Rappels

Histoire de l'appareil

En 1938, René Dorand, ancien ingénieur chez Breguet, forma la Société Française du Gyroplane ou Gyroplane en abrégé. La Marine Nationale lui demanda alors d'étudier un hélicoptère dédié à la lutte contre les sous-marins et destiné à équiper le sous-marin Surcouf. Il devait de plus atteindre la vitesse de 250 km/h et avoir une distance franchissable de 800 km, performances hors d'atteinte pour un hélicoptère à l'époque.

Le nouvel hélicoptère prit la désignation de Gyroplane G.20, mais il est également connu sous le nom de Dorand G.20 ou même G.II. Celui-ci avait un fuselage en forme de cigare, de construction métallique. Le nez était couvert de panneaux de plexiglas. Le train d'atterrissage était classique et entièrement rétractable. L'empennage était en V, avec des surfaces de contrôle recouvertes de toile.

Le G.20 disposait de 2 rotors tripales co-axiaux, avec 2 particularités : d'une part, le rotor en position basse était plus petit que celui en position haute (respectivement 13 et 15,4 mètres) afin d'éviter qu'ils n'entrent en collision, mais nécessitait des régimes moteurs différents. D'autre part, dans les premières études, un mitrailleur prenait place dans la tête de rotor… Cette configuration, qui théoriquement donnait un champ de 360° au mitrailleur, fut vite abandonnée car impraticable. La Marine nationale ayant exigé une hauteur limite à cause de la place dans le hangar du Surcouf, les 2 rotors n'étaient espacés que de 65 cm.

2 à 3 membres d'équipage étaient placés en tandem dans le fuselage, qui contenait également une soute à bombes ou charges de profondeur. L'appareil était propulsé par 2 Renault 6Q-04 de 240 cv. Une boîte de transmissions permettait de couper un moteur tombé en panne et de transférer la puissance du moteur restant sur les 2 rotors.

Le prototype fut construit sans armement et sans tourelle de rotor. En définitive, il fut dédié à l'observation, la liaison et le transport de courrier. Sa construction commença à Guéthary, dans le sud-ouest, à proximité de l'Espagne. Lors de la capitulation en 1940, il fut transféré à Chambéry, dans le sud-est près de l'Italie. Les Allemands découvrirent l'appareil, mais n'y attachèrent guère d'importance et en autorisèrent la construction, quoique ralentie.

Le G.20 fut terminé en 1947 et entama ses essais au sol. Mais la Marine Nationale avait perdu tout intérêt pour l'appareil : malgré son apparence futuriste, il était dépassé par les hélicoptères allemands et américains. Les performances estimées paraissaient trop optimistes et aucun financement ne vint.

Le G.20 ne vola jamais, et fut ferraillé. La SFG se consacra à un autre projet en coopération avec Bréguet : le G.11E. Il semble qu'aucun pilote n'ait voulu tester le G.20, considéré comme potentiellement dangereux. Kamov reprendra le principe des rotors co-axiaux avec plus de bonheur grâce à la technologie de l'articulation des pales.

Versions référencées

  • Gyroplane G.20 : Prototype, un exemplaire que ne vola jamais.
  • Gyroplane G.II : Autre désignation parfois donnée au Gyroplane G.20.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Gyroplane G.20 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 3 000 kg (6 614 lbs)
  • Masse normale au décollage : 2 500 kg (5 512 lbs)
  • Masse à vide : 1 400 kg (3 086 lbs)
  • Surface du rotor : 186,17 m² (2 003,917 sq. ft)
  • Diamètre du rotor principal : 15,4 m (50,525 ft)
  • Hauteur : 3,13 m (10,269 ft)
  • Longueur : 11,08 m (36,352 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 250 km/h (155 mph, 135 kts) à 2500 m (spécification exigée).
  • Vitesse de croisière : 165 km/h (103 mph, 89 kts)
  • Distance franchissable : 800 km (497 mi, 432 nm) (spécification exigée)
  • Plafond avec effet de sol : 3 000 m (9 843 ft)
  • Plafond opérationnel : 5 000 m (16 404 ft)
  • Charge alaire, à vide : 7,52 kg/m² (1,54 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, masse normale : 13,429 kg/m² (2,75 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 16,114 kg/m² (3,3 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 2 moteurs à cylindres en ligne Renault 6Q-04
  • Puissance unitaire : 177 kW (240 ch, 237 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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Sujet complet »
Dorand G.20 à 16/05/2016 07:05 Clansman
Prototype d'hélicoptère bimoteur français de la fin des années 1940.


En 1938, René Dorand, ancien ingénieur chez Breguet, forma la Société Française du Gyroplane ou Gyroplane en abrégé. La Marine Nationale lui demanda alors d'étudier un hélicoptère dédié à la lutte contre les sous-marins et destiné à équiper le sous-marin Surcouf. Il devait de plus atteindre la vitesse de 250 km/h et avoir une distance franchissable de 800 km, performances hors d'atteinte pour un hélicoptère à l'époque.

Le nouvel hélicoptère prit la désignation de Gyroplane G.20, mais il est également connu sous le nom de Dorand G.20 ou même G.II. Celui-ci avait un fuselage en forme de cigare, de construction métallique. Le nez était couvert de panneaux de plexiglas. Le train d'atterrissage était classique et entièrement rétractable. L'empennage était en V, avec des surfaces de contrôle recouvertes de toile.

Le G.20 disposait de 2 rotors tripales co-axiaux, avec 2 particularités : d'une part, le rotor en position basse était plus petit que celui en position haute (respectivement 13 et 15,4 mètres) afin d'éviter qu'ils n'entrent en collision, mais nécessitait des régimes moteurs différents. D'autre part, dans les premières études, un mitrailleur prenait place dans la tête de rotor… Cette configuration fut vite abandonnée car impraticable. La Marine nationale ayant exigé une hauteur limite à cause de la place dans le hangar du Surcouf, les 2 rotors n'étaient espacés que de 65 cm.

2 à 3 membres d'équipage étaient placés en tandem dans le fuselage, qui contenait également une soute à bombes ou charges de profondeur. L'appareil était propulsé par 2 Renault 6Q-04 de 240 cv. Une boîte de transmissions permettait de couper un moteur tombé en panne et de transférer la puissance du moteur restant sur les 2 rotors.

Le prototype fut construit sans armement et sans tourelle de rotor. En définitive, il fut dédié à l'observation, la liaison et le transport de courrier. Sa construction commença à Guéthary, dans le sud-ouest, à proximité de l'Espagne. Lorsque les Allemands nous mirent la peignée en 1940, il fut transféré à Chambéry, dans le sud-est près de l'Italie. Les Allemands découvrirent l'appareil, mais n'y attachèrent guère d'importance et en autorisèrent la construction, quoique ralentie.

Le G.20 fut terminé en 1947 et entama ses essais au sol. Mais la Marine Nationale avait perdu tout intérêt pour l'appareil : malgré son apparence futuriste, il était dépassé par les hélicoptères allemands et américains. Les performances estimées paraissaient trop optimistes et aucun financement ne vint.

Le G.20 ne vola jamais, et fut ferraillé. La SFG se consacra à un autre projet en coopération avec Breguet : le G.11E. Il semble qu'aucun pilote n'ait voulu tester le G.20, considéré comme potentiellement dangereux. Kamov reprendra le principe des rotors co-axiaux avec plus de bonheur avec la technologie de l'articulation des pales.



http://modelarchives.free.fr/Bestiaire/G20_P/index.html

https://books.google.fr/books?id=_VarB2s1zb8C&pg=PA44&dq=gyroplane+G20&sig=ACfU3U3vwYB3baXmCG_bho3ba6UCG5fI4g&hl=fr#v=onepage&q&f=false

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=310&sid=44b1a6e1deea794260e3b827e81d584e

http://oldmachinepress.com/2015/03/28/dorand-gyroplane-g-20-g-ii/

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.aviarmor.net/aww2/aircraft_exp/france/dorand_g2.htm&prev=search
Re: Dorand G.20 à 16/05/2016 07:31 Clansman
La fiche sur le site

Rien côté icono, désolé.
Re: Dorand G.20 à 17/05/2016 09:07 Jericho
250km/h, des régimes différents pour les deux moteurs afin de régler le problème des diamètres différents des rotors et un mitrailleur installé dans une tourelle sur la tête du rotor… pour être futuriste, c'était réussi! :-o

Pour lutter contre les sous-marins, à l'époque on parlait régulièrement de mitrailleuses ou de canons. On sait à partir de quel calibre ça pouvait être utile? (les soum avaient quand-même la peau assez dure pour résister aux pressions, c'était pas du carton-pâte) :roll:
Re: Dorand G.20 à 17/05/2016 13:35 Clansman
pour être futuriste, c'était réussi!

Tu m'étonnes, quand j'ai vu la bête j'me suis dit :"qu'Est-ce que c'est que ce truc droit sorti de Black & Mortimer ?" :shock:

Mine de rien on savait faire de jolis trucs.

Pour lutter contre les sous-marins, à l'époque on parlait régulièrement de mitrailleuses ou de canons. On sait à partir de quel calibre ça pouvait être utile?

Aucune idée. Pifométriquement parlant, je dirais qu'on peut oublier les mitrailleuses et sortir la batterie de 4 canons de 20 mm, façon B-25 ou B-26 à nez plein. Des charges de profondeur, y'a que ça de vrai. :mrgreen:
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Texte de , créé le 16 mai 2016 07:10, modifié le . ©AviationsMilitaires