Rappels

  • Premier vol :
  • Missions : Reconnaissance
  • Constructeur : drapeau Ryan
  • 28 appareils construits (cellules neuves)

Histoire de l'appareil

Le Ryan 147 Lightning Bug se montra un succès au début des années 1960 au Vietnam. Cependant, un objectif intéressait tout particulièrement les forces armées américaines : le complexe de Lop Nor, qui servait de site d'essais nucléaires aux Chinois. Or, le Ryan 147 n'avait pas l'autonomie suffisante pour y opérer, l'U-2 venait de démontrer sa vulnérabilité et les photos prises par satellite, alors à leur tout début, manquaient de netteté.

En conséquence, les services de renseignement américains voulaient un drone à long rayon d'action avec de très grandes chances de survie, ce qui nécessitait le développement d'un tout nouveau modèle. Cela mena aussi au développement du drone Lockheed D-21. Ryan, de son côté, travaillait à temps partiel sur de nouveaux concepts. Les discussions avec la CIA n'aboutirent à rien et Ryan se tourna vers l'USAF au début de 1966.

L'USAF, intéressée par l'idée de drones avancés de reconnaissance et anticipant peut-être l'échec du D-21, lança une compétition qui opposa Ryan à North American. Ryan remporta l'appel d'offres en juin 1966 avec son Model 154. Ce dernier reprenait les grandes lignes du Model 136 Red Wagon, qui fut proposé au début des années 1960 mais auquel fut préféré des Firebee modifiés.

Le Model 154 fut désigné AQM-91A Firefly par l'USAF, "Firefly" faisant référence au tout premier Model 147. L'ensemble du programme fut appelé "Compass Arrow", nom qui désigna parfois et de manière officieuse le drone lui-même.

Le Model 154 se présentait comme un drone à ailes en flèche et double dérive, le réacteur General Electric YJ97-GE-3, fournissant 4000 lbf (1815 kgp) étant situé dans une nacelle dorsale afin de limiter les signatures radar et thermique. La construction faisait beaucoup appel au plastique.

L'appareil était largué d'un DC-130E (qui pouvait en emporter 2) et était récupéré en plein vol par hélicoptère grâce au système MARS (Mid-Air Retrieval System). Il volait à vitesse subsonique à hautes altitudes (23700 m, soit 78000 ft) et disposait d'une autonomie de 3700 km (2000 miles). De plus, il pouvait planer sur 160 km (100 mi). Une mission pouvait durer 4 heures et demie, pendant laquelle il couvrait une surface longue de 1720 miles et large de 43 miles.

Son pilote automatique disposait d'un système de navigation précis (inertiel/Doppler), et le drone emportait une charge d'auto-destruction au cas où. Si nécessaire, il pouvait aussi être contrôlé manuellement par un opérateur embarqué sur le DC-130E de lancement. Sa charge utile, outre un appareil photographique panoramique Itek KA-80A (ou éventuellement des caméras infrarouges ou des systèmes de renseignement électronique), consistait également en systèmes de contre-mesures électroniques.

La mise au point du système de navigation, qui devait être très précis et ne tolérer une marge d'erreur qu'inférieure à 0,5%, s'avéra difficile et le premier vol n'eut lieu qu'en septembre 1968 (juin selon d'autres sources).

Les tests eurent lieu dans le sud-ouest des États-Unis, dans le plus grand secret. Malheureusement, un des prototypes tomba en panne le 4 août 1969 et atterrit en parachute en plein milieu du complexe de Los Alamos, à l'heure du déjeuner, et de surcroit dans une zone ouverte au public. Des journalistes locaux prirent des photos de l'appareil qui furent publiées. Les autorités tentèrent de faire croire qu'il s'agissait d'un drone-cible de haute altitude, mais une telle fable pouvait être prise comme argent comptant dix ans plus tôt, pas en 1969.

Les essais en vol furent interrompus quelques semaines le temps de corriger les procédures. Ils reprirent jusqu'en 1971, avec des tests sur de longues distances. Il démontra qu'il avait une faible signature radar et son altitude dépassait les spécifications (il atteignit 24400 mètres). Malheureusement pour lui, le rapprochement de Nixon avec la Chine et l'arrivée de nouveaux satellites de reconnaissances le rendirent obsolète.

28 exemplaires, dont 20 de série, avaient été construits jusqu'en 1971. Le programme fut maintenu quelque temps, mais les exemplaires furent finalement mis en cocon en juillet 1973, puis ferraillés quelques années plus tard. Aucune mission réelle ne fut accomplie.

Malgré tout, il reste comme l'un des premiers appareils furtifs et Ryan profita de l'expérience acquise sur ce programme. En 1998, un journal de la NASA dévoila que les 24 réacteurs General Electric J97-GE-100 avaient été conservés contre toute attente et qu'ils pourraient être réutilisés dans un autre programme de drone.

Versions référencées

  • Ryan Model 154 : Désignation constructeur et prototypes. 8 exemplaires.
  • Ryan AQM-91A : Version de série. 20 exemplaires.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Ryan AQM-91A voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 2 449 kg (5 400 lbs)
  • Masse à vide : 1 724 kg (3 800 lbs)
  • Envergure : 14,5 m (47,572 ft)
  • Longueur : 10,4 m (34,121 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 813 km/h (505 mph, 439 kts)
  • Distance franchissable : 7 033 km (4 370 mi, 3 797 nm)

Motorisation

  • 1 réacteur General Electric YJ97-GE-3
  • Puissance unitaire : 1 814 kgp (18 kN, 4 000 lbf)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

Numéros de serie

Images

Images

Média externes

Forum

Sujet complet »
Ryan AQM-91 Firefly à 16/02/2015 08:09 Clansman
Drone de reconnaissance à réaction américain de la fin des années 1960.

Le Ryan 147 Lightning Bug se montra un succès au début des années 1960 au Vietnam. Cependant, un objectif intéressait tout particulièrement les forces armées américaines : le complexe de Lop Nor, qui servait de site d'essais nucléaires aux Chinois. Or, le Ryan 147 n'avait pas l'autonomie suffisante pour y opérer, l'U-2 venait de démontrer sa vulnérabilité et les photos prises par satellite, alors à leur tout début, manquaient de netteté.

En conséquence, les services de renseignement américains voulaient un drone à long rayon d'action avec de très grandes chances de survie, ce qui nécessitait le développement d'un tout nouveau modèle. Cela mena aussi au développement du drone Lockheed D-21. Ryan, de son côté, travaillait à temps partiel sur de nouveaux concepts. Les discussions avec la CIA n'aboutirent à rien et Ryan se tourna vers l'USAF au début de 1966.

L'USAF, intéressée par l'idée de drones avancés de reconnaissance et anticipant peut-être l'échec du D-21, lança une compétition qui opposa Ryan à North American. Ryan remporta l'appel d'offres en juin 1966 avec son Model 154. Ce dernier reprenait les grandes lignes du Model 136 Red Wagon, qui fut proposé au début des années 1960 mais auquel fut préféré des Firebee modifiés.

Le Model 154 fut désigné AQM-91A "Firefly" par l'USAF, "Firefly" faisant référence au tout premier Model 147. L'ensemble du programme fut appelé "Compass Arrow", nom qui désigna parfois et de manière officieuse le drone lui-même.

Le Model 154 se présentait comme un drone à ailes en flèche et double dérive, le réacteur General Electric YJ97-GE-3, fournissant 4000 lbf (1815 kgp) étant situé dans une nacelle dorsale afin de limiter les signatures radar et thermique. La construction faisait beaucoup appel au plastique.

L'appareil était largué d'un DC-130E (qui pouvait en emporter 2) et était récupéré en plein vol par hélicoptère grâce au système MARS (Mid-Air Retrieval System). Il volait à vitesse subsonique à hautes altitudes (23700 m, soit 78000 ft) et disposait d'une autonomie de 3700 km (2000 miles). De plus, il pouvait planer sur 160 km (100 mi). Une mission pouvait durer 4 heures et demie, pendant laquelle il couvrait une surface longue de 1720 miles et large de 43 miles.

Son pilote automatique disposait d'un système de navigation précis (inertiel/Doppler), et le drone emportait une charge d'auto-destruction au cas où. Si nécessaire, il pouvait aussi être contrôlé manuellement par un opérateur embarqué sur le DC-130E de lancement. Sa charge utile, outre un appareil photographique panoramique Itek KA-80A (ou éventuellement des caméras infrarouges ou des systèmes de renseignement électronique), consistait également en systèmes de contre-mesures électroniques.

La mise au point du système de navigation, qui devait être très précis et ne tolérer une marge d'erreur qu'inférieur à 0,5%, s'avéra difficile et le premier vol n'eut lieu qu'en septembre 1968 (juin selon d'autres sources).

Les tests eurent lieu dans le sud-ouest des États-Unis, dans le plus grand secret. Malheureusement, un des prototypes tomba en panne le 4 août 1969 et atterrit en parachute en plein milieu du complexe de Los Alamos, à l'heure du déjeuner, et de surcroit dans une zone ouverte au public. Des journalistes locaux prirent des photos de l'appareil qui furent publiées. Les autorités tentèrent de faire croire qu'il s'agissait d'un drone-cible de haute altitude, mais une telle fable pouvait être prise comme argent comptant dix ans plus tôt, pas en 1969.

Les essais en vol furent interrompus quelques semaines le temps de corriger les procédures. Ils reprirent jusqu'en 1971, avec des tests sur de longues distances. Il démontra qu'il avait une faible signature radar et son altitude dépassait les spécifications (il atteignit 24400 mètres). Malheureusement pour lui, le rapprochement de Nixon avec la Chine et l'arrivée de nouveaux satellites de reconnaissances le rendirent obsolète.

28 exemplaires, dont 20 de série, avaient été construits jusqu'en 1971. Le programme fut maintenu quelque temps, mais les exemplaires furent finalement mis en cocon en juillet 1973, puis ferraillés quelques années plus tard. Aucune mission réelle ne fut accomplie.

Malgré tout, il reste comme l'un des premiers appareils furtifs et Ryan profita de l'expérience acquise sur ce programme. En 1998, un journal de la NASA dévoila que les 24 réacteurs General Electric J97-GE-100 avaient été conservés contre toute attente et qu'ils pourraient être réutilisés dans un autre programme de drone.





http://en.wikipedia.org/wiki/Ryan_AQM-91_Firefly

http://www.designation-systems.net/dusrm/m-91.html

http://craymond.no-ip.info/awk/twuav4.html#m1

http://www.spyflight.co.uk/aqm-91a.htm

http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=1151

http://www.nationalmuseum.af.mil/factsheets/factsheet.asp?id=406

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&u=http://www.airwar.ru/enc/bpla/aqm91.html&prev=search
Re: Ryan AQM-91 Firefly à 16/02/2015 08:26 Clansman
La fiche sur le site
Re: Ryan AQM-91 Firefly à 16/02/2015 09:16 Jericho
Merci Clansman pour le relai ! ;)
Re: Ryan AQM-91 Firefly à 16/02/2015 09:17 Clansman
De rien !
Re: Ryan AQM-91 Firefly à 16/02/2015 21:37 Nico2
Merci Clans pour cette fiche. :)
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Texte de , créé le Feb. 16, 2015, 8:15 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires