Rappels

Histoire de l'appareil

L’ALR Piranha est un projet d’avion de combat léger, muni d’ailes médianes en flèche, d’un empennage canard, d’une dérive en flèche et d’un train d’atterrissage tricycle escamotable.

En 1972, après l’élimination de nombreux concurrents, les Vought A-7 Corsair II et Dassault Milan se disputent un contrat concernant 40 appareils destinés à remplacer les "Vampire" et "Venom" des Troupes d’Aviations Suisses. L’avion américain remporte cette évaluation de justesse, mais le Conseil Fédéral annule sa commande en août 1973 et décide d’acheter 60 Hunter d’occasion remis à neuf par le constructeur.

Devant ce choix, des spécialistes suisses de l’aviation militaire étudient quels peuvent être les appareils convenant aux forces aériennes à faibles budgets selon l’évolution des avions de combat. Ils démontrent qu’après l’arrivée, durant les années 1960, d’appareils plus gros et plus lourd pour pouvoir emporter une avionique de plus en volumineuse, on a vu arriver des appareils en général plus petits grâce à la miniaturisation de l’avionique durant les années 1970. Leur prix de plus en plus élevé oblige de nombreux pays à ne s’équiper que d’une faible quantité d’avions hautement sophistiqués, ce qui diminue la flexibilité de ces forces aériennes, alors que la répartition de ces appareils sur un petit nombre de bases en augmente leurs vulnérabilités. Devant cette constatation, un avion bon marché nécessitant peu de frais opérationnels, équipé du minimum nécessaire pour remplir les missions qui lui sont allouées, semble l’idéal.

Suite à ces conclusions, il se forme le groupe de travail ALR (Arbeitsgruppe für Luft- und Raumfahrt) constitué d’une quarantaine de jeunes ingénieurs, scientifiques, pilotes militaires et officiers de l’aviation militaire qui se donne pour but de mettre sur pied un nouveau concept d’avion de combat. Il n’est pas question de construire cet appareil en Suisse, mais plutôt de proposer le projet à des pays intéressés. Ce n’est qu’en 1981 que ce groupe se munit officiellement d’une raison sociale à Zürich.

Le nom "Piranha" est choisi en rapport à l’agressivité de ces poissons malgré leur petite taille, bien que de mauvaises langues aient suggéré que le choix d’un poisson était en rapport avec les péripéties lacustres du dernier jet militaire suisse, le P-16.

Comme ce concept a pour but le remplacement d’avions relativement bon marché (F-5, A-4, MiG-21, etc.) par un nombre d’appareils suffisant pour maintenir une capacité d’intervention réaliste pour des forces aériennes au budget limité, plusieurs points doivent être respectés pour que les coûts restent raisonnables. Une seule configuration de cellule devrait permettre d’effectuer différentes missions, afin de diminuer les frais de maintenance. La technologie embarquée doit être efficace, mais à un prix accessible. L’arrivée de munitions air-sol guidées nécessitent moins de munitions pour le même résultat et permettent également de se contenter d’un avion de plus petite taille, plus léger. La propulsion doit être assurée par un réacteur à double-flux, moins gourmand et permettant par conséquent d’emporter moins de carburant. Une formule monoréacteur permet également de baisser les coûts d’entretien. Une étude précise de l’équipement et de son intégration à la cellule est également primordiale pour éviter tout surcoût lors du développement final et de l’industrialisation.

Plusieurs versions sont étudiées et simulées, toutes reprenant un peu la même formule aérodynamique. Le Rolls-Royce/Turboméca Adour 811 du SEPECAT Jaguar n’est pas jugé assez puissant pour permettre aux Piranha 1 et 2 d’atteindre les performances attendues. Le Piranha 4 équipé de deux Larzac M-74/05 est également abandonné, mais pour une autre version bimoteur : le Piranha 5. Ce dernier se révéla également insuffisamment motorisé. C’est finalement le Piranha 6 qui est retenu, motorisé par un turboréacteur Turbo-Union RB.199, semblable à ceux qui équipent le Panavia Tornado. Si par la suite les EJ-200 de l’Eurofighter, F-404 du F/A-18 et M88 du Rafale sont envisagés, les études d’intégration de ces moteurs n’ont pas été effectuées.

Les dimensions du fuselage sont dictées par les besoins opérationnels et l’équipement à emporter. Le rayon d’action n’est pas jugé prioritaire : l’appareil est pensé pour effectuer principalement des missions de défense à partir de pistes sommairement aménagées situées à quelques centaines de kilomètres de sa zone d’opération.

Le Piranha est muni d’un empennage canard fixe en position haute équipé de volets, un peu comme le SAAB-37 Viggen. Les ailes sont en positions médianes, mais suffisamment hautes pour faciliter l’accès aux nombreuses trappes de maintenance du fuselage. Deux réservoirs de carburant sont contenus dans la voilure, un troisième est situé dans le fuselage. Deux rails en bout d’ailes permettent d’emporter des missiles air-air à courte portée.

La dérive, légèrement en flèche, est conventionnelle. Le train d’atterrissage, tricycle, est entièrement escamotable dans le fuselage et permet une utilisation à partir de piste sommairement aménagées. Le train avant est excentré sur la droite, du fait de la position dans l’axe du canon. Un parachute-frein de 13m2 est installé dans un cône au-dessous de la dérive et une crosse d’arrêt est également prévue.
Le poste de pilotage est équipé de CDVE, de deux écrans multifonctions et d’un siège éjectable Martin-Baker Mk-10L. Le pilotage se fait grâce à un mini-manche latéral selon le concept mains sur manche et manette. Un système RCFAM (Roll-Coupled Fuselage-Aiming Mode), développé par MBB à Munich, permet une aide au pointage du canon.

L’avionique est choisie par l’utilisateur, selon ses besoins : couverture aérienne, lutte antichar, attaque au sol ou entrainement avancé. Une étude relativement complète est menée par ALR afin de sélectionner les équipements les plus adéquats pour ce concept, qui se composent d’un radar de poursuite en air-air et air-sol, d’un FLIR et d’un désignateur/télémètre laser, d’un calculateur de bombardement, d’une plateforme à inertie, de détecteurs d’alerte radar, de CME et d’éjecteurs de paillettes et de leurres thermiques.

L’armement prévu est composé d’un canon de 30mm Oerlikon KCA installé dans l’axe de vol, de missiles air-air AIM-9 Sidewinder, R.550 Magic ou AIM-7 Sparrow. Pour les missions air-sol, il peut être équipé de missiles AGM-65 Maverick TV ou IR, de Matra Durandal et Beluga, ainsi que de bombes guidées laser (BGL). Il est également possible d’emporter une nacelle de reconnaissance sous le fuselage.

Un prototype à l’échelle 1/15 est construit à Genève, dans les ateliers de la compagnie aérienne Swissair. Désigné Piranha Y2, il mesure 1,6 mètre de long et 1 mètre d’envergure et est équipé d’un système de guidage à distance. Il est équipé de deux rails en bout d’ailes pour emporter des répliques de R.550 Magic et de quatre autres sous les ailes. Sur ces derniers points, des charges y sont installées pour les essais en soufflerie qui sont faits à l’EPFZ (Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich) en avril 1977.

Cette maquette est redésignée Y2A pour les phases d’essais en vol destinés à valider la formule aérodynamique. Diverses améliorations lui sont apportées, mais des vibrations dans la dérive empêchent les vols à grande vitesse.
Un deuxième prototype, désigné Y2B, est muni d’une dérive redessinée, d’ailes et d’empennages canards modifiés, de même qu’un système de commande des canards amélioré. Il poursuit les essais en vol jusqu’au début des années 1980.

Avec la dissolution du Pacte de Varsovie qui éloigne la menace en Europe et entraine une diminution du nombre d’appareils au sein des forces aériennes d’Europe occidentale, et l’arrivée de versions armées d’avions d’entrainement, aux performances suffisantes pour certains pays, le Piranha n’est plus aussi intéressant et il ne sera jamais produit.

Le constructeur aéronautique indien HAL a approché ALR au début de son programme LCA, mais sans vraiment tenir compte de tous les principes proposés dans ce concept. Par la suite, ALR a participé à divers programmes aéronautiques comme, par exemple, au FFA-2000 EUROTRAINER et à Solar Impulse.


Texte de Jéricho, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • ALR Piranha Y2 : Prototype au 1/15 pour les essais en soufflerie.
  • ALR Piranha Y2A : Désignation de la maquette volante.
  • ALR Piranha Y2B : Désignation de la seconde maquette volante.
  • ALR Piranha 1 : Projet de version de base subsonique d'appui aérien et de lutte anti-chars
  • ALR Piranha 2C : Projet de version d’attaque au sol sans radar et motorisée par un Adour 811 de 3.900kgp.
  • ALR Piranha 2D(1) : Projet de version basée sur le Piranha 2C mais dotée d’une avionique améliorée et motorisée par un Adour RT-172-63 de 4.580kgp.
  • ALR Piranha 2D(2) : Projet de version basée sur le Piranha 2D(1) mais doté d’ailes à la surface agrandie.
  • ALR Piranha 4 : Projet de version bimoteur du Piranha 2D(2) au fuselage redessiné et motorisée par des Larzac M-74/05 de 2.640kgp.
  • ALR Piranha 5 : Projet de version de défense aérienne dérivée du Piranha 4.
  • ALR Piranha 6 : Projet de version de défense aérienne à basse et moyenne altitude et d’attaque au sol équipé d’une avionique complète.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

ALR Piranha 6 voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 10 500 kg (23 149 lbs)
  • Masse normale au décollage : 7 046 kg (15 534 lbs)
  • Masse à vide : 4 487 kg (9 892 lbs)
  • Surface alaire : 22 m² (237 sq. ft)
  • Hauteur : 4,25 m (13,944 ft)
  • Envergure : 7,6 m (24,934 ft)
  • Longueur : 11,57 m (37,959 ft)

Performances

  • Distance de décollage : 350 m (1 148 ft)
  • Facteur de charge maximal : 9 G
  • Distance franchissable : 900 km (559 mi, 486 nm)
  • Plafond opérationnel : 17 000 m (55 774 ft)
  • Vitesse ascensionnelle : 300 m/s (984 ft/s)
  • Mach maximal HA : Mach 1,8
  • Charge alaire, à vide : 203,955 kg/m² (41,773 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, masse normale : 320,273 kg/m² (65,597 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 477,273 kg/m² (97,753 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 réacteur Turbo-Union RB.199 Mk 104
  • Puissance unitaire : 4 130 kgp (41 kN, 9 105 lbf), 7 440 kgp (73 kN, 16 402 lbf) avec post-combustion

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
ALR Piranha à 11/10/2015 09:33 Jericho
L’ALR Piranha est un projet d’avion de combat léger, muni d’ailes médianes en flèche, d’un empennage canard, d’une dérive en flèche et d’un train d’atterrissage tricycle escamotable.

En 1972, après l’élimination de nombreux concurrents, les Vought A-7 Corsair II et Dassault Milan se disputent un contrat concernant 40 appareils destinés à remplacer les "Vampire" et "Venom" des Troupes d’Aviations Suisses. L’avion américain remporte cette évaluation de justesse, mais le Conseil Fédéral annule sa commande en août 1973 et décide d’acheter 60 Hunter d’occasion remis à neuf par le constructeur.
Devant ce choix, des spécialistes suisses de l’aviation militaire étudient quels peuvent être les appareils convenant aux forces aériennes à faibles budgets selon l’évolution des avions de combat. Ils démontrent qu’après l’arrivée, durant les années 1960, d’appareils plus gros et plus lourd pour pouvoir emporter une avionique de plus en volumineuse, on a vu arriver des appareils en général plus petits grâce à la miniaturisation de l’avionique durant les années 1970. Leur prix de plus en plus élevé oblige de nombreux pays à ne s’équiper que d’une faible quantité d’avions hautement sophistiqués, ce qui diminue la flexibilité de ces forces aériennes, alors que la répartition de ces appareils sur un petit nombre de bases en augmente leurs vulnérabilités. Devant cette constatation, un avion bon marché nécessitant peu de frais opérationnels, équipé du minimum nécessaire pour remplir les missions qui lui sont allouées, semble l’idéal.

Suite à ces conclusions, il se forme le groupe de travail ALR (Arbeitsgruppe für Luft- und Raumfahrt) constitué d’une quarantaine de jeunes ingénieurs, scientifiques, pilotes militaires et officiers de l’aviation militaire qui se donne pour but de mettre sur pied un nouveau concept d’avion de combat. Il n’est pas question de construire cet appareil en Suisse, mais plutôt de proposer le projet à des pays intéressés. Ce n’est qu’en 1981 que ce groupe se muni officiellement d’une raison sociale à Zürich.
Le nom "Piranha" est choisi en rapport à l’agressivité de ces poissons malgré leur petite taille, bien que de mauvaises langues aient suggéré que le choix d’un poisson était en rapport avec les péripéties lacustres du dernier jet militaire suisse, le P-16.
Comme ce concept a pour but le remplacement d’avions relativement bon marché (F-5, A-4, MiG-21, etc.) par un nombre d’appareils suffisant pour maintenir une capacité d’intervention réaliste pour des forces aériennes au budget limité, plusieurs points doivent être respectés pour que les coûts restent raisonnables. Une seule configuration de cellule devrait permettre d’effectuer différentes missions, afin de diminuer les frais de maintenance. La technologie embarquée doit être efficace, mais à un prix accessible. L’arrivée de munitions air-sol guidées nécessitent moins de munitions pour le même résultat et permettent également de se contenter d’un avion de plus petite taille, plus léger. La propulsion doit être assurée par un réacteur à double-flux, moins gourmand et permettant par conséquent d’emporter moins de carburant. Une formule monoréacteur permet également de baisser les coûts d’entretien. Une étude précise de l’équipement et de son intégration à la cellule est également primordiale pour éviter tout surcoût lors du développement final et de l’industrialisation.

Plusieurs versions sont étudiées et simulées, toutes reprenant un peu la même formule aérodynamique. Le Rolls-Royce/Turboméca Adour 811 du SEPECAT Jaguar n’est pas jugé assez puissant pour permettre aux Piranha 1 et 2 d’atteindre les performances attendues. Le Piranha 4 équipé de deux Larzac M-74/05 est également abandonné, mais pour une autre version bimoteur : le Piranha 5. Ce dernier se révéla également insuffisamment motorisé. C’est finalement le Piranha 6 qui est retenu, motorisé par un turboréacteur Turbo-Union RB.199, semblable à ceux qui équipent le Panavia Tornado. Si par la suite les EJ-200 de l’Eurofighter, F-404 du F/A-18 et M88 du Rafale sont envisagés, les études d’intégration de ces moteurs n’ont pas été effectuées.
Les dimensions du fuselage sont dictées par les besoins opérationnels et l’équipement à emporter. Le rayon d’action n’est pas jugé prioritaire : l’appareil est pensé pour effectuer principalement des missions de défense à partir de pistes sommairement aménagées situées à quelques centaines de kilomètres de sa zone d’opération.
Le Piranha est muni d’un empennage canard fixe en position haute équipé de volets, un peu comme le SAAB-37 Viggen. Les ailes sont en positions médianes, mais suffisamment hautes pour faciliter l’accès aux nombreuses trappes de maintenance du fuselage. Deux réservoirs de carburant sont contenus dans la voilure, un troisième est situé dans le fuselage. Deux rails en bout d’ailes permettent d’emporter des missiles air-air à courte portée.
La dérive, légèrement en flèche, est conventionnelle. Le train d’atterrissage, tricycle, est entièrement escamotable dans le fuselage et permet une utilisation à partir de piste sommairement aménagées. Le train avant est excentré sur la droite, du fait de la position dans l’axe du canon. Un parachute-frein de 13m2 est installé dans un cône au-dessous de la dérive et une crosse d’arrêt est également prévue.
Le poste de pilotage est équipé de CDVE, de deux écrans multifonctions et d’un siège éjectable Martin-Baker Mk-10L. Le pilotage se fait grâce à un mini-manche latéral selon le concept mains sur manche et manette. Un système RCFAM (Roll-Coupled Fuselage-Aiming Mode), développé par MBB à Munich, permet une aide au pointage du canon.
L’avionique est choisie par l’utilisateur, selon ses besoins : couverture aérienne, lutte antichar, attaque au sol ou entrainement avancé. Une étude relativement complète est menée par ALR afin de sélectionner les équipements les plus adéquats pour ce concept, qui se composent d’un radar de poursuite en air-air et air-sol, d’un FLIR et d’un désignateur/télémètre laser, d’un calculateur de bombardement, d’une plateforme à inertie, de détecteurs d’alerte radar, de CME et d’éjecteurs de paillettes et de leurres thermiques.
L’armement prévu est composé d’un canon de 30mm Oerlikon KCA installé dans l’axe de vol, de missiles air-air AIM-9 Sidewinder, R.550 Magic ou AIM-7 Sparrow. Pour les missions air-sol, i peut être équipé de missiles AGM-65 Maverick TV ou IR, de Matra Durandal et Beluga, ainsi que de bombes guidées laser (BGL). Il est également possible d’emporter une nacelle de reconnaissance sous le fuselage.

Un prototype à l’échelle 1/15 est construit à Genève, dans les ateliers de la compagnie aérienne Swissair. Désigné Piranha Y2, il mesure 1,6 mètre de long et 1 mètre d’envergure et est équipé d’un système de guidage à distance. Il est équipé de deux rails en bout d’ailes pour emporter des répliques de R.550 Magic et de quatre autres sous les ailes. Sur ces derniers points, des charges y sont installées pour les essais en soufflerie qui sont faits à l’EPFZ (Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich) en avril 1977.
Cette maquette est redésignée Y2A pour les phases d’essais en vol destinés à valider la formule aérodynamique. Diverses améliorations lui sont apportées, mais des vibrations dans la dérive empêchent les vols à grande vitesse.
Un deuxième prototype, désigné Y2B, est muni d’une dérive redessinée, d’ailes et d’empennages canards modifiés, de même qu’un système de commande des canards amélioré. Il poursuit les essais en vol jusqu’au début des années 1980.

Avec la dissolution du Pacte de Varsovie qui éloigne la menace en Europe et entraine une diminution du nombre d’appareils au sein des forces aériennes d’Europe occidentale, et l’arrivée de versions armées d’avions d’entrainement, aux performances suffisantes pour certains pays, le Piranha n’est plus aussi intéressant et il ne sera jamais produit.

Le constructeur aéronautique indien HAL a approché ALR au début de son programme LCA, mais sans vraiment tenir compte de tous les principes proposés dans ce concept. Par la suite, ALR a participé à divers programmes aéronautiques comme, par exemple, au FFA-2000 EUROTRAINER et à Solar Impulse.


Versions :
Piranha Y2 : Prototype au 1/15 de l’appareil destiné aux essais en soufflerie. Il mesure environ 1,6 mètre de long pour une envergure de 1 mètre.

Piranha Y2A : Piranha Y2, muni d’un moteur deux-temps OS 60 FSR de 10cm3 actionnant une hélice propulsive, destiné aux essais en vol afin de valider la formule aérodynamique. La flèche des ailes à l’emplanture est d’environ 50°, mais elle passe à près de 60° sur les deux tiers externes. Durant ces essais, diverses modifications lui sont apportées, entre autres des décrochements sur le bord d’attaque des ailes qui lui permettent d’améliorer la stabilité sous des angles d’attaques supérieurs à 15°. Malheureusement un mauvais fonctionnement des canards l’empêche d’évoluer en virage serré et des vibrations dans la dérive ne permettent pas les vols à grande vitesse.

Piranha Y2B : Prototype proche de l’Y2A, il est muni d’une dérive redessinée, ses ailes et ses empennages canards sont également modifiés. Des améliorations sont effectuées également dans le système de commande des canards permettant une plus grande plage d’essais.

Piranha 1 : Version de base subsonique destinée à l’appui aérien, la lutte antichar et éventuellement anti-hélicoptères. Projet abandonné.

Piranha 2C : Version d’attaque au sol démunie de radar et motorisée par un Rolls-Royce/Turboméca Adour 811 (RT-172-58) de 3’900kgp. Version abandonnée.

Piranha 2D(1) : Version semblable au Piranha 2C, mais équipée d’une avionique plus complète, motorisée avec un Rolls-Royce/Turboméca Adour RT-172-63 de 4’580kgp en projet à l’époque. Projet abandonné.

Piranha 2D(2) : Version semblable au Piranha 2D(1), munie d’aile à la surface agrandie. Projet abandonné.

Piranha 4 : Version bimoteur du Piranha 2D(2) au fuselage légèrement plus court, mais plus large, équipée de Larzac M-74/05 d’environ 2’640kgp chacun. Projet abandonné.

Piranha 5 : Version de défense aérienne du Piranha 4 propulsée également par deux Larzac M-74/05. La puissance n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs. Une possibilité est envisagée : l’utilisation de moteurs Garrett/Volvo TFE 1042-7, démunis de postcombustion, d’une puissance unitaire de 3’080kgp. Projet abandonné.

Piranha 6 : Version de défense aérienne à basse et moyenne altitude et d’attaque au sol équipé d’une avionique complète.
Plus grand et un peu plus lourd que les versions projetées précédentes, il est motorisé par un Turbo-Union RB.199 Mk.104 de 4’130kgp à sec et 7’440kgp avec postcombustion. Seule version dont les objectifs de performances seraient atteints.
L’équipement proposé est constitué des radars de recherche et de poursuite en air-air et air-sol Thomson-CSF Agave, FIAR Grifo et General Electric APG-67. Les Ferranti Blue Vixen et Emerson APG-69 peuvent également être utilisés. Un FLIR et un désignateur et télémètre laser sont également prévus au-dessus du nez de l’avion. Le Piranha devrait être équipé d’un calculateur de bombardement et d’une plateforme à inertie permettant une navigation passive. L’installation d’un système de détecteur et d’alerte radar, d’un système CME, ainsi que d’un éjecteur de paillettes et de leurres thermiques AN/ALE-40 sont également panifiées.
Le fuselage du Piranha est conçu autour du canon Oerlikon KCA de 30mm installé dans l’axe de vol. Ce choix est fait en tenant compte de la puissance et de la précision de cette arme, mais il peut être remplacé par un canon Mauser BK27 ou un General Electric GE-430.
L’armement air-air est constitué de missiles à guidage IR AIM-9 Sidewinder ou R.550 Magic, et des missiles moyenne portée à guidage radar semi-actif du type AIM-7 Sparrow. L’armement air-sol est composé de missiles AGM-65 Maverick à guidage TV ou IR, de Matra Durandal et Beluga, ainsi que de bombes guidées laser (BGL). L’emport d’une nacelle ventrale de reconnaissance est également prévue.


Utilisateurs militaires :
Aucun.


Caractéristiques du Piranha 6:
Equipage : 1
Longueur : 11,57m
Envergure : 7,60m
Hauteur : 4,25m
Surface alaire : 22m2
Masse à vide : 4’487kg
Masse au décollage : 7’046kg
Masse maximale au décollage : 10’500kg
Masse de carburant en interne : 2’160kg
Charge offensive externe : 3’500kg
Points d’attache : 7

Moteurs :
Un turboréacteur Turbo-Union RB.199 Mk.104 de 40,5kN (4’130kgp) à sec et 73kN (7’440kgp) avec postcombustion.

Performances estimées Piranha 6:
Vitesse max haute altitude: Mach 1.8
Vitesse ascensionnelle : 300m/s
Plafond opérationnel : 17’000m
Distance franchissable : 900km
Distance de décollage : 350m
Facteurs de charge limite : +9G

Armement :
Un canon Oerlikon KCA de 30mm, muni de 200 obus.
Des missiles air-air AIM-9 Sidewinder, R.550 Magic et AIM-7 Sparrow.
Des missiles air-sol AGM-65 Maverick (TV ou IR), Matra Durandal et Matra Beluga.
Des bombes guidées laser (BGL).


Liens internet :
"Prototypes suisses d’avions à réaction P-16, N-20, Lear Jet, Piranha", Luc Leonardi, Editions Secavia.
https://de.wikipedia.org/wiki/ALR_Piranha
https://en.wikipedia.org/wiki/ALR_Piranha
http://www.alr-aerospace.ch/Piranha.php
http://www.flightforum.ch/board/index.php?/topic/93194-alr-piranha-warum-ist-daraus-nichts-geworden/
Re: ALR Piranha à 11/10/2015 10:49 Clansman
La fiche sur le site

Un concept intéressant. Je pense qu'une version biplace dédiée à l'entraînement aurait eu un véritable potentiel.

Un appareil que je ne connaissais pas, merci de l'avoir fait découvrir. :)
Re: ALR Piranha à 11/10/2015 13:14 Ansierra117
Non pas magnifique mais merveilleuse fiche sur un appareil dont je pensais dont je ne soupçonnais même pas l'existence et pourtant tu as réussis à écrire pas mal dessus ! :)
Re: ALR Piranha à 11/10/2015 21:26 Jericho

Clansman a écrit

La fiche sur le site
Merci Clansman.


Clansman a écrit

Un concept intéressant. Je pense qu'une version biplace dédiée à l'entraînement aurait eu un véritable potentiel.
Le biplace était également prévu, mais dans ce concept il n'avait vraiment de sens qu'avec l'utilisation du monoplace: le but étant vraiment d'avoir une cellule multirôle, avec le maximum d'éléments en commun pour diminuer les coûts. Donc le Piranha 6 biplace (je n'ai pas trouvé de dénomination particulière)[/size:3rgepbic] était prévu… pour autant que le monoplace s'industrialise. Surtout qu'à l'époque, chaque appareil avait déjà sa version d'entrainement, on n'allait donc pas acheter un Piranha d'entrainement si on s'équipait de Mirage 2000 ou de F-15.


Clansman a écrit

Un appareil que je ne connaissais pas, merci de l'avoir fait découvrir. :)

Ansierra117 a écrit

Non pas magnifique mais merveilleuse fiche sur un appareil dont je pensais dont je ne soupçonnais même pas l'existence et pourtant tu as réussis à écrire pas mal dessus ! :)
Content de vous l'avoir fait découvrir. En ce qui me concerne, ça fait bien des années que j'en avait entendu parler, mais ce n'est qu'en 2011 avec la parution du livre sur les prototypes suisses écrit par Luc (mon ancien moniteur des cours paramilitaires d'identification d'avions) que j'ai vraiment découvert ce programme. Et rassurez-vous, j'ai passablement coupé dans mon texte: ma première version était encore plus longue… :mrgreen:
Merci pour les compliments, content que cela vous ait plu… ;)
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Texte de , créé le 11 octobre 2015 10:08, modifié le . ©AviationsMilitaires