Rappels

Histoire de l'appareil

Lors de la bataille de France, l'Armée de l'air déploya nombre de matériels dépassés (MS.406, LN.401) et une poignée de matériels soi-disant modernes mais tout juste suffisants. Aucun ne put faire pencher la balance, mais un appareil sauva tout de même l'honneur : le Dewoitine D.520.

Le 15 juin 1936, le ministère de l'air réclama un chasseur moderne, capable d'une vitesse de 500 km/h, de monter à 8000 mètres en moins de 15 minutes, de décoller ou d'atterrir en moins de 400 mètres, et d'emporter un canon HS.9 de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,5 mm. Celui-ci devait remplacer le D.510.

Le moteur français le plus puissant de l'époque était l'Hispano-Suiza 12Y. Bien que plus léger que ses concurrents anglais ou allemand (Merlin et DB.601), il était moins puissant. Les spécifications étaient peut-être ambitieuses pour la France, mais nettement en deçà des chasseurs contemporains étrangers.

Dewoitine proposa son D.513, qui fut jugé insuffisant par rapport au MS.405 et refusé. Le programme évolua pour exiger une vitesse de 520 km/h. Emile Dewoitine proposa un nouvel avion, appelé D.520 en référence à cette vitesse exigée. Mais la nationalisation de l'usine, qui devint la SNCAM (Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Midi), retarda tout travail sur le D.520 pendant l'année 1937. L'appareil est conçu par une petite équipe réunie autour de Robert Castello.

Le prototype, motorisé par un Hispano-Suiza 12Y-21 actionnant une hélice bipale en bois à pas variable, décolla pour la première fois le 2 octobre 1938 entre les mains de Marcel Doret. Mais sa vitesse était limitée à 480 km/h et il avait des problèmes de surchauffe. Un unique radiateur ventral fut installé à la place des radiateurs sous les ailes, ainsi qu'une hélice tripale. Le moteur fut remplacé par un Hispano-Suiza 12Y-29 et des pipes d'échappement furent rajoutées. Il arriva ainsi à atteindre 530 km/h, et 825 km/h en piqué.

Il fut suivi par deux autres prototypes : le 02 vola pour la première fois le 9 janvier 1939. Il disposait d'un nouveau cockpit coulissant, et était armé. Il sera remotorisé avec un Hispano-Suiza 12Y-31, qui lui permit d'atteindre la vitesse de 550 km/h, et l'altitude de 8000 mètres en un peu moins de 13 mn. Le troisième prototype prit l'air le 5 mai 1939 et disposait d'une roulette de queue au lieu d'un ski.

Les essais se montrèrent concluants et 200 exemplaires équipés du 12Y-31 furent commandés le 17 avril 1939. Le 12Y-31 fut lui même remplacé par le 12Y-45 de 935 chevaux tandis que les commandes affluaient. En 1940, l'Armée de l'air avait commandé pas moins de 2240 exemplaires et l'Aéronautique navale 120, les cadences requises étant de 350 exemplaires par mois.

Il se présentait comme un appareil de construction entièrement métallique, excepté pour les ailerons. Sa capacité en carburant (636 litres) était nettement supérieure à celles de ses homologues contemporains. Il se révéla facile à contrôler à haute vitesse. Quand à son moteur, s'il était plus léger de 100 kg que ses concurrents, il était bien moins puissant et de conception plus ancienne.

Son armement consistait en un canon HS.404 de 20 mm (60 obus) tirant à travers le moyeu de l'hélice, ainsi que de 4 mitrailleuses MAC 1934 dans les ailes (675 cartouches chacune). Cela donnait 10 secondes de tir pour le canon et 30 secondes pour les mitrailleuses.

Le D.520 fut conçu pour être facile à maintenir, grâce à de nombreux panneaux d'accès. C'était un concept rare à l'époque. Il était aussi relativement facile à construire à l'époque, avec 7 à 8000 heures de travail. En comparaison, un Bf-109 demandait 4500 heures, mais un MS.406 pas moins de 17000 heures.

Le premier appareil de série vola le 31 octobre 1939. Il entra en service au sein du GC I/3, en janvier 1940. Les premiers exemplaires, désarmés, servirent à l'entraînement. Il devint opérationnel en avril 1940 et fut populaire auprès des équipages. Des essais comparatifs avec un Bf-109E-3 capturé montrèrent que l'appareil allemand était de 32 km/h plus rapide, mais tournait moins bien.

Le 10 mai 1940, l'Armée de l'air disposait de 75 appareils sur 228 construits. Les autres furent reportés en usine pour modifications. Seul le GC I/3 disposait de sa dotation complète, soit 36 chasseurs. Le premier engagement eut lieu le 13 mai, lorsque des D.520 abattirent 3 Hs-126 et un He-111 sans pertes. En 3 jours, il obtiendra 20 victoires pour la perte de 4 pilotes.

Avec le GC I/3, seuls le II/6, le II/7 et l'AC1 de l'aéronautique navale virent le combat. 5 GC et 3 flottilles en furent équipés avant l'armistice. 351 exemplaires avaient été livrés sur 437 construits. Le D.520 revendiqua 114 victoires aériennes plus 39 probables, en particulier contre les italiens. 85 appareils furent perdus (les chiffres changent d'une source à l'autre mais on reste sur un ratio de 2 victoires pour une perte). Le Gloan devait abattre 5 appareils italiens (dont 4 CR.42) en une journée avec cet appareil.

165 D.520 s'enfuirent en Afrique du Nord, 3 en Angleterre, et 153 restèrent en métropole. En avril 1941, l'Allemagne autorisa la France à construire 1000 avions (dont 550 D.520) pour son propre usage, à la condition de construire 2000 avions pour l'Allemagne.

Le D.520 fut de nouveau engagé par Vichy en Syrie, contre les Alliés en 1941. Les GC III/6, II/3 et AC1 furent déployés dans cette zone. Le premier combat eut lieu le 8 juin 1941, se soldant par la perte de 3 Fulmar d'un côté et d'un D.520 de l'autre. 99 missions sur 266 furent accomplis par les D.520, se soldant par 31 victoires sur 41 et 11 pertes sur 26 en combat aérien, auquel il faut rajouter 24 pertes par DCA, accidents ou bombardements (sur 45). L'armée vichyste en Syrie était numériquement plus forte, mais souffrit du manque de pièces détachées.

Le D.520 fut également engagé en Afrique du Nord : un D.520 fut perdu face aux F4F Wildcat, qui n'en perdirent aucun de leur côté. Au moins 173 D.520 étaient alors basés en Afrique du Nord, et 30 au Sénégal (GC II/6). 13 D.520 de l'armée de l'air et 19 de la marine furent perdus dans les bombardements. Les D.520 du III/3 abattirent 9 Albacore.

Les D.520 survivants (153) effectuèrent des patrouilles lors de la bataille de Tunisie, mais furent considérés comme dépassés et remplacés par les Spitfire et P-39 dès 1943. Ils furent alors relégués à l'entraînement à Meknès.

5 exemplaires seulement rejoignirent la France Libre, et furent utilisés à l'entraînement par le Normandie-Niemen. Lorsque ce futur régiment rejoindra l'URSS, il choisira le Yak-1, proche par certains côtés du D.520.

Quelques exemplaires survivants, entre novembre 1944 et mai 1945, seront utilisés pour des missions d'attaque au sol contre les poches de résistance sur la Côte Atlantique (Royan et Pointe de Grave). Ils furent utilisés par le groupe FFI mené par Marcel Doret, unité qui donnera naissance au "Saintonge".

Lors de l'invasion de la "zone libre", en 1942, les Allemands capturèrent 246 D.520. Ils permirent l'achèvement de 62 autres appareils à partir d'avril 1941. Ils en utilisèrent eux-même un certain nombre pour l'entraînement, mais les livrèrent surtout à leurs alliés dans les Balkans. l'Italie en reçut 60 qui furent affectés à la défense de Turin et de Naples, et les Bulgares 96 (120 selon certaines sources) en août 1943.

Ceux-ci employèrent le D.520 au combat, à partir du 24 novembre, afin d'intercepter les B-24 américains escortés de P-38. Les Bulgares revendiquèrent 4 victoires pour une perte. Le 30 mars 1944, on atteignait un score de 10 pertes alliées (dont 8 bombardiers) contre 5 pertes bulgares. Lorsque la Bulgarie rejoignit le camp des Alliés en septembre 1944, 17 D.520 étaient encore en service.

On a longtemps prétendu que les Roumains utilisèrent également le D.520 : il s'agissait plus probablement d'exemplaires destinés à la Bulgarie en transit. Quand aux Italiens, qui apprécièrent surtout le canon, ils l'utilisèrent pour intercepter les bombardiers, avec un succès raisonnable. Il faut dire que c'était le seul intercepteur dont ils disposaient. Ils disposaient encore d'une quarantaine d'exemplaires lors de l'armistice.

Fin 1945, un D.520 fut transformé en biplace d'entraînement sous la désignation D.520 DC (Double Commande). Sur les 20 exemplaires commandés en mars 1946, seuls 13 seront effectivement convertis. Le dernier vol opérationnel d'un D.520 eut lieu le 30 septembre 1953 au sein de l'Escadrille de Présentation de l'Armée de l'Air.

891 exemplaires furent construits jusqu'en août 1944. 3 seulement ont survécu : l'un est exposé au Bourget, et un autre au Conservatoire de l'air et de l'espace d'Aquitaine à Bordeaux. Le troisième est en cours de restauration au musée de Rochefort. Un quatrième exemplaire fut restauré et revola le 27 août 1980. Il fut présenté lors du salon du Bourget de cette année, puis lors de meetings en Europe. Il s'écrasa le 13 juillet 1986 à Vannes, tuant son pilote le commandant Christian Bove. Le MAE cessera de remettre des avions en état de vol depuis.

En définitive, le D.520 resta le meilleur avion de chasse que la France pouvait opposer en 1940, et fut bel et bien un adversaire de valeur face au Bf-109. Il est emblématique du regret "trop peu, trop tard" qu'on peut associer à bon nombre de matériels de l'époque, pas toujours aériens d'ailleurs. Cependant, l'armistice, l'Occupation, firent qu'il ne put être développé à la manière d'un Spitfire ou d'un Bf-109 et fut dépassé dès 1943. Il n'était pas non plus exempts de défauts, notamment un pilotage parfois délicat et un cockpit très reculé limitant la visibilité au sol. Ce défaut, commun à tous les avions à train classique, était particulièrement net sur le D 520.

Versions référencées

  • Dewoitine D.520 : Principale version de série, elle est parfois désignée D.520 C1.
  • Dewoitine D.520 amélioré : Version développée après l'armistice.
  • Dewoitine D.520 DC : 13 appareils transformés en biplaces après la guerre.
  • Dewoitine D.520T : Version motorisée par un Hispano-Suiza 12Z-89 de 1200 ch, développement arrêté à cause de l'armistice.
  • Dewoitine D.520Z : Version équipée d'un moteur 12Z.
  • Dewoitine D.521 : Prototype d'une version propulsée par un Rolls-Royce Merlin III de 1030 hp. Développement arrêté par l'armistice.
  • Dewoitine D.522 : Prototype équipé d'un Allison V-1710 C-1. Développement arrêté par l'armistice.
  • Dewoitine D.523 : Version équipée du moteur Hispano-Suiza 12Y-51 de 1100 chevaux. Les essais étaient en cours en juin 1940.
  • Dewoitine D.524 : Version équipée du Hispano-Suiza 12Y-89ter. Le prototype ne vola jamais.
  • Dewoitine D.530 : Projet d'une version motorisé par un Merlin de 1400 hp ou un Hispano-Suiza 12Y de 1800 chevaux.
  • Dewoitine D.550 : version désarmée et allégée afin de battre un record de vitesse. Il vola à 702 km/h le 22 novembre 1939.
  • Dewoitine D.551 : Version militarisée du D.550.
  • Dewoitine D.790 : Projet de version embarquée, ne fut jamais construite.
  • Dewoitine HD.780 : Version hydravion du D.520, équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Y-51. L'unique prototype ne vola jamais.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Dewoitine D.520 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 785 kg (6 140 lbs)
  • Masse à vide : 2 123 kg (4 680 lbs)
  • Surface alaire : 15,87 m² (170,823 sq. ft)
  • Hauteur : 2,57 m (8,432 ft)
  • Envergure : 10,2 m (33,465 ft)
  • Longueur : 8,6 m (28,215 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 1 250 km (777 mi, 675 nm)
  • Plafond opérationnel : 10 000 m (32 808 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 14,3 m/s (46,916 ft/s)
  • Vitesse maximale HA : 560 km/h (348 mph, 302 kts)
  • Charge alaire, à vide : 133,774 kg/m² (27,399 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 175,488 kg/m² (35,943 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • un moteur à cylindres en V Hispano-Suiza 12Y-45
  • Puissance unitaire : 641 kW (872 ch, 860 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Dewoitine D.520 à 21/08/2012 13:53 Clansman
Lors de la bataille de France, l'Armée de l'air déploya nombre de matériels dépassés (MS.406, LN.401) et une poignée de matériels soi-disant modernes mais tout juste suffisants. Aucun ne put faire pencher la balance, mais un appareil sauva tout de même l'honneur : le Dewoitine D.520.

Le 15 juin 1936, le ministère de l'air réclama un chasseur moderne, capable d'une vitesse de 500 km/h, de monter à 8000 mètres en moins de 15 minutes, de décoller ou d'atterrir en moins de 400 mètres, et d'emporter un canon HS.9 de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,5 mm. Celui-ci devait remplacer le D.510.

Le moteur français le plus puissant de l'époque était l'Hispano-Suiza 12Y. Bien que plus léger que ses concurrents anglais ou allemand (Merlin et DB.601), il était moins puissant. Les spécifications étaient peut-être ambitieuses pour la France, mais nettement en deçà des chasseurs contemporains étrangers.

Dewoitine proposa son D.513, qui fut jugé insuffisant par rapport au MS.405 et refusé. Le programme évolua pour exiger une vitesse de 520 km/h. Emile Dewoitine proposa un nouvel avion, appelé D.520 en référence à cette vitesse exigée. Mais la nationalisation de l'usine, qui devint la SNCAM (Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Midi), retarda tout travail sur le D.520 pendant l'année 1937. L'appareil est conçu par une petite équipe réunie autour de Robert Castello.

Le prototype, motorisé par un Hispano-Suiza 12Y-21 actionnant une hélice bipale en bois à pas variable, décolla pour la première fois le 2 octobre 1938 entre les mains de Marcel Doret. Mais sa vitesse était limitée à 480 km/h et il avait des problèmes de surchauffe. Un unique radiateur ventral fut installé à la place des radiateurs sous les ailes, ainsi qu'une hélice tripale. Le moteur fut remplacé par un Hispano-Suiza 12Y-29 et des pipes d'échappement furent rajoutées. Il arriva ainsi à atteindre 530 km/h, et 825 km/h en piqué.

Il fut suivi par deux autres prototypes : le 02 vola pour la première fois le 9 janvier 1939. Il disposait d'un nouveau cockpit coulissant, et était armé. Il sera remotorisé avec un Hispano-Suiza 12Y-31, qui lui permit d'atteindre la vitesse de 550 km/h, et l'altitude de 8000 mètres en un peu moins de 13 mn. Le troisième prototype prit l'air le 5 mai 1939 et disposait d'une roulette de queue au lieu d'un ski.

Les essais se montrèrent concluants et 200 exemplaires équipés du 12Y-31 furent commandés le 17 avril 1939. Le 12Y-31 fut lui même remplacé par le 12Y-45 de 935 chevaux tandis que les commandes affluaient. En 1940, l'Armée de l'air avait commandé pas moins de 2240 exemplaires et l'Aéronautique navale 120, les cadences requises étant de 350 exemplaires par mois.

Il se présentait comme un appareil de construction entièrement métallique, excepté pour les ailerons. Sa capacité en carburant (636 litres) était nettement supérieure à celles de ses homologues contemporains. Il se révéla facile à contrôler à haute vitesse. Quand à son moteur, s'il était plus léger de 100 kg que ses concurrents, il était bien moins puissant et de conception plus ancienne.

Son armement consistait en un canon HS.404 de 20 mm (60 obus) tirant à travers le moyeu de l'hélice, ainsi que de 4 mitrailleuses MAC 1934 dans les ailes (675 cartouches chacune). Cela donnait 10 secondes de tir pour le canon et 30 secondes pour les mitrailleuses.

Le D.520 fut conçu pour être facile à maintenir, grâce à de nombreux panneaux d'accès. C'était un concept rare à l'époque. Il était aussi relativement facile à construire à l'époque, avec 7 à 8000 heures de travail. En comparaison, un Bf-109 demandait 4500 heures, mais un MS.406 pas moins de 17000 heures.

Le premier appareil de série vola le 31 octobre 1939. Il entra en service au sein du GC I/3, en janvier 1940. Les premiers exemplaires, désarmés, servirent à l'entraînement. Il devint opérationnel en avril 1940 et fut populaire auprès des équipages. Des essais comparatifs avec un Bf-109E-3 capturé montrèrent que l'appareil allemand était de 32 km/h plus rapide, mais tournait moins bien.

Le 10 mai 1940, l'Armée de l'air disposait de 75 appareils sur 228 construits. Les autres furent reportés en usine pour modifications. Seul le GC I/3 disposait de sa dotation complète, soit 36 chasseurs. Le premier engagement eut lieu le 13 mai, lorsque des D.520 abattirent 3 Hs-126 et un He-111 sans pertes. En 3 jours, il obtiendra 20 victoires pour la perte de 4 pilotes.

Avec le GC I/3, seuls le II/6, le II/7 et l'AC1 de l'aéronautique navale virent le combat. 5 GC et 3 flottilles en furent équipés avant l'armistice. 351 exemplaires avaient été livrés sur 437 construits. Le D.520 revendiqua 114 victoires aériennes plus 39 probables, en particulier contre les italiens. 85 appareils furent perdus (les chiffres changent d'une source à l'autre mais on reste sur un ratio de 2 victoires pour une perte). Le Gloan devait abattre 5 appareils italiens (dont 4 CR.42) en une journée avec cet appareil.

165 D.520 s'enfuirent en Afrique du Nord, 3 en Angleterre, et 153 restèrent en métropole. En avril 1941, l'Allemagne autorisa la France à construire 1000 avions (dont 550 D.520) pour son propre usage, à la condition de construire 2000 avions pour l'Allemagne.

Le D.520 fut de nouveau engagé par Vichy en Syrie, contre les Alliés en 1941. Les GC III/6, II/3 et AC1 furent déployés dans cette zone. Le premier combat eut lieu le 8 juin 1941, se soldant par la perte de 3 Fulmar d'un côté et d'un D.520 de l'autre. 99 missions sur 266 furent accomplis par les D.520, se soldant par 31 victoires sur 41 et 11 pertes sur 26 en combat aérien, auquel il faut rajouter 24 pertes par DCA, accidents ou bombardements (sur 45). L'armée vichyste en Syrie était numériquement plus forte, mais souffrit du manque de pièces détachées.

Le D.520 fut également engagé en Afrique du Nord : un D.520 fut perdu face aux F4F Wildcat, qui n'en perdirent aucun de leur côté. Au moins 173 D.520 étaient alors basés en Afrique du Nord, et 30 au Sénégal (GC II/6). 13 D.520 de l'armée de l'air et 19 de la marine furent perdus dans les bombardements. Les D.520 du III/3 abattirent 9 Albacore.

Les D.520 survivants (153) effectuèrent des patrouilles lors de la bataille de Tunisie, mais furent considérés comme dépassés et remplacés par les Spitfire et P-39 dès 1943. Ils furent alors relégués à l'entraînement à Meknès.

5 exemplaires seulement rejoignirent la France Libre, et furent utilisés à l'entraînement par le Normandie-Niemen. Lorsque ce futur régiment rejoindra l'URSS, il choisira le Yak-1, proche par certains côtés du D.520.

Quelques exemplaires survivants, entre novembre 1944 et mai 1945, seront utilisés pour des missions d'attaque au sol contre les poches de résistance sur la Côte Atlantique (Royan et Pointe de Grave). Ils furent utilisés par le groupe FFI mené par Marcel Doret, unité qui donnera naissance au "Saintonge".

Lors de l'invasion de la "zone libre", en 1942, les Allemands capturèrent 246 D.520. Ils permirent l'achèvement de 62 autres appareils à partir d'avril 1941. Ils en utilisèrent eux-même un certain nombre pour l'entraînement, mais les livrèrent surtout à leurs alliés dans les Balkans. l'Italie en reçut 60 qui furent affectés à la défense de Turin et de Naples, et les Bulgares 120 en août 1943.

Ceux-ci employèrent le D.520 au combat, à partir du 24 novembre, afin d'intercepter les B-24 américains escortés de P-38. Les Bulgares revendiquèrent 4 victoires pour une perte. Le 30 mars 1944, on atteignait un score de 10 pertes alliées (dont 8 bombardiers) contre 5 pertes bulgares. Lorsque la Bulgarie rejoignit le camp des Alliés en septembre 1944, 17 D.520 étaient encore en service.

On a longtemps prétendu que les Roumains utilisèrent également le D.520 : il s'agissait plus probablement d'exemplaires destinés à la Bulgarie en transit. Quand aux Italiens, qui apprécièrent surtout le canon, ils l'utilisèrent pour intercepter les bombardiers, avec un succès raisonnable. Il faut dire que c'était le seul intercepteur dont ils disposaient. Ils disposaient encore d'une quarantaine d'exemplaires lors de l'armistice.

Fin 1945, un D.520 fut transformé en biplace d'entraînement sous la désignation D.520 DC (Double Commande). Sur les 20 exemplaires commandés en mars 1946, seuls 13 seront effectivement convertis. Le dernier vol opérationnel d'un D.520 eut lieu le 30 septembre 1953 au sein de l'Escadrille de Présentation de l'Armée de l'Air.

891 exemplaires furent construits jusqu'en août 1944. 3 seulement ont survécu : l'un est exposé au Bourget, et un autre au Conservatoire de l'air et de l'espace d'Aquitaine à Bordeaux. Le troisième est en cours de restauration au musée de Rochefort. Un quatrième exemplaire fut restauré et revola le 27 août 1980. Il fut présenté lors du salon du Bourget de cette année, puis lors de meetings en Europe. Il s'écrasa le 13 juillet 1986 à Vannes, tuant son pilote le commandant Christian Bove. Le MAE cessera de remettre des avions en état de vol depuis.

En définitive, le D.520 resta le meilleur avion de chasse que la France pouvait opposer en 1940, et fut bel et bien un adversaire de valeur face au Bf-109. Il est emblématique du regret "trop peu, trop tard" qu'on peut associer à bon nombre de matériels de l'époque, pas toujours aériens d'ailleurs. Cependant, l'armistice, l'Occupation, firent qu'il ne put être développé à la manière d'un Spitfire ou d'un Bf-109 et fut dépassé dès 1943. Il n'était pas non plus exempts de défauts, notamment un pilotage parfois délicat et un cockpit très reculé limitant la visibilité au sol. Ce défaut, commun à tous les avions à train classique, était particulièrement net sur le D 520.


Versions :

D.520 : principale version de série, elle est parfois désignée D.520 C1.

D.520T : Version motorisée par un Hispano-Suiza 12Z-89 de 1200 ch, développement arrêté à cause de l'armistice.

D.521 : prototype d'une version propulsée par un Rolls-Royce Merlin III de 1030 hp. Développement arrêté par l'armistice.

D.522 : Prototype équipé d'un Allison V-1710 C-1. Développement arrêté par l'armistice.

D.523 : Version équipée du moteur Hispano-Suiza 12Y-51 de 1100 chevaux. Les essais étaient en cours en juin 1940.

