avec davantage de succès.

Le Royal Naval Air Service reçut 55 exemplaires du G.4, dont 12 construits sous licence par la British Caudron company à partir de février 1916. Ils furent déployés au sein des n° 4 et 5 Wing RNAS et attaquèrent des bases allemandes en Belgique, visant particulièrement les hydravions et les zeppelins. Ils furent remplacés à partir de juillet 1917 par les Handley Page O/100.

L'Italie l'utilisa au sein du Corpo Aeronautico Militare (ancêtre de la Regia Aeronautica) avec succès sur le front des Alpes contre les Austro-Hongrois, grâce à ses excellentes performances en altitude. Les Caudron G.4 battirent d'ailleurs des records italiens d'altitude. 52 exemplaires construits en France et 51 exemplaires construits en Italie entrèrent en service à partir de mai 1917 au sein de la 48a Squadriglia, suivi des 49a et 50a Squadriglie. Quand à l'as Silvio Scaroni, il se distingua également sur cet appareil.

La Russie impériale utilisa ses G.4 pour des missions de reconnaissance. La Finlande reçut un G.4 en 1922 (ainsi que des G.3 servant de réserves de pièces détachées), qui fut utilisé comme avion-ambulance. Le Corps expéditionnaire américain reçut dix exemplaires pour l'entraînement en France début 1918, qui furent utilisés à Tours.

Le G.4 fut également utilisé par la Colombie, le Portugual, la Roumanie et le Venezuela. L'Union soviétique récupéra des G.4 après la Révolution russe. Il fut peut-être aussi utilisé par la Belgique. Les Turcs en capturèrent au moins un exemplaire, un russe qui effectua un atterrissage d'urgence en Anatolie. Il fut utilisé jusqu'à l'été 1918.

2 versions principales furent construites : l'A2 de reconnaissance (A pour Artillerie, il est équipé d'une radio pour le réglage d'artillerie) et le B2 de bombardement (B pour Bombardier, il emporte 100 kg de bombes), auxquelles il faut rajouter l'E2 destiné à l'entraînement (E pour École, il est doté de doubles commandes). Une version blindée vit également le jour, le G.4 1B : elle semble ne pas avoir donnée satisfaction. Le Caudron G.4 servit aussi de base au G.6 de reconnaissance.

1421 exemplaires furent construits, dont 1358 en France, 51 en Italie par A.E.R et 12 en Grande-Bretagne par British Caudron. La France et l'Italie le conservèrent jusqu'en 1920. Etienne Poulet tentera, en octobre 1919, de relier Paris à Melbourne à bord d'un Caudron G.4 : une collision aviaire à Rangoon l'obligera à changer d'appareil et il ne repartira qu'un an plus tard. Plusieurs centaines d'appareils furent vendus à des particuliers ou des aéroclubs après la guerre. 2 seulement ont survécu, l'un est exposé au musée du Bourget et l'autre au Steven F. Udvar-Hazy Center.

Versions référencées

  • Caudron G.4 B2 : Version de bombardement.
  • Caudron G.4 A2 : Version de reconnaissance et de réglage d'artillerie, équipée d'une radio.
  • Caudron G.4 E2 : Version d'entraînement, dotée de doubles commandes.
  • Caudron G.4 I bis : Version blindée.
  • Caudron G.4 II : Moteurs anzani.

Caudron G.4 B2 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 1 180 kg (2 601 lbs)
  • Masse à vide : 733 kg (1 616 lbs)
  • Surface alaire : 38 m² (409 sq. ft)
  • Hauteur : 2,6 m (8,53 ft)
  • Envergure : 17,2 m (56,43 ft)
  • Longueur : 7,27 m (23,852 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 124 km/h (77 mph, 67 kts)
  • Endurance maximale : 3,5 h
  • Plafond opérationnel : 4 000 m (13 123 ft)
  • Charge alaire, à vide : 19,289 kg/m² (3,95 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 31,053 kg/m² (6,36 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs rotatifs Le Rhône 9C
  • Puissance unitaire : 59 kW (80 ch, 79 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Images

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Média externes

Forum

Sujet complet »
Caudron G.4 à 11/11/2014 10:59 Clansman
11 Novembre oblige, j'ai gardé cet appareil de la 1ere guerre mondiale pour aujourd'hui. :D



Le Caudron G.4 était un bombardier biplan bimoteur français de la Première guerre mondiale.

Le Caudron G.3 était un avion de reconnaissance fiable, mais emportant peu ou pas d'armement. Les frères Caudron, René et Gaston, eurent alors l'idée d'en dériver un bimoteur qui conserverait cependant la nacelle servant de fuselage. Les moteurs furent placés entre les ailes, l'envergure agrandie, et quatre dérives furent installées au lieu de deux. Un observateur/mitrailleur put donc s'installer à l'avant et le surcroit de puissance permit d'emporter 100 kg de bombes.

2 motorisations différentes furent disponibles : 2 moteurs rotatifs Le Rhône C de 60 kw (80 hp) ou 2 moteurs Anzani 10 en étoile de 75 kW (100 hp). La mitrailleuse à l'avant était une Vickers, une Hotchkiss ou une Lewis de 7,7 mm. Une autre mitrailleuse pouvait être montée à l'arrière, sur l'aile, mais difficilement accessible pour le mitrailleur et donc utilisable.

Le vol inaugural eut lieu le 3 mars 1915. La proximité des moteurs avec le fuselage le rendait assez simple à piloter même en cas de panne de l'un des moteurs, et il disposait d'un bon taux de montée. Il s'avéra fiable et pourvu de bonnes caractéristiques de vol.

Il entra en service au sein de l'Aéronautique Militaire (l'ancêtre de notre Armée de l'Air) en novembre 1915. Il fut le premier bimoteur allié à entrer en service en première ligne, mais sa production connut du retard. Le Caudron G.4 B2 participa à des missions de bombardement, notamment au-dessus de la Rhénanie. René Fonck remporta sa première victoire sur cet appareil le 6 août 1916.

Cependant, le bombardement de la Rhénanie (notamment un raid de 50 Caudron G.4 en janvier 1916) entraîna la conception d'avions de chasse ennemis dès l'été 1916. L'apparition notamment du Fokker E.III le rendit vulnérable et il souffrit de pertes importantes. Dès l'automne 1916, il cessa les bombardements de jour pour effectuer des missions de nuit. Le Caudron G.4 A2 fut utilisé pour des missions de reconnaissance et de réglage d'artillerie, avec davantage de succès.

Le Royal Naval Air Service reçut 55 exemplaires du G.4, dont 12 construits sous licence par la British Caudron company à partir de février 1916. Ils furent déployés au sein des n° 4 et 5 Wing RNAS et attaquèrent des bases allemandes en Belgique, visant particulièrement les hydravions et les zeppelins. Ils furent remplacés à partir de juillet 1917 par les Handley Page O/100.

L'Italie l'utilisa au sein du Corpo Aeronautico Militare (ancêtre de la Regia Aeronautica) avec succès sur le front des Alpes contre les Austro-Hongrois, grâce à ses excellentes performances en altitude. Les Caudron G.4 battirent d'ailleurs des records italiens d'altitude. 52 exemplaires construits en France et 51 exemplaires construits en Italie entrèrent en service à partir de mai 1917 au sein de la 48a Squadriglia, suivi des 49a et 50a Squadriglie. Quand à l'as Silvio Scaroni, il se distingua également sur cet appareil.

La Russie impériale utilisa ses G.4 pour des missions de reconnaissance. La Finlande reçut un G.4 en 1923 (ainsi que deux G.3 servant de réserves de pièces détachées), qui fut utilisé comme avion-ambulance. Le Corps expéditionnaire américain reçut dix exemplaires pour l'entraînement en France début 1918, qui furent utilisés à Tours.

Le G.4 fut également utilisé par la Belgique, la Colombie, le Portugal, la Roumanie et le Venezuela. L'Union soviétique récupéra des G.4 après la Révolution russe.

2 versions principales furent construites : l'A2 de reconnaissance (A pour Artillerie, il est équipé d'une radio pour le réglage d'artillerie) et le B2 de bombardement (B pour Bombardier, il emporte 100 kg de bombes), auxquelles il faut rajouter l'E2 destiné à l'entraînement (E pour École, il est doté de doubles commandes). Une version blindée vit également le jour, le G.4 1B : elle semble ne pas avoir donnée satisfaction. Le Caudron G.4 servit aussi de base au G.6 de reconnaissance.

1421 exemplaires furent construits, dont 1358 en France, 51 en Italie par A.E.R et 12 en Grande-Bretagne par British Caudron. La France et l'Italie le conservèrent jusqu'en 1920. Etienne Poulet tentera, en octobre 1919, de relier Paris à Melbourne à bord d'un Caudron G.4 : une collision aviaire à Rangoon l'obligera à changer d'appareil et il ne repartira qu'un an plus tard. Plusieurs centaines d'appareils furent vendus à des particuliers ou des aéroclubs après la guerre. 2 seulement ont survécu, l'un est exposé au musée du Bourget et l'autre au Steven F. Udvar-Hazy Center.





http://fr.wikipedia.org/wiki/Caudron_G.4

http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/caudron-g-4/

http://jn.passieux.free.fr/html/CaudronG4.php

http://www.aviafrance.com/caudron-g-4-aviation-france-185.htm

http://www.asoublies1418.fr/default.asp?387332D3741663E62633329332D36D47261331733D166E6236233D077462398334233DE6

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/aviation-1914-1918/types-types-caudron-sujet_1451_1.htm

http://www.pyperpote.tonsite.biz/listinmae/index.php?option=com_content&view=article&id=73:caudron-giv-type-i-ndc-1720&catid=34:la-grande-galerie&Itemid=54


http://en.wikipedia.org/wiki/Caudron_G.4

http://www.aviastar.org/air/france/caudron_g-4.php

http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=580

http://airandspace.si.edu/collections/artifact.cfm?object=nasm_A19190008000

http://www.worldwar1.com/dbc/caud_g4.htm

http://www.wwiaviation.com/Caudron.html
Re: Caudron G.4 à 11/11/2014 12:06 Clansman
La fiche sur le site

Si certains d'entre vous ont des photos de l'exemplaire du Bourget et qu'ils souhaitent la voir sur le site, n'hésitez pas à me le signaler ! :D
Re: Caudron G.4 à 12/11/2014 21:49 Nico2
Excellente fiche et excellent timing. :)
Re: Caudron G.4 à 26/12/2014 23:28 ciders
A noter que le G.4 était particulièrement stable en vol. Cela donna des idées à un certain nombre de pilotes, notamment passer sous les ponts avec leur appareil. Même si cela était naturellement strictement interdit.
Répondre aux messages »
Texte de , créé le Sept. 17, 2014, 1:53 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires