Rappels

Histoire de l'appareil

En 1945, la France voulut se doter de divisions de parachutistes, mais manquait d'appareils de transport lourds pour ce rôle. Le général Juin donna l'ordre à la direction Technique Industrielle de préparer un appel d'offres, l'appareil devant être entièrement français. Breguet et la SNCAC y répondirent et en décembre 1945, le projet de la SNCAC fut sélectionné. 20 exemplaires sont commandés fin juillet 1946, avant même le premier vol, avec une cible de 160 appareils. La cible passe à 105 en février 1948.

Le projet de la SNCAC était le NC.210, conçu autour de 4 moteurs Gnome-Rhône 18R à 18 cylindres en étoile fournissant 2200 cv chacun à partir du début 1945. Il devait peser 60 tonnes au décollage et en emporter 17 tonnes Cependant, ces moteurs furent abandonnés, et échangés contre des SNECMA 14R à 14 cylindres en étoile de 1600 cv chacun, l'appareil prenant alors la désignation NC.211.

L'appareil, baptisé Cormoran, était un avion de transport lourd stratégique destiné à l'Armée de l'Air, mais un usage civil fut également envisagé. Ses 4 moteurs étaient logés dans des nacelles elles-mêmes placées dans des ailes hautes, et actionnaient des hélices tractrices tripales de 4 mètres de diamètre. Le train d'atterrissage était tricycle et rétractable, le train principal se logeant dans la nacelle moteur inférieure. L'empennage était conventionnel. La construction était entièrement métallique.

Il disposait de deux ponts, dans lesquels prenaient place les passagers, soldats, parachutistes ou blessés. 80 personnes pouvaient être placées dans le pont inférieur et 51 sur le pont supérieur, soit 131 au total. Le pont inférieur, dans lequel était placé le fret (12,5 tonnes, y compris des véhicules comme des voitures ou des hélicoptères), avait une capacité de 150 mètres cubes.

On y accédait grâce à une porte s'ouvrant en coquille, à l'avant, au-dessus de laquelle était placé le cockpit, ou par deux portes latérales à l'arrière. Des treuils électriques facilitaient le chargement. Une trappe au sol permettait le largage de charges et l'appareil pouvait même remorquer un planeur.

Le prototype du Cormoran fut présenté au salon du Bourget de 1946, mais seulement au statique car des problèmes avec l'hydraulique du train d'atterrissage avaient retardé son vol inaugural.

Celui-ci eut lieu le 20 juillet 1948 à Toussus-Le-Noble, mais se termina par un drame. Le braquage des volets à 40° lors de l'atterrissage à Villacoublay provoqua un piqué à court altitude suivi d'un crash qui causa la mort des 5 occupants de l'appareil, dont le pilote Louis Bertrand.

Cela n'empêcha pas un deuxième exemplaire, le Cormoran 002 immatriculé F-WFKH, de voler à partir du 9 avril 1949, entre les mains de Claude Dellys. Quelques modifications sont faites concernant la dérive qui change de forme et la verrière qui est agrandie. Il est présenté, au sol et en vol, lors du salon du Bourget de 1949.

Dès mars 1949, le gouvernement argue de la dangerosité de l'appareil (la structure arrière était en effet à revoir), de sa sous-motorisation, de la limitation de la charge utile, d'un rayon d'action insuffisant pour les besoins civils avec 1000 km pour arrêter le programme. La décision entraîne la fermeture de la SNCAC le 15 juin 1949. Cette décision fait polémique, ses partisans arguant que l'appareil aurait pu être remotorisé, que ses essais furent trop brefs et qu'il aurait pu être mis au point sans trop de difficultés.

Le second appareil (en fait le premier exemplaire de série) ne vola que 27 heures jusqu'au 26 juin 1949, plus quelques vols supplémentaires jusqu'au 7 juillet afin de convaincre quelques hommes politiques. La fin du programme devient, malgré les efforts de l'équipe, effective à cette date. En définitive, la commande passée avant même son premier vol était en effet risqué, mais son plus gros défaut était sans doute d'être surdimensionné.

A partir de cette date, il fut utilisé pour loger les transmetteurs radios de l'aérodrome de Villacoublay avant d'être ferraillé en 1972 ou 1973. Les 9 autres exemplaires, en cours d'achèvement à Bourges ou à Billancourt furent également ferraillés.

2 autres variantes, le NC.212 et le NC.213, furent envisagées mais non construites. La première devait être motorisée par des Bristol Hercules 730 à 14 cylindres en étoile de 1980 hp et la seconde par des Junkers Jumo 213 à 12 cylindres en V inversé de 1750 cv.

Versions référencées

  • SNCAC NC.210 : Projet initial avec des moteurs Gnome-Rhône 18R de 2200 cv chacun, abandonné.
  • SNCAC NC.211 Cormoran : Prototypes, 2 exemplaires.
  • SNCAC NC.212 : Version avec des moteurs des Bristol Hercules 730 de 1980 hp, non construite.
  • SNCAC NC.213 : Version avec des moteurs Junkers Jumo 213 de 1750 cv, non construite.

Pays exploitant actuellement cet appareil

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SNCAC NC.211 Cormoran voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 40 000 kg (88 185 lbs) (42250 kg selon d'autre sources)
  • Masse à vide : 21 000 kg (46 297 lbs) (24000 ou 25625 kg selon d'autres sources)
  • Surface alaire : 200 m² (2 153 sq. ft)
  • Hauteur : 10,1 m (33,136 ft)
  • Envergure : 44 m (144 ft)
  • Longueur : 30,5 m (100,066 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 410 km/h (255 mph, 221 kts) à 3000 m (390 km/h selon une autre source)
  • Vitesse de croisière : 320 km/h (199 mph, 173 kts) à 3000 m (288 km/h selon une autre source)
  • Distance franchissable : 2 000 km (1 243 mi, 1 080 nm) avec 9600 kg de charge utile.
  • Plafond opérationnel : 9 000 m (29 528 ft) (8000 m selon une autre source)
  • Charge alaire, à vide : 105 kg/m² (22 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 200 kg/m² (41 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 4 moteurs à cylindres en étoile SNECMA 14R-200
  • Puissance unitaire : 1 177 kW (1 600 ch, 1 578 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

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SNCAC NC-211 Cormoran à 24/03/2016 07:47 Clansman
Prototype d'avion de transport quadrimoteur français de la fin des années 1940.

En 1945, la France voulut se doter de divisions de parachutistes, mais manquait d'appareils de transport lourds pour ce rôle. Le général Juin donna l'ordre à la direction Technique Industrielle de préparer un appel d'offres, l'appareil devant être entièrement français. Breguet et la SNCAC y répondirent et en décembre 1945, le projet de la SNCAC fut sélectionné. 20 exemplaires sont commandés fin juillet 1946, avant même le premier vol, avec une cible de 160 appareils. La cible passe à 105 en février 1948.

Le projet de la SNCAC était le NC.210, conçu autour de 4 moteurs Gnome-Rhône 18R à 18 cylindres en étoile fournissant 2200 cv chacun à partir du début 1945. Il devait peser 60 tonnes au décollage et en emporter 17 tonnes Cependant, ces moteurs furent abandonnés, et échangés contre des SNECMA 14R à 14 cylindres en étoile de 1600 cv chacun, l'appareil prenant alors la désignation NC.211.

L'appareil, baptisé Cormoran, était un avion de transport lourd stratégique destiné à l'Armée de l'Air, mais un usage civil fut également envisagé. Ses 4 moteurs étaient logés dans des nacelles elles-mêmes placées dans des ailes hautes, et actionnaient des hélices tractrices tripales de 4 mètres de diamètre. Le train d'atterrissage était tricycle et rétractable, le train principal se logeant dans la nacelle moteur inférieure. L'empennage était conventionnel. La construction était entièrement métallique.

Il disposait de deux ponts, dans lesquels prenaient place les passagers, soldats, parachutistes ou blessés. 80 personnes pouvaient être placées dans le pont inférieur et 51 sur le pont supérieur, soit 131 au total. Le pont inférieur, dans lequel était placé le fret (12,5 tonnes, y compris des véhicules comme des voitures ou des hélicoptères), avait une capacité de 150 mètres cubes.

On y accédait grâce à une porte s'ouvrant en coquille, à l'avant, au-dessus de laquelle était placé le cockpit, ou par deux portes latérales à l'arrière. Des treuils électriques facilitaient le chargement. Une trappe au sol permettait le largage de charges et l'appareil pouvait même remorquer un planeur.

Le prototype du Cormoran fut présenté au salon du Bourget de 1946, mais seulement au statique car des problèmes avec l'hydraulique du train d'atterrissage avaient retardé son vol inaugural.

Celui-ci eut lieu le 20 juillet 1948 à Toussus-Le-Noble, mais se termina par un drame. Le braquage des volets à 40° lors de l'atterrissage à Villacoublay provoqua un piqué à court altitude suivi d'un crash qui causa la mort des 5 occupants de l'appareil, dont le pilote Louis Bertrand.

Cela n'empêcha pas un deuxième exemplaire, le Cormoran 002 immatriculé F-WFKH, de voler à partir du 9 avril 1949, entre les mains de Claude Dellys. Quelques modifications sont faites concernant la dérive qui change de forme et la verrière qui est agrandie. Il est présenté, au sol et en vol, lors du salon du Bourget de 1949.

Dès mars 1949, le gouvernement argue de la dangerosité de l'appareil (la structure arrière était en effet à revoir), de sa sous-motorisation, de la limitation de la charge utile, d'un rayon d'action insuffisant pour les besoins civils avec 1000 km pour arrêter le programme. La décision entraîne, la fermeture de la SNCAC le 15 juin 1949. Cette décision fait polémique, ses partisans arguant que l'appareil aurait pu être remotorisé, que ses essais furent trop brefs et qu'il aurait pu être mis au point sans trop de difficultés.

Le second appareil (en fait le premier exemplaire de série) ne vola que 27 heures jusqu'au 26 juin 1949, plus quelques vols supplémentaires jusqu'au 7 juillet afin de convaincre quelques hommes politiques. La fin du programme devient, malgré les efforts de l'équipe, effective à cette date. En définitive, la commande passée avant même son premier vol était en effet risqué, mais son plus gros défaut était sans doute d'être surdimensionné.

A partir de cette date, il fut utilisé pour loger les transmetteurs radios de l'aérodrome de Villacoublay avant d'être ferraillé en 1972 ou 1973. Les 9 autres exemplaires, en cours d'achèvement à Bourges ou à Billancourt furent également ferraillés.

2 autres variantes, le NC.212 et le NC.213, furent envisagées mais non construites. La première devait être motorisée par des Bristol Hercules 730 à 14 cylindres en étoile de 1980 hp et la seconde par des Junkers Jumo 213 à 12 cylindres en V inversé de 1750 cv.




https://fr.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC.211

http://ghtn.free.fr/documents/histoire%20du%20Cormoran%20toussus.pdf

http://www.aviafrance.com/s-n-c-a-c-nc-211-cormoran--aviation-france-600.htm

https://books.google.fr/books?id=6jem8EuiOZIC&pg=PA29&lpg=PA29&dq=nc.211+cormoran&source=bl&ots=aqC29fhMaq&sig=WuYd68VCoHV0kIC8T6HCPZv_M3U&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi3_tCkiNnKAhVDPBoKHZ2pBR4Q6AEISjAI#v=onepage&q=nc.211%20cormoran&f=false

https://books.google.fr/books?id=WP82XgiogZAC&pg=PA56&lpg=PA56&dq=nc.211+cormoran&source=bl&ots=c42fOPyn-p&sig=tjoXRqP3KMOQK-nULchQAjmpMwA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilg4-NidnKAhUCBBoKHY_HBRY4ChDoAQg_MAg#v=onepage&q=nc.211%20cormoran&f=false

https://en.wikipedia.org/wiki/SNCAC_NC_211

http://aviation-safety.net/database/record.php?id=19480720-1&lang=fr

http://www.aviastar.org/air/france/sncac_nc-211.php

http://www.britishpathe.com/video/french-transport-plane-cormoran-aka-french-transpo

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/craft/nc211.html&prev=search
Re: SNCAC NC-211 Cormoran à 24/03/2016 08:17 Clansman
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Texte de , créé le March 24, 2016, 7:52 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires