Rappels

Histoire de l'appareil

Hydravion à flotteurs le plus prolifique de la marine impériale japonaise, l'Aichi E13A (code allié : Jake) devint vite un appareil familier dans les cieux du Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale.

En 1937, la marine japonaise transmit aux constructeurs Aichi, Kawanishi et Nakajima des spécifications pour un nouvel hydravion de reconnaissance embarqué destiné à remplacer le vieux biplan Kawanishi E7K2. Ce dernier était en service depuis déjà six ans et commençait à accuser son âge. Les ingénieurs de la firme Aichi conçurent en réponse à cette demande deux prototypes : le E12 biplace et le E13 triplace. C'est ce dernier appareil qui devait être finalement proposé aux militaires.

Le E13A fut confronté au Kawanishi E13K (Nakajima s'étant retiré de la compétition entre temps). En décembre 1940, après une série de tests comparatifs, la marine japonaise décida de choisir le modèle présenté par Aichi. La production en série démarra dans les mois qui suivirent, juste à temps pour que les premiers appareils soient prêts pour participer à l'opération lancée contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor.

L'Aichi E13A était un hydravion monoplan, avec une voilure implantée en position basse. Cette voilure pouvait se replier, afin de prendre moins de place à bord des navires. Contrairement au Mitsubishi F1M, il reposait sur deux grands flotteurs montés sous la voilure et il n'avait pas été prévu de train fixe pour les opérations terrestres. La structure de l'avion était entièrement métallique, à l'exception des gouvernes et des surfaces de contrôle.

L'équipage de trois hommes prenait place sous une grande verrière, dans une configuration en tandem. Il bénéficiait d'une bonne visibilité. Le pilote n'était pas dérangé par le capot moteur bien profilé qui se trouvait devant lui. Sous ce dernier se trouvait un unique Mitsubishi Kinsei 43 en étoile, entraînant une hélice tripale et développant 1 060 ch. Le Kinsei 43 permettait à l'E13A d'atteindre à basse altitude la vitesse maximale de 380 km/h. Les performances de l'E13A étaient encore plus convaincantes dans le domaine de l'endurance. Il lui était possible de tenir l'air pendant près de dix heures. La distance franchissable maximale était de 2 090 kilomètres.

En revanche, l'équipage ne bénéficiait que de défenses limitées. L'appareil n'était pas blindé et ne disposait pas de réservoirs auto-obturants. L'armement était limité au minimum. Il n'y avait aucune arme tirant en chasse. Le mitrailleur, placé à l'arrière du cockpit, servait une unique mitrailleuse légère calibre 7,7 mm. En revanche, l'E13A pouvait porter une bombe de 250 kilos ou l'équivalent de ce poids en charges de profondeur contre les sous-marins.

Les premiers appareils de série avaient été déployés en Chine en 1941. Ils menèrent à cette occasion des missions de bombardement sur la ligne ferroviaire reliant Hankow à Canton. Plusieurs exemplaires furent ensuite chargés à bord de plusieurs croiseurs lourds escortant la flotte combinée envoyée attaquer la base aéronavale américaine de Pearl Harbor. Deux E13 lancés depuis les croiseurs lourds Chikuma et Tone menèrent une reconnaissance aérienne au matin du 7 décembre 1941, juste avant l'attaque. Ces mêmes croiseurs participèrent par la suite à de nombreux affrontements avec les forces alliées, notamment durant le raid dans le golfe du Bengale (avril 1942), la bataille de la mer de Corail ou dans les combats de Guadalcanal. Sur cette île, les E13A furent employés pour des bombardements nocturnes sur les positions américaines, le bruit particulier de leur moteur leur valant à cette occasion le surnom de Boiler Charlie (Charlie la lessiveuse).

Le 4 juin 1942, c'est un E13A parti depuis le Tone qui découvrit le premier la flotte américaine envoyée à la rencontre de la flotte japonaise au large de Midway. Mais par suite d'un problème technique sur la catapulte de lancement, cet hydravion était parti avec une heure de retard sur le programme prévu. Surtout, le rapport de l'hydravion ne mentionnait aucun porte-avions américain. De son côté, le E13A lancé du Chikuma n'avait pu demeurer en l'air aussi longtemps que prévu suite à un problème moteur. Ces deux évènements contribuèrent à la destruction de quatre porte-avions japonais par l'aviation embarquée à bord de leurs homologues américains

En 1943 et plus encore en 1944, le rapport de forces se dégrada pour le Japon. Les E13A devinrent de plus en plus vulnérables. Les E13 continuèrent d'être utilisés partout dans le Pacifique, dans des missions extrêmement variées (attaque de navires, liaison, lutte anti-sous-marine, patrouille maritime, protection de convois, sauvetage en mer…) avec des pertes croissantes. Ils étaient alors déployés depuis des bases terrestres ou depuis différents types de navires (croiseurs et porte-hydravions). Durant les dernières phases du conflit, les E13 survivants furent engagés dans des missions d'attaque-suicide.

L'essentiel des E13A étaient des E13A1a, dotés de flotteurs redessinés par rapport au prototype et d'un équipement radio amélioré. Parmi les autres variantes que le Japon mit également en service, notons le E13A1-K (à double commandes, pour l'entraînement des pilotes), le E13A1b (variante dotée d'un radar de détection des cibles en surface) et le E13A1c (avec un canon calibre 20 mm destiné à l'attaque des navires alliés).

La production de l'Aichi E13A ne se termina qu'en 1945 avec la sortie du dernier des 1 418 exemplaires construits. Mais sa carrière ne s'acheva pas avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La marine thaïlandaise continua d'opérer quelques E13 jusqu'à la fin des années 1940. La Chine disposa aussi de quelques exemplaires capturés, la Nouvelle-Zélande en utilisant également un pendant quelques temps durant le conflit. L'Aéronavale française récupéra pour son compte quatre appareils utilisables près de Saigon, qu'elle utilisa jusqu'en 1948 au sein de l'Escadrille 8S.


Texte de Ciders, avec son aimable autorisation.

Versions référencées

  • Aichi E13A1 : Prototypes et premiers appareils de série.
  • Aichi E13A1-K : Version d'entraînement à doubles commandes.
  • Aichi E13A1a : Principale version de série, flotteurs redessinés.
  • Aichi E13A1a-S : Variante capable de voler de nuit.
  • Aichi E13A1b : Variante dotée d'un radar de détection des cibles en surface.
  • Aichi E13A1c : Version armée d'un canon de 20 mm pour l'attaque de navires.
  • Aichi E13A1b-S : Variante capable de voler de nuit.

Pays exploitant actuellement cet appareil

  • Aucun pays utilisateur n'a été enregistré.

Anciens pays utilisateurs

Aichi E13A1a voir la fiche complète

Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 4 000 kg (8 818 lbs)
  • Masse à vide : 2 640 kg (5 820 lbs)
  • Surface alaire : 36 m² (388 sq. ft)
  • Hauteur : 4,7 m (15,42 ft)
  • Envergure : 14,5 m (47,572 ft)
  • Longueur : 11,3 m (37,073 ft)

Performances

  • Distance franchissable : 2 090 km (1 299 mi, 1 129 nm)
  • Plafond opérationnel : 8 730 m (28 642 ft)
  • Vitesse maximale HA : 380 km/h (236 mph, 205 kts)
  • Charge alaire, à vide : 73,333 kg/m² (15,02 lbs/sq. ft)
  • Charge alaire, au décollage : 111,111 kg/m² (22,757 lbs/sq. ft)

Motorisation

  • 1 moteur à cylindres en étoile Mitsubishi Kinsei 43
  • Puissance unitaire : 780 kW (1 060 ch, 1 045 hp)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Aichi E13A à 23/12/2014 19:39 ciders
Historique :

Hydravion à flotteurs le plus prolifique de la marine impériale japonaise, l'Aichi E13A (code allié : Jake) devint vite un appareil familier dans les cieux du Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale.

En 1937, la marine japonaise transmit aux constructeurs Aichi, Kawanishi et Nakajima des spécifications pour un nouvel hydravion de reconnaissance embarqué destiné à remplacer le vieux biplan Kawanishi E7K2. Ce dernier était en service depuis déjà six ans et commençait à accuser son âge. Les ingénieurs de la firme Aichi conçurent en réponse à cette demande deux prototypes : le E12 biplace et le E13 triplace. C'est ce dernier appareil qui devait être finalement proposé aux militaires.

Le E13A fut confronté au Kawanishi E13K (Nakajima s'étant retiré de la compétition entre temps). En décembre 1940, après une série de tests comparatifs, la marine japonaise décida de choisir le modèle présenté par Aichi. La production en série démarra dans les mois qui suivirent, juste à temps pour que les premiers appareils soient prêts pour participer à l'opération lancée contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor.

L'Aichi E13A était un hydravion monoplan, avec une voilure implantée en position basse. Cette voilure pouvait se replier, afin de prendre moins de place à bord des navires. Contrairement au Mitsubishi F1M, il reposait sur deux grands flotteurs montés sous la voilure et il n'avait pas été prévu de train fixe pour les opérations terrestres. La structure de l'avion était entièrement métallique, à l'exception des gouvernes et des surfaces de contrôle.

L'équipage de trois hommes prenait place sous une grande verrière, dans une configuration en tandem. Il bénéficiait d'une bonne visibilité. Le pilote n'était pas dérangé par le capot moteur bien profilé qui se trouvait devant lui. Sous ce dernier se trouvait un unique Mitsubishi Kinsei 43 en étoile, entraînant une hélice tripale et développant 1 060 ch. Le Kinsei 43 permettait à l'E13A d'atteindre à basse altitude la vitesse maximale de 380 km/h. Les performances de l'E13 étaient encore plus convaincantes dans le domaine de l'endurance. Il lui était possible de tenir l'air pendant près de dix heures. La distance franchissable maximale était de 2 090 kilomètres.

En revanche, l'équipage ne bénéficiait que de défenses limitées. L'appareil n'était pas blindé et ne disposait pas de réservoirs auto-obturants. L'armement était limité au minimum. Il n'y avait aucune arme tirant en chasse. Le mitrailleur, placé à l'arrière du cockpit, servait une unique mitrailleuse légère calibre 7,7 mm. En revanche, l'E13A pouvait porter une bombe de 250 kilos ou l'équivalent de ce poids en charges de profondeur contre les sous-marins.

Les premiers appareils de série avaient été déployés en Chine en 1941. Ils menèrent à cette occasion des missions de bombardement sur la ligne ferroviaire reliant Hankow à Canton. Plusieurs exemplaires furent ensuite chargés à bord de plusieurs croiseurs lourds escortant la flotte combinée envoyée attaquer la base aéronavale américaine de Pearl Harbor. Deux E13 lancés depuis les croiseurs lourds Chikuma et Tone menèrent une reconnaissance aérienne au matin du 7 décembre 1941, juste avant l'attaque. Ces mêmes croiseurs participèrent par la suite à de nombreux affrontements avec les forces alliées, notamment durant le raid dans le golfe du Bengale (avril 1942), la bataille de la mer de Corail ou dans les combats de Guadalcanal. Sur cette île, les E13A furent employés pour des bombardements nocturnes sur les positions américaines, le bruit particulier de leur moteur leur valant à cette occasion le surnom de Boiler Charlie (Charlie la lessiveuse).

Le 4 juin 1942, c'est un E13A parti depuis le Tone qui découvrit le premier la flotte américaine envoyée à la rencontre de la flotte japonaise au large de Midway. Mais par suite d'un problème technique sur la catapulte de lancement, cet hydravion était parti avec une heure de retard sur le programme prévu. Surtout, le rapport de l'hydravion ne mentionnait aucun porte-avions américain. De son côté, le E13A lancé du Chikuma n'avait pu demeurer en l'air aussi longtemps que prévu suite à un problème moteur. Ces deux évènements contribuèrent à la destruction de quatre porte-avions japonais par l'aviation embarquée à bord de leurs homologues américains

En 1943 et plus encore en 1944, le rapport de forces se dégrada pour le Japon. Les E13A devinrent de plus en plus vulnérables. Les E13 continuèrent d'être utilisés partout dans le Pacifique, dans des missions extrêmement variées (attaque de navires, liaison, lutte anti-sous-marine, patrouille maritime, protection de convois, sauvetage en mer…) avec des pertes croissantes. Ils étaient alors déployés depuis des bases terrestres ou depuis différents types de navires (croiseurs et porte-hydravions). Durant les dernières phases du conflit, les E13 survivants furent engagés dans des missions d'attaque-suicide.

L'essentiel des E13A étaient des E13A1a, dotés de flotteurs redessinés par rapport au prototype et d'un équipement radio amélioré. Parmi les autres variantes que le Japon mit également en service, notons le E13A1-K (à double commandes, pour l'entraînement des pilotes), le E13A1b (variante dotée d'un radar de détection des cibles en surface) et le E13A1c (avec un canon calibre 20 mm destiné à l'attaque des navires alliés).

La production de l'Aichi E13A ne se termina qu'en 1945 avec la sortie du dernier des 1 418 exemplaires construits. Mais sa carrière ne s'acheva pas avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La marine thaïlandaise continua d'opérer quelques E13 jusqu'à la fin des années 1940. La Chine disposa aussi de quelques exemplaires capturés, la Nouvelle-Zélande en utilisant également un pendant quelques temps durant le conflit. L'Aéronavale française récupéra pour son compte quatre appareils utilisables près de Saigon, qu'elle utilisa jusqu'en 1948 au sein de l'Escadrille 8S.

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Caractéristiques :

Version :


Aichi E13A1a

Type :

Hydravion de reconnaissance à flotteurs embarqué

Équipage :

3 hommes

Motorisation :

1 Mitsubishi Kinsei 43 à 14 cylindres en étoile, à refroidissement par air, d'une puissance de 1 060 ch

Poids :

Masse à vide : 2 640 kg
Masse maximale au décollage : 4 000 kg

Performances :

Vitesse maximale : 380 km/h à 2 180 m
Vitesse ascensionnelle : 3 000 m en 6 mn 5 s
Plafond pratique : 8 730 m
Distance franchissable maximale : 2 090 km

Dimensions :

Envergure : 14,50 m
Hauteur : 4,70 m
Longueur : 11,30 m
Surface alaire : 36 mètres carrés

Armement :

1 mitrailleuse Type 92 calibre 7,7 mm, sur affût dans l'arrière de l'habitacle

Charge extérieure : jusqu'à 250 kg de bombes

Pays utilisateurs :

Chine, France, Japon (marine impériale), Nouvelle-Zélande

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Sources :

- Classic Military Aircraft, Amber Books, 2010
- Encyclopédie des Armes, Volume 11, Éditions Atlas, 1986
- http://www.militaryfactory.com/aircraft/detail.asp?aircraft_id=443
- http://en.wikipedia.org/wiki/Aichi_E13A#Versions
- http://www.combinedfleet.com/ijna/e13a.htm
- http://www.avionslegendaires.net/avion-militaire/aichi-e13a-jake/
- http://www.aviastar.org/air/japan/aichi_e13a.php
- http://www.historyofwar.org/articles/weapons_aichi_E13A.html
- http://www.aeronavale-porteavions.com/viewtopic.php?f=6&t=1469

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Images :

:arrow: Profil trois vues de l'E13A
:arrow: E13A en vol
:arrow: Profil d'un E13A aux couleurs de l'Aéronavale
:arrow: Une bien jolie maquette !
Re: Aichi E13A à 23/12/2014 21:18 Jericho
Merci Ciders!

Tu sais que j'aime bien quand tu es en vacances, Ciders ? On a plus de lecture que d'habitude, c'est chouette. :D


Pis ça change des drones de Clansman…

Hein? Quoi? De mes drones aussi? Ah ouais, c'est vrai… [/size:32zb6qtu] :mrgreen:
Re: Aichi E13A à 23/12/2014 22:21 ciders
Mouais. J'attends encore ton virement pour le Kingfisher. :mrgreen:
Re: Aichi E13A à 23/12/2014 23:10 Jericho

ciders a écrit

Mouais. J'attends encore ton virement pour le Kingfisher. :mrgreen:
Dès que j'aurai reçu mes paquets de Granola et de Pépito pour cette fiche, je te les fait parvenir… :hehe:
Re: Aichi E13A à 24/12/2014 17:03 Clansman
C'est en Fanta secs qu'il faut le payer. :bonnet:

La fiche sur le site
Re: Aichi E13A à 25/12/2014 13:01 Nico2

Jericho a écrit

Merci Ciders!

Tu sais que j'aime bien quand tu es en vacances, Ciders ? On a plus de lecture que d'habitude, c'est chouette. :D

Oui, beau passage de relais.

Très belle fiche, très bien détaillée.
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Texte de , créé le Dec. 24, 2014, 4:37 p.m., modifié le . ©AviationsMilitaires