Rappels

Histoire de l'appareil

En 1959, les Canadiens et les Britanniques cherchent un moyen de reconnaissance pour leur artillerie, en particulier la roquette Honest John. Canadair conçut le CL-89 en 1961, et son projet fut approuvé par le Canada et la Grande-Bretagne en juin 1963. L'Allemagne de l'Ouest rejoignit le programme en 1965, à la différence des USA qui déclinèrent l'invitation. Le CL-89 est propulsé par un réacteur Williams Research WR2-6 de 57 kgp, et par une fusée d'appoint donnant 2065 kgp pendant 2 secondes et demie lors du catapultage. Le CL-89 est censé être difficile à repérer et donc à abattre : non seulement il vole vite (à vitesse subsonique) et est petit, mais ses émissions de bruit et de chaleur sont bas. De plus, il ne peut être brouillé.

Le premier test eut lieu en mars 1964 à Yuma dans l'Arizona. Il est entré en service dans l'armée allemande en 1969. La France et l'Italie achetèrent des CL-89 respectivement en 1980 et en 1974. En France, il remplace le R-20, dérivé du CT-20. L'OTAN lui donne la désignation AN/USD-501 (Army Navy/Unmanned Surveillance Drone) et il est surnommé Midge en Grande-Bretagne, où il remplaça le Northrop Observer en 1972. Il fut utilisé lors de la guerre du Golfe en 1991 (plus de 70 vols effectués) et fut remplacé par le BAe Phoenix en 1999. La Grande-Bretagne utilise une unité de 2 officiers et 70 soldats pour déployer un système, soit 2 lanceurs. En Allemagne, ce sont pas moins de 6 officiers et 120 soldats qui sont mobilisés. 500 drones furent construits jusqu'en 1983. Un drone est censé servir au moins 10 fois, mais certains exemplaires survécurent à 40 vols.

Dès 1974 l'étude d'une version améliorée, le CL-289, est lancée. Il vole pour la première fois en 1979 et les essais se terminent en 1983. Il faudra attendre le 25 novembre 1987 pour qu'un accord entre le Canada, l'Allemagne de l'Ouest et la France soit trouvé pour sa production. Il est plus grand, avec une charge utile et une autonomie plus importantes. Il est entré en service le 29 novembre 1990 en Allemagne, et est désigné AN/USD-502 par l'OTAN. La France le mit en service en 1992. Le CL-289 est plus gros que son prédécesseur, avec des ailes en flèche et non plus de forme rectangulaire. Il vole à des altitudes comprises entre 200 et 1000 mètres sur 400 km, les missions durant alors entre 30 et 40 minutes.

Les CL-89 et 289 ressemblent davantage à un missile qu'à un drone ou un avion. Ils sont lancés par catapulte et récupérés par parachute. Le vol est pré-programmé, mais dans le cas du CL-89 les paramètres sont très limités. Le CL-89 utilise des films photographiques (appareil photo Zeiss RBk 8/24 D) pour les missions de jour et des capteurs infrarouges Hawker-Siddeley pour les missions de nuit. Mais dans les 2 cas, il faut attendre son retour pour exploiter ses données. Cependant, le CL-289 peut être équipé d'un capteur infrarouge français SAT Corsaire envoyant ses données en temps réel, du moment qu'il reste en vue de la station de contrôle.

Le CL-289 fut utilisé par l'Allemagne au Kosovo en 1999 : 18 exemplaires furent déployés en Macédoine pour 3 pertes. Il fut utilisé par la France en ex-Yougoslavie (une perte), en Afghanistan en 2001 et 2002 et au Tchad en 2008. L'Allemagne et la France lui firent effectuer plus de 1400 sorties en Yougoslavie. L'armée italienne acheta 20 CL-289 à l'été 2002, en attendant un drone plus moderne. En revanche, le Canada n'acheta pas de CL-289, par manque de budget.

Il fut utilisé par l'Allemagne (qui l'a remplacé par le Rheinmetall KZO), le Canada, la France, l'Italie et l'armée britannique. A partir de 2003, une modernisation nommée AOLOS-289 comprenant notamment un GPS fut proposée, et acceptée par l'Allemagne et la France. Leurs 160 exemplaires sont alors modifiés, une centaine pour l'armée de terre allemande et 54 pour l'armée de terre française. En France, il dut être utilisé jusqu'en 2010 ou 2011, mais sans remplaçant. L'armée turque, qui aurait récupéré des CL-89 ex-allemands, est peut-être l'ultime utilisateur de ce drone.

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Principales caractéristiques

  • Masse maxi au décollage : 156 kg (344 lbs)
  • Masse à vide : 78 kg (172 lbs)
  • Envergure : 0,94 m (3,08 ft)
  • Longueur : 3,71 m (12,172 ft)

Performances

  • Vitesse maximum : 740 km/h (460 mph, 400 kts)
  • Rayon d'action : 60 km (37 mi, 32 nm)
  • Plafond opérationnel : 3 048 m (10 000 ft)

Motorisation

  • 1 réacteur Williams WR2-6
  • Puissance unitaire : 57 kgp (0,56 kN, 125 lbf)

Records FAI enregistrés

Liste des records enregistrés pour cet appareil par la Fédération Aéronautique Internationale.

Aucun record n'a été enregistré pour cet appareil.

Accidents enregistrés

  • Aucun Accident n'a été enregistré pour cet appareil.

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Sujet complet »
Canadair CL-89 et 289 à 06/12/2014 10:09 Clansman
Le CL-89 est un drone de surveillance du champ de bataille canadien des années 1960.

En 1959, les Canadiens et les Britanniques cherchent un moyen de reconnaissance pour leur artillerie, en particulier la roquette Honest John. Canadair conçut le CL-89 en 1961, et son projet fut approuvé par le Canada et la Grande-Bretagne en juin 1963. L'Allemagne de l'Ouest rejoignit le programme en 1965, à la différence des USA qui déclinèrent l'invitation. Le CL-89 est propulsé par un réacteur Williams Research WR2-6 de 57 kgp, et par une fusée d'appoint donnant 2065 kgp pendant 2 secondes et demie lors du catapultage. Le CL-89 est censé être difficile à repérer et donc à abattre : non seulement il vole vite (à vitesse subsonique) et est petit, mais ses émissions de bruit et de chaleur sont bas. De plus, il ne peut être brouillé.

Le premier test eut lieu en mars 1964 à Yuma dans l'Arizona. Il est entré en service dans l'armée allemande en 1969. La France et l'Italie achetèrent des CL-89 respectivement en 1980 et 1974. En France, il remplace le R-20, dérivé du CT-20. L'OTAN lui donne la désignation AN/USD-501 (Army Navy/Unmanned Surveillance Drone) et il est surnommé Midge en Grande-Bretagne, où il remplaça le Northrop Observer en 1972. Il fut utilisé lors de la guerre du Golfe en 1991 (plus de 70 vols effectués) et fut remplacé par le BAe Phoenix en 1999. La Grande-Bretagne utilise une unité de 2 officiers et 70 soldats pour déployer un système, soit 2 lanceurs. En Allemagne, ce sont pas moins de 6 officiers et 120 soldats qui sont mobilisés. Plus de 500 drones furent construits jusqu'en 1983. Un drone est censé servir au moins 10 fois. Certains exemplaires survécurent à 40 vols.

Dès 1974 l'étude d'une version améliorée, le CL-289, est lancée. Il vole pour la première fois en 1979 et les essais se terminent en 1983. Il faudra attendre le 25 novembre 1987 pour qu'un accord entre le Canada, l'Allemagne de l'Ouest et la France soit trouvé pour sa production. Il est plus grand, avec une charge utile et une autonomie plus importantes. Il est entré en service le 29 novembre 1990 en Allemagne, et est désigné AN/USD-502 par l'OTAN. La France le mit en service en 1992. Le CL-289 est plus gros que son prédécesseur, avec des ailes en flèche et non plus de forme rectangulaire. Il vole à des altitudes comprises entre 200 et 1000 mètres sur 400 km, les missions durant alors entre 30 et 40 minutes.

Les CL-89 et 289 ressemblent davantage à un missile qu'à un drone ou un avion. Ils sont lancés par catapulte et récupérés par parachute. Le vol est pré-programmé, mais dans le cas du CL-89 les paramètres sont très limités. Le CL-89 utilise des films photographiques (appareil photo Zeiss RBk 8/24 D) pour les missions de jour et des capteurs infrarouges Hawker-Siddeley pour les missions de nuit. Mais dans les 2 cas, il faut attendre son retour pour exploiter ses données. Cependant, le CL-289 peut être équipé d'un capteur infrarouge français SAT Corsaire envoyant ses données en temps réel, du moment qu'il reste en vue de la station de contrôle.

Le CL-289 fut utilisé par l'Allemagne au Kosovo en 1999 : 18 exemplaires furent déployés en Macédoine pour 3 pertes. Il fut utilisé par la France en ex-Yougoslavie (une perte), en Afghanistan en 2001 et 2002 et au Tchad en 2008. L'Allemagne et la France lui firent effectuer plus de 1400 sorties en Yougoslavie. L'armée italienne acheta 20 CL-289 à l'été 2002, en attendant un drone plus moderne. En revanche, le Canada n'acheta pas de CL-289, par manque de budget.


Il est ou fut utilisé par l'Allemagne (qui l'a remplacé par le Rheinmetall KZO), le Canada, la France, l'Italie, l'armée turque et l'armée britannique. A partir de 2003, une modernisation nommée AOLOS-289 comprenant notamment un GPS fut proposée, et acceptée par l'Allemagne et la France. Leurs 160 exemplaires sont alors modifiés, 100 pour l'armée de terre allemande et 60 pour l'armée de terre française. En France, il dut être utilisé jusqu'en 2010 ou 2011, mais sans remplaçant.




http://fr.wikipedia.org/wiki/Canadair_CL-89

http://fr.wikipedia.org/wiki/CL-289

http://basart.artillerie.asso.fr/article.php3?id_article=1109

http://basart.artillerie.asso.fr/article.php3?id_article=1049

http://www.aeroplans.fr/Drones/avenir-incertain-drones-hyperveloces.html


http://en.wikipedia.org/wiki/Canadair_CL-89

http://www.vectorsite.net/twdrn_13.html#m1

http://www.casr.ca/bg-uav-history.htm

https://sites.google.com/site/canadair50otherproducts/1969surveillancesystems
Re: Canadair CL-89 et 289 à 06/12/2014 11:04 Clansman
Le CL-89 sur le site
Re: Canadair CL-89 et 289 à 06/12/2014 17:30 d9pouces
Merci pour cette fiche qui me rappelle bien des souvenirs : je me souviens de pas mal d'articles parlant du CL-289 quand c'était encore un des seuls drones en service en France. Il me semble qu'il était bien apprécié pour sa vitesse qui le rendait difficile à abattre ; mais manifestement ce n'est plus un critère actuellement.
Re: Canadair CL-89 et 289 à 07/12/2014 07:16 Clansman
mais manifestement ce n'est plus un critère actuellement.

Le fait que les données soient transmises en temps réel ont changé bcp de choses. Avant, il fallait absolument récupérer les données, donc l'appareil. Il devait donc être rapide, donc cher.

Maintenant, on peut se permettre de faire des drones moins rapides, le principal critère étant le temps sur zone, donc l'endurance. Et ils restent très petits, donc difficilement repérables. Mais même si on en parle pas beaucoup, l'attrition doit être énorme. Mais comme c'est moins cher et qu'il n'y a personne dedans, c'est moins grave.
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Texte de , créé le Dec. 6, 2014, 10:23 a.m., modifié le . ©AviationsMilitaires