D.524 : Version équipée du Hispano-Suiza 12Y-89ter. Le prototype ne vola jamais.

D.530 : projet d'une version motorisé par un Merlin de 1400 hp ou un Hispano-Suiza 12Y de 1800 chevaux.

HD.780 : version hydravion du D.520, équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Y-51. L'unique prototype ne vola jamais.

D.790 : projet de version embarquée, ne fut jamais construite.

D.550 : version désarmée et allégée afin de battre un record de vitesse. Il vola à 702 km/h le 22 novembre 1939.

D.551 : version militarisée du D.550 : 3 exemplaires furent construits et ne volèrent jamais. Il devait voler à 650 km/h, être armé d'un canon et de 6 mitrailleuses, ou 2 canons et 4 mitrailleuses. Doret disait qu'il était au D.520 ce que le pur-sang était au percheron.

D.520 amélioré : version développée après l'armistice, et stoppée lors de l'invasion de la zone libre. Des modifications aérodynamiques permettaient d'améliorer la vitesse de pointe sans toucher au moteur.

D.520 Z : version équipée d'un moteur 12Z. Un seul exemplaire fut construit après l'armistice, et le développement fut interrompu lors de l'invasion de 1942. Il fut repris après la Libération, pour être abandonné en 1949.

D.520 DC : 13 appareils transformés en biplaces après la guerre.





<!– m –><a class="postlink" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dewoitine_D.520">http://fr.wikipedia.org/wiki/Dewoitine_D.520</a><!– m –>

<!– m –><a class="postlink" href="http://www.caea.info/fr/coll/d520.php">http://www.caea.info/fr/coll/d520.php</a><!– m –>

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Re: Dewoitine D.520 à 21/08/2012 14:48 Clansman
La fiche sur le site
Re: Dewoitine D.520 à 04/11/2012 17:37 AlmusAigle

Clansman a écrit

… et les Bulgares 120 en août 1943.

On a longtemps prétendu que les Roumains utilisèrent également le D.520 : il s'agissait plus probablement d'exemplaires destinés à la Bulgarie en transit….
C'est peut-être la raison car chez nos connaisseurs de l'Histoire de l'Aviation bulgare pendant la guerre nous ne recevons que 96 appareils (on sait ce nombre) et on se demendaient d'où vient ces 120 appareils pour Bulgarie dans les notes de l'étranger.
Re: Dewoitine D.520 à 05/11/2012 10:45 foxkilo02
Quelques petites anecdotes pour compléter cette excellente fiche…

:arrow: le D520 fut, avec le H-75A, à l'origine de la première Patrouille bleu, blanc, rouge. En effet, dès 1945 et jusqu'au milieu de l'année 1946, une patrouille acrobatique a été créée par 3 moniteurs de l’École de chasse de Meknès. Celle ci était composée d'un H75A central et 2 D520 en exterieur. Ces appareils furent ensuite remplacés par 3 spitfire MK-IX puis 3 T-33A en 1953.

:arrow: Le D520 du Responsable du CIC de Meknès, le LCL Ezanno, possédait un D520 avec une livrée un peu particulière. En effet l'appareil était tigrée noir et blanc :shock:
Malheureusement je n'ai pu retrouver la photo de cet appareil.

:arrow: Le D520 n°603 du Conservatoire de l'Air et de l'Espace d'Aquitaine fut exposé sur stèle à Salon de Provence de 1953 jusqu'en 1976. C'était un ancien biplace reconverti en monoplace.
Il était souvent pris pour arrière plan lors des photos souvenirs des différentes promotions.
Re: Dewoitine D.520 à 23/08/2015 13:15 Ansierra117
Image
Re: Dewoitine D.520 à 20/07/2016 23:20 fanaviation
L'ENCYCLOPEDIE ILLUSTREE DE L’AVIATION AIRCRAFT N°90 KOREA COREE DEWOITINE D.520

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Re: Dewoitine D.520 à 24/07/2016 09:34 Nico2
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Texte de , créé le 17 septembre 2014 13:53, modifié le . ©AviationsMilitaires